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- 1b-Peniche | Auluxecommunal
LA PÉNICHE DE HAUTE MER Au passage de la porte, le visiteur se retrouve sur le pont d'une péniche, au milieu de l'océan. Le café de Napoléon est sur la terre et sur l'eau. Une statue de Thiers est arrimée au ponton. Le café s'est transformé en cabaret. Thiers à Nou Cette colonne "constituerait un monument commun qui scellerait une paix définitive et remplacerait la colonne Vendôme". Courbet, in Lettres à l’armée allemande et aux artistes allemands. PROJET DÉPORTATION ET FONDAGE DE LA DERNIÈRE STATUE DE THIERS EXPOSÉE SUR UNE PLACE PUBLIQUE EN PERSPECTIVE DE SA TRANSFORMATION EN "COLONNE DES PEUPLES ET DE LA PAIX" PROJETÉE PAR COURBET. Statue de Thiers à Saint-Savin-sur-Gartempes (Vienne) LA COLONNE DES PEUPLES DE COURBET >> Où l'on constate que, de l'extérieur, le café passe à de modestes dimensions. Il abrite le cabaret de Maxime Lisbonne Maxime Lisbonne Marcel Cerf
- Entrée | AuLuxeCommunal
Luxe Communal - Les projets de la Commune de Paris (1871) - réalisés ou non, durablement ou non, les inventions de ses protagonistes, les projets-héritiers qui peuvent en être extrapolés - sont accueillis dans le café de Napoléon Gaillard. NAVIGATION Zones cliquables deviennent rouges : Liens internes Liens externes et encadrés orange : s'ouvrent dans une nouvelle fenêtre - à fermer pour continuer la visite Suite de la visite En cas d'égarement : Menu >> Plans PRÉAMBULE >> Ancre 1 LA COMMUNE DE PARIS-1871 a conçu en 72 jours un projet de société d’une intelligence sociale et politique remarquable : droit du travail, autogestion ouvrière et sociale, égalité des salaires, participation à la vie politique, sociale et économique pour les femmes, enseignement gratuit, laïque et obligatoire (bien avant Jules Ferry), enseignement intégral et professionnel pour garçons et filles, justice, contrôle et révocabilité des élus, reconnaissance du droit à la culture comme étant un droit de l'homme... NOTE D'INTENTION : les projets de la Commune, réalisés, non-réalisés et extrapolés de ses valeurs, feront l’objet d'une plateforme interactive et immersive. Le présent site en constitue le STORY-BOARD. Le site est destiné à la fois aux historien.ne.s, enseignant.e.s, chercheur.se.s, et aux jeunes gens Le site n'est pas paramétré pour les téléphones mobiles actuellement.
- CafeNapoleon | Auluxecommunal
LE CAFÉ DE NAPOLÉON La Commune de Paris s'installe dans le café de Napoléon Gaillard, qui fut chef des barricades pen-dant l'insurrection. Après la semaine sanglante, il s'exile en Suisse où il ouvre un estaminet en Suisse, à Carouge. Vers l'océan Ancre entrée café Guillemin radio Vers le jardin Conférence radiophonique d'Henri Guillemin Quand le visiteur entre dans le café, les murs commencent lentement à se lézarder, et finissent par tomber en ruine. Il devra trouver l'indice qui lui permet-tra d'endiguer le phénomène pour conti-nuer sa visite. Ancre Barricades Bouton Vers les barricades Les personnages discutent à voix basse, et se taisent à l'approche du visiteur. Bouton Louise Michel par Ernest Appert, prison des Chantiers de Versailles La grande salle du café, Gustave Courbet. Eulalie Papavoine et Eugène Pottier viennent d'entrer Mazas LA PRISON MAZAS Les dessins d'Armand Gauthier / Vers la prison Mazas Ancre Discussions café DISCUSSIONS DE CAFÉ Sur les tables, des conversations ont lieu entre protagonistes et/ou adversaires de la Commune. Bouton Jean Jaurès & Edouard Vaillant Bouton Un paysan & Charles Delescluze Bouton Louise Michel & George Sand Bouton Maxime Lisbonne & Marcel Cerf Ancre débeurdinoire LE DÉBEURDINOIR Derrière Courbet, sur l'estrade, l'atelier de chaussurier de Napoléon et, sous l'estrade, le "débeurdinoir" versaillais. Escalier Elisabeth Dmitrieff aperçoit un intrus qui se faufile VERS LE DEUXIÈME ÉTAGE. Kinetoscope LE KINÉTOSCOPE Sous l'escalier du premier étage, le Kinetoscope... Ancre souterrain ...diffuse des documentaires sur la Commune de Paris Vers les souterrains - Rebonds pour la Commune - Peter Watkins - C'est la Commune, on va manger des riches - Pacôme Thiellement - La Commune réprimée dans le sang… Pacôme Thiellement - La Commune : le plus incroyable moment de l’histoire de France - Pacôme Thiellement - Commune de Paris : les premières photos manipulées de l’histoire ? Le Monde - Et si la Commune de Paris avait réussi ? AlterHis - Les 150 ans de la Commune de Paris - Les passions ne sont pas éteintes - France 24 - Laure Gaudineau – La commune de Paris – Karambolage, Arte. - Louise Michel, figure de la Commune - Le prof présente, chaine d’histoire. - Pour une histoire des possibles : analyses contrefactuelles et futurs non advenus. Pierre Singaravelou. Ancre Cinéma Elisabeth Dmitrieff attend Napoléon à l'entrée de son atelier de chaussurier, entre la porte du cinéma et celle de la place Vendôme Journal officiel de la Commune : les faits divers L'ATELIER DE CHAUSSURIER DE NAPOLÉON Napoléon Gaillard, maître-chaussurier, est l'inventeur des semelles en gutta-percha Chaussures aléatoires Bouton VERS N'IMPORTE OÙ... Les chaussures exposées dans l'atelier de Napoléon renvoient à d'autres lieux du site. ...SANS RETOUR
- Plans | Auluxecommunal
AU LUXE COMMUNAL - ARCHITECTURE & PLANS Le café de Napoleon est un labyrinthe spatial et temporel. Voici comment s'y repérer : - Les images conduisent à l'entrée de chaque étage - Les [ liens ] mènent aux endroits annoncés RDC REZ-DE-CHAUSSEE LE CAFÉ-ÉPICERIE , où Napoléon Gaillard accueille les visiteurs-visiteuses. - [ La péniche ] , vers le Cabaret et la statue de Thiers - [ Les jardins ] : utopie ou dystopie - [ Les barricades ] - [ La prison Mazas ] - [ Les discussions ] entre acteurs et actrices de la Commune - [ Le débeurdinoir ] - [ Le Kinétoscope ] , cinéma à une place - [ Les 7 geôles de Blanqui ] L'ATELIER DE CHAUSSURIER de Napoléon Gaillard. - [ Les chaussures volantes ] - [ Le cinéma ] - films de fictions - [ La place Vendôme ] , désimpérialisée d'après William Morris Bouton 1er PREMIER ÉTAGE LA BIBLIOTHÈQUE : documents d’archives iconographiques et textuels - [ Les projets réalisés de la Commune ] : principales mesures - décrets, arrêtés, o rdres, proclamations - Journal officiel - partie non-officielle du J.O. - [ Le c ontexte théorique et historique du Projet ] LE [MUSÉE DES INVENTIONS ] des protagonistes de la Commune de Paris Bouton 2ème DEUXIEME ETAGE LES VITRINES DES PROJETS EXTRAPOLÉS - [ Retitrage des tableaux de Courbet ] - [ Thiers et l'hydre du socialisme ] - [ Château Gaillard ] - [ Jeu de massacre ] - [ L'archibras de Fourier - Bestiaire ] - [ Statistiques républicaines ] - [ Le clavier d'Outre-rêve ] - [ Mise en orbite du Sacré-Coeur ] - [ Les Demoiselles Carpeaux ] - [ Le musée des copies ] ... LES TROIS PORTES conduisent vers : - [ Le gai rossignol ] : vers les morts mal ensevelis de la Commune - [ La roue de Thiers ] - Le musée de la photographie : - [ Braquehais et Disdéri ] - [ Ernest Appert ] - [ Le jeu de Paris brûlé ] - [ Les pétroleuses ] - [ Les livrets touristiques de Paris-brûlé ] [ LA SALLE DU MAGICIEN DE VERSAILLES ] d'après Le Magicien d'Oz de Lyman Frank Baum (1900) Bouton Bouton Bouton 3ème TROISIÈME ÉTAGE LA HUNE La Hune, la chambre à transformations de Napoléon : - [ Chambre du Luxe communal ] - [ Chambre des p rojets non-réalisés ] Anonyme : monument aux Fédérés Courbet : colonne des peuples Courbet : grue de la paix Frondat : remplacement de la colonne Vendôme Horeau : hôtel de ville en verre Hugo : aministie plénière des communards Kropotkine : jardins potagers Legrand : projet de tableau Reclus : globe terrestre à Chaillot - [ Chambre des u chronies ] - [ Chambre des Communes d'ailleurs ] - Rojava, Kerala, Oackland, Chiapas, Nantes, Shanghaï, Notre- Dame-des-Landes, Commune libre de Saint-Martin, l es "Communes de Paris" en Russie - [ Chambre-bestiaire de l'ennemi ] - essai sur le [ Luxe Communal ] [ La b ataille céleste des Astras et des Monstras ] , qui engendrera les constellations de la Commune de Paris Souterrains SOUTERRAINS [LES 7 GEÔLES DE BLANQUI ] . La trappe du Kinetoscope (sous l'escalier du café) mène vers les 7 geôles de Blanqui : Walter Benjamin associa au texte rédigé par Blanqui pendant son emprisonnement, [ L'éternité par les astres ] , au poème de Charles Baudelaire [ Les sept vieillards ] ... La plateforme inférieure donne accès à un radeau qui, guidé par les astres de Blanqui, permettra son évasion du Chateau du Taureau. Il arrivera, avec le visiteur, à l'ile du 18 mars 1871, premier jour de la Commune de Paris. Blanqui fut arrêté par Thiers le 17 mars 1871.
- DÉCRET, ARRÊTÉS, ORDRES, PROCLAMATIONS - 4
Samedi 8 avril 1871 DÉCRET, ARRÊTÉS, ORDRES, PROCLAMATIONS - 4 Next Next Samedi 8 avril 1871 DÉCLARATION - COMMUNE DE PARIS (p510) Instruction d'enquêtes sur les arrestations réalisées par le Comité central et la Commission de sûreté, respect du principe de liberté. Vu le vote de la Commune du 5 avril, relatif à une enquête sur les arrestations faites par le Comité central et par la Commission de sûreté, la commission exécutive invite la commission de justice à instruire immédiatement sur le nombre et la cause de ces arrestations, et à donner l’ordre de l’élargissement ou de la comparution devant un tribunal et un jury d’accusation. La commission de justice doit d’urgence s’occuper d’une mesure qui intéresse si particulièrement l’un des grands principes de la République, la liberté. Paris, le 7 avril 1871. La commission exécutive : F. Cournet, Delescluze, Félix Pyat, G. Tridon, E. Vaillant, Vermorel _________________________________________________ DÉCRET (MODIFICATION) – DÉLÉGUÉ À LA GUERRE (p 511) Suppression du grade de général, incompatible avec l’organisation démocratique de la Garde nationale - Dombrowski nommé commandant de Paris Considérant que les grades de généraux sont incompatibles avec l’organisation démocratique de la garde nationale et ne sauraient être que temporaires : Art. 1er. Le grade de général est supprimé. Art. 2. Le citoyen Ladislas Dombrowski, commandant de la 12e légion, est nommé commandant de Paris, en remplacement du citoyen Bergeret, appelé à d’autres fonctions. Paris, le 7 avril 1871 La commission exécutive : Cournet, Delescluze, Félix Pyat, Tridon, Ed. Vaillant, Vermorel _________________________________________________ DÉCRET (MODIFICATION) – DÉLÉGUÉ À LA GUERRE (p 513) Modification de l'âge de recrutement des gardes nationaux, service obligatoire de dix-neuf à quarante ans pour les gardes nationaux, mariés ou non. Considérant les patriotes réclamations d’un grand nombre de gardes nationaux qui tiennent, quoique mariés, à l’honneur de défendre leur indépendance municipale, même au prix de leur vie, le décret du 5 avril est ainsi modifié : De dix-sept à dix-neuf ans, le service dans les compagnes de guerre sera volontaire, et de dix-neuf à quarante obligatoire pour les gardes nationaux, mariés ou non. J’engage les bons patriotes à faire eux-mêmes la police dans leur arrondissement et à forcer les réfractaires à servir. Le délégué à la guerre : G. Cluseret. _________________________________________________ DÉCLARATION – INCENDIE DE LA GUILLOTINE (p 526) Réquisition et incendie de la guillotine par le 137e bataillon du XIe arrondissement Jeudi, à neuf heures du matin, le 137e bataillon, appartenant au XIe arrondissement, est allée rue Folie-Méricourt ; il a réquisitionné et pris la guillotine, il a brisé en morceaux la hideuse machine, et, aux applaudissements d’une foule immense, il l’a brûlée. Il l’a brûlée au pied de la statue du défenseur de Sirven et de Calas, de l’apôtre de l’humanité, du précurseur de la Révolution française, — au pied de la statue de Voltaire. Dimanche 9 avril 1871 DÉCRET – COMMUNE DE PARIS (p 537) Indemnisation des soldats blessés, établissement d'une pension annuelle et viagère fixée par commission spéciale La Commune de Paris DÉCRÈTE : Tout citoyen blessé à l’ennemi pour la défense des droits de Paris recevra, si sa blessure entraîne une incapacité de travail absolue, une pension annuelle et viagère dont le chiffre sera fixé par une commission spéciale, dans les limites de trois cents à douze cents francs. La Commune statuera aujourd’hui sur les pensions attribuées aux familles des citoyens morts pour la défense des droits du peuple. _________________________________________________ PROCLAMATION – DÉLÉGUÉ À LA GUERRE (p537) Nomination de Dombrowski au commandement de la place de Paris Ministère de la guerre En exécution des ordres de la Commune, le citoyen J. Dombrowski prendra le commandement de la place de Paris, en remplacement du citoyen de la place de Paris, en remplacement du citoyen Bergeret. En conséquence, à partir d’aujourd’hui 8 avril, tous les ordres relatifs aux mouvements de troupes seront donnés par le commandant de la place, J. Dombrowski. Paris, le 8 avril 1871, le délégué à la guerre, E. Cluseret _________________________________________________ PROCLAMATION – DÉLÉGUÉ À LA GUERRE (p537) Institution d'une commission des barricades Une commission des barricades, présidée par le commandant de place et composée des capitaines du génie, de deux membres de la Commune et d’un membre élu par chaque arrondissement, est instituée à partir du 9 avril, à une heure. Paris, le 8 avril 1871 Le délégué à la guerre, E. Cluseret. _________________________________________________ ARRÊTÉ - MAIRIE DU XIIème ARRONDISSEMENT (p 544) Drapeau rouge arboré sur tous les monuments publics de l’arrondissement en remplacement du drapeau tricolore, bannière flétrie des assassins de Versailles. Mairie du XIIe arrondissement. La commission municipale ARRÊTE : 1° Le drapeau de la Commune, drapeau rouge, sera immédiatement arboré sur tous les monuments publics de l’arrondissement. 2° Aucun édifice particulier ne sera pavoisé d’un autre drapeau que celui de la Commune ; en conséquence, les citoyens devront faire disparaître dans le plus bref délai le drapeau tricolore, qui après avoir été celui de la Révolution, sa gloire ; après avoir été souillé de toutes les trahisons et de toutes les hontes de la monarchie, est devenu la bannière flétrie des assassins de Versailles. La France communale le répudie. 