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- 3f-Salle Jeu Paris brulee | Auluxecommunal
SALLE DU JEU DE PARIS-BRÛLÉ LA PÉTROLEUSE ET L'HOMME D'AFFAIRE Les deux protagonistes sont Eulalie Papavoine, communarde accusée d'être une pétroleuse, et Thomas Cook, qui organisa des visites touristiques dans les ruines de Paris après la semaine sanglante. Bouton Jeu Paris Brulé JEU DE PARIS-BRÛLÉ >> Salle pétroleuses LES FALSIFICATIONS DU GÉNÉRAL APPERT >>
- Statistiques républicaines | Auluxecommunal
STATISTIQUES RÉPUBLICAINES Les chapeaux ayant quitté la tête de leurs propriétaires en un mouvement ascensionnel d'enthousiasme, place de l'Hotel de Ville, le 28 mars 1871, jour de la Proclamation de la Commune de Paris sont recensés : 2493 Selon le Comité central 1873 Selon le Comité de vigilance du IVème arrondissement 2364 Selon l'Union des femmes 7 Selon la police versaillaise 1984 Selon le Club des prolétaires 0 Selon Maxime du Camp Ils seront réquisitionnés en plein vol, puis multipliés en grand nombre grâce à la machine électrique de Tesla. Le destin de cette production innombrable est en cours de négociations... (voir "L'illusionniste" de Neil Burger, 2006) Nikola Tesla dans son laboratoire de Colorado Springs, avec son "Transmetteur amplifiant", modifié pour les besoins de la cause républicaine.
- Boussole pasilalinique | Auluxecommunal
LA BOUSSOLE PASILALINIQUE SYMPATHIQUE Invention soutenue par Jules Allix COMMUNICATION UNIVERSELLE e t instantanée de la pensée, à quelque distance que ce soit, à l’aide d’un appareil portatif appelé Boussole pasilalinique sympathique, par MM. BENOÎT (de l’Hérault) et BIAT-CHRÉTIEN (Américain) Réalisé par IA à partir de l'article de Jules Allix La boussole pasilalinique sympathique, également connue comme le principe des « escargots sympathiques », est une méthode de télégraphie mise au point en 1850 par le français Jacques-Toussaint Benoît, fondée sur l'hypothèse que les escargots établissent un lien télépathique permanent entre eux. FONCTIONNEMENT La « boussole pasilalinique sympathique » est une méthode de télégraphie basée sur la capacité supposée des escargots à maintenir un contact sympathique après l'acte sexuel. Autrement dit, un escargot est capable de transmettre à toutes distances, par le biais d'un fluide identifié à une forme de magnétisme animal propagé par le sol, son état d'excitation au congénère avec qui il a sympathisé : c'est la « commotion escargotique ». L'appareil de Benoît ressemble à un grand compas de marine et s'apparente à une pile voltaïque non pas constituée de disques empilés, mais de 24 coupelles composées de zinc et de cuivre enserrant une couche de tissu imbibé de sulfate de cuivre, disposées en cercle sur une roue. Chaque coupelle est repérée par une lettre, contient un escargot collé et est montée sur un fin ressort censé révéler la réaction sympathique de son occupant. Grâce à deux de ces appareils contenant des escargots sympathiques correctement appariés, il est alors possible de transmettre des messages instantanément et sans support matériel en touchant un escargot et observant la réaction de son correspondant dans l'autre machine. En réalité, l'excitation des animaux dans leur coupelle était surtout due aux suintements de sulfate de cuivre. Ressource : https://fr.wikipedia.org/wiki/Boussole_pasilalinique_sympathique Jules Allix soutint fortement ce projet, et adressa un article fleuve, intitulé « Communication universelle et instantanée de la pensée », au journal La Presse , alors dirigé par Émile de Girardin. L'article a été publié dans les éditions des 25, 26 et 27 octobre 1850. Article La Presse >>
- 1g-Discussion Lisbonne/Cerf | Auluxecommunal
