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  • DÉCRET, ARRÊTÉS, ORDRES, PROCLAMATIONS - 7

    Vendredi 21 avril 1871 DÉCRET, ARRÊTÉS, ORDRES, PROCLAMATIONS - 7 Next Next Vendredi 21 avril 1871 ARRÊTÉ – COMMISSION EXÉCUTIVE (p 931) Création d'une compagnie d'aérostiers pour permettre l'échange de nouvelles, journaux, correspondances privées, entre Paris et les départements, supprimé par le gouvernement de Versailles, qui se réserve impunément la distribution des calomnies destinées à égarer l’opinion publique en province et à l’étranger. Paris, le 20 avril 1871. Que des dépenses importantes ont été faites par l’ex-gouvernement dit de la défense nationale pour les services aérostatiques postaux ; Que, par suite de la désertion de l’ex-gouvernement dit de la défense nationale, sur ce point des services publics, comme sur tous les autres, une quantité de ballons construits, représentant une dépense de plusieurs centaines de mille francs, payés des deniers de la nation, se trouvent actuellement disséminés en plusieurs endroits et exposés aux détournements ; Qu’il importe d’urgence de réunir sous le contrôle de la Commune, en des mains sûres, d’inventorier et de préserver ce matériel, auquel sont venus s’adjoindre les ballons expédiés en province pendant le siège de Paris ; Considérant que l’ex-gouvernement dit de la défense nationale qui, en fait, gouverne toujours à Versailles, a supprimé, dans une intention facile à comprendre, tout échange de nouvelles, journaux, correspondances privées, toutes communications intellectuelles entre Paris et les départements, comptant ainsi se réserver impunément la trop facile distribution des calomnies destinées à égarer l’opinion publique en province et à l’étranger ; Que la Commune de Paris a, tout au contraire, le plus grand intérêt à ce que la vérité soit, et à faire connaître à tous et ses actes et ses intentions ; Considérant enfin que, dans l’état de guerre offensive déclarée et poursuivie par le gouvernement de Versailles, il est important à la défensive d’utiliser les observations aérostatiques militaires, systématiquement et intentionnellement repoussées pendant la durée du siège de Paris, et alors, en effet, inutiles à ceux qui devaient livrer Paris ARRÊTE : 1° Une compagnie d’aérostiers civils et militaires de la Commune de Paris est créée ; 2° Cette compagnie se compose provisoirement d’un capitaine, d’un lieutenant, d’un sous-lieutenant, d’un sergent, de deux chefs d’équipe et douze aéros- tiers ; 3° La solde du capitaine est de 300 fr., du lieutenant 250 fr., des équipiers 150 fr. par mois ; 4° La compagnie des aérostiers civils et militaires de la Commune de Paris relève directement du commandement de la Commission exécutive ; 5° Le citoyen Claude-Jules Durnof est nommé capitaine des aérostiers civils et militaires de la Commune de Paris. Le citoyen Jean-Pierre-Alfred Nadal est nommé lieutenant-magasinier général. Paris, le 20 avril 1871. La commission exécutive : Avrial, F. Cournet, Ch. Delescluze, Félix Pyat, G. Tridon, A. Vermorel, E. Vaillant. __________________________________________________ ARRÊTÉ – COMMISSION EXÉCUTIVE (p 932) Suppression du travail de nuit des boulangers – Suppression des placeurs et création, pour les remplacer, d'un registre en mairie permettant l'inscription des boulangers - Registre central au ministère du commerce. Sur les justes demandes de toute la corporation des ouvriers boulangers, la commission exécutive ARRÊTE : Art. 1er. Le travail de nuit est supprimé. Art. 2. Les placeurs institués par l’ex-police impériale sont supprimés. Cette fonction est remplacée par un registre placé dans chaque mairie pour l’inscription des ouvriers boulangers. Un registre central sera établi au ministère du commerce. Paris, le 20 avril 1871. La Commission Exécutive : Cournet, A. Vermorel, G. Tridon, Delescluze, Félix Pyat, Avrial, E. Vaillant Samedi 22 avril 1871 PROCLAMATION - MAIRIE DU Xe ARRONDISSEMENT (p 963) Direction laïque de l'école communale de garçons du Faubourg-Saint-Martin, offrant toutes les garanties d’instruction et de moralité désirables - Lecture, écriture, grammaire, arithmétique, système métrique, géométrie, géographie, histoire de France, morale rationnelle, musique vocale, dessin artistique et industriel, morale rationnelle et droit politique. Mairie du Xe arrondissement Le public est prévenu que l’école communale de garçons située Faubourg- Saint-Martin, 157, vient d’être confiée à la direction d’instituteurs laïques, offrant toutes les garanties d’instruction et de moralité désirables. L’enseignement exclusivement rationnel, comprendra la lecture, l’écriture, la grammaire, l’arithmétique, le système métrique, les premiers éléments de la géométrie, la géographie, l’histoire de France, la morale rationnelle, la musique vocale et le dessin artistique et industriel. Tous les enfants de six à quinze ans, quelles que soient leur nationalité et la religion qu’ils professent, seront admis sur la présentation d’une carte délivrée par la mairie. Les élèves qui ont déjà fréquenté l’école n’ont pas besoin d’une nouvelle carte d’admission. Ouverture des classes, lundi 24 avril, à huit heures du matin. Cours public de morale rationnelle et de droit politique, tous les jeudis, à huit heures du soir, par le citoyen Ch. Poirson, licencié en droit, directeur de l’école. Le directeur recevra les parents d’élèves de neuf heures du matin à quatre heures du soir, le dimanche et le jeudi exceptés. Paris, le 22 avril 1871. Le président de la commission de la 10e légion. Leroudier Dimanche 23 avril 1871 ARRÊTÉ – COMMUNE DE PARIS (p 982) Gratuité des pièces justificatives pour les ayant droit de pensions. Paris, le 22 avril 1871. La Commune de Paris, Vu le décret du 10 avril 1871, portant création de pensions pour les veuves et orphelins des gardes nationaux mort ou blessés pour la Commune de Paris, ARRÊTE : Toutes pièces justificatives à produire pour les ayant droit seront délivrées gratuitement par qui il appartiendra, et exemptes de frais de timbre. Paris, le 22 avril 1871. __________________________________________________ PROCLAMATION - DIRECTION GÉNÉRALE DES AMBULANCES (p 988) Suppression des signes religieux dans les salles d'ambulance - Interdiction de l’entrée aux corporations religieuses, qui viennent démoraliser les blessés, faisant un crime de leur combat, sauf sur demande. Direction des ambulances. Chargé par le citoyen Cluseret de la direction générale des ambulances, je crois devoir expliquer certains actes de mon administration que la malveillance pourrait dénaturer. Considérant que la Commune a décrété la séparation de l’Eglise et de l’Etat, et que, d’autre part, il importe de laisser toute liberté à chaque citoyen de vivre et de mourir selon sa croyance, s’il en a une, j’ai fait enlever des salles d’ambulances tout insigne religieux, de n’importe quel culte ; j’en ai interdit l’entrée aux membres de toutes les sectes ou corporations religieuses, tout en procurant immédiatement au blessé, qui en ferait la demande, la visite du ministre de sa religion, curé, pasteur, pope ou rabbin. J’ai surtout eu soin d’écarter des blessés ces visites fatigantes de gens qui, sous prétexte de religion, viennent démoraliser les blessés, et ajouter aux souffrances physiques des tortures morales, abusant de la dépression de toutes leurs facultés pour leur arracher une faiblesse, leur faisant un crime du grand combat soutenu au nom du droit et de la République universelle, au point de les faire presque rougir de leur glorieuses blessures. Paris, le 22 avril 1871. Dr Rousselle. __________________________________________________ PROCLAMATION (p 991) Mission des franc-maçons à Versailles : obtention d'un armistice pour l’évacuation des villages bombardés, demande d'une paix basée sur le programme de la Commune. Réunie hier, vendredi, la franc-maçonnerie parisienne a défini le mandat à donner à ses délégués, qui ont dû partir aujourd’hui pour Versailles. Ce mandat se divise en deux parties : 1° Obtenir un armistice pour l’évacuation des villages bombardés ; 2° Demander énergiquement la paix à Versailles, basée sur le programme de la Commune, le seul qui puisse amener la paix définitive. Ce mandat a été voté à l’unanimité. Il a été décidé ensuite qu’un appel serait fait à tous les francs-maçons de Paris, pour entendre le résultat de cette délégation, lundi, à deux heures, salle des Arts-et-Métiers, et prendre telle décision qu’il conviendra, suivant le résultat. Lundi 24 avril 1871 DÉCRET – COMMUNE DE PARIS (p 1027) Traitement fixe des huissiers, commissaires-priseurs et greffiers de tribunaux. Versement mensuel de leurs actes au délégué aux finances. Paris, le 23 avril 1871. La Commune de Paris, DÉCRÈTE : Art. 1er. Les huissiers, commissaires-priseurs et greffiers de tribunaux quelconques qui seront nommés à Paris, à partir de ce jour, recevront un traitement fixe. Ils pourront être dispensés de fournir un cautionnement. Art. 2. Ils verseront tous les mois, entre les mains du délégué aux finances, les sommes par eux perçues pour les actes de leur compétence. Art. 3. Le délégué à la justice est chargé de l’exécution du présent décret. Paris, le 23 avril 1871. La commune. __________________________________________________ ARRÊTÉ - INSPECTION GÉNÉRALE DES AMBULANCES (p 1028) Obligation de coordination des directeurs d'ambulance avec l'inspection générale des ambulances Inspection générale des ambulances. Le membre de la Commune délégué à l’inspection générale des ambulances. Vu l’urgence d’organiser les fonctionnements immédiat du service qui lui est confié : ARRÊTE : 1° Tous les directeurs d’ambulances et autres établissements pouvant recevoir ou ayant déjà reçu des gardes nationaux blessés, sont invités à se mettre en rapport, dans un délai de vingt-quatre heures, avec l’inspection générale des ambulances, 3, avenue Victoria. 2° Tout refus d’obéissance au présent arrêté sera immédiatement déféré à la Commune, et pourra être suivi de destitution. Le membre de la commune délégué à l’inspection générale des ambulances, Dr Rastoul. Les bureaux sont ouverts de neuf à onze heures et de deux à quatre heures. __________________________________________________ ARRÊTÉ - COMMISSION DE TRAVAIL ET D’ÉCHANGE (P 1029) Création du bureau de renseignement gérant l'offre et la demande d'emplois à usage des patrons et ouvriers boulangers. Ministère des travaux publics. Le délégué à la commission du travail et de l’échange. Vu l’arrêté de la Commission exécutive supprimant le travail de nuit des ouvriers boulangers, et instituant dans les vingt mairies un bureau de renseignement à l’usage des patrons et ouvriers ARRÊTE : 1° L’arrêté précité aura cour d’exécution à partir du jeudi 27 avril prochain. 2° Deux livres, portant les offres et demandes, seront ouverts dans chaque municipalité au bureau de renseignement déjà existant. Paris, le 23 avril 1871. Le délégué à la commission de travail et d’échange, Léo Frankel. __________________________________________________ PROCLAMATION (p 1031) Nomination de membres de la Commune pour visiter les gardes nationaux, enquêter sur l'état des détenus dans les prisons et s’informer de la cause de leurs détentions. Six membres de la Commune : les citoyens J. Vallès, Ch. Longuet, Pillot, Bergeret, Lonclas et Urbain, sont délégués pour visiter les gardes nationaux dans les forts, casernes, casemates et tous lieux de réunions. Trois membres de la Commune, les citoyens Miot, Gambon et Victor Clément, sont délégués pour visiter les prisons, faire une enquête sur l’état des détenus, s’informer de la cause de leur détention.