3° Les commissaires de police de l’arrondissement sont chargés de l’exécution du présent arrêté. Paris, le 7 avril 1871. Les membres de la commission, Philippe, Magot, Ambroise Lyaz Lundi 10 avril 1871 DÉCRET – COMMUNE DE PARIS (p 569) Ajournement des élections en raison de la défense des remparts de la cité Paris, le 9 Avril 1871. La Commune de Paris, Considérant qu’il est matériellement impossible de convoquer au scrutin les électeurs qui défendent les remparts de la cité DÉCRÈTE : Les élections sont ajournées. La date de la nouvelle convocation des électeurs sera prochainement fixée. Paris, le 10 avril 1871. _________________________________________________ DÉCRET - COMMUNE DE PARIS (p 570) Collecte d'informations sur les gardes nationaux morts ou blessés pour la Commune – Photographies des morts non reconnus envoyées au bureau central des renseignements - Tous les morts enterrés au Père Lachaise La Commune de Paris, DÉCRÈTE : Art. 1er. Tous les renseignements au sujet des gardes nationaux morts ou blessés dont l’identité sera constatée, soit à l’intérieur, soit à l’extérieur de Paris, seront envoyés à l’Hôtel-de-Ville, au bureau central des renseignements. Art. 2. Les gardes nationaux dont l’identité ne sera pas constatée seront envoyés à l’Hôtel-Dieu. Les familles pourront les y reconnaître. Les identités constatées de cette façon seront communiquées au bureau centra des renseignements, à l’Hôtel-de-Ville. Art. 3. Les morts non reconnus seront photographiés aux endroits désignés ci- dessus, où ils seront déposés. Ces photographies, munies d’un numéro d’ordre correspondant aux effets du mort et de la bière, seront envoyées au bureau central des renseignements, à l’Hôtel-de-Ville. Art. 4. Tous les morts reconnus rentrés dans Paris et ceux non reconnus rentrés dans Paris et ceux non reconnus seront enterrés aux frais de la Commune, au cimetière du Père-Lachaise, dans un lieu désigné à cet effet. A moins de réclamations de la part des familles, le bureau central des renseignements de l’Hôtel-de-Ville est chargé de l’exécution du présent article. Paris, le 10 avril 1871. La Commune de Paris _________________________________________________ ARRÊTÉ – DÉLÉGUÉ AU MINISTÈRE DU COMMERCE (p 570) Lutte contre le gaspillage des subsistances – Intendance militaire seule responsable – Subsistances attribuées aux mairies sur justification du nombre de leurs nécessiteux. Le délégué au ministère de l’agriculture et du commerce : Attendu qu’il est urgent d’éviter tout gaspillage de subsistances ; Que l’ordre le plus strict peut seul empêcher des dommages qui seraient peut-être irrémédiables, ARRÊTE : 1° L’intendance militaire a seule le droit, sur un bon portant le timbre de la commission des subsistances, de se faire délivrer des approvisionnements aux stocks qui dépendent du ministère du commerce. 2° Toutes les subsistances appartenant à l’Etat ou à la ville seront emmagasinées dans les stocks de la commission. 3° Les mairies pourront, sur des bons qu’elles feront viser et timbrer au ministère, se faire délivrer des subsistances, mais seulement pour les cantines nationales, et après avoir justifié du chiffre de leurs nécessiteux. Le magasin où les vivres leur seront délivrés sera le plus rapproché possible de leur arrondissement. 4° Les gardes nationaux doivent demander leurs vivres à l’intendance ou aux sous-intendances, et les prendre à la manutention ou à ses annexes, sur un bon des intendants. 5° Toute réquisition de vivres est désormais interdite, à moins d’urgence bien constatée, et si cette urgence n’est pas imputable à la négligence. Le membre de la commune délégué au ministère du commerce, Parisel Mardi 11 avril 1871 DÉCRET – COMMUNE DE PARIS (p 601) Attributions de pensions aux familles des morts de la Commune La Commune de Paris, Ayant adopté les veuves et les enfants de tous les citoyens morts pour la défense des droits du peuple, DÉCRÈTE : Art. 1er. Une pension de 600 fr. sera accordée à la femme du garde national tué pour la défense des droits du peuple, après enquête qui établira ses droits et ses besoins. Art. 2. Chacun des enfants, reconnus ou non, recevra, jusqu’à l’âge de dix-huit ans, une pension annuelle de trois cent soixante-cinq francs, payable en douzièmes. Art. 3. Dans le cas où les enfants seraient déjà privés de leur mère, ils seront élevés aux frais de la Commune, qui leur fera donner l’éducation intégrale nécessaire pour être en mesure de se suffire dans la société. Art. 4. Les ascendants, père, mère, frères et sœurs de tout citoyen mort pour la défense des droits de Paris, et qui prouveront que le défunt était pour eux un soutien nécessaire, pourront être admis à recevoir une pension proportionnelle à leurs besoins, dans les limites de 100 à 800 fr. par personne. Art. 5. Toute enquête nécessitée par l’application des articles ci-dessus sera faite par une commission spéciale, composée de six membres délégués à cet effet dans chaque arrondissement, et présidée par un membre de la commune appartenant à l’arrondissement. Art. 6. Un comité composé de trois membres de la Commune, centralisera les résultats produits par l’enquête et statuera en dernier ressort. Paris, le 10 avril 1871. _________________________________________________ ORDRE - COMMANDANT DE LA PLACE (p 604) Obligation de détention d'un laissez-passer pour sortir de Paris Consigne formelle Ne laisser sortir de Paris que tout individu muni d’un laissez-passer de la place ou de la préfecture de police, s’il est garde national et en dehors du service. Quant aux autres personnes, il leur faut un laissez-passer de l’ex-préfecture de police. Tout contrevenant à cette consigne sera sévèrement puni. Chaque officier relevant de la garde doit prendre connaissance de cette consigne. Les officiers qui seraient trouvés en défaut passeront en cour martiale. Le commandant de la place
- JOURNAL OFFICIEL - PARTIE NON OFFICIELLE - 7
Jeudi 6 avril 1871 JOURNAL OFFICIEL - PARTIE NON OFFICIELLE - 7 Next Next Jeudi 6 avril 1871 MASSACRE DES PRISONNIERS COMMUNARDS (p447) Citoyens, Chaque jour les bandits de Versailles égorgent ou fusillent nos prisonniers, et pas d’heure ne s’écoule sans nous apporter la nouvelle d’un de ces assassinats. Les coupables, vous les connaissez : ce sont les gendarmes et les sergents de ville de l’empire, ce sont les royalistes de Charette et de Cathelineau qui marchent sur Paris au cri de Vive le Roi et drapeau blanc en tête. Le gouvernement de Versailles se met en dehors des lois de la guerre et de l’humanité, force nous sera d’user de représailles. Si, continuant à méconnaître les conditions habituelles de la guerre entre peu- ples civilisés, nos ennemis massacrent encore un seul de nos soldats, nous répondrons par l’exécution d’un nombre égal ou double de prisonniers. Toujours généreux et juste même dans sa colère, le peuple abhorre la guerre civile ; mais il a le devoir de se protéger contre les attentats sauvages de ses ennemis, et, quoi qu’il lui en coûte, il rendra œil pour œil et dent pour dent. Paris, le 5 avril 1871, La Commune de Paris. RAPPORT DU DÉLÉGUÉ À LA GUERRE AUX MEMBRES DE LA COMMISSION EXÉCUTIVE (p449) Citoyens, Depuis mon entrée en fonctions, j’ai cherché à me rendre un compte exact de la situation militaire, tant au point de vue de ce qui motive une agression que rien ne justifie qu’à celui de ses résultats. Le motif paraît être, en première ligne, d’effrayer la population, en second lieu nous faire dépenser en pure perte nos munitions, enfin masquer un mouvement sur notre droite pour occuper les forts de la rive droite. Jusqu’à ce jour, l’espoir coupable de l’ennemi a été frustré, ses tentatives re- poussées. La population est restée calme et digne, et si nos munitions ont été gaspillées par des soldats trop jeunes, ils acquièrent chaque jour, par la pratique du feu, le sang-froid indispensable à la guerre. Quant au troisième point, il dépend plus des prussiens que de nous. Néan- moins, nous veillons. Au point de vue de l’action, elle se résume ainsi : soldats excellents, officiers mêlés, les uns très bons et les autres très mauvais. Beaucoup d’élan, assez peu de fermeté. Quand les compagnies de guerre seront formées et dégagées de l’élément sédentaire, on aura une troupe d’élite dont l’effectif dépassera 100 000 hommes. Je ne saurais trop recommander aux gardes de porter toute leur attention sur le choix de leurs chefs. Actuellement, les positions respectives des deux troupes peuvent se résumer ainsi : les Prussiens de Versailles occupent les positions de leurs congénères d’outre-Rhin. Nous occupons les tranchées, les Moulineaux, la gare de Clamart. En somme, notre position est celle de gens qui, forts de leurs droits, attendent patiemment qu’on vienne les attaquer, se contentant de se défendre. Des actes d’héroïsme se sont accomplis. A ce sujet, je proposerai à la Com- mune de vouloir bien faire don au 101e bataillon d’une mitrailleuse qu’il a enlevée aux Prussiens de Versailles avec son caisson et deux autres pièces d’artillerie. Que chaque bataillon tienne à l’honneur d’imiter le 101e, et bientôt l’artillerie de la Commune de Paris sera une des plus belles et des mieux servies. Je saisis cette occasion de rendre un public hommage à la justesse du tir de nos artilleurs. En terminant, citoyens, je pense que si nos troupes conservent leur sang-froid et ménagent leurs munitions, l’ennemi se fatiguera avant nous. Il ne restera alors de sa folle et criminelle tentative que les veuves et les orphelins, le souvenir et le mépris pour une action atroce. Le délégué à la guerre, Général E. Cluseret. INITIATION DES RELATIONS DIPLOMATIQUES (p451) La note suivante a été adressée hier aux représentants, à Paris, des puissances étrangères par le citoyen Paschal Grousset, membre de la Commune, délégué aux relations extérieures : « Le soussigné, membre de la Commune de Paris, délégué aux relations exté- rieures, a l’honneur de vous notifier officiellement la constitution du Gouverne- ment communal de Paris. « Il vous prie d’en porter la connaissance à votre Gouvernement, et saisit cette occasion de vous exprimer le désir de la Commune de resserrer les liens fraternels qui unissent le peuple de Paris au peuple N*** « Agréez, etc. Paris, le 5 avril 1871, Paschal Grousset. LETTRE DU GÉNÉRAL BERGERET À LA COMMISSION EXÉCUTIVE (p 455) Chers citoyens, Les craintes de certaines personnes sont exagérées. Je sais qu’il faut à notre brave garde nationale une nouvelle organisation ; mais la situation de notre cher Paris est bonne, nos forts sont pourvus de munitions et résistent fièrement aux attaques insensées et criminelles de ceux que j’ai la honte d’appeler les Français de Versailles. Quant à Neuilly, cet objectif de nos adversaires, je l’ai formidablement fortifié, et je défie à toute une armée de l’assaillir. J’y ai placé un homme intelligent et ferme, le citoyen Bourgoin ; il y tient d’une main sûre le drapeau de la Commune, et nul ne viendra l’en arracher. Donc, chers citoyens, organisons dans le calme et la sécurité vigilante de notre force nos bataillons, et laissons au temps, quelques jours à peine, le soin de démontrer à nos ennemis leur faiblesse et notre puissance. Jules Bergeret, Général commandant la place. TRAITEMENT VERSAILLAIS DES PRISONNIERS (p456) Nous recevons la communication suivante : Aux membres de la Commune de Paris, J’arrive de Versailles encore ému, indigné des faits horribles que j’ai vus de mes propres yeux. Les prisonniers sont reçus à Versailles d’une manière atroce. Ils sont frappés sans pitié. J’en ai vu sanglants, les oreilles arrachées, le visage et le cou déchirés comme par des griffes de bêtes féroces. J’ai vu le colonel Henry en cet état, et je dois ajouter à son honneur, à sa gloire, que, méprisant cette bande de barbares, il est passé fier, calme, marchant stoïquement à la mort. Une cour prévôtale fonctionne sous les regards du gouvernement. C’est dire que la mort fauche nos concitoyens faits prisonniers. Les caves où on les jette sont d’affreux bouges, confiés aux bons soins des gendarmes. J’ai cru de mon devoir de bon citoyen de vous faire part de ces cruautés, dont le souvenir seul provoquera encore longtemps mon indignation. Barrère. Je certifie que la présente déclaration a été faite devant moi. Paris, le 5 avril 1871 Jules Bergeret, Général commandant la place. Leroux, commandant au 84e bataillon de la garde nationale. SUPÉRIORITÉ MORALE DE LA GARDE NATIONALE (extrait, voir JO p459) […] L’offensive prise brusquement par le gouvernement de Versailles, alors que rien ne la faisait prévoir si prochaine, a déterminé un mouvement en avant de la garde nationale, mouvement audacieux, peu préparé, presque spontané, qui n’a pas eu, on peut le reconnaître sans honte après tant d’actes héroïques, le succès immédiat sur lequel les chefs avaient en somme quelques raisons de compter. Admettons même qu’il y ait eu excès d’audace et de confiance chez les vaillants citoyens, dont l’agression de la veille avait enflammé l’ardeur. Il n’en restera pas moins évident que si une faute a été commise, ou pour mieux dire n’a pu être évitée, cette faute même, reconnue et préparée, est pour la cause de la Commune le gage du futur triomphe. Et d’abord, nul n’oserait soutenir qu’au point de vue défensif la situation de Paris ait empiré. Ce qui est certain, au contraire, c’est que les mesures prises, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, ont rendu Paris invincible. Les bataillons de marche réformés ont aussi acquis la faculté de procéder rapidement, mais avec méthode à leur réorganisation. Enfin le commandement supérieur a été placé entre les mains d’un militaire éprouvé qui, considéré il y a quinze ans dans l’armée française comme un officier du plus grand mérite, a depuis acquis, dans la guerre de sécession américaine, l’expérience qui eût pu, après le 4 septembre, nous assurer les revanches espérées. Ici comme en Amérique, mais avec des éléments incomparablement supérieurs, et dans des conditions bien plus favorables, le général Cluseret aura à montrer comment les troupes nouvelles, n’ayant pas fait campagne, peuvent triompher d’une armée régulière. Le courage héroïque, indomptable de la garde nationale parisienne, sa supériorité morale sur des troupes que ne soutient pas l’énergie d’une conviction ni même le sentiment du devoir, rendront la tâche du délégué à la guerre plus facile, et assureront le triomphe définitif à Paris, c’est-à-dire à la cause de l’humanité, de la justice, à la cause de la République. (sans signature) PROTECTION DU PATRIMOINE - LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE (p 463) Nous donnons ci-après les termes de l’engagement que le citoyen Vincent, délégué par la Commune à la Bibliothèque nationale, a fait prendre aux employés de cet établissement. C’est par des actes de cette nature que les hommes de la Commune prouvent qu’ils entendent conserver soigneusement aux générations futures tout ce qui se rapporte à la gloire et à la science du passé : Paris, le 1er avril 1871. Pour le comité de l’intérieur et de la sûreté générale : Les délégués, F. Cournet, Emile Oudet, Th. Ferré. Il a été convenu et arrêté ce qui suit : 1° Avec le concours de M. Jules Vincent, délégué à cet effet, les fonctionnaires et employés de la Bibliothèque nationale prendront toutes les mesures propres à sauvegarder l’intégrité et la conservation des collections qui leur sont confiées, sans qu’il soit porté d’ailleurs aucune atteinte aux règlements actuels de l’établissement. 