DIALOGUE MAXIME LISBONNE – MARCEL CERF Par CLAUDINE CERF d'après « Le D'Artagnan de la commune (Le colonel Maxime Lisbonne) » de Marcel Cerf, éd. Dittmar, 2014 Maxime Lisbonne : Je suis un saltimbanque ! Marcel Cerf : Saltimbanque avant la Commune, pendant la Commune, après la Commune !!! ML : Eh oui, saltimbanque je suis ! Saltimbanque je reste ! MC : Evidemment ! Une mère, modiste célèbre, créatrice de chapeaux, qui coiffe les plus grandes actrices du « boulevard du crime »… ML : …et, comme tu sais, un père juif, grand républicain… et peintre ! MC : Tous artistes en somme ! ML : Et tous sans préjugés ! C’est le combat contre l’ordre établi qui nous anime… et l’Art aussi. L’Art pour tous comme l’écrit ma camarade de bagne, mon amie, Louise Michel. MC : …Le théâtre, c’est Ta vie ML : Y compris le théâtre des opérations militaires ! MC : D’accord… Mais avant la Commune, tu étais la coqueluche du public… ML : Surtout féminin ! J’ai tout joué, tout monté, des pièces du répertoire romantique, des pièces populaires… Tout ! MC : Et, malheureusement, tu as même été directeur de théâtre ! ML : Pas doué pour la finance, tu me le rappelles subtilement, Marcel ! De toute façon, la guerre a tué tous mes projets. MC : Tu n’as pas changé de registre pourtant… ML : Non, tu le sais et tu m’as bien compris : saltimbanque je suis, saltimbanque je reste ! MC : Même quand tu es incorporé à la Garde nationale en 1870, pendant la guerre franco-prussienne, ta manière de refuser une récompense militaire méritée ne manque pas du panache, Maxime Lisbonne ! Et pourtant tu ne joues pas un rôle, tu n’es pas sur scène … ML : Je suis tout juste un saltimbanque sans emploi qui défend les principes républicains auxquels il croit. Normal, non ? MC : Et même vital ! Et c’est ça qui me fascine en toi, ton idéal de saltimbanque qui concilie l’art et le combat pour la justice sociale… Et encore, tu n’as pas vraiment commencé la grande aventure ! ML : Depuis le début du siège, je suis sur le pont, citoyen Marcel Cerf ! MC : C’est vrai, et membre du Comité central de la garde nationale fédérée du Xème arrondissement... ML : de Paris !!! Pas de rôle politique, je veux de l’AC-TION, uniquement de l’Action !!!!! MC : En effet, de l’action tu vas en avoir, citoyen Maxime Lisbonne ! ML : Le 18 mars, il fallait marcher sur Versailles, tout de suite. Il fallait occuper le Mont-Valérien immédiatement. Je l’ai dit, je l’ai redit… MC : …le Comité central s’est réveillé trop tard… Il y avait un traitre ….Tu l’avais compris avant tout le monde. La suite aurait pu être toute différente, j’en suis convaincu. ML : Il faudra que je m’essaie à un rôle de traître… J’ai vu comment ça marche ! MC : Tu es mauvais en affaires, Maxime Lisbonne, personne ne le nie, mais avoir refusé de te présenter, pour cette raison, aux élections de la Commune nouvellement proclamée, le 28 mars, c’est une erreur…. Tu étais très populaire… ML : Ce que j’aime, mon cher historien, tu le sais pourtant, c’est l’action… Pas les discussions à l’infini… indispensables, oui, mais ce n’est pas pour moi... Et puis imagine qu’on m’ait reproché la mauvaise gestion de mon théâtre... Tu vois un peu l’effet sur les citoyens : un représentant du peuple qui ne sait pas compter ! Un élu dangereux pour ses électeurs ! Non, pas ça !!! Saltimbanque je suis, saltimbanque je reste ! MC : Sauf que le 2 avril, les Versaillais bombardent Paris et le 3, c’est la riposte de la Commune ! Tu vas passer des planches aux pavés ! ML : Et comme tu le sais, j’ai la charge de transférer l’artillerie à la Porte Maillot et d’organiser les bataillons…. MC : Les Versaillais tirent… depuis le Mont- Valérien, en position dominante ! Tout ce que tu avais prévu, tout ce que tu redoutais ! La garde nationale est ébranlée, désorganisée ou même pas organisée du tout. ML : Ma première proposition d’organisation, je l’ai déposée avec Edouard Moreau, que tu connais très bien, Marcel, et dès le 19 mars ! Réponse : néant. A la suite de ce 3 avril, j’en dépose deux autres… MC : Victor Hugo le martelait déjà en 1848 : Il faut or-ga-ni-ser !... Tu parles ! Au moins, tu peux compter sur ton ordonnance, le tirailleur algérien ! ML : Mohamed ben Ali et moi, nous resterons soudés dans l’adversité. MC : Le Juif et l’Arabe, ensemble, pour la Commune !!! MC : Respect, Lisbonne ! Le délégué à la guerre, le général Cluseret, ne tarit pas d’éloges, sur ton courage… et il salue ta dégaine de saltimbanque. ML : Je ne me renierai jamais ! MC : Tu as raison et, du reste, les responsabilités vont pleuvoir. L’organisation des compagnies de marche n’est pas un mince exploit et je te le dis sincèrement Lisbonne, le