  • DÉCRET, ARRÊTÉS, ORDRES, PROCLAMATIONS - 13

    Lundi 15 mai 1871 DÉCRET, ARRÊTÉS, ORDRES, PROCLAMATIONS - 13 Next Next Lundi 15 mai 1871 DÉCRET - DÉLÉGUÉ À LA COMMISSION DU TRAVAIL ET D’ÉCHANGE (p 1781) Révision, par la Commission du travail et de l'échange, des marchés conclus par la Commune - Préférence faite aux corporations. Paris, le 14 mai. La Commune de Paris DÉCRÈTE : Art. 1er. La commission du travail et d’échange est autorisée à réviser les marchés conclus jusqu’à ce jour par la Commune. Art. 2. La commission du travail et d’échange demande que les marchés soient directement adjugés aux corporations et que la préférence leur soit toujours accordée. Art. 3. Les conditions des cahiers de charges et les prix de soumission seront fixés par l’intendance, la chambre syndicale de la corporation et une délégation de la commission du travail et d’échange, le délégué et la commission des finances entendus. Paris, le 13 mai 1871. Pour le délégué à la commission du travail et d’échange : Le secrétaire général, Bertin. ______________________________________________________ ARRÊTÉ - DÉLÉGUÉ CIVIL À LA GUERRE (p 1781) Réglementation de l'unité d’action entre les forces communales extérieures et intérieures – Commandants des 3 corps d'armée responsables des arrondissements confinant à leur zone de commandement, et de l’exécution des mesures intérieures relatives à la défense. Le délégué civil à la guerre, considérant qu’il importe d’établir l’unité d’action entre les forces communales destinées à agir à l’extérieur et celles se trouvant à l’intérieur. ARRÊTENT : 1° Chaque commandant des trois corps d’armée dits de l’aile droite, du centre et de l’aile gauche, aura, à partir de ce jour, le commandement militaire supérieur des arrondissements qui confinent à leur zone de commandement, et en conséquence il sera responsable de l’exécution des mesures intérieures relatives à la défense. 2° Chacun des commandants supérieurs des trois corps d’armée devra parvenir chaque matin, au ministère de la guerre, un rapport concernant les opérations de la veille et de la nuit. 3° Expédition du présent arrêté sera délivrée aux généraux Dombrowski, La Cécila et Wrodleski, pour leur servir ce que de raison. Le délégué à la guerre, Delescluze. ______________________________________________________ ARRÊTÉ - COMITÉ DE SALUT PUBLIC (p 1782) Attributions de cartes d'identité pour lutter contre les espions de Versailles - Non porteurs de cartes seront arrêtés - Carte pourra être requise par tout garde national. Le Comité de salut public, Considérant que, ne pouvant vaincre par la force la population de Paris, assiégée depuis plus de quarante jours pour avoir revendiqué ses franchises communales, le Gouvernement de Versailles cherche à introduire parmi elle des agents secrets dont la mission est de faire appel à la trahison. ARRÊTE : Art. 1er. Tout citoyen devra être muni d’une carte d’identité contenant ses noms, prénoms, profession, âge et domicile, ses numéros de légion, bataillon et de compagnie, ainsi que son signalement. Art. 2. Tout citoyen trouvé non porteur de sa carte sera arrêté, et son arrestation maintenue jusqu’à ce qu’il ait établi régulièrement son identité. Art. 3. Cette carte sera délivrée par les soins des commissaires de police sur pièces justificatives, en présence de deux témoins qui attesteront par leur signature bien connaître le demandeur. Elle sera ensuite visée par la municipalité compétente. Art. 4. Toute fraude reconnue sera rigoureusement réprimée. Art. 5. L’exhibition de la carte d’identité pourra être requise par tout garde national. Art. 6. Le délégué à la sûreté générale ainsi que les municipalités sont chargés de l’exécution du présent arrêté dans le plus bref délai. Le Comité de salut public, Ant. Arnaud, Billioray, E. Eudes, F. Gambon, G. Ranvier. Hôtel-de-Ville, le 24 floréal an 79. ______________________________________________________ ARRÊTÉ - DÉLÉGUÉ À LA SÛRETÉ GÉNÉRALE (p 1783) Soumission des halles et marchés au Délégué aux finances - Inspecteurs des halles et marchés nommés par le délégué aux finances auront droit de requérir la force publique. Le délégué à la sûreté générale, Sur proposition du délégué aux finances. ARRÊTE : Art. 1er. Tous les services des halles et marchés qui ressortissent au 1er bureau de la 2e division de l’ex-préfecture de police sont, à dater d’aujourd’hui, 14 mai 1871, du ressort de la délégation des finances. Art. 2. Les inspecteurs des halles et marchés nommés par le délégué aux finances auront le droit de requérir la force publique. Art. 3. Les commissaires de police et les commandants de la garde nationale sont tenus, chacun en ce qui les concerne de prêter main-forte à ces inspecteurs. Le délégué à la sûreté générale, Th. Ferré. ______________________________________________________ PROCLAMATION - CHEF DE LA DÉLÉGATION SCIENTIFIQUE (p 1795) Obligation de déclaration de détention de soufre et de phosphore. Tous les détenteurs de soufre, phosphore et produits de cette nature sont tenus d’en faire la déclaration, sous trois jours, à la délégation scientifique, 78, rue de Varennes. Le membre de la Commune, chef de la délégation scientifique, Parisel. ______________________________________________________ PROCLAMATION - CHEF DE LA DÉLÉGATION SCIENTIFIQUE (p 1795) Recensement en faveur de l’égale répartition des droits et des devoirs civiques et militaires de chacun – Création de tableaux de recensement - Pénalités requises contre les entraves, déclarations mensongères ou incomplètes des locataires, propriétaires, concierges ou régisseurs des immeubles. Mairie du IXe arrondissement Considérant qu’on ne peut négliger davantage, sans occasionner à toute la population des inconvénients multiples et graves, d’ordonner et de faire rigoureusement exécuter le recensement exact de l’arrondissement entier et la situation réelle de chaque maison au point de vue de l’état civil et militaire des citoyens qui l’habitent ; Considérant qu’afin d’arriver à l’égale répartition des droits et des devoirs civiques et militaires de chacun, il importe d’établir ce travail sur les bases d’une véritable justice, c’est-à-dire en dehors de toutes complaisances intéressées ; Attendu surtout qu’il faut obtenir des concierges ou régisseurs de chaque immeuble des déclarations qui ne soient point mensongères ni incomplètes, Les délégués de la Commune, ARRÊTENT : Art. 1er. Des tableaux de recensement, contenant toutes les indications nécessaires seront remis par la municipalité à la disposition de la commission de recensement et des agents recenseurs civils et militaires nommés par elle. Art. 2. Les agents recenseurs, aidés du concours de la garde nationale commandée à cet effet par le colonel de la 9e légion ; commenceront immédiatement, et poursuivront jusqu’à l’accomplissement de leur tâche, le recensement pré-désigné de huit heures du matin à six heures du soir. Art. 3. Pénalité sera requise contre tout citoyen ou citoyenne (locataire, propriétaire, concierge ou régisseur) qui apportera un entrave quelconque aux opérations ordonnées ou donnera à nos agents commissionnés des renseignements incomplets ou trompeurs. Paris, le 11 mai 1871. Les délégués de la commune, P. Guerain Pontalier Mardi 16 mai 1871 ARRÊTÉ - COMITÉ DE SALUT PUBLIC (p 1826) Composition de 7 membres au lieu de 5 de la commission militaire. Paris, le 15 mai. Le Comité de salut public ARRÊTE : Art. 1er. La commission militaire sera composée de sept membres au lieu de cinq. Art. 2. Les citoyens Bergeret, Cournet ; Géresme, Ledroit, Lonclas, Sicard et urbain sont nommés membres de la commission militaire, en remplacement des citoyens Arnold, Avrial, Johannard, Tridon et Varlin. Hôtel de ville, le 25 floréal an 79. F. Cambon, G. Ranvier, Ant. Arnaud, Billioray, E. Eudes. ______________________________________________________ ARRÊTÉ - COMITÉ DE SALUT PUBLIC (p 1826) Administration des domaines de la ville de Paris réunie à la Direction générale des domaines. Vu la demande justifiée du citoyen Fontaine, directeur des domaines ; Vu l’avis approbatif du délégué aux finances, Le Comité de salut public ARRÊTE : A partir de ce jour, 25 floréal, l’administration des domaines de la ville de Paris est réunie à la direction générale des domaines et relèvera uniquement de cette direction. Le Comité de salut public. ______________________________________________________ ARRÊTÉ - COMITÉ DE SALUT PUBLIC (p 1827) Centralisation de la Direction du mouvement des troupes qui sera dirigé par le chef d’état-major du ministère de la guerre - Transfert du Service de la place de Paris au Ministère de la guerre. Le Comité de salut public Considérant que, dans les circonstances actuelles, il importe de centraliser, autant que possible, la direction du mouvement des troupes. ARRÊTE : Le service de la place de Paris est transféré dans les bureaux du ministère de la guerre, rue Saint-Dominique-Saint-Germain. Le mouvement des troupes et tout ce qui concerne le service des armées de l’aile droite, du centre et de l’aile gauche, sera dirigé par le chef d’état-major du ministère de la guerre. Le citoyen colonel Henri, actuellement commandant la place de Paris à l’Ecole militaire, est mis à la disposition du ministère de la guerre. Hôtel de ville, le 25 floréal, an 79. Le Comité de salut public. ______________________________________________________ ARRÊTÉ - COMITÉ DE SALUT PUBLIC (p 1827) Nominations de 2 substituts du procureur de la Commune. Le Comité de salut public ARRÊTE : Art. 1er. 1° Le citoyen Breuillé (Alfred) est nommé substitut du procureur de la Commune, en remplacement du citoyen Ferré, délégué à la sûreté générale ; 2° Le citoyen Sachs est nommé substitut du procureur de la Commune, en remplacement du citoyen Martainville, considéré comme démissionnaire. Art. 2. Le procureur de la Commune est chargé d’assurer l’exécution du présent arrêté. Paris, le 25 floréal, an 79. A. Arnaud, Gambon, Ranvier. Pour ampliation : Le procureur de la Commune de Paris, Raoul Rigault. ______________________________________________________ ARRÊTÉ - COMITÉ DE SALUT PUBLIC (p 1828) Nominations de 4 juges d'instruction. Le Comité de salut public ARRÊTE : Art. 1er. Les citoyens Gausseron (Henri), Coupey, Gentou, Barral, sont nommés juges d’instruction attachés au parquet du procureur de la Commune. Art. 2. Le procureur de la Commune est chargé d’assurer l’exécution du présent arrêté. Paris, le 25 floréal 79. Pour ampliation : Le procureur de la Commune, Raoul Rigault. ______________________________________________________ ARRÊTÉ - COMITÉ DE SALUT PUBLIC (p 1828) Nominations d'un juge de paix et d'un greffier de la justice de paix. Le Comité de salut public ARRÊTE : Le citoyen Pinon (Martin) est nommé juge de paix du XVe arrondissement de la Commune de Paris ; Le citoyen Jacquemin (Joseph), est nommé greffier de la justice de paix du XVe arrondissement. Le Comité de salut public Pour ampliation : Le membre de la Commune délégué à la justice, Eugène Protot. ______________________________________________________ PROCLAMATION - DÉLÉGUÉ CIVIL À LA GUERRE (p 1830) Démission de Gaillard père, chargé de la construction des barricades et commandant des barricadiers - Dissolution du bataillon des barricadiers et mise à disposition du Directeur du génie militaire. La démission du citoyen Gaillard père, chargé de la construction des barricades et commandant des barricadiers, est acceptée à ce double titre : Le bataillon des barricadiers, placé sous ses ordres, est dissous ; les hommes qui le composent sont mis à la disposition du directeur du génie militaire, qui avisera à la continuation des travaux commencés, dans la mesure qu’il jugera convenable. Paris, le 15 mai 1871. Le délégué civil à la guerre, Delescluze. ______________________________________________________ ARRÊTÉ - DÉLÉGUÉ CIVIL À LA GUERRE (p 1830) Nomination de Henry, Chef d’état-major au ministère de la guerre - Attributions de Commandant de la place de Paris. Vu l’arrêté du comité de salut public, en date de ce jour, transférant au ministère de la guerre le service de la place de Paris, lequel arrêté confie au chef de l’état-major du ministre de la guerre les fonctions attribuées au commandant de la place de Paris pour le mouvement des bataillons de la garde nationale et des corps années, ainsi que du matériel : Le délégué civil à la guerre ARRÊTE : Le colonel d’état-major, Henri, est nommé chef d’état-major au ministère de la guerre, et, en cette qualité, il exercera toutes les attributions conférées au commandant de la place de Paris. Le délégué civil à la guerre, Ch. Delescluze. ______________________________________________________ ARRÊTÉ - DÉLÉGUÉ CIVIL À LA GUERRE (p 1831) Paiement trimestriel des droits de timbre contre l’incendie et la grêle par les compagnies d’assurances. Le délégué aux finances, Vu les lois des 5 juin 1850 et 2 juillet 1862, fixant les droits de timbre à payer par les compagnies d’assurances contre l’incendie et la grêle pour les polices d’assurance ; Vu le rapport du directeur de l’enregistrement ; Considérant que le payement par semestre de droits aussi considérables que ceux dus par les compagnies d’assurances cause un véritable préjudice au Trésor, ARRÊTE : Art. 1er. Le payement des droits de timbre, par abonnement des polices d’assurances contre l’incendie et la grêle s’effectueront à l’avenir tous les trois mois. Art. 2. En conséquence, le trimestre échu sera versé, dans les quarante-huit heures de l’insertion au Journal officiel, à la caisse de l’administration de l’enregistrement et du timbre, en prenant pour base de l’assiette de l’impôt l’exercice précédent. Art. 3. Cette perception sera régularisée par des êtas fournis par les compagnies d’assurances des valeurs par elles assurées pendant l’année 1870, et après un contrôle sérieux. Les compensations en plus ou en moins seront admises sur les mois suivants. Art. 4. Le directeur de l’enregistrement et du timbre est chargé de l’exécution du présent arrêté. Le membre de la Commune délégué aux finances, Jourde. ______________________________________________________ PROCLAMATION (p 1833) Suppression, pour inutilité, du poste d'architecte du Luxembourg. Sur proposition de la commission fédérale des artistes, Considérant que la place d’architecte du Luxembourg est inutile, puisqu’il n’y a point de travaux à faire exécuter : Le citoyen Lemaire, architecte actuel, est relevé de ses fonctions. ______________________________________________________ ARRÊTÉ - DIRECTEUR GÉNÉRAL DES DOMAINES (p 1834) Attribution du linge de la maison de Thiers aux ambulances – Objets d'art envoyés aux bibliothèques et musées nationaux – Mobilier et matériaux de démolition vendus aux enchères - Produit de la vente affecté aux pensions et indemnités des veuves et orphelins - Construction d'un square public sur le terrain. Sur la délibération approuvée du Comité de salut public, le citoyen Jules Fontaine, directeur général des domaines, En réponse aux larmes et aux menaces de Thiers, le bombardeur, et aux lois édictées par l’Assemblée rurale, sa complice, ARRÊTE : Art. 1er. Tout le linge provenant de la maison Thiers sera mis à la disposition des ambulances. Art. 2. Les objets d’art et livres précieux seront envoyés aux bibliothèques et musées nationaux. Art. 3. Le mobilier sera vendu aux enchères, après exposition publique au garde-meuble. Art. 4. Le produit de cette vente restera uniquement affecté aux pensions et indemnités qui devront être fournies aux veuves et orphelins des victimes de la guerre infâme que nous fait l’ex propriétaire de l’hôtel Georges. Art. 5. Même destination sera donnée à l’argent que rapporteront les matériaux de démolition. Art. 6. Sur le terrain de l’hôtel du parricide sera établi un square public. Le directeur général des domaines, J. Fontaine. Paris, le 25 floréal an 79. ______________________________________________________ ARRÊTÉ - SERVICE MÉDICAL ET DES AMBULANCES CIVILES ET MILITAIRES (p 1835) Dispenses du service de la Garde nationale pour les ambulanciers et infirmiers. Le directeur du service médical et des ambulances civiles et militaires, ARRÊTE : Tous les citoyens qui justifieront qu’ils sont employés dans les ambulances ou dans les hôpitaux comme infirmiers, et qui, par conséquent, accomplissent un service militaire, sont dispensés du service de la garde nationale. Le directeur général du service médical et des ambulances civiles et militaires, Dr Semerie Vu et approuvé : Pour la commission de la guerre, Jules Bergeret. ______________________________________________________ ARRÊTÉ - MINISTÈRE DE LA GUERRE (extrait voir p 1837) Nominations d'un inspecteur de l’hôpital militaire du fort de Vincennes, 2 chirurgiens-major, 2 médecins-major, 10 aides-major. Par arrêtés en date du 15 mai 1871, ont été nommés : Le docteur Martin, inspecteur de l’hôpital militaire du fort de Vin- cennes. Le docteur Maugier, chirurgien-major du 116e bataillon, passe chirurgien-major du 181e bataillon. Le docteur Guéneau, chirurgien-major du 132e bataillon. Le docteur Genret (Albéric), médecin-major du 112e bataillon. […] (Ministère de la guerre.) ______________________________________________________ PROCLAMATION - DÉLÉGUÉ AUX RELATIONS EXTÉRIEURES (p 1841) Respect de la Convention de Genève, qui garantit la neutralité des édifices et du personnel des ambulances militaires, mais ne réglemente pas l'usage des nouveaux engins de guerre dont dispose la Révolution. Quelques journaux ont paru croire que l’adhésion de la Commune à la convention de Genève avait pour résultat de proscrire l’usage des nouveaux engins de guerre dont dispose la Révolution. Si les rédacteurs de ces journaux avaient pris la peine d’étudier la question qu’ils traitent, et tout au moins de lire les dix articles de la convention de Genève, ils se seraient épargné une protestation injuste et inutile. La convention de Genève n’a pour but et pour effet que de garantir la neutralité des édifices et du personnel des ambulances militaires. A la reconnaissance de cette neutralité se borne l’adhésion de la Commune. Quant aux forces terribles que la science met au service de la Révolution, la convention de Genève n’en réglemente pas l’usage. C’est un soin dont se sont acquittés jusqu’à ce jour les despotes couronnés, qui vivent de la guerre, et qui savent trop bien que la guerre deviendrait à jamais impossible par l’emploi des moyens modernes, pour ne pas s’interdire religieusement l’usage de ces moyens. Paris, le 16 mai 1871. Le délégué aux relations extérieures, Paschal Grousset. ______________________________________________________ PROCLAMATION - MAIRIE DU Xe ARRONDISSEMENT (p 1845) Obligation de paiement des loyers par les locataires en hôtel meublé - Bons de logement distribués contre preuve de l’impossibilité de payer, après enquête. Mairie du Xe arrondissement Les locataires demeurant en hôtel meublé sont avertis qu’ils doivent acquitter le prix de leur location, et que les bons de logements ne seront donnés, à titre de secours, qu’à ceux qui prouveront qu’ils sont dans l’impossibilité de payer. Une enquête sérieuse sera faite par les soins de la mairie. Le bon de logement n’impose pas aux maîtres d’hôtel l’obligation de conserver les locataires qu’ils ne jugeront pas à propos de garder. Tous différends entre les propriétaires et locataires seront tranchés à la mairie. Paris, le 14 mai 1871. Pour la municipalité, Leroudier. Pour la commission communale, Champy . ______________________________________________________ PROCLAMATION - MAIRIE DU XXe ARRONDISSEMENT (p 1845) Après réclamations, travail de nuit à la satisfaction immédiate de tous les intérêts et des mesures à prendre. Mairie du XXe arrondissement. Citoyens, De nombreuses réclamations nous sont parvenues. Pour répondre et satisfaire immédiatement à tous les intérêts, les membres de la Commune du XXe arrondissement donnent avis que cette nuit ils se sont occupés des mesures nécessaires à prendre. Citoyens, Nous vous rappelons que plus jamais nous avons tous besoin de nous rallier au drapeau rouge pour conserver l’établissement de la République. Vive la Commune ! Vive la République ! Paris, le 14 mai 1871. Les membres de la Commune du XXe arrondissement. Ranvier, Viard, Bergeret, Trinquet Mercredi 17 mai 1871 ARRÊTÉ - COMITÉ DE SALUT PUBLIC (p 1873) Nominations de commissaires civils délégués auprès des généraux de la Commune pour préserver le pays de la dictature militaire. Paris, le 16 mai. Le Comité de salut public, Considérant que, pour sauvegarder les intérêts de la Révolution, il est indispensable d’associer l’élément civil à l’élément militaire ; Que nos pères avaient parfaitement compris que cette mesure pouvait seule préserver le pays de la dictature militaire, laquelle tôt ou tard aboutit invariablement à l’établissement d’une dynastie ; Vu son arrêté instituant un délégué civil au département de la guerre. ARRÊTE : Art. 1er. Des commissaires civils, représentants de la Commune, sont délégués auprès des généraux des trois armées de la Commune. Art. 2. Sont nommés commissaires civils : 1° Auprès du général Dombrowski, le citoyen Dereure ; 2° Auprès du général La Cécilia, le citoyen Johannard ; 3° Auprès du général Wrobleski, le citoyen Léo Melliet. Hôtel de ville, le 26 floréal an 79. Le comité de salut public : Ant. Arnaud, Billioray, E. Eudes, F. Gambon, G. Ranvier. ______________________________________________________ ARRÊTÉ - COMITÉ DE SALUT PUBLIC (p 1873) Arrêts et vérifications des trains pour Paris hors de l'enceinte - Travaux nécessaires exécutés à la hauteur de l’enceinte, pour détruire tout train qui essayerait de forcer la consigne. Le Comité de salut public ARRÊTE : Art. 1er. Tous les trains, soit de voyageurs, soit de marchandises, de jour et de nuit, se dirigeant sur Paris, par une ligne quelconque, devront s’arrêter hors de l’enceinte, au point où est établi le dernier poste avancé de la garde nationale. A cet effet, un signal spécial sera placé au point d’arrêt par les soins des administrations compétentes. Art. 2. Aucun train ne pourra dépasser la limite précitée sans avoir été préalablement visité par l’un des commissaires de police délégués à cet effet. Art. 3. Les travaux nécessaires seront immédiatement exécutés à la hauteur de l’enceinte, pour être en mesure de détruire instantanément tout train qui essayerait de forcer la consigne. Art. 4. Un délégué civil faisant fonctions de commissaire de police spécial aura le commandement du poste chargé de visiter les trains au point d’arrêt. Art. 5. Le membre de la Commune délégué aux relations extérieures, d’accord avec le délégué civil à la guerre, est chargé de l’exécution du présent arrêté. Le délégué de la Commune près les chemins de fer prendra ses ordres à cet égard. Fait à Paris, le 16 mai 1871. Le Comité de salut public Pour copie conforme : Le secrétaire général, Henri Brissac. ______________________________________________________ ARRÊTÉ - DÉLÉGUÉ À LA JUSTICE (p 1875) Gratuité des actes des notaires et huissiers. Le membre de la Commune délégué à la justice. ARRÊTE : Les notaires, huissiers, et généralement tous les officiers publics de la Commune de Paris devront, sur l’ordre du délégué à la justice, dresser gratuitement tous les actes de leur compétence. Le membre de la Commune délégué à la justice, Eugène Protot. Paris, le 16 mai 1871. En conséquence de l’arrêté ci-dessus, les citoyens gardes nationaux peuvent, dès aujourd’hui, demander au délégué à la justice l’autorisation de faire dresser par les juges de paix, notaires, huissiers, greffiers des tribunaux de la Commune de Paris, les actes d’une certaine urgence tels que : donation entre vifs, testaments, reconnaissances des enfants naturels, contrats de mariage, actes respectueux, actes de consentement des ascendants, procurations, adoptions, actes de notoriété, etc., etc. ______________________________________________________ ARRÊTÉ - DÉLÉGUÉ À LA JUSTICE (p 1875) Nomination de Moreau, Directeur de l'intendance. Sur proposition de la commission de la guerre. Le délégué civil à la guerre. ARRÊTE : Le citoyen Ed. Moreau, membre du Comité central, est chargé de la direction de l’intendance. Le Délégué civil à la guerre, Ch. Delescluze. Approuvé : La commission de la guerre, Bergeret, Cournet, Géresme, Ledroit, Lonclas, Sicard, Urbain. Paris le 16 mai 1871. ______________________________________________________ ARRÊTÉ - DÉLÉGUÉ À LA JUSTICE (p 1875) Obligation de déclaration des dépositaires de pétrole et huiles minérales dans les bureaux de l’éclairage. Le membre de la Commune délégué aux services publics. ARRÊTE : Tous les dépositaires de pétrole ou autres huiles minérales devront, dans les quarante-huit heures, en faire la déclaration dans les bureaux de l’éclairage, situés place de l’Hôtel-de-Ville, 9. Vu et présenté par l’ingénieur chef des services publics, Ed. Caron. Vu et dressé par l’ingénieur chef du service de l’éclairage et des concessions, B. Peyrouton. Le membre de la Commune délégué aux services publics, Jules Andrieu. Paris, le 18 mai 1871. ______________________________________________________ PROCLAMATION - DÉLÉGUÉ À L'ENSEIGNEMENT (p 1882) Nomination de Oudinot, administrateur provisoire des musées du Louvre – Appel à candidatures de professeurs de dessin et de modelage. Sur la proposition de la commission fédérale des artistes, Le citoyen Oudinot (Achille), architecte et peintre, est délégué comme administrateur provisoire des musées du Louvre. Et les citoyens Héreau (jules), peintre, et Dalou, statuaire, lui sont adjoints pour l’assister dans ses fonctions provisoires. Les citoyens désirant concourir à la réorganisation de l’enseignement et obtenir des places de professeur de dessin et de modelage, sont invités à se rendre le 19, 20 et 21 mai courant, de midi à deux heures, au siège de la commission fédérale des artistes (ex-ministère des beaux-arts, rue de Rivoli), à l’effet de déposer leurs titres et pièces à l’appui et y joindre au besoin une note signée contenant une brève exposition de leurs méthodes d’enseignement. Pour la commission de la Fédération des artistes, approuvé : Le membre de la Commune délégué à l’enseignement, Edouard Vaillant. Paris, le 16 mai 1871. Jeudi 18 mai 1871 ARRÊTÉ - COMITÉ DE SALUT PUBLIC (p 1914) Dispositions de limites des exemptions des employés du chemin de fer au service de la Garde nationale, sous la responsabilité du contrôleur général des chemins de fer. Le Comité de salut public, Vu son arrêté en date du 16 floréal courant ; Considérant qu’il importe aux intérêts de la défense de ne pas tenir éloignés plus longtemps du service de la garde nationale les employés de chemin de fer dont la présence n’est pas indispensable aux besoins actuels de l’administration et de l’exploitation des différentes compagnies ; Que la double signature du contrôleur général des chemins de fer et du délégué spécial du Comité central de la garde nationale entraine des lenteurs qu’il est indispensable d’abréger ; Considérant en outre que le contrôleur général est compétent pour apprécier dans quelles limites les exemptions peuvent être accordées ; Vu l’urgence ; ARRÊTE : Art. 1er. Les certificats d’exemption du service de la garde nationale seront délivrés et signés par le contrôleur général des chemins de fer, sous sa responsabilité. Art. 2. Le contrôleur général remettra dans les trois jours, à chaque légion, un état nominatif des employés mis à la disposition de la garde nationale. Art. 3. Il adressera dans la huitaine, au Comité de salut public, un rapport détaillé faisant connaître le nombre de certificats d’exemption délivrés avec motifs à l’appui, et le nombre des employés de chemins de fer mis à la disposition de chaque légion. Art. 4. L’arrêté du 16 floréal est maintenu en tout ce qui n’est pas contraire aux dispositions du présent arrêté. Le Comité de salut public : Ant. Arnaud, Billioray, E. Eudes, F. Gambon, G. Ranvier. Hôtel de Ville, le 27 floréal an 79. ______________________________________________________ ARRÊTÉ - COMITÉ DE SALUT PUBLIC (p 1915) Nominations de 2 juges d'instruction. Le Comité de salut public, Sur la proposition du procureur de la Commune, ARRÊTE : Art. 1er. Les citoyens Würth et Moreau (Armand) sont nommés juges d’instruction attachés au parquet du procureur de la Commune. Art. 2. le procureur de la Commune est chargé d’assurer l’exécution du présent arrêté. Le Comité de salut public, Pour ampliation : Le procureur de la Commune, Raoul Rigault. Hôtel de Ville, le 27 floréal an 79. ______________________________________________________ ARRÊTÉ - DÉLÉGUÉ AUX FINANCES (p 1916) Création d'une direction spéciale chargée du contrôle des finances pour la solde de la Garde nationale - Nomination de Armand, directeur général du service des contrôleurs des finances pour la solde de la garde nationale. Le membre de la Commune délégué aux finances, DÉCRÈTE : Il est institué à l’administration centrale une direction spéciale, chargée du contrôle des finances pour la solde de la garde nationale. Paris, le 16 mai 1871. Le membre de la Commune délégué aux finances, Jourde. Le citoyen Armand (Hubert) est nommé directeur général du service des contrôleurs des finances pour la solde de la garde nationale. Paris, le 16 mai 1871. ______________________________________________________ PROCLAMATION - DÉLÉGUÉ AUX FINANCES (p 1917) Tirage de quatre séries d'articles à délivrer gratuitement par le Mont-de-piété. En exécution du décret communal du 6 mai courant, un nouveau tirage de quatre séries des articles à délivrer gratuitement par le Mont-de-piété, aura lieu samedi prochain, 20 mai courant, à deux heures précises, dans la salle Saint-Jean, à l’Hôtel de Ville, en séance publique, présidée par le citoyen Lefrançais, membre de la Commune. Paris, le 17 mai 1871. Le membre de la Commune délégué aux finances, JOURDE. NOTA. — Les autres tirages seront annoncés par de nouvelles affiches. ______________________________________________________ ARRÊTÉ - DÉLÉGUÉ AUX FINANCES (p 1917) Soumission des marchés à la Délégation des finances après refus formel, par les compagnies concessionnaires des marchés, de solder les sommes dues selon les classes et conditions du cahier des charges. Le délégué aux finances, Considérant que les compagnies concessionnaires des marchés n’ont fait aucun versement des sommes dues depuis la guerre jusqu’à ce jour ; qu’en outre lesdites compagnies ont perçu dans les marchés le prix entier des places jusqu’au 1er janvier 1871, et demi-places jusqu’à ce jour ; Vu le refus formel desdites compagnies de solder les somme dues au 1er avril 1871, selon les classes et conditions du cahier des charges, ARRÊTE : Article unique. Tous les marchés concédés par la ville de Paris à la compagnie Férère ou autre compagnie rentrent provisoirement, à partir d’aujourd’hui, dans le ressort de la délégation des finances. Le membre de la Commune délégué aux finances, Jourde. ______________________________________________________ ARRÊTÉ - COMMUNE DU 3e ARRONDISSEMENT (p 1921) Nominations des membres de l'administration de l’orphelinat communal. Les membres de la Commune du 3e arrondissement, ARRÊTENT : Le citoyen Bibal, président de la commission des écoles du 3e arrondissement : Le citoyen Dubard ; Le citoyen Dediot père ; Le citoyen Léon Jacob, secrétaire général, sont nommés membres de l’administration de l’orphelinat communal, sous la présidence des membres de la Commune du 3e arrondissement. Ant. Arnaud, Demay, Clovis Dupont, Pindy. ______________________________________________________ ARRÊTÉ - ASSEMBLÉE NATIONALE (p 1956) Assemblée nationale se déclare constituante – Limite son mandat à 2 ans - République désormais gouvernement de la France. L’Assemblée nationale, s’inspirant de son droit, de sa force et surtout de son amour de la patrie, En vertu de son pouvoir souverain, DÉCRÈTE : Art. 1er. L’Assemblée nationale se déclare Assemblée constituante. Art. 2. Elle limite son mandat au terme de deux ans, pendant lesquels elle fera les lois organiques Art. 3. La République sera désormais le gouvernement de la France.