2° Fidèles à leur devoir professionnel, les fonctionnaires et employés de la Bibliothèque continueront de se renfermer dans les strictes limites de leur rôle de gardiens des collections qui constituent les quatre départements et qui appartiennent à la Nation. Jules Vincent ; J. Ravenel, conservateur du département des imprimés ; O.-S. Barbris, conservateur adjoint au département des imprimés ; E.-J.-B. Rathery, conservateur adjoint au département des imprimés ; H. Baudement, bibliothécaire au département des manuscrits ; Chabouillet, conservateur, sous-directeur du département des médailles et antiques; H. Lavoix, conservateur, sous-directeur adjoint du département des médailles et antiques ; H. Delaborde, conservateur du département des estampes ; Dauban, conservateur, sous-directeur adjoint du dépar- tement des estampes ; Georges Duplessis, bibliothécaire ; J. Guérin, Bibliothécaire. NOUVELLES D'ITALIE (p465) Les jésuites ne se font pas d’illusion sur le sort qui les attend : ils prévoient qu’ils seront bientôt obligés de s’éloigner de Rome, et ils préparent leur déménagement. Ils ont déjà fait partir plusieurs de leurs élèves, qui ont été dirigés vers la Bavière et l’Allemagne. Leurs valeurs les plus précieuses ont été mises en sûreté ; ils ont brûlé une quantité énorme de papiers, et ils ont fait une vente simulée de leur couvent, ce qui n’empêchera pas l’expropriation, car cet immeuble est destiné à recevoir une administration publique. La vente dont il s’agit a été consentie, il y a plusieurs années, en faveur du prince Torlonia, qui n’a point d’héritiers mâles, et dont les jésuites se croyaient bien sûrs de recueillir l’héritage, évalué à plus de 120 millions de francs. Renoncer à cette bonne aubaine ne sera pas un des moindres regrets de la célèbre compagnie ; mais, lors même qu’ils ne devraient point quitter Rome, les jésuites auraient été frustrés dans leur convoitise par la publication du code italien, qui abolit les fiefs, le droit d’aînesse, les fidéicommis, et qui rend les filles aptes à hériter de leurs ascendants. RÉPONSE DE L’EMPEREUR D’ALLEMAGNE À L’ADRESSE DU REICHSTAG (extrait, voir JO p 465) J’ai reçu avec une reconnaissance sincère l’adresse du reichstag. Je me réjouis des sentiments que le reichstag y a exprimés. Ils prouvent que les paroles que j’ai prononcées dans mon discours du trône ont été parfaitement saisies par vous. Nous avons assurément à payer une dette de reconnaissance à l’héroïsme des armées allemandes qu’il m’a été donné de conduire, et à leurs incomparables exploits ; mais, avant tout, nous devons rendre grâces à la Providence divine, dont à chaque pas on a pu si clairement reconnaître le doigt. Nous voulons nous efforcer d’agir toujours de telle sorte qu’elle continue dans l’avenir à nous couvrir de sa protection. Le reichstag a compris le sens de la défaite de la France, qui maintenant encore, après la paix qu’elle a conclue avec nous, est en proie à des convulsions, suites d’une révolution de quatre-vingts ans dont l’œuvre a été de tout déraciner jusqu’à la dynastie, et dont la voie n’offre aucun terme. Ce doit être là aussi pour nous un avertissement, devenu d’ailleurs inutile après les sentiments exprimés par le reichstag. S’il est vrai que, dans les pays restitués à l’empire allemand, la nationalité allemande n’est pas entièrement détruite, elle est du moins en réalité très effacée. C’est pourquoi nous ne devons pas nous attendre à un trop prompt revirement ; mais il faut avoir de la patience et de l’indulgence. Il ne serait même ni désirable ni bon que des peuples arrachés à de tels liens demeurassent indifférents à cette séparation. Par mansuétude, nous réveillerons peu à peu le sentiment allemand dans ces provinces. C’est avec joie que nous en voyons déjà se manifester quelques signes. Puissent donc les représentants du peuple allemand persévérer dans l’accomplissement fidèle de leur devoir, et faire en sorte que le nouvel empire allemand réponde aux espérances que le monde fonde sur lui. Il mer sera encore donné, à un âge si avancé, de travailler aux fondements de l’édifice ; mais j’ai la confiance que mes successeurs y travailleront à leur tour dans le même esprit, avec le même cœur et le même dévouement. Je vous prie de donner au reichstag communication de mes paroles et de lui témoigner ma reconnaissance. En prenant congé de la députation, l’empereur a dit encore : Puisse l’arbre pousser des racines profondes et porter des fruits abondants ! TIR D'OBUS VERSAILLAIS SUR LA CROIX ROUGE (p470) Nous recevons la lettre suivante : Citoyen directeur, Nous tenons à porter à votre connaissance des honnêtes gens un fait inouï, accompli par les artilleurs du Mont-Valérien dans la journée du 3 avril. Une vingtaine de médecins, portant le brancard réglementaire, et accompagnés de sept voitures de la Société internationale, pourvues du drapeau blanc à croix rouge de la convention de Genève, ont été pris pour point de mire, et n’eût été un pli de terrain, médecins et blessés auraient été atteints par les obus. Nous préférons croire que les artilleurs n’ont pas les drapeaux de la convention de Genève, plutôt que de leur reprocher une atrocité si souvent mise à exécution par les Prussiens. Salut et fraternité. Le médecin en chef de l’Hôtel-de-Ville, Dr HERZFELD. Le médecin adjoint, Dr CLAUDE. CONSTRUCTION DE TUMULUS (p471) Le comité consultatif d’hygiène publique, composé de MM. Bussy, Fauvel, Michel Lévy, Bouley, Reynaud et Amédée Latour, a été chargé de présenter un rapport sur les travaux que nécessité, dans l’intérêt de la santé publique, l’état déplorable où ont été laissés les corps de tant de victimes dans les environs de la capitale. Voici la mesure proposée par le Comité à l’égard des tumulus : 1° Elévation d’un tumulus en terre de 40 à 50 centimètres de hauteur sur les fosses ou les tranchées renfermant un plus ou moins grand nombre de cadavres, et ensemencé de plantes à végétation rapide et avides d’azote. 2° Exhumation rapide des cadavres isolés, désinfectés et placés dans une fosse creusée parallèlement et le plus près possible de la fosse ancienne, et couchés sur un lit de chaux vive. 3° Culture et plantation des terrains dans la zone la plus rapprochée des sépultures. PROSCRITS ET CONDAMNÉS POLITIQUES DANS LA GARDE NATIONALE (p472) Les anciens proscrits et condamnés politiques ont décidé la formation d’un bataillon de la garde nationale dans lequel ils entreront. Un grand nombre se sont déjà fait inscrire. Un bureau d’inscription permanente est établi à la mairie du IVe arrondissement ; tous les anciens proscrits sont priés de venir de suite se faire inscrire. Aujourd’hui jeudi, réunion générale des proscrits à la mairie du IVe arrondissement. CONCERTATION SUR LES RÉFORMES DE L'ENSEIGNEMENT (p472) Appel aux instituteurs, institutrices et professeurs, ainsi qu’aux parents. Réunion à l’école Turgot, tous les dimanches et jeudis, à trois heures très précises. Études et résolutions pratiques sur les réformes à réaliser dans les programmes, méthodes et lois d’enseignement. APPEL DE COURBET (extrait, voir p472) M. Gustave Courbet, président des artistes, autorisé par la commune, a invité ses confrères à se réunir vendredi prochain, dans le monument de l’Ecole de médecine, à deux heures de l’après-midi. Il vient de leur adresser l’appel suivant, que nous nous faisons un devoir de publier : […] Aujourd’hui, Paris est libre et s’appartient, et la province est en servage. Quand la France fédérée pourra comprendre Paris, l’Europe sera sauvée. Aujourd’hui, j’en appelle aux artistes, j’en appelle à leur intelligence, à leur sentiment, à leur reconnaissance, Paris les a nourris comme une mère et leur a donné leur génie. Les artistes, à cette heure, doivent, par tous leurs efforts (c’est une dette d’honneur), concourir à la reconstitution de son état moral et au rétablis- sement des arts, qui sont sa fortune. Par conséquent, il est de toute urgence de rouvrir les musées et de songer sérieusement à une exposition prochaine ; que chacun, dès à présent se mette à l’œuvre, et les artistes des nations amies répondront à notre appel. […] Aujourd’hui, je le répète, que chacun se mette à l’œuvre avec désintéressement : c’est le devoir que nous avons tous vis-à-vis de nos frères soldats, ces héros qui meurent pour nous. Le bon droit est avec eux. Les criminels ont réservé leur courage pour la sainte cause. Oui, chacun se livrant à son génie sans entrave, Paris doublera son importance, et la ville internationale européenne pour offrir aux arts, à l’industrie, au commerce, aux transactions de toutes sortes, aux visiteurs de tous pays, un ordre impérissable, l’ordre par ses citoyens, qui ne pourra pas être interrompu par les ambitions monstrueuses de prétendants monstrueux. Notre ère va commencer ; coïncidence curieuse ! c’est dimanche prochain le jour de Pâques ; est-ce ce jour-là que notre résurrection aura lieu ? Adieu le vieux monde et sa diplomatie ! Gustave Courbet. LETTRE D’ALPHONSE KARR (extrait, voir p476) Extraite du Saturday Review. Plus ça change, plus c’est la même chose ! Voici M. Thiers, chef du pouvoir exécutif, sous l’autorité de l’Assemblée des représentants. C’est-à-dire à peu près président de la République, et peut-être vaut-il autant qu’on ne soit pas plus président que cela. L’idée républicaine a plusieurs griefs contre M. Thiers ; je ne parlerai que de deux : Son histoire si célèbre, si populaire du Consulat et de l’Empire a beaucoup contribué à propager cette légende, cette mythologie napoléonienne qui nous a amené le second Empire. Au 10 décembre, il a voté, et, qui pis est, a fait voter pour la présidence du prince Louis, sans laquelle la République eût peut-être été fondée. Aujourd’hui, élu par 26 départements, il apporte au service de la France en pé- ril une longue expérience des affaires et un esprit souple, subtil, très exercé, très pratique et presque toujours du bon sans, sauf sur quelques questions où il a conservé certains préjugés. Met-il également ces facultés, sans arrière-pensée, au service de la République ? THAT IS THE QUESTION !... […] Voici mes propositions : Aliénation ou appropriation à des objets d’utilité publique de tous les palais, châteaux, etc. Qu’il en soit de même des divers bâtiments assignés aux préfectures. On examinera s’il y a bien besoin de sous-préfets. Qu’il n’y ait pas en France d’appointements au-dessous de 1 200 fr. On parle aussi de reconstituer l’armée ; ça, c’est moins bien, — disons notre pensée, — c’est absurde. Si nous voulons sincèrement la République, IL FAUT BRÛLER NOS VAISSEAUX. […] C’est à ce triple titre que je fais les quelques propositions que voici : Démolissons ou fermons les niches où nous ne voulons pas mettre de saints ; Supprimons le tronc avec toute la piaffe et tous les bibelots de la royauté. Ne nous contentons plus des synonymes avec lesquels on a si longtemps abusé, mené et égaré la France, quand on disait : Plus de gendarmes, une garde municipale ! Plus de conscription, le recrutement ! Plus de royauté, la présidence, assise sur le même fauteuil que la royauté, avec le même pouvoir de corrompre !... N’essayons pas de construire une France nouvelle avec ces vieux matériaux hors de service, ces poutres pourries, ces pierres délitées des plâtras de démolition. ...Enfin, pour en finir avec les joujoux de la royauté et pour se procurer une grosse, très grosse somme d’argent, prenez-moi les divers joyaux, bibelots, etc., connus sous le nom de diamants de la couronne. Leur valeur commerciale est importante, mais elle sera centuplée, et au-delà, si vous les mettez en loterie, — comme on mit autrefois le lingot d’or ; — l’appât des lots et la sympathie des peuples (je ne parle pas des gouvernements de l’Europe et de l’Amérique pour la France), feront prendre tous les billets de cette loterie. En voilà assez pour commencer ; commençons. Situation du 31 mars : Nous avions dit que l’Assemblée de Versailles était la promiscuité du crime et de l’oppression ; que, d’un côté, l’on avait vendu la France, comme de l’autre, on l’avait achetée ; et qu’en échange de l’engagement pris, par les uns, de la livrer à l’Allemagne, les autres avaient pris celui de l’achever si elle osait se soustraire au joug de ses vendeurs. Les faits précis, éloquents, terribles, se pressent pour justifier notre dire. Le comte de Bismarck menace Paris dans l’Assemblée ; et Jules Favre, à Rouen, ose déclarer qu’il va s’entendre avec le général de Fabrice pour que Paris soit écrasé. Mais ce n’est pas tout, M. Jules Favre, fort de l’appui de l’étranger, dont il est devenu le complice, ne veut déjà plus partager avec personne le mérite d’être le bourreau de son pays. D’accord avec une majorité qui veut tout ce que veut la Prusse ; M. Jules Favre va jeter M. Thiers par-dessus le bord... 21 mars 22 mars 23 mars 24 mars
- 4 - WILLIAM MORRIS, "NOUVELLES DE NULLE PART"
WILLIAM MORRIS, éditeur britannique, designer, écrivain, imprimeur, inspirateur des mouvements Arts & Crafts et Art Nouveau et activiste socialiste puis libertaire, publie en 1890 les « Nouvelles de nulle part - Une ère de repos1 ». Le narrateur se réveille à Londres en 2102, et constate qu’une société telle que rêvée par la Commune est advenue : une société égalitaire, où s'exerce la démocratie directe, où l’argent et le mariage ont disparu, où l’état ne dispose plus que d’un faible rôle. Le travail n’est plus contraint mais d’un caractère épanouissant pour les individus, et les activités sociales, marquées par l’artisanat plus que par l’industrie, sont engagées dans un lien harmonieux avec la nature. La première traduction complète du roman paraît en 1902 chez l'éditeur G. Bellais. L’uchronie de Morris est résolument du côté littéraire, et constitue une réponse critique au roman de science-fiction socialiste d’Edward Bellamy, « Cent ans après ou l’an 2000 », paru en 1888 à Boston. Morris imagine, à la suite de l'idée de « déboulonnage » de la colonne Vendôme par Gustave Courbet, Trafalgar Square débarrassé de sa statue de l'amiral Nelson, et recouvert d'abricotiers qui lui confèrent un aspect champêtre... 4 - WILLIAM MORRIS, "NOUVELLES DE NULLE PART" Texte précédent Texte suivant WILLIAM MORRIS, éditeur britannique, designer, écrivain, imprimeur, inspirateur des mouvements Arts & Crafts et Art Nouveau et activiste socialiste puis libertaire, publie en 1890 les « Nouvelles de nulle part - Une ère de repos1 ». Le narrateur se réveille à Londres en 2102, et constate qu’une société telle que rêvée par la Commune est advenue : une société égalitaire, où s'exerce la démocratie directe, où l’argent et le mariage ont disparu, où l’état ne dispose plus que d’un faible rôle. Le travail n’est plus contraint mais d’un caractère épanouissant pour les individus, et les activités sociales, marquées par l’artisanat plus que par l’industrie, sont engagées dans un lien harmonieux avec la nature. La première traduction complète du roman paraît en 1902 chez l'éditeur G. Bellais. L’uchronie de Morris est résolument du côté littéraire, et constitue une réponse critique au roman de science-fiction socialiste d’Edward Bellamy, « Cent ans après ou l’an 2000 », paru en 1888 à Boston. Morris imagine, à la suite de l'idée de « déboulonnage » de la colonne Vendôme par Gustave Courbet, Trafalgar Square débarrassé de sa statue de l'amiral Nelson, et recouvert d'abricotiers qui lui confèrent un aspect champêtre... Texte précédent Texte suivant