comédien que tu es se révèle un organisateur hors du commun. L’organisation, tu as ça dans le sang ou quoi ? ML : J’ai pourtant enfreint les ordres ! MC: En effet, tu n’as pas suivi les instructions de Rossel, Maxime! ML: Il fallait que je commande des uniformes pour mes hommes... et vite, très vite! Le coup de feu contre les Versaillais n’atttend pas! Alors, passer par la voie hiérarchique... pas le temps! Je ne suis pas un militaire de métier, mon cher Marcel, je suis un artiste au combat ! MC : Je sais : « saltimbanque tu es, saltimbanque tu restes ». Ton amie Louise Michel, elle, se disait « artiste en Révolution ». Entre artistes combattants, vous vous compreniez bien, ça va de soi. ML : Mon chef d’état-major, Rossel ne m’en a jamais voulu d’avoir désobéi. MC : C’est vrai et je ne peux pas m’empêcher de relire, à haute voix, ce que Nathanaël Rossel, t’a dit, à toi, Lisbonne : « En révolution, il est toujours difficile quand on ne connaît pas les hommes ni leur passé politique, de leur laisser le champ libre. En dix jours, vous avez mis 15 bataillons en état d’aller combattre. Vous avez enfreint, il est vrai, mes ordres. Mais ce prompt résultat m’assure de votre dévouement à la cause que vous défendez. Bonne chance et au revoir ! » ML : Je suis passé par-dessus la voie hiérarchique, histoire d’aller plus vite. Il y avait urgence, c’est tout, sinon, j’aurais obéi aux ordres de Rossel. MC : Et tu as assuré la défense du Fort d’issy les Moulineaux avec Brunel… ML : …Rossel m’a nommé Colonel, colonel, moi, le théâtreux !!!!… MC : A la tête des corps-francs, de sacrés lascars venus de Paris ou de Montrouge…Pas des figurants de théâtre, des fidèles parmi les fidèles… Et c’est dur de se battre au milieu des rivalités et des ordres contradictoires, sans compter les espions et les fuyards…. ML : …et les tirs des Versaillais qui redoublent !… C’est drôle, tu vois, mais ça ne me fait pas peur. MC : Tu n’es pourtant pas sur une scène et comme le général la Cecilia est blessé, en plus, tu assures le commandement en chef, mais les ordres de Rossel sont dévoyés, mal suivis… Résultat : les Versaillais vont prendre le fort d’Ivry ! ML : Et Rossel, écoeuré, démissionne !!!... MC : C’est ça, comme dit Nathanaël, « Tout le monde délibère et personne n’obéit ». ML : Il a dit ça, c’est vrai. Je le respectais . MC : Et comment tu supportes le reste ? ML : Mal. Si le fort de Vanves tombe à son tour, c’est la faute d’officiers traîtres ou irresponsables du genre de… Oh et puis, non, ne retenons même pas leurs noms. MC : Mais tu les connais ? ML : Bien sûr. Et j’ai dit à Edouard Moreau, le « commissaire civil à la guerre », que j’aimais beaucoup, qu’on pouvait tenir à Vanves face aux Versaillais à condition d’avoir des troupes sérieuses. J’insiste sur Edouard Moreau parce que j’ai en tête que tu lui as rendu un sacré hommage… mérité !!! MC : Un amoureux des arts lui aussi... Je ne sais d’où te viennent tes connaissances en matière de guerre mais le fait est que tu es expert, sauf que seul contre l’apathie des états-majors, malgré tes plans réfléchis, tu ne peux rien ! ML : Des troupes indisciplinées, peu ou pas de munitions…. On est cuits ! Et les francs-tireurs, une fois de plus, jouent les artilleurs, ils sont magnifiques mais le matériel manque… Je ne peux plus rien. MC : Tu te mets très souvent en danger, tu grimpes sur les barricades, tu harangues les Versaillais… Tu oublies que tu n’es pas sur une scène ? ML : Je n’oublie pas, je fais mon boulot de Colonel. MC : Dans le XVème, après une reconnaissance dans la direction des tirs versaillais, un drame… ML : Un drame oui… et , pour moi, un drame personnel. MC : Mohamed ! ML : Oui, partis en reconnaissance, un de mes officiers… et mon cher Mohamed, ne reviendront pas. Les Versaillais bombardent à mort. MC : Partout les barricades surgissent. Rue Vavin, tu ne donnes pas l’ordre d’incendier la rue… L’incendie est un moyen défensif, certes, mais c’est un autre qui donnera l’ordre d’incendier, pas toi… Et tu te souviens du Panthéon ? ML : Oui, tout le quartier est en effervescence, ailleurs aussi, dans presque tout Paris, mais les Versaillais s’acharnent. MC : Paris