  • DÉCRET, ARRÊTÉS, ORDRES, PROCLAMATIONS - 15

    Mercredi 24 mai 1871 DÉCRET, ARRÊTÉS, ORDRES, PROCLAMATIONS - 15 Next Next Mercredi 24 mai 1871 PROCLAMATION - COMITÉ DE SALUT PUBLIC (p 2161) Le Peuple de Paris aux soldats de Versailles. Paris, le 23 mai. Le peuple de Paris aux soldats de Versailles Frères, L’heure du grand combat des peuples contre leurs oppresseurs est arrivée ! N’abandonnez pas la cause des travailleurs ! Faites comme vos frères du 18 mars ! Unissez-vous au Peuple, dont vous faites partie ! Laissez les aristocrates les privilégiés, les bourreaux de l’humanité se défendre eux-mêmes, et le règne de la justice sera facile à établir. Quittez vos rangs ! Entrez dans nos demeures. Venez à nos, au milieu de nos familles. Vous serez accueillis fraternellement et avec joie. Le peuple de Paris a confiance en cotre patriotisme. VIVE LA RÉPUBLIQUE ! VIVE LA COMMUNE ! 3 prairial an 79. La Commune de Paris. ______________________________________________________ PROCLAMATION - COMITÉ DE SALUT PUBLIC (p 2161) Le Peuple de Paris aux soldats de Versailles Le Peuple de Paris aux soldats de Versailles Que tous les bons citoyens se lèvent ! Aux barricades ! L’ennemi est dans nos murs ! Pas d’hésitations ! En avant pour la République, pour la Commune et pour la Liberté ! AUX ARMES ! Paris, le 3 prairial an 79. Le Comité de Salut public : Ant. Arnaud, Billioray, Eudes, F. Gambon, G. Ranvier. ______________________________________________________ PROCLAMATION - COMITÉ DE SALUT PUBLIC (p 2162) Autorisation aux chefs de barricades à requérir l’ouverture des portes des maisons et à réquisitionner vivres et objets utiles à la défense. Le Comité de Salut public autorise les chefs de barricades à requérir l’ouverture des portes des maisons, là où ils le jugeront nécessaire ; A réquisitionner pour leurs hommes tous les vivres et objets utiles à la défense, dont ils feront récépissé et dont la Commune fera état à qui de droit. Le membre du Comité de salut public. G. Ranvier. Hôtel de Ville, le 3 prairial an 79. ______________________________________________________ PROCLAMATION - COMITÉ DE SALUT PUBLIC (p 2162) Le Peuple de Paris aux soldats de Versailles Soldats de l’armée de Versailles, Le peuple de Paris ne croira jamais que vous puissiez diriger contre lui cos armes quand sa poitrine touchera les vôtres ; vos mains reculeraient devant un acte qui serait un véritable fratricide. Comme nous, vous êtes prolétaires ; comme nous, vous avez intérêt à ne plus laisser aux monarchistes conjurés le droit de boire votre sang comme ils boivent nos sueurs. Ce que vous avez fait le 18 mars, vous le ferez encore, et le peuple n’aura pas la douleur de combattre des hommes qu’il regarde comme des frères et qu’il voudrait voir s’asseoir avec lui au banquet civique de la Liberté et de l’Egalité. Venez à nous, frères, venez à nous ! nos bras vous sont ouverts ! 3 prairial an 79. Le Comité de Salut public, Ant. Arnaud, Billioray, E. Eudes, F. Gambon G ; Ranvier. ______________________________________________________ PROCLAMATION - COMITÉ CENTRAL (p 2163) Le Peuple de Paris aux soldats de Versailles Soldats de l’armée de Versailles, Nous sommes des pères de famille. Nous combattons pour empêcher nos enfants d’être un jour courbés, comme vous, sous le despotisme militaire. Vous serez un jour pères de famille. Si vous tirez sur le peuple aujourd’hui, vos fils vous maudiront, comme nous maudissons les soldats qui ont déchiré les entrailles du Peuple en Juin 1848 et décembre 1851. Il y a deux mois, au 18 mars, vos frères de l’armée de Paris, le cœur ulcéré contre les lâches qui ont vendu la France, ont fraternisé avec le Peuple : imitez-les. Soldats, nos enfants et nos frères, écoutez bien ceci, et que votre conscience décide : Lorsque la consigne est infâme, la désobéissance est un devoir. 4 prairial an 79. Le Comité Central

  • Jeu massacre | Auluxecommunal

    Image réalisée avec Photoshop et IA Lors d'une réception qu'Emmanuel Macron offrit à Vladimir Poutine en 2018, un journaliste demande pourquoi a été choisi le Palais de Versailles, qui semble quelque peu monarchique. La réponse de Macron : " VERSAILLES, C'EST LÀ OÙ LA RÉPUBLIQUE S'EST RETRANCHÉE QUAND ELLE ÉTAIT MENACÉE". Article Libération >> QU’ÉTAIT DONC CETTE RÉPUBLIQUE (LA IIIÈME) QUI SE SENTAIT MENAÇÉE, ET PAR QUOI ÉTAIT-ELLE MENAÇÉE ? La première Assemblée nationale, élue le 8 février 1871, de la IIIème République, était monarchiste, constituée d’une forte majorité d’orléanistes, de légitimistes, de bonapartistes. Elle aspirait ainsi, paradoxalement, à la fin de la République et à une forme de restauration. Elle redoutait - sur fond de misère sociale, de volonté populaire de bouter les prussiens hors de France, et de rancune contre la trahison des généraux et du Gouvernement dit « de défense nationale » - un soulèvement parisien. Après la signature des préliminaires de paix le 1er mars 71, les Prussiens évacuent la capitale. Les députés, installés à Bordeaux, pourraient donc revenir à Paris. Mais ils préfèrent déménager à Versailles, loin des sources de potentiel conflit social. La République se trouvait en fait menacée par ses propres représentants élus – l’Assemblée nationale elle-même, dans sa majorité monarchiste – et non par les parisiens, fortement républicains. Aussi, la petite phrase de Macron révèle soit une lacune majeure dans ses connaissances historiques, et la formule ne l’honore pas, soit, à l’inverse, une connaissance, revendiquée à dessein, du moment historique, ce qui l’honore encore moins.... PETIT COURS DE RÉPUBLIQUE : LA IIIème - Le 19 juillet 1870, Napoléon III déclare la guerre à la Prusse. - Le 2 septembre 1870, il capitule à Sedan. Sa déchéance est prononcée par le corps législatif. - Le 4 septembre, la IIIème République est proclamée par Gambetta, et un Gouvernement (provisoire) de Défense Nationale est nommé sous la présidence du Général Trochu – un orléaniste convaincu. Il est constitué de députés républicains modérés de Paris - à part Henri Rochefort, nommé pour canaliser la gauche. Sa mission officielle : la continuation de la guerre contre la Prusse. - Le 9 septembre, devant la menace d’encerclement de Paris par les Prussiens, le gouvernement installe une antenne gouvernementale à Tours, sous l’autorité d’Adolphe Crémieux. - Le 19 septembre, Paris est assiégé. - Le 9 décembre 1870, le gouvernement se replie à Bordeaux. - 18 janvier 1871, proclamation de l’Empire allemand dans la galerie des glaces du château de Versailles. - 28 janvier 1871 : signature de l’armistice entre le Gouvernement de Défense nationale et le gouvernement prussien, qui exige l’élection d’une Assemblée nationale pour signer le traité de paix. - Le 31 janvier 71, anticipant les élections législatives, Gambetta décrète l’inéligibilité des anciens candidats officiels de l’Empire, bonapartistes et royalistes. Bismarck, furieux, menace de rompre l’armistice. Jules Simon fait annuler le décret, Gambetta démissionne - L’Assemblée nationale est élue le 8 février 1871, et se réunit à partir du 12 février au Grand Théâtre de Bordeaux. Composition très monarchiste de l’Assemblée, de gauche à droite : - 38 Républicains radicaux - 112 Républicains modérés - 72 Libéraux - 20 Bonapartistes - 214 Orléanistes - 182 Légitimistes L’Assemblée a deux priorités : conclure la paix et soumettre Paris. - Le 1er mars 1871 sont signés les préliminaires de paix. Les Prussiens évacuent la capitale, rien ne s’oppose au retour des députés à Paris. - Mais la majorité monarchiste de l’Assemblée craint le soulèvement révolutionnaire du peuple parisien. Elle envisage de déménager à Fontainebleau ou à Versailles. Louis Blanc, député républicain de la Seine, y voit une volonté de retour à la monarchie et s’y oppose virulemment le 10 mars 1871. - En raison des évènements insurrectionnels de la Commune de Paris à partir du 18 mars 1871, l’Assemblée nationale part s’installer au château de Versailles le 20 (?) mars. Les députés ne réintègreront le Palais-Bourbon que huit ans plus tard, durant l’été 1879. Léon Gambetta dégaine son épée tandis qu'Adolphe Thiers jette une galette (un portefeuille ministériel) pour détourner l'attention de Cerbère dont les trois têtes représentent les légitimistes, les orléanistes et les bonapartistes. « La Situation », caricature d'André Gill publiée dans L'Éclipse (9 février 1873).