- DÉCRET, ARRÊTÉS, ORDRES, PROCLAMATIONS - 13
Lundi 15 mai 1871 DÉCRET, ARRÊTÉS, ORDRES, PROCLAMATIONS - 13 Next Next Lundi 15 mai 1871 DÉCRET - DÉLÉGUÉ À LA COMMISSION DU TRAVAIL ET D’ÉCHANGE (p 1781) Révision, par la Commission du travail et de l'échange, des marchés conclus par la Commune - Préférence faite aux corporations. Paris, le 14 mai. La Commune de Paris DÉCRÈTE : Art. 1er. La commission du travail et d’échange est autorisée à réviser les marchés conclus jusqu’à ce jour par la Commune. Art. 2. La commission du travail et d’échange demande que les marchés soient directement adjugés aux corporations et que la préférence leur soit toujours accordée. Art. 3. Les conditions des cahiers de charges et les prix de soumission seront fixés par l’intendance, la chambre syndicale de la corporation et une délégation de la commission du travail et d’échange, le délégué et la commission des finances entendus. Paris, le 13 mai 1871. Pour le délégué à la commission du travail et d’échange : Le secrétaire général, Bertin. ______________________________________________________ ARRÊTÉ - DÉLÉGUÉ CIVIL À LA GUERRE (p 1781) Réglementation de l'unité d’action entre les forces communales extérieures et intérieures – Commandants des 3 corps d'armée responsables des arrondissements confinant à leur zone de commandement, et de l’exécution des mesures intérieures relatives à la défense. Le délégué civil à la guerre, considérant qu’il importe d’établir l’unité d’action entre les forces communales destinées à agir à l’extérieur et celles se trouvant à l’intérieur. ARRÊTENT : 1° Chaque commandant des trois corps d’armée dits de l’aile droite, du centre et de l’aile gauche, aura, à partir de ce jour, le commandement militaire supérieur des arrondissements qui confinent à leur zone de commandement, et en conséquence il sera responsable de l’exécution des mesures intérieures relatives à la défense. 2° Chacun des commandants supérieurs des trois corps d’armée devra parvenir chaque matin, au ministère de la guerre, un rapport concernant les opérations de la veille et de la nuit. 3° Expédition du présent arrêté sera délivrée aux généraux Dombrowski, La Cécila et Wrodleski, pour leur servir ce que de raison. Le délégué à la guerre, Delescluze. ______________________________________________________ ARRÊTÉ - COMITÉ DE SALUT PUBLIC (p 1782) Attributions de cartes d'identité pour lutter contre les espions de Versailles - Non porteurs de cartes seront arrêtés - Carte pourra être requise par tout garde national. Le Comité de salut public, Considérant que, ne pouvant vaincre par la force la population de Paris, assiégée depuis plus de quarante jours pour avoir revendiqué ses franchises communales, le Gouvernement de Versailles cherche à introduire parmi elle des agents secrets dont la mission est de faire appel à la trahison. ARRÊTE : Art. 1er. Tout citoyen devra être muni d’une carte d’identité contenant ses noms, prénoms, profession, âge et domicile, ses numéros de légion, bataillon et de compagnie, ainsi que son signalement. Art. 2. Tout citoyen trouvé non porteur de sa carte sera arrêté, et son arrestation maintenue jusqu’à ce qu’il ait établi régulièrement son identité. Art. 3. Cette carte sera délivrée par les soins des commissaires de police sur pièces justificatives, en présence de deux témoins qui attesteront par leur signature bien connaître le demandeur. Elle sera ensuite visée par la municipalité compétente. Art. 4. Toute fraude reconnue sera rigoureusement réprimée. Art. 5. L’exhibition de la carte d’identité pourra être requise par tout garde national. Art. 6. Le délégué à la sûreté générale ainsi que les municipalités sont chargés de l’exécution du présent arrêté dans le plus bref délai. Le Comité de salut public, Ant. Arnaud, Billioray, E. Eudes, F. Gambon, G. Ranvier. Hôtel-de-Ville, le 24 floréal an 79. ______________________________________________________ ARRÊTÉ - DÉLÉGUÉ À LA SÛRETÉ GÉNÉRALE (p 1783) Soumission des halles et marchés au Délégué aux finances - Inspecteurs des halles et marchés nommés par le délégué aux finances auront droit de requérir la force publique. Le délégué à la sûreté générale, Sur proposition du délégué aux finances. ARRÊTE : Art. 1er. Tous les services des halles et marchés qui ressortissent au 1er bureau de la 2e division de l’ex-préfecture de police sont, à dater d’aujourd’hui, 14 mai 1871, du ressort de la délégation des finances. Art. 2. Les inspecteurs des halles et marchés nommés par le délégué aux finances auront le droit de requérir la force publique. Art. 3. Les commissaires de police et les commandants de la garde nationale sont tenus, chacun en ce qui les concerne de prêter main-forte à ces inspecteurs. Le délégué à la sûreté générale, Th. Ferré. ______________________________________________________ PROCLAMATION - CHEF DE LA DÉLÉGATION SCIENTIFIQUE (p 1795) Obligation de déclaration de détention de soufre et de phosphore. Tous les détenteurs de soufre, phosphore et produits de cette nature sont tenus d’en faire la déclaration, sous trois jours, à la délégation scientifique, 78, rue de Varennes. Le membre de la Commune, chef de la délégation scientifique, Parisel. ______________________________________________________ PROCLAMATION - CHEF DE LA DÉLÉGATION SCIENTIFIQUE (p 1795) Recensement en faveur de l’égale répartition des droits et des devoirs civiques et militaires de chacun – Création de tableaux de recensement - Pénalités requises contre les entraves, déclarations mensongères ou incomplètes des locataires, propriétaires, concierges ou régisseurs des immeubles. Mairie du IXe arrondissement Considérant qu’on ne peut négliger davantage, sans occasionner à toute la population des inconvénients multiples et graves, d’ordonner et de faire rigoureusement exécuter le recensement exact de l’arrondissement entier et la situation réelle de chaque maison au point de vue de l’état civil et militaire des citoyens qui l’habitent ; Considérant qu’afin d’arriver à l’égale répartition des droits et des devoirs civiques et militaires de chacun, il importe d’établir ce travail sur les bases d’une véritable justice, c’est-à-dire en dehors de toutes complaisances intéressées ; Attendu surtout qu’il faut obtenir des concierges ou régisseurs de chaque immeuble des déclarations qui ne soient point mensongères ni incomplètes, Les délégués de la Commune, ARRÊTENT : Art. 1er. Des tableaux de recensement, contenant toutes les indications nécessaires seront remis par la municipalité à la disposition de la commission de recensement et des agents recenseurs civils et militaires nommés par elle. Art. 2. Les agents recenseurs, aidés du concours de la garde nationale commandée à cet effet par le colonel de la 9e légion ; commenceront immédiatement, et poursuivront jusqu’à l’accomplissement de leur tâche, le recensement pré-désigné de huit heures du matin à six heures du soir. Art. 3. Pénalité sera requise contre tout citoyen ou citoyenne (locataire, propriétaire, concierge ou régisseur) qui apportera un entrave quelconque aux opérations ordonnées ou donnera à nos agents commissionnés des renseignements incomplets ou trompeurs. Paris, le 11 mai 1871. Les délégués de la commune, P. Guerain Pontalier Mardi 16 mai 1871 ARRÊTÉ - COMITÉ DE SALUT PUBLIC (p 1826) Composition de 7 membres au lieu de 5 de la commission militaire. Paris, le 15 mai. Le Comité de salut public ARRÊTE : Art. 1er. La commission militaire sera composée de sept membres au lieu de cinq. Art. 2. Les citoyens Bergeret, Cournet ; Géresme, Ledroit, Lonclas, Sicard et urbain sont nommés membres de la commission militaire, en remplacement des citoyens Arnold, Avrial, Johannard, Tridon et Varlin. Hôtel de ville, le 25 floréal an 79. F. Cambon, G. Ranvier, Ant. Arnaud, Billioray, E. Eudes. ______________________________________________________ ARRÊTÉ - COMITÉ DE SALUT PUBLIC (p 1826) Administration des domaines de la ville de Paris réunie à la Direction générale des domaines. Vu la demande justifiée du citoyen Fontaine, directeur des domaines ; Vu l’avis approbatif du délégué aux finances, Le Comité de salut public ARRÊTE : A partir de ce jour, 25 floréal, l’administration des domaines de la ville de Paris est réunie à la direction générale des domaines et relèvera uniquement de cette direction. Le Comité de salut public. ______________________________________________________ ARRÊTÉ - COMITÉ DE SALUT PUBLIC (p 1827) Centralisation de la Direction du mouvement des troupes qui sera dirigé par le chef d’état-major du ministère de la guerre - Transfert du Service de la place de Paris au Ministère de la guerre. Le Comité de salut public Considérant que, dans les circonstances actuelles, il importe de centraliser, autant que possible, la direction du mouvement des troupes. ARRÊTE : Le service de la place de Paris est transféré dans les bureaux du ministère de la guerre, rue Saint-Dominique-Saint-Germain. Le mouvement des troupes et tout ce qui concerne le service des armées de l’aile droite, du centre et de l’aile gauche, sera dirigé par le chef d’état-major du ministère de la guerre. Le citoyen colonel Henri, actuellement commandant la place de Paris à l’Ecole militaire, est mis à la disposition du ministère de la guerre. Hôtel de ville, le 25 floréal, an 79. Le Comité de salut public. ______________________________________________________ ARRÊTÉ - COMITÉ DE SALUT PUBLIC (p 1827) Nominations de 2 substituts du procureur de la Commune. Le Comité de salut public ARRÊTE : Art. 1er. 1° Le citoyen Breuillé (Alfred) est nommé substitut du procureur de la Commune, en remplacement du citoyen Ferré, délégué à la sûreté générale ; 2° Le citoyen Sachs est nommé substitut du procureur de la Commune, en remplacement du citoyen Martainville, considéré comme démissionnaire. Art. 2. Le procureur de la Commune est chargé d’assurer l’exécution du présent arrêté. Paris, le 25 floréal, an 79. A. Arnaud, Gambon, Ranvier. Pour ampliation : Le procureur de la Commune de Paris, Raoul Rigault. ______________________________________________________ ARRÊTÉ - COMITÉ DE SALUT PUBLIC (p 1828) Nominations de 4 juges d'instruction. Le Comité de salut public ARRÊTE : Art. 1er. Les citoyens Gausseron (Henri), Coupey, Gentou, Barral, sont nommés juges d’instruction attachés au parquet du procureur de la Commune. Art. 2. Le procureur de la Commune est chargé d’assurer l’exécution du présent arrêté. Paris, le 25 floréal 79. Pour ampliation : Le procureur de la Commune, Raoul Rigault. ______________________________________________________ ARRÊTÉ - COMITÉ DE SALUT PUBLIC (p 1828) Nominations d'un juge de paix et d'un greffier de la justice de paix. Le Comité de salut public ARRÊTE : Le citoyen Pinon (Martin) est nommé juge de paix du XVe arrondissement de la Commune de Paris ; Le citoyen Jacquemin (Joseph), est nommé greffier de la justice de paix du XVe arrondissement. Le Comité de salut public Pour ampliation : Le membre de la Commune délégué à la justice, Eugène Protot. ______________________________________________________ PROCLAMATION - DÉLÉGUÉ CIVIL À LA GUERRE (p 1830) Démission de Gaillard père, chargé de la construction des barricades et commandant des barricadiers - Dissolution du bataillon des barricadiers et mise à disposition du Directeur du génie militaire. La démission du citoyen Gaillard père, chargé de la construction des barricades et commandant des barricadiers, est acceptée à ce double titre : Le bataillon des barricadiers, placé sous ses ordres, est dissous ; les hommes qui le composent sont mis à la disposition du directeur du génie militaire, qui avisera à la continuation des travaux commencés, dans la mesure qu’il jugera convenable. Paris, le 15 mai 1871. Le délégué civil à la guerre, Delescluze. ______________________________________________________ ARRÊTÉ - DÉLÉGUÉ CIVIL À LA GUERRE (p 1830) Nomination de Henry, Chef d’état-major au ministère de la guerre - Attributions de Commandant de la place de Paris. Vu l’arrêté du comité de salut public, en date de ce jour, transférant au ministère de la guerre le service de la place de Paris, lequel arrêté confie au chef de l’état-major du ministre de la guerre les fonctions attribuées au commandant de la place de Paris pour le mouvement des bataillons de la garde nationale et des corps années, ainsi que du matériel : Le délégué civil à la guerre ARRÊTE : Le colonel d’état-major, Henri, est nommé chef d’état-major au ministère de la guerre, et, en cette qualité, il exercera toutes les attributions conférées au commandant de la place de Paris. Le délégué civil à la guerre, Ch. Delescluze. ______________________________________________________ ARRÊTÉ - DÉLÉGUÉ CIVIL À LA GUERRE (p 1831) Paiement trimestriel des droits de timbre contre l’incendie et la grêle par les compagnies d’assurances. Le délégué aux finances, Vu les lois des 5 juin 1850 et 2 juillet 1862, fixant les droits de timbre à payer par les compagnies d’assurances contre l’incendie et la grêle pour les polices d’assurance ; Vu le rapport du directeur de l’enregistrement ; Considérant que le payement par semestre de droits aussi considérables que ceux dus par les compagnies d’assurances cause un véritable préjudice au Trésor, ARRÊTE : Art. 1er. Le payement des droits de timbre, par abonnement des polices d’assurances contre l’incendie et la grêle s’effectueront à l’avenir tous les trois mois. Art. 2. En conséquence, le trimestre échu sera versé, dans les quarante-huit heures de l’insertion au Journal officiel, à la caisse de l’administration de l’enregistrement et du timbre, en prenant pour base de l’assiette de l’impôt l’exercice précédent. Art. 3. Cette perception sera régularisée par des êtas fournis par les compagnies d’assurances des valeurs par elles assurées pendant l’année 1870, et après un contrôle sérieux. Les compensations en plus ou en moins seront admises sur les mois suivants. Art. 4. Le directeur de l’enregistrement et du timbre est chargé de l’exécution du présent arrêté. Le membre de la Commune délégué aux