brûle, plus de canons, pas assez d’hommes… ML : Nous nous défendons comme des lions… Je fonce ! MC : Tu ne peux pas t’empêcher de jouer… même avec la mort ! ML : Saltimbanque je suis, saltimbanque je reste ! MC : Au point de subjuguer Jean-Baptiste Clément… ML : Sur les dernières barricades, avant le coup de grâce ? MC : Oui. Il écrit qu’on te voyait t’offrant en cible aux balles, juché sur un cheval de labour, large comme un éléphant… ML : Tué d’un coup, sous moi ! C’est le quatrième ! MC : Tes hommes ont peur pour toi. ML : L’important, c’est de les protéger, eux ! Moi, je ne descends pas de cheval parce que c’est comme ça que mes hommes m’aiment ! MC : Et tu tombes en serrant contre toi l’obus que tu allais entreposer, avec les autres obus, dans une voiture à bras… ML : Un réflexe, c’est tout ! MC : Si tu l’avais lâché, tous les obus auraient éclaté en même temps. Le carnage !!!! ML : Mon cheval est crevé. Moi, je suis blessé à la cuisse ; c’est le début de la fin ! MC : C’est la semaine sanglante. Les Versaillais assassinent. Trop de blessés à la mairie du XXème qui sert d’hôpital. Tu attends… Tu te sens mourir. ML : Je demande qu’on remette mon écharpe de membre du Comité central à ma femme. C’est pour mon fils. Vive la République ! Vive la Commune ! MC : Même à l’agonie, quel panache ! Saltimbanque tu es, saltimbanque tu restes ! ML : Qui a dit que la parole d’un saltimbanque est incompatible avec la défense de nos droits, avec la liberté, avec la justice sociale… Personne ! MC : La Commune est terrassée. Les cadavres jonchent les rues… Thiers triomphe ! Avec ta jambe à moitié arrachée, Maxime, tu aboutis à l’hospice de Vincennes… ML : Et là, quel accueil !!! MC : Je l’ai dans l’oreille cette phrase de bienvenue : « Enlevez-moi cette charogne, et foutez-le ou vous pourrez ! » ML : La charogne que je suis crie de douleur quand on la jette dans un coin. MC : « Gueule, tu n’en as plus pour longtemps ». C’est ça que tu entends ! ML : La soeur Clotilde, qui fait les pansements, nous, les communards, on l’aime ! Il faut le dire, quand même. MC : Oui , il faut le dire… ML : Mais il y a tous les autres, celles et ceux qui viennent regarder les blessés comme s’l s’agissait de bêtes féroces. MC : Ça remplace le zoo ! Ça meurt de partout et dehors, on fusille !… Rossel… Ton Rossel. ML : Oui Rossel, fusillé !… Et plein d’autres. Ferré par exemple. Son frère, fou de douleur, me bombarde de projectiles divers… Je ne bouge pas… Je vis encore, moi ! A demi gangréné mais en vie. MC : Et tu t’en sors ! Et c’est le conseil de guerre ! Principal chef d’accusation : l’incendie de la rue Vavin !!!! En vérité, les Versaillais savent que tu n’en as pas donné l’ordre, mais il ignorent qui l’a fait… ML : Ils attendent encore, je ne dirai rien ! MC : Tu n’es ni un lâche, ni un délateur… Mais le responsable de l’incendie ne te sera jamais reconnaissant de ton silence… ML : Il est devenu célèbre… MC : et ingrat en proportion. On dit son nom ? ML : Non, et c’est trop tard… MC : Tous ceux que tu as sauvés sont pétris de trouille. Les faux-témoins et les mouchards, les muets, aveugles et sourds de circonstance, les oublieux opportunistes, tous ceux que tu as épargnés au cours des combats se recroquevillent et s’abstiennent de témoigner en ta faveur. La presse versaillaise te souille de ses crachats. ML : Je ne leur réserve même pas un glaviot, « J’ai été calomnié, traîné dans la boue par une presse vendue et sans pudeur. Certains écrivains se sont même permis de m’attaquer dans ma vie privée. Je les mets au défi de me fournir une seule preuve sur les faits qu’ils ont avancés. A ces calomniateurs de métier, je ne ferai même pas l’honneur d’une réplique. C’est par le mépris et avec la botte qu’on répond à de tels adversaires ». MC : Et les supérieurs du sergent – major Lafont, un Versaillais fait prisonnier par son frère communard - l’empêchent d’expliquer que tu l’as épargné, comme tu en as épargné tant d’autres. ML : ll aurait fallu être versaillais pour tuer sans scrupules. MC : Maxime, tu as épargné même un espion, infiltré dans vos rangs !!!! ML : S’il m’est arrivé de tuer, c’est par légitime défense. Point. N’en