  • 1k-Courbet Vendome | Auluxecommunal

    COURBET ET LA COLONNE VENDÔME Le 14 septembre 1870, Gustave Courbet souhaite "donner lecture d'une proposition qu'il a à faire relativement à la colonne Vendôme" à la Commission artistique pour la sauvegarde des musées nationaux. La Commission renvoie la proposition à la séance plénière du 18 septembre : Attendu que la colonne Vendôme est un monument dénué de toute valeur artistique, tendant à perpétuer par son expression les idées de guerre et de conquête qui étaient dans la dynastie impériale, mais que réprouve le sentiment d’une nation républicaine, [le citoyen Courbet] émet le vœu que le gouvernement de la Défense nationale veuille bien l’autoriser à déboulonner cette colonne. Courbet propose de la remiser aux Invalides. La proposition reste sans suite. Après un appel de Vallès, le 4 avril 1871, dans Le Cri du peuple , la Commune décide, le 12, sur une proposition de Félix Pyat, d’abattre - et non de déboulonner - la colonne Vendôme. Paschal Grousset veillera à son exécution. Courbet n'a pas pu voter pour sa démolition le 12, car il n'est en poste que le 20. Décision de la Commune du 12 avril 1871 : La Commune de Paris considère que la colonne impériale de la Place Vendôme est un monument de barbarie, un symbole de force brute et de fausse gloire, une affirmation du militarisme, une insulte permanente des vainqueurs aux vaincus, un attentat perpétuel à l'un des trois grands principes de la République : la fraternité! Plusieurs fois repoussée, la cérémonie a lieu le 16 mai 1871, la colonne est abattue, non sans difficultés sous le contrôle de l'ingénieur Iribe, à 17 h 30. APRÈS LA CHUTE DE LA COLONNE - Gustave Courbet est arrêté après la Semaine Sanglante et condamné à six mois de prison, 500 francs d'amende, plus les frais de justice (6850 francs), pour "attentat, excitation et levée de troupes, usurpation de fonctions et complicité de destruction de monuments". La sentence est clémente comparée à celle de ses co-accusé.e.s, condamné.e.s à la déportation, aux travaux forcés à perpétuité (Jules Dalou) ou à la mort. La démolition de la colonne Vendôme, décrétée le 12 avril 1871, ne peut lui être imputée : son élection à la Commune ne date que du 16 avril ! Alors qu'il purge sa peine, le peintre adresse en juin 1871 un courrier au ministre Jules Simon , se défendant d'avoir voulu cette destruction. Il écrit également à Victor Lefranc, Ministre du Commerce et à Jules Grévy, président de l'Assemblée Nationale, auxquels il propose, "puisqu'on s'obstine à me rendre responsable de la chute de cette colonne, quoique véritablement je n'aie d'autre tort que d'avoir adressé une proposition à l'Assemblée du 4 septembre 1870 (qui n'eut pas de conséquence, cédant à l'opinion publique) de la relever à mes frais en me permettant de mettre en vente publique ces deux cents tableaux qui subviendraient bien au-delà des frais nécessaires à cette reconstruction". Les courriers restent sans retour. Mais en mai 1873, le nouveau président de la République, le maréchal de Mac Mahon , décide de faire reconstruire la colonne Vendôme aux frais de Courbet. Le devis s'élève à 323 091,68 francs. Courbet est acculé à la ruine, ses biens mis sous séquestre, ses toiles confisquées. En juillet 1873, il passe la frontière suisse et s'établit au bord du lac Léman, à la Tour de Peilz. Il meurt le 31 décembre 1877 d'un arrêt cardiaque, juste avant la première échéance pour la reconstruction de la colonne Vendôme... BERTALL : Humble supplique des hommes de bronze de Paris qui demandent à ne pas être fondus. Les statues de bronze de Paris sont menacées de disparition à chaque changement de régime : le bronze de Napoléon 1er avait été fondu par Louis XVIII pour réaliser la statue de Henry IV au Pont Neuf, qui avait été réquisitionnée par la Révolution (avec celles de Louis XIII place Royale et de Louis XIV place des Victoires et place Vendôme) pour fabriquer des canons. En janvier 1871, Courbet avait donné une toile pour une loterie. Sa vente permit au 45ème bataillon de la Garde nationale d'acheter un canon, qui sera baptisé du nom de l'artiste. Voir "Courbet et la Commune", musée d'Orsay, 2000

  • Citoyen Legrand | Auluxecommunal

    CITOYEN LEGRAND 21 mai, dernier dimanche de la Commune voir site de Michèle Audin, Ma commune de Paris >> La Fédération des artistes — qui a le bon sens de travailler beaucoup et de faire peu de bruit — vient d’affirmer son existence par le programme d’un concours ouvert à la sollicitation du citoyen Legrand. Le citoyen Legrand est l’auteur d’un projet de souscription nationale pour l’exécution d’un tableau ayant pour donnée : « Les citoyens anglais fraternisent avec la France par l’envoi, à la suite du siège, de secours au peuple de Paris. » Il en résulte, ce me semble, qu’une marine où l’on verrait un vaisseau anglais cinglant vers la France serait admise, ou encore un pâturage du Yorkshire dans lequel un citoyen anglais offrirait un troupeau de bœufs à un citoyen parisien. Cette tolérance est loin de me déplaire. Je préférerais franchement une ville de Londres tendant une gerbe à la ville de Paris; quelque épisode réel du siège, par exemple une de ces queues interminables et patientes de femmes, d’enfants, de vieillards, de malades épuisés par la famine qu’avait décrétée le régime du 4 septembre. En somme ce programme est plein de bonnes intentions et marque que la Fédération entend bien rompre complètement avec les traditions qui ont abêtis les talents les plus fins et courbé de fiers caractères. […] "LE RAPPEL" - PHILIPPE BURTY >> JEAN-LOUIS ROBERT >> "Nouvelle histoire de la Commune de Paris, 1871" T.1, p.470, Arbre bleu éditions, mai 2023. La Fédération se trouva aussi devant une proposition de réalisation d'une grande peinture : « Les citoyens anglais fraternisant avec la France, à la suite du siège de Paris par l'envoi de secours au peuple de Paris. » Un citoyen britannique aurait versé 14 000 Frs (1) et une souscription rapporterait aussi 30 000 Frs pour ce projet. C'était une commande très importante. La Fédération publia un règlement complexe (2), tout empreint du souci hyper égalitaire et autogestionnaire qui était le sien. On demanderait aux candidats une esquisse de 50 cm. Puis par vote DES CANDIDATS, il serait choisi les 20 meilleurs projets; leurs auteurs bénéficiant chacun de 250 Frs. Les heureux élus présenteraient une seconde esquisse d'un mètre et choisiraient un jury de neuf artistes présents à Paris. Ce jury choisirait le gagnant et les cinq seconds qui bénéficieraient chacun de 1 000 Frs. Il était envisagé aussi de consacrer 10 000 Frs à dédommager les auteurs d'esquisses non sélectionnées. Une même procédure était prévue pour le choix de l'encadreur. Philippe Burty put ainsi se féliciter que la Fédération ait bien rompu avec l'ancienne organisation des concours, qu'elle n'ait donné aucune orientation artistique et respecté le choix par les artistes du bénéficiaire. Évidemment nous ne savons pas comment une telle procédure se serait déroulée! Mais le projet de liberté de l'art et d'autogestion avait bien été initié par la Commune. 1- Le Rappel, 10 mai. 2- Philippe Burty, « La Commune des artistes », Le Rappel, 21 mai.

  • 1d-Mazas | Auluxecommunal

    LA PRISON MAZAS >> La maison d'arrêt cellulaire, appelée couramment prison Mazas, est une ancienne prison de Paris , construite par l'architecte Émile Gilbert . Située face à la gare de Lyon , elle est utilisée de 1850 à 1898 pour l'internement des prisonniers de droit commun . Adolphe Thiers y fut incarcéré en 1851 après le coup d'Etat du 2 décembre; Georges Clémenceau en 1862; Arthur Rimbaud en 1870 pour ne pas avoir payé son billet de train . Elle n'en n'a pas moins "accueilli" des prisonniers politiques communards, après la Semaine sanglante : Jules Allix, Bruno Braquehais, Henri Rochefort, Jules Valles, Gustave Courbet... L'édifice est démoli en 1898 à l'occasion de l'Exposition universelle de 1900 afin d'épargner la vue d'une prison aux visiteurs arrivant par la gare de Lyon. Jules Vallès - Mazas >> LES DESSINS D'ARMAND GAUTIER A MAZAS Thiers, ministre bavard, et Thiers dans sa cellule Réglement et fenêtre de la cellule 17 de la prison Mazas Un défilé, prison Mazas Thiers dans la cellule d'attente Monsieur Thiers passant à la toise Le perruquier de la préfecture La prison Mazas, 12ème arrondissement, en 1871 Sortie de la prison Mazas, 12ème arrondissement Ici fut fusillé un brave sur l'ordre d'un lâche Cuiller de bois de la prison Mazas Cellule 64, dépôt de la préfecture de police Henri Rochefort à la prison Mazas, 1871

  • Pierre d'asile | Auluxecommunal

    LA PIERRE D'ASILE ÉLÉMENTS DU PROJET Pierre d'asile - Place Robert-Humblot, Ornans, Franche-Comté. Hauteur : environ 2 m / diamètre : environ 0.80 m D'après les archives municipales, de 1514 à 1674, Ornans, ville natale de Gustave Courbet, a bénéficié d'un droit d'asile pour ceux qui avaient commis un homicide par accident ou par autre circonstance méritant grâce. Prenant de chacun d'eux dix florins en monnaie pour leur réception. Le réfugié qui sollicitait l'asile devait probablement toucher une statuette, aujourd'hui disparue, dans la niche creusée dans la colonne qui supportait une croix. Celle-ci était érigée près du Grand pont (côté rue Pierre-Vernier). La croix a été supprimée à la révolution et la colonne a servi de pilier pour une maison au bord de la rive droite de la Loue. Elle y était encore en 1967. Après cette date, la colonne a été déplacée sur la place Robert-Humblot", en face du musée Courbet, de l'autre côté de la Loue. PROJET - Acquisition d’1 m2 de terrain dans différentes villes en vue de l’érection de pierres d’asile sur le modèle d’Ornans. Les demandeurs d'asile seraient invités, lors d’une cérémonie proche des parrainages républicains, à venir poser la main dans la niche de la pierre. Le rituel serait à la fois symbolique et déclaratif/performatif. - Courbet aurait pu en être usager, accusé à tort d'avoir fait tomber la colonne Vendôme, et condamné à en rembourser les frais de reconstruction. Pierre d'asile d'Ornans >>