finances, Jourde. ______________________________________________________ PROCLAMATION (p 1833) Suppression, pour inutilité, du poste d'architecte du Luxembourg. Sur proposition de la commission fédérale des artistes, Considérant que la place d’architecte du Luxembourg est inutile, puisqu’il n’y a point de travaux à faire exécuter : Le citoyen Lemaire, architecte actuel, est relevé de ses fonctions. ______________________________________________________ ARRÊTÉ - DIRECTEUR GÉNÉRAL DES DOMAINES (p 1834) Attribution du linge de la maison de Thiers aux ambulances – Objets d'art envoyés aux bibliothèques et musées nationaux – Mobilier et matériaux de démolition vendus aux enchères - Produit de la vente affecté aux pensions et indemnités des veuves et orphelins - Construction d'un square public sur le terrain. Sur la délibération approuvée du Comité de salut public, le citoyen Jules Fontaine, directeur général des domaines, En réponse aux larmes et aux menaces de Thiers, le bombardeur, et aux lois édictées par l’Assemblée rurale, sa complice, ARRÊTE : Art. 1er. Tout le linge provenant de la maison Thiers sera mis à la disposition des ambulances. Art. 2. Les objets d’art et livres précieux seront envoyés aux bibliothèques et musées nationaux. Art. 3. Le mobilier sera vendu aux enchères, après exposition publique au garde-meuble. Art. 4. Le produit de cette vente restera uniquement affecté aux pensions et indemnités qui devront être fournies aux veuves et orphelins des victimes de la guerre infâme que nous fait l’ex propriétaire de l’hôtel Georges. Art. 5. Même destination sera donnée à l’argent que rapporteront les matériaux de démolition. Art. 6. Sur le terrain de l’hôtel du parricide sera établi un square public. Le directeur général des domaines, J. Fontaine. Paris, le 25 floréal an 79. ______________________________________________________ ARRÊTÉ - SERVICE MÉDICAL ET DES AMBULANCES CIVILES ET MILITAIRES (p 1835) Dispenses du service de la Garde nationale pour les ambulanciers et infirmiers. Le directeur du service médical et des ambulances civiles et militaires, ARRÊTE : Tous les citoyens qui justifieront qu’ils sont employés dans les ambulances ou dans les hôpitaux comme infirmiers, et qui, par conséquent, accomplissent un service militaire, sont dispensés du service de la garde nationale. Le directeur général du service médical et des ambulances civiles et militaires, Dr Semerie Vu et approuvé : Pour la commission de la guerre, Jules Bergeret. ______________________________________________________ ARRÊTÉ - MINISTÈRE DE LA GUERRE (extrait voir p 1837) Nominations d'un inspecteur de l’hôpital militaire du fort de Vincennes, 2 chirurgiens-major, 2 médecins-major, 10 aides-major. Par arrêtés en date du 15 mai 1871, ont été nommés : Le docteur Martin, inspecteur de l’hôpital militaire du fort de Vin- cennes. Le docteur Maugier, chirurgien-major du 116e bataillon, passe chirurgien-major du 181e bataillon. Le docteur Guéneau, chirurgien-major du 132e bataillon. Le docteur Genret (Albéric), médecin-major du 112e bataillon. […] (Ministère de la guerre.) ______________________________________________________ PROCLAMATION - DÉLÉGUÉ AUX RELATIONS EXTÉRIEURES (p 1841) Respect de la Convention de Genève, qui garantit la neutralité des édifices et du personnel des ambulances militaires, mais ne réglemente pas l'usage des nouveaux engins de guerre dont dispose la Révolution. Quelques journaux ont paru croire que l’adhésion de la Commune à la convention de Genève avait pour résultat de proscrire l’usage des nouveaux engins de guerre dont dispose la Révolution. Si les rédacteurs de ces journaux avaient pris la peine d’étudier la question qu’ils traitent, et tout au moins de lire les dix articles de la convention de Genève, ils se seraient épargné une protestation injuste et inutile. La convention de Genève n’a pour but et pour effet que de garantir la neutralité des édifices et du personnel des ambulances militaires. A la reconnaissance de cette neutralité se borne l’adhésion de la Commune. Quant aux forces terribles que la science met au service de la Révolution, la convention de Genève n’en réglemente pas l’usage. C’est un soin dont se sont acquittés jusqu’à ce jour les despotes couronnés, qui vivent de la guerre, et qui savent trop bien que la guerre deviendrait à jamais impossible par l’emploi des moyens modernes, pour ne pas s’interdire religieusement l’usage de ces moyens. Paris, le 16 mai 1871. Le délégué aux relations extérieures, Paschal Grousset. ______________________________________________________ PROCLAMATION - MAIRIE DU Xe ARRONDISSEMENT (p 1845) Obligation de paiement des loyers par les locataires en hôtel meublé - Bons de logement distribués contre preuve de l’impossibilité de payer, après enquête. Mairie du Xe arrondissement Les locataires demeurant en hôtel meublé sont avertis qu’ils doivent acquitter le prix de leur location, et que les bons de logements ne seront donnés, à titre de secours, qu’à ceux qui prouveront qu’ils sont dans l’impossibilité de payer. Une enquête sérieuse sera faite par les soins de la mairie. Le bon de logement n’impose pas aux maîtres d’hôtel l’obligation de conserver les locataires qu’ils ne jugeront pas à propos de garder. Tous différends entre les propriétaires et locataires seront tranchés à la mairie. Paris, le 14 mai 1871. Pour la municipalité, Leroudier. Pour la commission communale, Champy . ______________________________________________________ PROCLAMATION - MAIRIE DU XXe ARRONDISSEMENT (p 1845) Après réclamations, travail de nuit à la satisfaction immédiate de tous les intérêts et des mesures à prendre. Mairie du XXe arrondissement. Citoyens, De nombreuses réclamations nous sont parvenues. Pour répondre et satisfaire immédiatement à tous les intérêts, les membres de la Commune du XXe arrondissement donnent avis que cette nuit ils se sont occupés des mesures nécessaires à prendre. Citoyens, Nous vous rappelons que plus jamais nous avons tous besoin de nous rallier au drapeau rouge pour conserver l’établissement de la République. Vive la Commune ! Vive la République ! Paris, le 14 mai 1871. Les membres de la Commune du XXe arrondissement. Ranvier, Viard, Bergeret, Trinquet Mercredi 17 mai 1871 ARRÊTÉ - COMITÉ DE SALUT PUBLIC (p 1873) Nominations de commissaires civils délégués auprès des généraux de la Commune pour préserver le pays de la dictature militaire. Paris, le 16 mai. Le Comité de salut public, Considérant que, pour sauvegarder les intérêts de la Révolution, il est indispensable d’associer l’élément civil à l’élément militaire ; Que nos pères avaient parfaitement compris que cette mesure pouvait seule préserver le pays de la dictature militaire, laquelle tôt ou tard aboutit invariablement à l’établissement d’une dynastie ; Vu son arrêté instituant un délégué civil au département de la guerre. ARRÊTE : Art. 1er. Des commissaires civils, représentants de la Commune, sont délégués auprès des généraux des trois armées de la Commune. Art. 2. Sont nommés commissaires civils : 1° Auprès du général Dombrowski, le citoyen Dereure ; 2° Auprès du général La Cécilia, le citoyen Johannard ; 3° Auprès du général Wrobleski, le citoyen Léo Melliet. Hôtel de ville, le 26 floréal an 79. Le comité de salut public : Ant. Arnaud, Billioray, E. Eudes, F. Gambon, G. Ranvier. ______________________________________________________ ARRÊTÉ - COMITÉ DE SALUT PUBLIC (p 1873) Arrêts et vérifications des trains pour Paris hors de l'enceinte - Travaux nécessaires exécutés à la hauteur de l’enceinte, pour détruire tout train qui essayerait de forcer la consigne. Le Comité de salut public ARRÊTE : Art. 1er. Tous les trains, soit de voyageurs, soit de marchandises, de jour et de nuit, se dirigeant sur Paris, par une ligne quelconque, devront s’arrêter hors de l’enceinte, au point où est établi le dernier poste avancé de la garde nationale. A cet effet, un signal spécial sera placé au point d’arrêt par les soins des administrations compétentes. Art. 2. Aucun train ne pourra dépasser la limite précitée sans avoir été préalablement visité par l’un des commissaires de police délégués à cet effet. Art. 3. Les travaux nécessaires seront immédiatement exécutés à la hauteur de l’enceinte, pour être en mesure de détruire instantanément tout train qui essayerait de forcer la consigne. Art. 4. Un délégué civil faisant fonctions de commissaire de police spécial aura le commandement du poste chargé de visiter les trains au point d’arrêt. Art. 5. Le membre de la Commune délégué aux relations extérieures, d’accord avec le délégué civil à la guerre, est chargé de l’exécution du présent arrêté. Le délégué de la Commune près les chemins de fer prendra ses ordres à cet égard. Fait à Paris, le 16 mai 1871. Le Comité de salut public Pour copie conforme : Le secrétaire général, Henri Brissac. ______________________________________________________ ARRÊTÉ - DÉLÉGUÉ À LA JUSTICE (p 1875) Gratuité des actes des notaires et huissiers. Le membre de la Commune délégué à la justice. ARRÊTE : Les notaires, huissiers, et généralement tous les officiers publics de la Commune de Paris devront, sur l’ordre du délégué à la justice, dresser gratuitement tous les actes de leur compétence. Le membre de la Commune délégué à la justice, Eugène Protot. Paris, le 16 mai 1871. En conséquence de l’arrêté ci-dessus, les citoyens gardes nationaux peuvent, dès aujourd’hui, demander au délégué à la justice l’autorisation de faire dresser par les juges de paix, notaires, huissiers, greffiers des tribunaux de la Commune de Paris, les actes d’une certaine urgence tels que : donation entre vifs, testaments, reconnaissances des enfants naturels, contrats de mariage, actes respectueux, actes de consentement des ascendants, procurations, adoptions, actes de notoriété, etc., etc. ______________________________________________________ ARRÊTÉ - DÉLÉGUÉ À LA JUSTICE (p 1875) Nomination de Moreau, Directeur de l'intendance. Sur proposition de la commission de la guerre. Le délégué civil à la guerre. ARRÊTE : Le citoyen Ed. Moreau, membre du Comité central, est chargé de la direction de l’intendance. Le Délégué civil à la guerre, Ch. Delescluze. Approuvé : La commission de la guerre, Bergeret, Cournet, Géresme, Ledroit, Lonclas, Sicard, Urbain. Paris le 16 mai 1871. ______________________________________________________ ARRÊTÉ - DÉLÉGUÉ À LA JUSTICE (p 1875) Obligation de déclaration des dépositaires de pétrole et huiles minérales dans les bureaux de l’éclairage. Le membre de la Commune délégué aux services publics. ARRÊTE : Tous les dépositaires de pétrole ou autres huiles minérales devront, dans les quarante-huit heures, en faire la déclaration dans les bureaux de l’éclairage, situés place de l’Hôtel-de-Ville, 9. Vu et présenté par l’ingénieur chef des services publics, Ed. Caron. Vu et dressé par l’ingénieur chef du service de l’éclairage et des concessions, B. Peyrouton. Le membre de la Commune délégué aux services publics, Jules Andrieu. Paris, le 18 mai 1871. ______________________________________________________ PROCLAMATION - DÉLÉGUÉ À L'ENSEIGNEMENT (p 1882) Nomination de Oudinot, administrateur provisoire des musées du Louvre – Appel à candidatures de professeurs de dessin et de modelage. Sur la proposition de la commission fédérale des artistes, Le citoyen Oudinot (Achille), architecte et peintre, est délégué comme administrateur provisoire des musées du Louvre. Et les citoyens Héreau (jules), peintre, et Dalou, statuaire, lui sont adjoints pour l’assister dans ses fonctions provisoires. Les citoyens désirant concourir à la réorganisation de l’enseignement et obtenir des places de professeur de dessin et de modelage, sont invités à se rendre le 19, 20 et 21 mai courant, de midi à deux heures, au siège de la commission fédérale des artistes (ex-ministère des beaux-arts, rue de Rivoli), à l’effet de déposer leurs titres et pièces à l’appui et y joindre au besoin une note signée contenant une brève exposition de leurs méthodes d’enseignement. Pour la commission de la Fédération des artistes, approuvé : Le membre de la Commune délégué à l’enseignement, Edouard Vaillant. Paris, le 16 mai 1871. Jeudi 18 mai 1871 ARRÊTÉ - COMITÉ DE SALUT PUBLIC (p 1914) Dispositions de limites des exemptions des employés du chemin de fer au service de la Garde nationale, sous la responsabilité du contrôleur général des chemins de fer. Le Comité de salut public, Vu son arrêté en date du 16 floréal courant ; Considérant qu’il importe aux intérêts de la défense de ne pas tenir éloignés plus longtemps du service de la garde nationale les employés de chemin de fer dont la présence n’est pas indispensable aux besoins actuels de l’administration et de l’exploitation des différentes compagnies ; Que la double signature du contrôleur général des chemins de fer et du délégué spécial du Comité central de la garde nationale entraine des lenteurs qu’il est indispensable d’abréger ; Considérant en outre que le contrôleur général est compétent pour apprécier dans quelles limites les exemptions peuvent être accordées ; Vu l’urgence ; ARRÊTE : Art. 1er. Les certificats d’exemption du service de la garde nationale seront délivrés et signés par le contrôleur général des chemins de fer, sous sa responsabilité. Art. 2. Le contrôleur général remettra dans les trois jours, à chaque légion, un état nominatif des employés mis à la disposition de la garde nationale. Art. 3. Il adressera dans la huitaine, au Comité de salut public, un rapport détaillé faisant connaître le nombre de certificats d’exemption délivrés avec motifs à l’appui, et le nombre des employés de chemins de fer mis à la disposition de chaque légion. Art. 4. L’arrêté du 16 floréal est maintenu en tout ce qui n’est pas contraire aux dispositions du présent arrêté. Le Comité de salut public : Ant. Arnaud, Billioray, E. Eudes, F. Gambon, G. Ranvier. Hôtel de Ville, le 27 floréal an 79. ______________________________________________________ ARRÊTÉ - COMITÉ DE SALUT PUBLIC (p 1915) Nominations de 2 juges d'instruction. Le Comité de salut public, Sur la proposition du procureur de la Commune, ARRÊTE : Art. 1er. Les citoyens Würth et Moreau (Armand) sont nommés juges d’instruction attachés au parquet du procureur de la Commune. Art. 2. le procureur de la Commune est chargé d’assurer l’exécution du présent arrêté. Le Comité de salut public, Pour ampliation : Le procureur de la Commune, Raoul Rigault. Hôtel de Ville, le 27 floréal an 79. ______________________________________________________ ARRÊTÉ - DÉLÉGUÉ AUX FINANCES (p 1916) Création d'une direction spéciale chargée du contrôle des finances pour la solde de la Garde nationale - Nomination de Armand, directeur général du service des contrôleurs des finances pour la solde de la garde nationale. Le membre de la Commune