parlons plus. MC : On n’en parle plus… Et le 5 décembre 1871, Colonel Lisbonne… tu es condamné à mort. Rien que ça ! Tu te pourvoies en cassation. ML : 5 juin 1872, même sentence : je suis condamné à mort. Pourvoi en cassation rejeté. MC : Mais… ML : …Laisse-moi le dire : mais le 14 septembre 1872, la « commission des grâces » commue la peine de mort en travaux forcés à perpétuité. MC : Travaux forcés pour un infirme ! L’homme à la jambe coupée ! En route pour Toulon ! ML : Malgré mes béquilles, à la forge, on me rive le boulet du forçat. Pareil pour les voleurs et les assassins. On est mélangés aux pires bandits. On nous sert une soupe puante… Et pendant qu’on mange, on nous colle sur un trou pour faire nos besoins. Histoire de gagner du temps ! MC : Elle est belle notre civilisation ! Mais toi, tu ne peux pas t’empêcher de… jouer… Et la veille de l’embarquement pour la Nouvelle- Calédonie, tu gueules… ML : Nuance : je crie « vive la Commune ! » MC : Le Commissaire du bagne est loin, il entend tes cris… mais sans les comprendre. Tu racontes très bien l’événement, on imagine l’énergumène, bave aux lèvres, qui fond sur les condamnés. ML : Parfaitement, et j’ai dit, « c’est moi le coupable ! » et j’ai ajouté « j’ai crié de toutes mes forces ». Les autres sont médusés. Silence de mort. MC : Tu te sens sur une scène, tu joues… ML : Je joue à fond, oui, oui, et, imperturbable et pénétré de mes paroles, j’ajoute : « J’ai crié Vive monsieur le commissaire » ! Tête du type. Il est décontenancé. Personne ne bronche. « Foutez-moi le camp » qu’il répond. MC : Tu ne peux pas t’empêcher de jouer, même en plein danger. ML : Eh oui, saltimbanque, je suis, saltimbanque je reste ! MC : Ensuite, départ pour la Nouvelle-Calédonie. Traversée affreuse. ML : Passe, passe, c’est épouvantable… Et une fois sur place, guère mieux ! MC : Châtiments corporels, tortures sadiques, sévices divers et variés… Et pourtant, tu continues à jouer… Comme tu es infirme, tu ne peux pas être très utile… ML : Alors, j’ai une autre tâche : souffler dans une corne... et bien à l’heure… pour rassembler les condamnés au retour de leur besogne… MC : Et, une fois encore, tu ravis ton public ! Tu prends pour exécuter ta tâche une attitude théâtrale qui déride même les plus récalcitrants : les surveillants et leurs épouses par exemple ! ML : Saltimbanque je suis… MC : …saltimbanque tu restes, et comment ! C’est au camp de Tindu que tu rédiges tes souvenirs sur du papier aussi fin que du papier à cigarettes… Ces souvenirs exceptionnels, Le Pelletier, journaliste et historien de la Commune, communard comme toi, Lisbonne, Lepelletier, oui, les a eus en mains ces souvenirs… Et avant moi ! ML : Et… MC : c’est sa veuve, très âgée, qui me les a confiés. Elle a retourné toute sa maison de la Ferté-Alais, dans la région parisienne, pour les retrouver. Elle avait compris ma fébrilité et mon émotion. Elle t’a connu et elle t’aimait bien cette vieille dame charmante. Tu aurais dû lui parler de ta vie au bagne… Tu te souviens ? ML : Là-bas, il y a d’autres communards et pas des moindres, alors je m’emploie à les distraire de cette vie de forçat. MC : Incorrigible, tu crées le premier théâtre en terre canaque ! ML : Saltimbanque je suis… MC : Ah ! Epargne-moi la suite !!! Gaston da Costa, condamné avec toi, a su te rendre hommage, il sait que tu es un théâtreux mais aussi un chef militaire « brave jusqu’ à la témérité » et au bagne, un détenu « héroïque comme sur le champ de bataille ». Voilà ce qu’a dit da Costa, substitut de Raoul Rigault, procureur de la Commune. ML : Mon costume empanaché sur les barricades amuse tout le monde… MC : Alphonse Humbert, ton co-détenu au camp de Tindu, et qui était journaliste au Père Duchêne, est libéré avant toi ! Et toi, au bagne, toujours, tu écris… une pièce de théâtre bien sûr ! ML : Et, par lettre, je demande à Humbert de collaborer à l’écriture. MC : Et tu t’imagines, t’adressant à la foule des spectateurs : «Mesdames et messieurs, la pièce que nous avons eu l’honneur de représenter devant vous est de M. Alphonse Humbert… » ML : …et Maxime… MC : Maxime…. ML : Maxime du camp de Tindu !!! MC : Ah le jeu de mots magnifique