  • 1g-Discussion Michel/Sand | Auluxecommunal

    Rencontre GEORGE SAND - LOUISE MICHEL Michel Pinglaut : uchronie librement inspirée de « Qu’avez-vous à dire pour votre défense ? » de Mariecke de Bussac Louise Michel : Salut la bourgeoise ! Georges Sand : Fi, la sauvageonne ! - Ah oui, je suis une sorte d’épouvantail, une ogresse, puisque tu affirmes, bourgeoise insensée, qu’à Paris, nous nous mangeons entre nous. - N’êtes vous pas appelée la Vierge rouge ? - C’est ce qu’en disent les journaux, que tu reçois à Nohant. Tu as le choix, puisque les journaux communeux y arrivent aussi. - Vous êtes, fauve déchaînée, complice de la Commune. - La Commune veut la République sociale et universelle. En quoi, avons-nous notre place au zoo de Vincennes ? La Révolution sociale, ça doit te dire aussi, sauvageonne de 1848 ! - Mais regardez ce que la populace a fait de Paris : une ruine et un égout de vomis d’alcooliques. - Les destructions, les incendies, ma vielle, aux Prussiens d’abord, aux obus versaillais ensuite. Toi, romancière, tu sais ce que signifie « tirer à boulets rouges ». Les espions napoléoniens sabotaient aussi. Ils voulaient retrouver le lupanar de Badinguet et de l’Eugénie. - Mais l’Hôtel de ville ? - Oui ! Nous ne voulions pas que les versaillais triomphent dans ce que fut le symbole de l’expression du Peuple. Vercingétorix, l’arverne, n’a-t-il pas voulu faire la terre brûlée devant Jules. Nous avons aussi détruit la colonne Vendôme, symbole du césarisme des Napoléons, le 1er et l’autre, le petit. Nous avons brûlé les Tuileries dont les ors provenaient des profits tirés sur le travail des malheureuses et des humbles. - Pourquoi cette fièvre obsidionale ? - Ma petite, voilà encore une pensée issue des cerveaux versaillais. Ignoble de reprocher aux Parisiens de vouloir défendre Paris, de ne pas céder devant les Prussiens. - Il fallait arrêter cette guerre qui a meurtri la jeunesse de nos campagnes. - Les Jules ont été des capitulards. Les Communeux ne sont pas des traîtres, des lâches. - Ecoute. Moi aussi, j’ai été sociale et rouge. Mais je hais la violence. - La violence est née de votre peur de perdre vos petits privilèges bourgeois, d’avoir reconnu que les Communeuses et les Communeux voulaient sortir de la misère. J’ai d’ailleurs écrit un roman feuilleton populaire La Misère en 1881. - Oui, je me souviens des jeunes filles de Lyon, face à leurs métiers à tisser et la réponse d’un député : « Si on interdit aux enfants de travailler, de quoi vivraient leurs familles ». Moi, j’étais une indignée. - Alors, pourquoi nous avoir abandonné en 1871 ? - J’ai préféré le rejet de la guerre et le calme des paysans, touchés par les morts de 70. Je ne voulais pas que les rêves révolutionnaires se réalisent dans le sang des révolutions. - Il y en a marre de la domination, pour les femmes surtout. Nous voulons une Humanité nouvelle, un monde nouveau, une République sociale, universelle, sans le poids des bondieuseries et de la religion. - Mais elle ne doit pas croître dans le sang ! - Qui a été sanguinaire ? Qui a attaqué Paris dès le 2 avril ? Quelques centaines - oui, c’est trop –, bien sûr, de victimes de la Commune et de la population outrée de tant d’injustices. Mais les 25 000 morts de la Semaine sanglante ? De cette guerre civile déclenchée par Versailles. M. Thiers est un foutriquet qui a les mains rouges de sang. - Je n’aimais pas particulièrement Thiers. - Alors ? - Les Communards ont été excessifs, je les crois insensés dans leur construction du monde. C’était une aventure dangereuse. Mais vous, institutrice, d’où vous viennent ces pensées d’insoumission ? - Les parents et grands parents qui m’ont recueillie m’ont fait lire les philosophes du siècle des Lumières, Voltaire en particulier. Mais toi aussi, George, tu as été initiée à ces philosophes ? - J’ai été moi aussi , effectivement révoltée par l’injustice sociale, par les affronts faits aux femmes. - J’ai lu Les paroles d’un croyant de Lamenais et cela m’a marqué. - Ah, Lamenais ! Je me suis disputée avec lui, à cause du divorce. J’ai eu aussi une éducation voltairienne. Jean-Jacques Rousseau m’est familier. La gestion du domaine de Nohant est l’occasion de mettre ses préceptes en pratique . - Grand-père m’a raconté l’épopée de la Grande Révolution. Nous lisions nombre de livres ensemble. - Bon sang ! Mais chez moi aussi, mon père a approuvé la fin des privilèges ! - J’ai connu, enfant, la vie heureuse de la campagne. Je me suis intéressée à la lutte contre la maltraitance des animaux. Même sur La Virginie, le bateau d’exil pour atteindre la Nouvelle Calédonie, je ne pouvais pas supporter la chasse aux cormorans. - Mais moi aussi, j’aime les animaux et les plantes de mon cher Berry. Pour les plantes, je cherchais les secrets de leur usage. - Dans mon enfance, j’ai pratiqué les veillées, écouter les bonnes vieilles histoires du terroir. Cela ne m’a pas empêché d’apparaître comme une jument folle de liberté. - Bon sang ! Les veillées du Berry ont bercé mon enfance et toute ma vie rurale. Vous savez bien, nom d’un chien,que j’ai voulu redonner tous ces faits charmants dans mes romans pour qu’une jeune fille du pays d’Oïl comprenne et ressente toutes mes pensées et mes pratiques. - Mais, le pain issu du terroir est dur à gagner, bourgeoise ! C’est pourquoi il ne faut pas se résigner à crever de faim, à accepter la fatalité, à être une ouaille du Seigneur. - Arrêtez ! Je comprends tout cela ! - Alors, le programme de la Commune aurait dû vous toucher, toi et tes amis de la littérature et des arts. L’école, l’égalité institutrice-instituteur, le soutien pour une vie meilleure aux déshérités… Quel beau programme ! - Ne revenons pas sur la Commune, nous allons nous crêper le chignon. Mais je partage vos idées sur l’injustice. Certains meurent d’indigestion et les autres crèvent de faim. - Donc, la justice divine n’existe pas. - Je veux croire qu’une divinité puissante soit capable de créer un monde vivable. Mais je pense que cette divinité ne croit pas en l’homme ou plutôt utilise sa folie et ses défauts. - Cet être suprême n’a engendré que religiosité, despotisme, propriété, guerres. - Je ne suis pas spécialement dans la religion, mais je crois qu’elle peut agir contre les puissants. - L’homme, et bien sûr, la femme ne seront jamais libres tant qu’ils croiront et obéiront à un dieu. - Mais Dieu inspire la charité chrétienne. C’est comme cela que j’agis vis à vis de mes paysans du Berry. - Employons donc le mot de solidarité qui ne se conçoit pas avec un être faible et isolé. - Toutes les existences sont solidaires les unes des autres. - Dis donc, bourgeoise, ton Jésus n’a-t-il pas été crucifié pour avoir dit « aimons-nous les uns les autres » ? - J’ai pensé (je pensais ?) au communisme. D’ailleurs, dans ma province, ne dit-on pas que je suis communisque. C’est une manière de christianisme. - J’ai aussi pensé au communisme pour dépasser la notion de charité. Puis à l’anarchie, pour éviter le pouvoir de l’état-patron. - Les hommes ne sont pas mûrs pour le communisme et l’anarchisme. Le communisme peut devenir une religion. Mais peut-il être forme de société? Mais j’ajoute : malheur à la richesse. Comment le communisme, l’anarchisme peuvent-ils devenir une force de reconstruction sociale ? - Et comment concevoir l’amour dans cette société ? - Pour moi, je n’ai pas pu, je n’ai pas voulu vivre sans amour Et l’amour (m') a fait, par la maternité, le plaisir immense d’avoir mon fils Maurice. - Moi, je n’ai jamais voulu donner d’esclaves aux puissants ! - Bon sang, l’amour est donc politique chez vous ? - L’amour ne doit pas faire oublier les combats d’idées. - Aimer ne m’a jamais empêché d’agir, de combattre, de convaincre pour des idées. - Et le mariage dans tout ça ? - Je ne défends pas le mariage. C’est une institution faite de barbarie. Il doit être aboli. - L’ homme et la femme doivent cependant être main dans la main. - L’espèce humaine doit progresser vers la justice et la raison. Les enfants doivent profiter de cela. - Mais toi, George, tu n’es pas restée main dans la main avec le même homme ? - J’ai d’abord aimé mon mari, enfant illégitime du baron Dudevant. Je me suis mariée à 18 ans. Lui en avait 27. Nous n’avions rien en commun. La chasse ! La chasse! C’était son intérêt. J’ai aimé follement de nombreux hommes. Physiquement, j’étais dyspareunique, j’avais mal pour accomplir l’acte d’union. Alors, par instinct, je changeais. Je voulais aussi montrer que la femme est forte, qu’elle peut mener un homme. Je n’avais pas peur du scandale. Par mon prénom, par ma façon de m’habiller, de fumer. Et vous, Louise, vous avez pris un nom d’homme (aussi ?) ? - Enjolras, oui. En signant, ma chance d’être insérée, éditée, lue s’en trouvait meilleure. André Léo a fait de même. - Il y a un grand pas à faire contre la bêtise humaine qui induit que l’intelligence n’est réservée qu’aux hommes. - Bravo, George ! - Le monde masculin veut régner par la force brutale et étouffer notre intelligence. Nous laisser incultes. - Nous voulons la science et la liberté. Comme institutrice, ma méthode était expérimentale. Elle irriguait le cerveau mieux que les leçons apprises par coeur. - J’ai inscrit ma fille dans votre école. Je lui voulais aussi un enseignement laïque. - En Nouvelle-Calédonie, j’ai mêlé enfants de métropolitains et kanak. - Ne trouves-tu pas que la femme est plus sensible, plus artiste, plus poète ? - Quoi ? C’est toi, George qui parle ainsi ? - Mais, en poésie, tu as été encouragée par Victor Hugo. Je ne l’ai jamais rencontré. Mais à la mort de sa fille, je lui ai écrit, le 30 août 1868. « Mon coeur a été avec le vôtre durant ces jours amers, en cette épreuve bien grande, d’un grand courage. Que peut-on vous dire, à vous, que votre grande âme ne vous dise plus et mieux. On peut seulement vous dire que plus le malheur vous frappe, plus on vous respecte et vous aime ». - Il m’a toujours soutenue, même dans les jours d’emprisonnement. C’était mon maître en poésie. - Tiens, tiens ! Drôle de qualificatif pour une révolutionnaire : « Mon maître ». On dit que vous avez été sa maîtresse ? - Ah ! Ragots ! Il paraît même que j’aurais eu une fille de lui. - Mais le public préfère nos amours à nos idées. Ragots aussi pour moi avec ce pauvre Musset. Ecrire est une passion, mais surtout un travail, pour tirer revenu de ma plume. - Mais le monde de l’édition et un univers de bassesses. J’ai rempli des pages et des pages. Même si je n’étais pas payée par ces chicaneurs. - Nous nous ressemblons donc. Il faut toujours travailler, travailler. - Travailler, travailler. - Travailler en musique. Enfant, j’étais déjà sensible à la musique… Et puis. .. Chopin… - J’aime le violon par-dessus tout. - La musique adoucit les mœurs. - Dommage que les policiers ne soient pas suffisamment musiciens. - Alors, pourquoi faites-vous de la politique ? - C’est plutôt de l’humanité. Les inégalités tomberont quand homme et femme seront ensemble pour la lutte finale. - L’homme et le femme pourront remplir des fonctions différentes ou semblables sans que la femme soit tenue dans un état d’infériorité. - Je revendique le droit des femmes non-esclaves de l’homme. Nous sommes la moitié de l’humanité. - Pour que notre condition de femmes soit transformée, il faut que la société soit transformée radicalement. - Nous ne voulons pas quelques cris isolés, mais que le peuple entier, debout, réclame la délivrance de tous les esclavages, qu’ils s’appellent le prolétaire ou la femme. - Nous savons, pauvre Louise, que la majorité du peuple français est crédule, ignorante, bête et méchante, aveugle, ingrate. - Elle est bourgeoise, donc ! On protège trop celui qui possède contre celui qui n’a rien. - Vous méritez (gagnez ?) à être connue. Il paraît qu’à Londres, on vous appelait Good Woman. - Ce n’était pas pour me déplaire. C’est mieux que voleuse, massacreuse, pétroleuse, incendiaire, furie. - Moi, c’est la bonne dame de Nohant. - J’ai le mal des morts, tant de mes amies et amis ont disparu. - Allez, nous allons nous quitter. Voulez-vous de la camomille de mon jardin? - Je préfèrerais une infusion de fleurs de niaoulis. - C’est curieux que nous ne nous soyons jamais rencontrées. - Nous sommes les symboles de 2 mondes. - Mais, bon sang, j’apprécie le peuple des campagnes. - Mais , vous n’êtes plus la George de 48. - Je suis Républicaine. Le peuple, l’humanité, ce ne sont pas des vains mots. - Nous sommes à une époque d'anxiété et tout le monde cherche sa route. - Alors, cherchons-la, ensemble.