délégué aux finances, DÉCRÈTE : Il est institué à l’administration centrale une direction spéciale, chargée du contrôle des finances pour la solde de la garde nationale. Paris, le 16 mai 1871. Le membre de la Commune délégué aux finances, Jourde. Le citoyen Armand (Hubert) est nommé directeur général du service des contrôleurs des finances pour la solde de la garde nationale. Paris, le 16 mai 1871. ______________________________________________________ PROCLAMATION - DÉLÉGUÉ AUX FINANCES (p 1917) Tirage de quatre séries d'articles à délivrer gratuitement par le Mont-de-piété. En exécution du décret communal du 6 mai courant, un nouveau tirage de quatre séries des articles à délivrer gratuitement par le Mont-de-piété, aura lieu samedi prochain, 20 mai courant, à deux heures précises, dans la salle Saint-Jean, à l’Hôtel de Ville, en séance publique, présidée par le citoyen Lefrançais, membre de la Commune. Paris, le 17 mai 1871. Le membre de la Commune délégué aux finances, JOURDE. NOTA. — Les autres tirages seront annoncés par de nouvelles affiches. ______________________________________________________ ARRÊTÉ - DÉLÉGUÉ AUX FINANCES (p 1917) Soumission des marchés à la Délégation des finances après refus formel, par les compagnies concessionnaires des marchés, de solder les sommes dues selon les classes et conditions du cahier des charges. Le délégué aux finances, Considérant que les compagnies concessionnaires des marchés n’ont fait aucun versement des sommes dues depuis la guerre jusqu’à ce jour ; qu’en outre lesdites compagnies ont perçu dans les marchés le prix entier des places jusqu’au 1er janvier 1871, et demi-places jusqu’à ce jour ; Vu le refus formel desdites compagnies de solder les somme dues au 1er avril 1871, selon les classes et conditions du cahier des charges, ARRÊTE : Article unique. Tous les marchés concédés par la ville de Paris à la compagnie Férère ou autre compagnie rentrent provisoirement, à partir d’aujourd’hui, dans le ressort de la délégation des finances. Le membre de la Commune délégué aux finances, Jourde. ______________________________________________________ ARRÊTÉ - COMMUNE DU 3e ARRONDISSEMENT (p 1921) Nominations des membres de l'administration de l’orphelinat communal. Les membres de la Commune du 3e arrondissement, ARRÊTENT : Le citoyen Bibal, président de la commission des écoles du 3e arrondissement : Le citoyen Dubard ; Le citoyen Dediot père ; Le citoyen Léon Jacob, secrétaire général, sont nommés membres de l’administration de l’orphelinat communal, sous la présidence des membres de la Commune du 3e arrondissement. Ant. Arnaud, Demay, Clovis Dupont, Pindy. ______________________________________________________ ARRÊTÉ - ASSEMBLÉE NATIONALE (p 1956) Assemblée nationale se déclare constituante – Limite son mandat à 2 ans - République désormais gouvernement de la France. L’Assemblée nationale, s’inspirant de son droit, de sa force et surtout de son amour de la patrie, En vertu de son pouvoir souverain, DÉCRÈTE : Art. 1er. L’Assemblée nationale se déclare Assemblée constituante. Art. 2. Elle limite son mandat au terme de deux ans, pendant lesquels elle fera les lois organiques Art. 3. La République sera désormais le gouvernement de la France.
- DÉCRET, ARRÊTÉS, ORDRES, PROCLAMATIONS - 7
Vendredi 21 avril 1871 DÉCRET, ARRÊTÉS, ORDRES, PROCLAMATIONS - 7 Next Next Vendredi 21 avril 1871 ARRÊTÉ – COMMISSION EXÉCUTIVE (p 931) Création d'une compagnie d'aérostiers pour permettre l'échange de nouvelles, journaux, correspondances privées, entre Paris et les départements, supprimé par le gouvernement de Versailles, qui se réserve impunément la distribution des calomnies destinées à égarer l’opinion publique en province et à l’étranger. Paris, le 20 avril 1871. Que des dépenses importantes ont été faites par l’ex-gouvernement dit de la défense nationale pour les services aérostatiques postaux ; Que, par suite de la désertion de l’ex-gouvernement dit de la défense nationale, sur ce point des services publics, comme sur tous les autres, une quantité de ballons construits, représentant une dépense de plusieurs centaines de mille francs, payés des deniers de la nation, se trouvent actuellement disséminés en plusieurs endroits et exposés aux détournements ; Qu’il importe d’urgence de réunir sous le contrôle de la Commune, en des mains sûres, d’inventorier et de préserver ce matériel, auquel sont venus s’adjoindre les ballons expédiés en province pendant le siège de Paris ; Considérant que l’ex-gouvernement dit de la défense nationale qui, en fait, gouverne toujours à Versailles, a supprimé, dans une intention facile à comprendre, tout échange de nouvelles, journaux, correspondances privées, toutes communications intellectuelles entre Paris et les départements, comptant ainsi se réserver impunément la trop facile distribution des calomnies destinées à égarer l’opinion publique en province et à l’étranger ; Que la Commune de Paris a, tout au contraire, le plus grand intérêt à ce que la vérité soit, et à faire connaître à tous et ses actes et ses intentions ; Considérant enfin que, dans l’état de guerre offensive déclarée et poursuivie par le gouvernement de Versailles, il est important à la défensive d’utiliser les observations aérostatiques militaires, systématiquement et intentionnellement repoussées pendant la durée du siège de Paris, et alors, en effet, inutiles à ceux qui devaient livrer Paris ARRÊTE : 1° Une compagnie d’aérostiers civils et militaires de la Commune de Paris est créée ; 2° Cette compagnie se compose provisoirement d’un capitaine, d’un lieutenant, d’un sous-lieutenant, d’un sergent, de deux chefs d’équipe et douze aéros- tiers ; 3° La solde du capitaine est de 300 fr., du lieutenant 250 fr., des équipiers 150 fr. par mois ; 4° La compagnie des aérostiers civils et militaires de la Commune de Paris relève directement du commandement de la Commission exécutive ; 5° Le citoyen Claude-Jules Durnof est nommé capitaine des aérostiers civils et militaires de la Commune de Paris. Le citoyen Jean-Pierre-Alfred Nadal est nommé lieutenant-magasinier général. Paris, le 20 avril 1871. La commission exécutive : Avrial, F. Cournet, Ch. Delescluze, Félix Pyat, G. Tridon, A. Vermorel, E. Vaillant. __________________________________________________ ARRÊTÉ – COMMISSION EXÉCUTIVE (p 932) Suppression du travail de nuit des boulangers – Suppression des placeurs et création, pour les remplacer, d'un registre en mairie permettant l'inscription des boulangers - Registre central au ministère du commerce. Sur les justes demandes de toute la corporation des ouvriers boulangers, la commission exécutive ARRÊTE : Art. 1er. Le travail de nuit est supprimé. Art. 2. Les placeurs institués par l’ex-police impériale sont supprimés. Cette fonction est remplacée par un registre placé dans chaque mairie pour l’inscription des ouvriers boulangers. Un registre central sera établi au ministère du commerce. Paris, le 20 avril 1871. La Commission Exécutive : Cournet, A. Vermorel, G. Tridon, Delescluze, Félix Pyat, Avrial, E. Vaillant Samedi 22 avril 1871 PROCLAMATION - MAIRIE DU Xe ARRONDISSEMENT (p 963) Direction laïque de l'école communale de garçons du Faubourg-Saint-Martin, offrant toutes les garanties d’instruction et de moralité désirables - Lecture, écriture, grammaire, arithmétique, système métrique, géométrie, géographie, histoire de France, morale rationnelle, musique vocale, dessin artistique et industriel, morale rationnelle et droit politique. Mairie du Xe arrondissement Le public est prévenu que l’école communale de garçons située Faubourg- Saint-Martin, 157, vient d’être confiée à la direction d’instituteurs laïques, offrant toutes les garanties d’instruction et de moralité désirables. L’enseignement exclusivement rationnel, comprendra la lecture, l’écriture, la grammaire, l’arithmétique, le système métrique, les premiers éléments de la géométrie, la géographie, l’histoire de France, la morale rationnelle, la musique vocale et le dessin artistique et industriel. Tous les enfants de six à quinze ans, quelles que soient leur nationalité et la religion qu’ils professent, seront admis sur la présentation d’une carte délivrée par la mairie. Les élèves qui ont déjà fréquenté l’école n’ont pas besoin d’une nouvelle carte d’admission. Ouverture des classes, lundi 24 avril, à huit heures du matin. Cours public de morale rationnelle et de droit politique, tous les jeudis, à huit heures du soir, par le citoyen Ch. Poirson, licencié en droit, directeur de l’école. Le directeur recevra les parents d’élèves de neuf heures du matin à quatre heures du soir, le dimanche et le jeudi exceptés. Paris, le 22 avril 1871. Le président de la commission de la 10e légion. Leroudier Dimanche 23 avril 1871 ARRÊTÉ – COMMUNE DE PARIS (p 982) Gratuité des pièces justificatives pour les ayant droit de pensions. Paris, le 22 avril 1871. La Commune de Paris, Vu le décret du 10 avril 1871, portant création de pensions pour les veuves et orphelins des gardes nationaux mort ou blessés pour la Commune de Paris, ARRÊTE : Toutes pièces justificatives à produire pour les ayant droit seront délivrées gratuitement par qui il appartiendra, et exemptes de frais de timbre. Paris, le 22 avril 1871. __________________________________________________ PROCLAMATION - DIRECTION GÉNÉRALE DES AMBULANCES (p 988) Suppression des signes religieux dans les salles d'ambulance - Interdiction de l’entrée aux corporations religieuses, qui viennent démoraliser les blessés, faisant un crime de leur combat, sauf sur demande. Direction des ambulances. Chargé par le citoyen Cluseret de la direction générale des ambulances, je crois devoir expliquer certains actes de mon administration que la malveillance pourrait dénaturer. Considérant que la Commune a décrété la séparation de l’Eglise et de l’Etat, et que, d’autre part, il importe de laisser toute liberté à chaque citoyen de vivre et de mourir selon sa croyance, s’il en a une, j’ai fait enlever des salles d’ambulances tout insigne religieux, de n’importe quel culte ; j’en ai interdit l’entrée aux membres de toutes les sectes ou corporations religieuses, tout en procurant immédiatement au blessé, qui en ferait la demande, la visite du ministre de sa religion, curé, pasteur, pope ou rabbin. J’ai surtout eu soin d’écarter des blessés ces visites fatigantes de gens qui, sous prétexte de religion, viennent démoraliser les blessés, et ajouter aux souffrances physiques des tortures morales, abusant de la dépression de toutes leurs facultés pour leur arracher une faiblesse, leur faisant un crime du grand combat soutenu au nom du droit et de la République universelle, au point de les faire presque rougir de leur glorieuses blessures. Paris, le 22 avril 1871. Dr Rousselle. __________________________________________________ PROCLAMATION (p 991) Mission des franc-maçons à Versailles : obtention d'un armistice pour l’évacuation des villages bombardés, demande d'une paix basée sur le programme de la Commune. Réunie hier, vendredi, la franc-maçonnerie parisienne a défini le mandat à donner à ses délégués, qui ont dû partir aujourd’hui pour Versailles. Ce mandat se divise en deux parties : 1° Obtenir un armistice pour l’évacuation des villages bombardés ; 2° Demander énergiquement la paix à Versailles, basée sur le programme de la Commune, le seul qui puisse amener la paix définitive. Ce mandat a été voté à l’unanimité. Il a été décidé ensuite qu’un appel serait fait à tous les francs-maçons de Paris, pour entendre le résultat de cette délégation, lundi, à deux heures, salle des Arts-et-Métiers, et prendre telle décision qu’il conviendra, suivant le résultat. Lundi 24 avril 1871 DÉCRET – COMMUNE DE PARIS (p 1027) Traitement fixe des huissiers, commissaires-priseurs et greffiers de tribunaux. Versement mensuel de leurs actes au délégué aux finances. Paris, le 23 avril 1871. La Commune de Paris, DÉCRÈTE : Art. 1er. Les huissiers, commissaires-priseurs et greffiers de tribunaux quelconques qui seront nommés à Paris, à partir de ce jour, recevront un traitement fixe. Ils pourront être dispensés de fournir un cautionnement. Art. 2. Ils verseront tous les mois, entre les mains du délégué aux finances, les sommes par eux perçues pour les actes de leur compétence. Art. 3. Le délégué à la justice est chargé de l’exécution du présent décret. Paris, le 23 avril 1871. La commune. __________________________________________________ ARRÊTÉ - INSPECTION GÉNÉRALE DES AMBULANCES (p 1028) Obligation de coordination des directeurs d'ambulance avec l'inspection générale des ambulances Inspection générale des ambulances. Le membre de la Commune délégué à l’inspection générale des ambulances. Vu l’urgence d’organiser les fonctionnements immédiat du service qui lui est confié : ARRÊTE : 1° Tous les directeurs d’ambulances et autres établissements pouvant recevoir ou ayant déjà reçu des gardes nationaux blessés, sont invités à se mettre en rapport, dans un délai de vingt-quatre heures, avec l’inspection générale des ambulances, 3, avenue Victoria. 2° Tout refus d’obéissance au présent arrêté sera immédiatement déféré à la Commune, et pourra être suivi de destitution. Le membre de la commune délégué à l’inspection générale des ambulances, Dr Rastoul. Les bureaux sont ouverts de neuf à onze heures et de deux à quatre heures. __________________________________________________ ARRÊTÉ - COMMISSION DE TRAVAIL ET D’ÉCHANGE (P 1029) Création du bureau de renseignement gérant l'offre et la demande d'emplois à usage des patrons et ouvriers boulangers. Ministère des travaux publics. Le délégué à la commission du travail et de l’échange. Vu l’arrêté de la Commission exécutive supprimant le travail de nuit des ouvriers boulangers, et instituant dans les vingt mairies un bureau de renseignement à l’usage des patrons et ouvriers ARRÊTE : 1° L’arrêté précité aura cour d’exécution à partir du jeudi 27 avril prochain. 2° Deux livres, portant les offres et demandes, seront ouverts dans chaque municipalité au bureau de renseignement déjà existant. Paris, le 23 avril 1871. Le délégué à la commission de travail et d’échange, Léo Frankel. __________________________________________________ PROCLAMATION (p 1031) Nomination de membres de la Commune pour visiter les gardes nationaux, enquêter sur l'état des détenus dans les prisons et s’informer de la cause de leurs détentions. Six membres de la Commune : les citoyens J. Vallès, Ch. Longuet, Pillot, Bergeret, Lonclas et Urbain, sont délégués pour visiter les gardes nationaux dans les forts, casernes, casemates et tous lieux de réunions. Trois membres de la Commune, les citoyens Miot, Gambon et Victor Clément, sont délégués pour visiter les prisons, faire une enquête sur l’état des détenus, s’informer de la cause de leur détention.