et malicieux, quand on sait que Maxime du Camp est un adversaire farouche de la Commune !... Mais l’amnistie est enfin votée et en décembre 1880, tu rentres à Paris… après 8 ans de bagne ! ML : « Les huit années de tortures que j’ai endurées n’ont fait que rendre plus vif et plus entier mon dévouement à ta cause, Paris ! » MC : Tu es toujours prêt, Maxime, pour célébrer la Commune de Paris et les communeux ! ! ML : « Pardonner n’est pas possible, après les injures dont nous avons été abreuvés. Mais il est un sacrifice que, du moins, je saurai te faire, Paris : j’oublierai ! » MC : Et tu vas oublier, ou faire semblant, grâce au théâtre ! ML : Oui, le 29 avril 1882, place de la Chapelle, au théâtre des Bouffes du Nord, la première oeuvre que je monte, c’est Nadine, une pièce de mon amie, ma co- bagnarde, la citoyenne Louise Michel ! MC : Une réussite inoubliable ! La pièce est située en 1846 dans la république de Cracovie. Il y a des révoltes, des morts, des coups de théâtre, et tout le monde reconnaît la Commune derrière le soulèvement polonais. Les Communards - du moins les survivants - et tout le Paris littéraire font un accueil triomphal à Nadine. C’est un succès populaire comme il y en a peu… ML : Mais le pouvoir veille, tapi dans l’ombre… C’est la République, la troisième, mais une deuxième Commune, non, elle n’en veut pas ! MC : Certes, mais La Commune, même devenue polonaise, fait recette; les caisses du théâtre se remplissent… ML : …et Louise distribue tout à ses pauvres ! Normal. MC : Et quelle ambiance dans la salle et dans les couloirs après le spectacle ! Les discussions sont passionnées entre les vieux communards et les révolutionnaires en herbe. C’est enthousiasmant ! ML : C’est la vie retrouvée !!! La fièvre du théâtre et celle de la justice sociale font monter la température ! Et c’est dans mon théâtre que ça se passe… et avec Louise ! Tu vois comme j’ai eu raison de rester saltimbanque ! MC : Et tu ouvres ta maison à tout le monde, aux malheureux en priorité, bien sûr… et aux profiteurs aussi qui, en pagaille, puisent dans ta bourse. Ça ne rend pas ta chère Elisa très heureuse… ML : …Oui, c’est la seule chose qui m’attriste… Je lui impose toutes mes pitreries mais je ne sais pas faire autrement. MC : Alors revenons à ce qui te rend joyeux… et fier… Après Louise, Victor Hugo ! ML : Oui, aux Bouffes, toujours, si j’ai pu monter Hernani, c’est grâce à sa générosité, il m’a donné son accord tout de suite… MC : Tu crois que Louise est dans le coup ? Ils s’aiment bien tous les deux. ML : Il a été un peu tiède sur la Commune… MC : Disons, réservé… : « Je suis pour la Commune dans son principe… » ML (déclamant) : « …et contre la Commune dans son application ». Mais il accueille chez lui les communards proscrits quand il réside à Bruxelles… Malgré les injures et les jets de pierre, en pleine nuit ! MC : Lui qui déteste la violence, il est servi !… Il a écrit un beau poème sur cette agression nocturne... Bon, en tout cas, avec Hernani, tu te régales ! ML : Laisse-moi te raconter une histoire cocasse à propos d’un jeune acteur qui joue le même soir Hernani chez moi et une autre pièce au Théâtre français. Je suis monté sur scène et j’ai inventé un stratagème ébouriffant pour faire passer l’absence… provisoire… de mon comédien… Le temps qu’il passe d’un théâtre à l’autre… Succès grandiose ! MC : ... Et c’est l’amour qui t’a inspiré! Allez, détaille-nous un peu l’irruption de la comédie dans un drame romantique! Pauvre Hugo! ML : J’ai raconté, au public médusé, que deux de mes comédiens s’étaient battus sur la scène, pendant l’entracte, pour les beaux yeux de la plus belle de mes pensionnaires.... MC : ...Et l’un d’eux , supposé blessé... ML : ...mais légèrement!!!! MC : Ca vaut mieux pour la véracité du récit!!!! L’un d’eux, donc, le pseudo blessé, était censé recevoir des soins ... ML : ...Histoire de faire patienter le public ... Bref, quand mon jeune acteur est revenu au galop du théâtre français , ni vu ni connu, il a repris son rôle dans Hernani! Et hop, on a rouvert le rideau!!! Les spectateurs ont tout gobé et ils ont fait un triomphe au “blessé”... qui a dû jouer la suite de la pièce, le