  • 3e-Appert et la photo | Auluxecommunal

    ERNEST APPERT ET LA PHOTOGRAPHIE Portraits par Appert de communard.e.s incarcéré.e.s aux chantiers de Versailles LES PORTRAITS D'APPERT. La photographie, qui s'était fortement développée sous la Commune trouvera, après la semaine sanglante, son essor commercial, sous plusieurs formes : photographies des sites incendiés vendues aux usagers des voyages touristiques de Paris-brûlé, portraits des communard.es incarcéré.es réalisés par le photographe judiciaire Ernest-Charles Appert, accrédité par le tribunal de la Seine, et vendus au public sous formes de cartes. Ces portraits seront exploités par la IIIème république pour retrouver les communards en fuite, créant ainsi un précédant non négligeable au dispositif de Bertillon. C'est, écrit Eric Hellman1 , la première entreprise de fichage systématique (...) conduite en 1871 par la justice militaire qui tente de confondre les militants de la Commune . Le Charivari indique en juillet 1871 que la photographie rend de grands services à la police : c'est au collodion que l'on doit toutes les arrestations que l'on fait en ce moment 2 . Gisèle Freund note 3 que les communards qui furent reconnus d'après ces images par les policiers de Thiers, furent presque tous fusillés. Ce fut la première fois dans l'histoire que la photographie servit d'indicateur de police . Ces portraits seront achetés, sous des formats différents, indistinctement par des pro-communards et des pro-versaillais. Simon Mayer Delphine Bourgeois Charles Boudaille Louise Tautin-Boutin Benoit Bloquel Euphanie Damiens et son fils Louise Bonnefoy Louise Michel Charles Lullier 1 Surveiller (à distance) et prévenir. Une nouvelle économie de la visibilité , Questions de communication n° 11,‎ p 303–322 2 Quentin Bajac, La Commune photographiée : [exposition, Paris, Musée d'Orsay, 14 mars-11 juin 2000], Paris, Réunion des musées nationaux, p 127 3 Gisèle Freund, Photographie et société, Paris, Seuil, Points, p220 Ernest Appert (1831-1890), un précurseur d’Alphonse Bertillon ? >> LES PHOTOMONTAGES D'APPERT. Appert crééra un autre précédent en réutilisant ses portraits de communard.e.s incarcéré.e.s pour réaliser par la suite des photomontages intitulés « Les crimes de la Commune ». Il reconstitue des épisodes dramatiques, entièrement à charge des communards, et prend beaucoup de liberté avec la réalité des faits : Assassinat des otages de la Commune à la prison de la Roquette, Enlèvement des corps de l'archevêque de Paris, Darboy et des clercs exécutés par la Commune le 24 mai 1871, Assassinat de Gustave Chaudey à la prison de Sainte-Pélagie, Assassinat de 62 otages rue Haxo 85 à Belleville le 26 mai 1871 à 5 heures du soir, Assassinat des généraux Clément-Thomas et Claude Lecomte etc... La série constitue, selon Quentin Bajac, « un récit partisan, de propagande, dont la figure centrale est celle de l'exécution, inlassablement déclinée ». Ces photomontages seront vendus en trois formats différents, de la grande planche à la carte de visite, et remporteront un certain succès jusqu'à leur interdiction à l'automne 1872. Malgré la prétention à l'objectivité d'Appert, la manipulation et l'intention de propagande sont avérées. Un seul exemple (parmi beaucoup d'autres) : la bouteille mise dans les mains d'Hortense David, qui boit directement au goulot, en bas à gauche de la photo, dans Prison des Chantiers, le 15 août 1871. Elle témoigne d'une falsification évidente de la réalité, et de sa volonté de projeter en caricature les insurgé.e.s, selon les stéréotypes en vigueur concernant les communardes. Les mots de Maxime du Camp ont résonné favorablement aux oreilles de Appert : « brutes obtuses ne comprenant rien, sinon qu'ils ont bonne paye, beaucoup de vin et trop d'eau-de-vie ». Prison des Chantiers, le 15 août 1871, Versailles C'est dans ce contexte d'instrumentalisation commerciale des ruines de Paris brûlé, d'exploitation idéologique des portraits-charges des insurgés, de leur décrédibilisation politique, que commencera le "Jeu de Paris brûlé", qui rendra compte de l'iconographie photographique communarde et versaillaise. Massacre des dominicains d'Arcueil, route d'Italie no.38, le 25 mai 1871, à 4 heures et demie Assassinat des généraux Clément-Thomas et Claude Lecomte, 1871 Assassinat de Gustave Chaudey à la prison Sainte Pelagy Les otages de la Commune avant leur exécution sur le chemin de ronde de la Grande Roquette, le 24 mai 1871 Assassinat de 62 otages rue Haxo 85 à Belleville le 26 mai 1871 à 5 heures du soir

  • Video Spectres | Auluxecommunal

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  • Shanghaï | Auluxecommunal

    GALERIE SANTU SONG - SHANGHAÏ A l'invitation de Wenjing Zhou, artiste et curatrice chinoise, Le Luxe communal, projet de plateforme interactive en 3D, a été présenté à Shanghaï et Chongqing au mois d'avril 2024. A partir des projets de la Commune de Paris 1871 – réalisés, non réalisés, extrapolés – qui ont produit, en 72 jours, les bases d'un projet de société populaire et d'une réelle démocratie sociale, Le Luxe Communal interroge cet héritage historique à travers un projet de plateforme interactive en 3D. La dimension passionnelle attachée à la Commune de Paris a polarisé et radicalisé ses récits : utopie, dystopie, uchronie permettront d'appréhender les imaginaires de la Commune, d'hier et d'aujourd'hui. Les différents niveaux de fictions s’interconnectent avec les faits, les événements, via les archives iconographiques et textuelles, organisant un tressage narratif où les récits s’affrontent, sabre au clair. Les affiches présentées dans l'exposition constituent le StoryBoard du projet en cours, le projet des projets de la Commune de Paris. Papier peint de William Morris Wenjing Zhou organise, à la Santu Galery de Shanghaï, en avril et mai 2024, une exposition, « Inventing Downtown ». Elle propose un dialogue interdisciplinaire et interidentitaire entre 9 femmes artistes - et un artiste-homme : sculpture, installation, video, photo, musique, peinture, dessin, entretiens textuels, plateforme interactive en 3D, et universitaires (anthropologie, histoire) français.e.s et chinoises. Les terrains d'exploration et les pratiques qui sont présentés dans l'exposition rendent compte de la diversité et de la complémentarité des points de vue que les femmes-artistes posent sur le monde autour d'elles, d'Est en Ouest : Le corps – la mort – la mémoire culturelle – les relations sociales – le pouvoir – l'image et la politique – l'espace – l'histoire et la fiction – Les dimensions culturelles, anthropologiques, politiques qui sont convoquées dans cet événement, rendent compte à la fois de l'antagonisme des approches mais aussi de la volonté de mettre en oeuvre des questionnements communs sur les particularités au féminin des explorations artistiques du monde. C'est le jeu de Inventing Downtown, qui dépose au centre de la ville leurs diversités, leurs antinomies, dans l'acceptation des oppositions, la volonté de dialogue et de compréhension. La discussion qui s'est tenue avant le vernissage entre les artistes et le public l'a largement manifesté. Le StoryBoard du Luxe Communal est présenté côté rue Les artistes et universitaires : Zhen Cao & Mingyue Yue, Christiane Carlut, Li Kloxii, Capucine Lageat & Antoine Perroteau, Yuqiu Mao, Min Song, Santu Song, Wenjing Zhou. Chongqing FINE ARTS INSTITUTE DU SICHUAN - CHONGQING Shuobo Guo, enseignante en théorie des arts au Fine Arts Institute, a également invité Le Luxe Communal à Chongqing. Wenjing Zhou a assumé la traduction de la conférence et du débat. Les questions ont porté sur l'actualité de la Commune de Paris et son influence aujourd'hui, en France et dans le monde, le rapport entre l'histoire et la fiction, en particulier l'usage de la notion d'uchronie en histoire. Shuobo Guo a proposé à Christiane Carlut de revenir dans un an, au printemps, pour un workshop au Fine Arts Institute, et Yulan Zeng, directrice du Shanghaï Doland Museum of Modern Art, pour une conférence.

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