- DÉCRET, ARRÊTÉS, ORDRES, PROCLAMATIONS - 15
Mercredi 24 mai 1871 DÉCRET, ARRÊTÉS, ORDRES, PROCLAMATIONS - 15 Next Next Mercredi 24 mai 1871 PROCLAMATION - COMITÉ DE SALUT PUBLIC (p 2161) Le Peuple de Paris aux soldats de Versailles. Paris, le 23 mai. Le peuple de Paris aux soldats de Versailles Frères, L’heure du grand combat des peuples contre leurs oppresseurs est arrivée ! N’abandonnez pas la cause des travailleurs ! Faites comme vos frères du 18 mars ! Unissez-vous au Peuple, dont vous faites partie ! Laissez les aristocrates les privilégiés, les bourreaux de l’humanité se défendre eux-mêmes, et le règne de la justice sera facile à établir. Quittez vos rangs ! Entrez dans nos demeures. Venez à nos, au milieu de nos familles. Vous serez accueillis fraternellement et avec joie. Le peuple de Paris a confiance en cotre patriotisme. VIVE LA RÉPUBLIQUE ! VIVE LA COMMUNE ! 3 prairial an 79. La Commune de Paris. ______________________________________________________ PROCLAMATION - COMITÉ DE SALUT PUBLIC (p 2161) Le Peuple de Paris aux soldats de Versailles Le Peuple de Paris aux soldats de Versailles Que tous les bons citoyens se lèvent ! Aux barricades ! L’ennemi est dans nos murs ! Pas d’hésitations ! En avant pour la République, pour la Commune et pour la Liberté ! AUX ARMES ! Paris, le 3 prairial an 79. Le Comité de Salut public : Ant. Arnaud, Billioray, Eudes, F. Gambon, G. Ranvier. ______________________________________________________ PROCLAMATION - COMITÉ DE SALUT PUBLIC (p 2162) Autorisation aux chefs de barricades à requérir l’ouverture des portes des maisons et à réquisitionner vivres et objets utiles à la défense. Le Comité de Salut public autorise les chefs de barricades à requérir l’ouverture des portes des maisons, là où ils le jugeront nécessaire ; A réquisitionner pour leurs hommes tous les vivres et objets utiles à la défense, dont ils feront récépissé et dont la Commune fera état à qui de droit. Le membre du Comité de salut public. G. Ranvier. Hôtel de Ville, le 3 prairial an 79. ______________________________________________________ PROCLAMATION - COMITÉ DE SALUT PUBLIC (p 2162) Le Peuple de Paris aux soldats de Versailles Soldats de l’armée de Versailles, Le peuple de Paris ne croira jamais que vous puissiez diriger contre lui cos armes quand sa poitrine touchera les vôtres ; vos mains reculeraient devant un acte qui serait un véritable fratricide. Comme nous, vous êtes prolétaires ; comme nous, vous avez intérêt à ne plus laisser aux monarchistes conjurés le droit de boire votre sang comme ils boivent nos sueurs. Ce que vous avez fait le 18 mars, vous le ferez encore, et le peuple n’aura pas la douleur de combattre des hommes qu’il regarde comme des frères et qu’il voudrait voir s’asseoir avec lui au banquet civique de la Liberté et de l’Egalité. Venez à nous, frères, venez à nous ! nos bras vous sont ouverts ! 3 prairial an 79. Le Comité de Salut public, Ant. Arnaud, Billioray, E. Eudes, F. Gambon G ; Ranvier. ______________________________________________________ PROCLAMATION - COMITÉ CENTRAL (p 2163) Le Peuple de Paris aux soldats de Versailles Soldats de l’armée de Versailles, Nous sommes des pères de famille. Nous combattons pour empêcher nos enfants d’être un jour courbés, comme vous, sous le despotisme militaire. Vous serez un jour pères de famille. Si vous tirez sur le peuple aujourd’hui, vos fils vous maudiront, comme nous maudissons les soldats qui ont déchiré les entrailles du Peuple en Juin 1848 et décembre 1851. Il y a deux mois, au 18 mars, vos frères de l’armée de Paris, le cœur ulcéré contre les lâches qui ont vendu la France, ont fraternisé avec le Peuple : imitez-les. Soldats, nos enfants et nos frères, écoutez bien ceci, et que votre conscience décide : Lorsque la consigne est infâme, la désobéissance est un devoir. 4 prairial an 79. Le Comité Central
- 7 - AUGUSTE BLANQUI – L'ÉTERNITÉ PAR LES ASTRES
Une méthode bifurcatrice, ainsi que la dimension d'une histoire contrefactuelle, sont à l'œuvre dans un texte du grand absent de la Commune, dont Marx écrivit qu'il était la tête qui lui avait manqué1, Auguste Blanqui. Arrêté par Adolphe Thiers, alors chef de l'état et du gouvernement, la veille du déclenchement de la Commune le 17 mars 1871, pour sa participation à l'émeute du 31 octobre 1870, incarcéré au fort du Taureau de Morlaix, il y commence la rédaction d'une « hypothèse astronomique » intitulée « L'éternité par les astres »2. Ce texte, écrit Jean-François Hamel dans son superbe essai, « Rien de nouveau sous les soleils - Répétition et origine de l’histoire dans « L’Eternité par les astres » de Blanqui »3, est « à la source de certaines des métaphores les plus obsédantes du XXème siècle, le temps comme jardin aux sentiers qui, incessamment, bifurquent chez [Jorge Luis Borges4], l’Histoire comme catastrophe et amoncellement interminable de ruines chez [Walter Benjamin5] ». Le texte de Blanqui contient les accents uchroniques dont s'inspirera Borges dans Le jardin aux sentiers qui bifurquent6 par exemple, impliquant la coexistence, simultanée ou non, de tous les possibles. Blanqui tente de démontrer la répétition incessante de l'univers qui, pourvu d'un nombre limité de corps simples sur notre planète - il en énumère 64 au début de son texte - est condamné à les répéter à l'infini pour peupler l’infini de l’univers : des terres-sosies existent à l’infini, peuplées par des infinités d’êtres-sosies qui accomplissent tous les possibles, à chaque instant, qui nous sont offerts de réaliser. Blanqui estime qu’ « avec un plan si monotone [rien à construire que des systèmes stellaires] et des éléments si peu variés, il n’est pas facile d’enfanter des combinaisons différentes, qui suffisent à peupler l’infini. Le recours aux répétitions devient indispensable7 ». Pas un caillou, pas un arbre, pas un ruisseau, pas un animal, pas un homme, pas un incident qui n’ait trouvé sa place et sa minute dans le duplicata. C’est une véritable terre-sosie... jusqu’à aujourd’hui du moins. Car demain, les événements et les hommes poursuivront leur marche. Désormais, c’est pour nous l’inconnu. L’avenir de notre terre, comme son passé, changera des millions de fois de route. Le passé est un fait accompli; c’est le nôtre. L’avenir sera clos seulement à la mort du globe. D’ici là, chaque seconde amènera sa bifurcation, le chemin qu’on prendra, celui qu’on aurait pu prendre. Quel qu’il soit, celui qui doit compléter l’existence propre de la planète jusqu’à son dernier jour, a été parcouru déjà des milliards de fois. Il ne sera qu’une copie imprimée d’avance par les siècles8. De ces infinies bifurcations au sein des « terres-sosies » s’ensuit une répétition constante des événements historiques dans l’infini, parfois absolument identiques, parfois revêtus d’infimes différences, empruntant d'infimes bifurcations, qui entraînent des conséquences importantes : les Anglais perdant Waterloo, Bonaparte perdant Marengo, des échanges de victoires et de défaites dans des mondes qui ne peuvent coexister et qui pourtant coexistent. Le meurtre de César se reproduit éternellement, sans qu'il sache qu'il est déjà advenu une infinité de fois et qu’il adviendra encore. Les histoires des différentes terres ne coïncident pas en chacun de leurs points, ne suivent pas le même rythme, chacun de leurs événements est contemporain de tous les autres par l’intermédiaire des terres-sosies où ils adviennent à tout instant de l’infini temporel. Cette construction propose donc la coexistence dans le temps de mondes incompossibles, dont les histoires se juxtaposent avec des variations infinies de rythme, et amène à penser la présence parallèle de chacun des instants du passé et de l’avenir9. Chaque événement n'est pour Blanqui que la répétition d'une possibilité de l'histoire, histoire dont il récuse tout avènement originel et tout achèvement, toute origine temporelle et toute téléologie, ainsi que toute direction du temps autre que le retour de l'événement lui-même. Les passions humaines, qui ne sont pas pour lui soustraites à la loi de la répétition générale, permettent cependant de laisser l'avenir ouvert aux mondes possibles. Ainsi, par la grâce de sa planète, chaque homme possède dans l’étendue un nombre sans fin de doublures qui vivent sa vie, absolument telle qu’il la vit lui-même. Il est infini et éternel dans la personne d’autres lui-même, non- seulement de son âge actuel, mais de tous ses âges. Il a simultanément, par milliards, à chaque seconde présente, des sosies qui naissent, d’autres qui meurent, d’autres dont l’âge s’échelonne, de seconde en seconde, depuis sa naissance jusqu’à sa mort. Walter Benjamin écrira : " Blanqui qui, au seuil de la mort, sait que le Fort du Taureau est sa dernière prison, [...] écrit ce livre pour se donner de nouvelles portes de cachot". La vision cosmique du monde que Blanqui expose en empruntant ses données à la physique mécaniste de la société bourgeoise, est une vision d’enfer. C’est en même temps un complément à la société dont Blanqui au soir de sa vie avait dû reconnaître la victoire. L’aspect bouleversant de cette ébauche est qu’elle est totalement dépourvue d’ironie. C’est une soumission sans réserve et, en même temps, c’est le réquisitoire le plus terrible qui puisse être prononcé à l’encontre d’une société qui projette dans le ciel cette image cosmique d’elle-même. Le texte, qui est, quant à la langue, d’un relief très marqué, entretient les relations les plus remarquables autant avec Baudelaire qu’avec Nietzsche10. Jorge Luis Borges écrira dans son « Histoire de l'éternité », qui recense les doctrines de l'éternel retour, que « celle de Blanqui est la mieux raisonnée et la plus complexe », en s'étonnant qu' « il crible de mondes analogues et dissemblables, non seulement le temps mais aussi l'espace interminable »11... Mais n’est-ce point une consolation de se savoir constamment, sur des milliards de terres, en compagnie des personnes aimées qui ne sont plus aujourd’hui pour nous qu’un souvenir ? En est-ce une autre, en revanche, de penser qu’on a goûté et qu’on goûtera éternellement ce bonheur, sous la figure d’un sosie, de milliards de sosies ? C’est pourtant bien nous. Pour beaucoup de petits esprits, ces félicités par substitution manquent un peu d’ivresse. Ils préféreraient à tous les duplicata de l’infini trois ou quatre années de supplément dans l’édition courante. On est âpre au cramponnement, dans notre siècle de désillusions et de scepticisme12. Les propositions contrefactuelles de Blanqui et de Morris13 permettent de se hausser sur les épaules de la Commune14 avec les yeux de leurs imaginaires, autorisant de nouveaux outils à la construction du projet. 7 - AUGUSTE BLANQUI – L'ÉTERNITÉ PAR LES ASTRES Texte précédent Texte suivant Une méthode bifurcatrice, ainsi que la dimension d'une histoire contrefactuelle, sont à l'œuvre dans un texte du grand absent de la Commune, dont Marx écrivit qu'il était la tête qui lui avait manqué1, Auguste Blanqui. Arrêté par Adolphe Thiers, alors chef de l'état et du gouvernement, la veille du déclenchement de la Commune le 17 mars 1871, pour sa participation à l'émeute du 31 octobre 1870, incarcéré au fort du Taureau de Morlaix, il y commence la rédaction d'une « hypothèse astronomique » intitulée « L'éternité par les astres »2. Ce texte, écrit Jean-François Hamel dans son superbe essai, « Rien de nouveau sous les soleils - Répétition et origine de l’histoire dans « L’Eternité par les astres » de Blanqui »3, est « à la source de certaines des métaphores les plus obsédantes du XXème siècle, le temps comme jardin aux sentiers qui, incessamment, bifurquent chez [Jorge Luis Borges4], l’Histoire comme catastrophe et amoncellement interminable de ruines chez [Walter Benjamin5] ». Le texte de Blanqui contient les accents uchroniques dont s'inspirera Borges dans Le jardin aux sentiers qui bifurquent6 par exemple, impliquant la coexistence, simultanée ou non, de tous les possibles. Blanqui tente de démontrer la répétition incessante de l'univers qui, pourvu d'un nombre limité de corps simples sur notre planète - il en énumère 64 au début de son texte - est condamné à les répéter à l'infini pour peupler l’infini de l’univers : des terres-sosies existent à l’infini, peuplées par des infinités d’êtres-sosies qui accomplissent tous les possibles, à chaque instant, qui nous sont offerts de réaliser. Blanqui estime qu’ « avec un plan si monotone [rien à construire que des systèmes stellaires] et des éléments si peu variés, il n’est pas facile d’enfanter des combinaisons différentes, qui suffisent à peupler l’infini. Le recours aux répétitions devient indispensable7 ». Pas un caillou, pas un arbre, pas un ruisseau, pas un animal, pas un homme, pas un incident qui n’ait trouvé sa place et sa minute dans le duplicata. C’est une véritable terre-sosie... jusqu’à aujourd’hui du moins. Car demain, les événements et les hommes poursuivront leur marche. Désormais, c’est pour nous l’inconnu. L’avenir de notre terre, comme son passé, changera des millions de fois de route. Le passé est un fait accompli; c’est le nôtre. L’avenir sera clos seulement à la mort du