bras en écharpe, bien entendu! !!! MC : Ah! le sens du réalisme ! Tu es un sublime filou Maxime! ML : Que veux –tu, il faut que j’imagine, que je crée... Sans la scène, je me meurs… MC : Je sais, je sais, ton imagination n‘a pas de bornes ! Pourtant, le théâtre ne te suffit pas, tu tâtes du journalisme avec L’ami du peuple. Le saltimbanque reste un communard actif… ML : L’ami du peuple, c’est un journal qui, avant tout, veut rendre justice aux communards… « Le seul journal qui ose dire la vérité » !!!! Et qui veut réhabiliter Marat ! MC : …Et qui prêche l’union de toutes les tendances de la pensée socialiste… Un vœu pieux, les polémiques fratricides ne se calment pas au moment où tu diriges le journal… Ça viendra plus tard… ML : En attendant, je me veux en marge des partis… MC : On compte quand même une majorité de blanquistes parmi tes journalistes… ML : Ce sont mes amis ! MC : Et tu égratignes un peu les anarchistes ! ML : Juste un peu… Mais mon admiration pour Louise demeure intacte, son anarchisme à elle, il est sublime !!! MC : Tu as une plume magnifique, Maxime, aussi belle que celle qui orne parfois ton chapeau ! ML : Et je rejoins Louise dans la condamnation de la colonisation ! Au bagne, on était d’accord, elle et moi ! Pour revenir à mon Ami du peuple, il n’est pas distribué dans tous les kiosques. La presse bourgeoise m’asphyxie. MC : L’ami du peuple est condamné à disparaître… Il dérange… Comme toi ! ML : C’est sûr, mais il y a le théâtre !!! Toujours !!! J’ai des projets ! Mon théâtre ne crachera ni sur les communards ni sur les femmes ! MC : Il te manque juste de l’argent, Maxime pour avoir un théâtre à toi. L’argent, toujours l’argent…. Ça devient obsessionnel. ML : Et alors, j’inventerai autre chose ! Il faut oser… En 1871, j’ai osé la Commune, non ? MC : …On le sait tous, on t’a vu à l’œuvre, tes allures de mousquetaire sous les balles, ta bravoure de d’Artagnan n‘étaient pas des postures pendant la Commune ! Et maintenant, tu te tais… Le matamore se fait discret quand il faut mentionner ses actes de courage ! ML : Non, non, je vais oser ! Montmartre m’inspire… C’est là que la Commune a commencé, avec Louise et tous les autres. C’est le lieu du peuple révolté et des théâtreux survoltés. J’en suis ! MC : Je ne te lâche pas, alors… Et j’ai raison ! : à Montmartre, dans un baraquement en planches, le Colonel et ex-forçat de la Commune, Maxime Lisbonne, créée, en 1885, un cabaret-souvenir !... ML : …souvenir de mes huit ans passés au bagne en Nouvelle-Calédonie… Un peu moins drolatiques, il est vrai… MC : Ta Taverne du bagne est un succès ! Le public est averti : « l’espérance est bannie de ce lieu », et pourtant, on fait la queue dans la rue pour accéder au cabaret. Et toi, Maxime, de l’intérieur de la taverne, tu gueules : « Faites entrer une nouvelle fournée de condamnés !!! » Et lesdits condamnés se précipitent joyeusement dans l’antre maudit… ML : Le dimanche 6 décembre 1885, j’offre un grand déjeuner gratis aux malheureux du 18ème arrondissement de Paris ! ML : Certes, mais nous portons, à chaque rasade, des toasts à la « fraternité des peuples !!!! » MC : En effet, ça change tout !!!! Bon, de retour en France, tu retournes une nouvelle fois à tes amours… ML : Saltimbanque je suis MC : Et saltimbanque tu restes… Personne n’en doute. Tu montes avec enthousiasme la pièce du poète Clovis Hugues, Le sommeil de Danton… et c’est toi qui organises la tournée ! ML : Clovis Hugues est poète… et député socialiste ! MC : De Marseille ! La tournée n’est pas un succès mais à Marseille, oui, à Marseille, chez Clovis, ça marche du tonnerre de Dieu ! ML : C’est vrai, mais j’en ai ma claque des tournées, des salles à demi vides, des affrontements avec ma vedette, Nancy Vernet. Ça suffit, il y a mieux à faire ! MC : Comme, par exemple, jouer le rôle d’un certain… Maxime Lisbonne au café- concert !!! ML : La politique me démange, Marcel. C’est juste un détour. Je vais me présenter aux législatives ! MC : Oui, en 1889 ! De nombreux politiques sont impliqués dans les tripotages financiers et les dépenses pharaoniques liées au percement du canal de Panama…Le scandale t’inspire, en effet, et ta