globe. D’ici là, chaque seconde amènera sa bifurcation, le chemin qu’on prendra, celui qu’on aurait pu prendre. Quel qu’il soit, celui qui doit compléter l’existence propre de la planète jusqu’à son dernier jour, a été parcouru déjà des milliards de fois. Il ne sera qu’une copie imprimée d’avance par les siècles8. De ces infinies bifurcations au sein des « terres-sosies » s’ensuit une répétition constante des événements historiques dans l’infini, parfois absolument identiques, parfois revêtus d’infimes différences, empruntant d'infimes bifurcations, qui entraînent des conséquences importantes : les Anglais perdant Waterloo, Bonaparte perdant Marengo, des échanges de victoires et de défaites dans des mondes qui ne peuvent coexister et qui pourtant coexistent. Le meurtre de César se reproduit éternellement, sans qu'il sache qu'il est déjà advenu une infinité de fois et qu’il adviendra encore. Les histoires des différentes terres ne coïncident pas en chacun de leurs points, ne suivent pas le même rythme, chacun de leurs événements est contemporain de tous les autres par l’intermédiaire des terres-sosies où ils adviennent à tout instant de l’infini temporel. Cette construction propose donc la coexistence dans le temps de mondes incompossibles, dont les histoires se juxtaposent avec des variations infinies de rythme, et amène à penser la présence parallèle de chacun des instants du passé et de l’avenir9. Chaque événement n'est pour Blanqui que la répétition d'une possibilité de l'histoire, histoire dont il récuse tout avènement originel et tout achèvement, toute origine temporelle et toute téléologie, ainsi que toute direction du temps autre que le retour de l'événement lui-même. Les passions humaines, qui ne sont pas pour lui soustraites à la loi de la répétition générale, permettent cependant de laisser l'avenir ouvert aux mondes possibles. Ainsi, par la grâce de sa planète, chaque homme possède dans l’étendue un nombre sans fin de doublures qui vivent sa vie, absolument telle qu’il la vit lui-même. Il est infini et éternel dans la personne d’autres lui-même, non- seulement de son âge actuel, mais de tous ses âges. Il a simultanément, par milliards, à chaque seconde présente, des sosies qui naissent, d’autres qui meurent, d’autres dont l’âge s’échelonne, de seconde en seconde, depuis sa naissance jusqu’à sa mort. Walter Benjamin écrira : " Blanqui qui, au seuil de la mort, sait que le Fort du Taureau est sa dernière prison, [...] écrit ce livre pour se donner de nouvelles portes de cachot". La vision cosmique du monde que Blanqui expose en empruntant ses données à la physique mécaniste de la société bourgeoise, est une vision d’enfer. C’est en même temps un complément à la société dont Blanqui au soir de sa vie avait dû reconnaître la victoire. L’aspect bouleversant de cette ébauche est qu’elle est totalement dépourvue d’ironie. C’est une soumission sans réserve et, en même temps, c’est le réquisitoire le plus terrible qui puisse être prononcé à l’encontre d’une société qui projette dans le ciel cette image cosmique d’elle-même. Le texte, qui est, quant à la langue, d’un relief très marqué, entretient les relations les plus remarquables autant avec Baudelaire qu’avec Nietzsche10. Jorge Luis Borges écrira dans son « Histoire de l'éternité », qui recense les doctrines de l'éternel retour, que « celle de Blanqui est la mieux raisonnée et la plus complexe », en s'étonnant qu' « il crible de mondes analogues et dissemblables, non seulement le temps mais aussi l'espace interminable »11... Mais n’est-ce point une consolation de se savoir constamment, sur des milliards de terres, en compagnie des personnes aimées qui ne sont plus aujourd’hui pour nous qu’un souvenir ? En est-ce une autre, en revanche, de penser qu’on a goûté et qu’on goûtera éternellement ce bonheur, sous la figure d’un sosie, de milliards de sosies ? C’est pourtant bien nous. Pour beaucoup de petits esprits, ces félicités par substitution manquent un peu d’ivresse. Ils préféreraient à tous les duplicata de l’infini trois ou quatre années de supplément dans l’édition courante. On est âpre au cramponnement, dans notre siècle de désillusions et de scepticisme12. Les propositions contrefactuelles de Blanqui et de Morris13 permettent de se hausser sur les épaules de la Commune14 avec les yeux de leurs imaginaires, autorisant de nouveaux outils à la construction du projet. Texte précédent Texte suivant
- JOURNAL OFFICIEL - PARTIE NON OFFICIELLE - 9
Dimanche 9 avril 1871 JOURNAL OFFICIEL - PARTIE NON OFFICIELLE - 9 Next Next Dimanche 9 avril 1871 CRÉATION D'UNE COMMISSION DES BARRICADES (p537) Une commission des barricades, présidée par le commandant de place et composée des capitaines du génie, de deux membres de la Commune et d’un membre élu par chaque arrondissement, est instituée à partir du 9 avril, à une heure. Paris, le 8 avril 1871, le délégué à la guerre, E. Cluseret. DÉSORGANISATION VOLONTAIRE DE LA GARDE NATIONALE (p538) Depuis quelques jours, il règne une grande confusion dans certains arrondissements ; on dirait que des gens payés par Versailles prennent à tâche : 1° de fatiguer la garde nationale ; 2° de la désorganiser. On fait battre la générale pendant la nuit. On bat le rappel à tort et à travers. En sorte que personne ne sachant plus auquel entendre, on ne se dérange même plus, et cette puissante institution, cette armée, espoir et salut du peuple, est à la veille de sombrer sous son triomphe. Un tel état de choses ne saurait subsister plus longtemps. En conséquence, j’invite tous les bons citoyens à se pénétrer des instructions suivantes : La générale ne sera battue que sur mon ordre ou celui de la commission exécutive, et dans le cas seul de prise d’armes générale. Le rappel ne sera battu, dans les arrondissements que par ordre de la place, et pour la réunion d’un certain nombre de bataillons commandés pour un service spécial. Ce n’est pas tout : malgré mes ordres formels, une canonnade incessante diminue nos provisions, fatigue la population, irrite les esprits et amène d’un côté la fatigue, de l’autre la colère et la passion. En sorte que cette Révolution si grande, si belle et si pacifique, pourrait devenir violente, c’est-à-dire faible. Nous sommes forts ; restons calmes ! Cet état de choses est dû en parties à des chefs militaires trop jeunes et surtout faibles pour résister à la pression populaire. L’homme du devoir ne connaît que sa conscience et méprise la popularité. Je réitère l’ordre d’avoir à se tenir sur la plus stricte défensive, et à ne pas jouer le jeu de nos adversaires, en gaspillant et nos munitions et nos forces, et surtout la vie de ces grands citoyens, enfants du peuple, qui ont fait la Révolution actuelle. Quand le bruit aura cessé, que le calme de la rue aura passé dans les esprits, nous serons beaucoup plus aptes à perfectionner notre organisation, d’où dépend notre avenir. Paris, le 8 avril 1871, le délégué à la guerre, E. Cluseret HOMMAGE À MARGUERITE GAINDER (p541) Aux citoyens membres de la Commune de Paris. Citoyens, Les citoyens soussignés, appartenant au 66e bataillon de la garde nationale de Paris déclarent que Marguerite Gainder, épouse Lachaise, cantinière audit bataillon, demeurant rue Sedaine, 65, a, dans le combat du 3 courant, en avant de Meudon, tenu une conduite au-dessus de tout éloge et de la plus grande virilité en restant toute la journée sur le champ de bataille, malgré la moisson que faisait autour d’elle la mitraille, occupée à soigner et panser les nombreux blessés, en l’absence de tout service chirurgical. En foi de quoi, citoyens membres de la Commune, nous venons appeler votre attention sur ces actes, afin qu’il soit rendu justice au courage et au désintéressement de cette citoyenne, républicaine des plus accomplies. Salut et fraternité. AUTORITÉ MILITAIRE (p543) Mairie du Ve arrondissement Plusieurs bataillons éloignés de Paris peuvent ignorer encore le décret de la Commune qui concentre dans une seule main l’autorité militaire. Quelques délégués des bataillons ont pu intervenir dans les opérations de guerre en voie d’exécution. Il importe de leur répéter que leurs attributions ne leur donnent pas ce droit, dont l’exercice aurait, au point de vue de la discipline, les plus fâcheux résultats. C’est aux seuls ordres du ministère de la guerre ou de la place Vendôme, qui est son émanation, que les bataillons doivent désormais obéir. D. M. Régère. EXÉCUTION DES OFFICIERS AYANT REFUSÉ DE TIRER SUR LE PEUPLE (p545) L’affiche suivante a été posée hier sur les murs de Paris : L’infanterie de ligne à la population de Paris. Citoyens, Un conseil de guerre siégeant à Versailles vient de condamner à la peine de mort les officiers et sous-officiers de l’armée qui ont refusé de faire feu sur le peuple. Aux habitants de Paris de nous juger, et si nous sommes coupables, nos poitrines sont là pour répondre. Nous ne tomberons pas en lâches. Le capitaine d’infanterie délégué A. Pierre. Bonaventure, caporal, Philipot, Sergent. NOUVELLES ÉTRANGÈRES - SOUTIEN ANGLAIS À L'EXPOSITION UNIVERSELLE (p547) La commission royale de l’exposition universelle de 1871 s’est réunie hier à Marlborough House, sous la présidence du prince de galles, à l’effet d’aviser aux démarches qu’il y aurait à faire pour arriver à obtenir le concours de la France dans la prochaine exposition internationale, si toutefois la chose était possible dans les conjonctures actuelles. Le prince de Galles annonce que l’objet de la réunion est d’inviter les possesseurs d’œuvres d’art à présenter pour aider la commission française à compléter la section qui lui a été réservée à cette exposition par un prêt temporaire d’ouvrages de peinture et de sculpture, de meubles de salon et autres pièces importantes de travaux d’art appliqués à l’industrie. Le prince fait observer que dans les tristes circonstances où la récente guerre avait placé la France, cette demande pour obtenir le concours individuel devenait nécessaire. Les prêts que l’on arriverait à obtenir ainsi ne seraient que pour peu de temps, et seraient utilisées en attendant que les commissaires de France, aient le temps d’en faire venir d’autres directement de leur pays. Mais au cas où les difficultés actuelles continueraient d’exister pour la durée tout entière de l’exposition. M. du Sommerard, commissaire général, au nom de la France, auprès de l’exposition internationale de 1871, fait observer que bien que les principaux artistes et manufacturiers de Paris fussent prêts et bien disposés à contribuer à l’exposition, il était toutefois peu probable qu’en raison des obstacles qui s’opposaient, quant à présent, à la transmission des colis de Paris, il pût en arriver un assez grand nombre pour être placés assez à temps et figurer à l’ouverture de l’exposition. Il croit donc que dans de semblables conjonctures, il valait mieux faire appel aux prêts individuels. Tous les français qui se trouvaient présents à la réunion ont fait offre de service, en proposant les tableaux et autres objet d’art qu’ils ont en leur possession, en se chargeant en même temps d’inviter leurs amis à en faire autant et à concourir, par tous les moyens en leur pouvoir, à la réalisation du plan formé par la commission de Londres. NOUVELLES ÉTRANGÈRES - CESSION DU LUXEMBOURG À LA PRUSSE (p548) Grand-Duché de Luxembourg La nouvelle de la cession du Luxembourg à la Prusse prend chaque jour plus de consistance. Nouvelle preuve du peu de respect des grandes puissances militaires du continent pour les engagements solennelles et pour le droit des gens, et que l’on méprise profondément les droits et l’opinion de l’Angleterre. L’affaire a été conduite secrètement entre deux ou au moins trois gouvernements, sans tenir compte des vues du reste. Il paraît probable que l’on s’était assuré d’avance de l’acquiescement de la Russie. Il paraîtrait que l’arrangement aurait été communiqué aux gouvernements de l’Angleterre et de l’Autriche qui auraient aussi donné leur assentiment sans se préoccuper des vœux de leurs populations. NOUVELLES ÉTRANGÈRES – SOUTIEN DE L'AMIRAUTÉ ANGLAISE AU PAPE (p549) Le vice-amiral Yelverton a rendu visite au pape, qui a été d’une extrême affabilité ; il a été enchanté de la visite du vice-amiral, et surtout de son assurance que l’escadre anglaise de la Méditerranée sera toujours à la disposition de Sa Sainteté en cas d’éventualités. Il est assez curieux de voir un gouvernement protestant mettre ses escadres au service d’un pape catholique. PROTESTATION DE M. DUPONT DE BUSSAC M. Dupont de Bussac a adressé à la Patrie la lettre suivante : À M. le rédacteur en chef de la Patrie Monsieur, Vous avez publié, d’après le journal la Vérité, le projet d’une singulière combinaison ministérielle, où M. Thiers et les députés bien pensants de Paris auraient mêlé mon nom à ceux d’hommes politiques avec lesquels j’ai toujours été et suis plus que jamais en hostilité. Je proteste contre un rapprochement que je regarde comme une mauvaise plaisanterie et presque comme un outrage à tout mon passé. Agréez mes civilités. DUPONT (de Bussac), ancien représentant du peuple en 1848-51, proscrit de décembre. 21 mars 22 mars 23 mars 24 mars