campagne de candidature, à Montmartre, ne manque pas de saveur ! ML : Tu as vu mes affiches ! Je me présente comme « député concussionnaire honnête » MC : Désopilant… Et comment fais-tu pour être à la fois honnête et malhonnête ? ML : C’est simple, « je prends l’engagement d’honneur de ne jamais trafiquer de mon mandat de député sans exiger des solliciteurs une somme… variable… selon la demande des intéressés ». MC : Ah ! Très convaincant ! Les Montmartrois rient beaucoup !!!! ML : « A la fin de chaque session, je convoquerai en réunion publique mes électeurs… » MC : Bien entendu !!!! ML : « Après avoir soumis à leurs examens mes livres de comptabilité, un dividende prélevé sur les opérations de concussion honnête leur sera donné ». MC : Et sur la même affiche, ton message au président de la République n’est pas mal non plus. Tu te fiches vraiment de sa tête ou quoi ? ML (pince-sans-rire) : Pas du tout : « Monsieur le Président, j’ai l’honneur de solliciter de votre bienveillance un envoi de… trois mille francs afin de pouvoir faire face à mon échéance de fin de mois ». MC : Mais Heureusement, tu le rassures… Enfin, pas longtemps… ML : « Peut-être un jour, serez-vous étonné de ma visite à la Présidence. Vous rapportant cette somme…. Je serai plus étonné que vous ! » MC : Quel superbe fou du roi tu fais, Maxime ! ML : Vive la République démocratique et sociale ! MC : Signé Maxime Lisbonne, ex-forçat de la Commune ML : Et toujours saltimbanque, et toujours communeux : il y a quelque chose que je ne peux pas tolérer, tu vois, c’est qu’on renvoie dos à dos Versaillais et Communards, c’est qu’on salisse les morts de la Commune, alors je crie, alors je gueule, même près de vingt ans plus tard, même en 1890 ! Et j’écris et je diffuse… MC : C’est la pièce de François Coppée, Le Pater, qui te rend enragé, je le sais. Coppée veut pourtant afficher de bons sentiments en montrant un « brave » garde-chiourme Versaillais tendant charitablement la main à un Fédéré… Sauf que le Fédéré est bien peu engageant…. ML : Tu sais comment je lui réponds au poète Coppée ? MC : Oui, justement, pas par des mots ! ML : Surtout pas ! Je lui réponds par des chiffres : Pertes des fédérés : - Au combat :10 425 - Mis à mort : 24 598 Total : 35 023 Pertes des Versaillais : 7 450 MC : Le bilan est sans appel. Je l’ai vérifié… autant qu’on le peut avec précision, évidemment… C’est parfois revu à la baisse mais ça ne change rien aux proportions. Quoi qu’il en soit, la charité mielleuse, la fraternité mensongère, tu ne les digères pas Maxime, et tu le fais savoir ! Et c’est glaçant. ML : Oui, et l’esprit de la Commune, je le ferai vivre jusqu’à la fin… Mais ça ne va pas m’empêcher de créer de nouvelles boîtes ! MC : Tu te produis un peu partout, tu es célèbre, désormais, Maxime, comme « artiste de café-concert ». ML : Oui, c’est comme ça qu’on dit ! Tu as noté le menu du Casino des concierges, rue Pigalle ? C’est ma création ! MC : Ah tout à fait, et ton menu panamiste ne manque pas de corps. Un vrai régal populaire ! Pas la peine de rappeler le scandale financier du canal de Panama, tout le monde l’a à l’esprit ! On mange donc panamiste chez Lisbonne ! ML : Et je donne quoi dans l’assiette panamiste ? Tu peux me le dire ? Tu y as goûté ? MC : Oui, oui, quasiment ! … Ça cale comme il faut : bouillon, boeuf bouilli, fromage… ML : Et une demi-bouteille de vin !... Pour la modeste somme de 1 franc ! MC : J’ai bien étudié ton public. Il est très hétéroclite : des snobs, des demi- mondaines, des journalistes, des artistes… et des truands… Les gens du milieu comme on dit ! ML : Et alors ? « Ce souper suffit aux consciences honnêtes ». Tu as lu la publicité ou pas ?! MC : Je sais, j’ai lu, bien sûr ! En tout cas, apparemment, on s’amuse bien au Casino des concierges, et tu as agrémenté ta revue d’un loto… Tu soignes le peuple de Paris : on peut gagner un lapin ou une poule… bien vivants !... ML : Et un saucisson bien mort ! Enfin, bien mort le cochon ! MC : Mais pas mort ton goût de la farce ! Je savoure ta campagne académique quand tu rends visite aux Immortels en costume de général bolivien. ML : Et avec mon ami, le poète Achille le Roy ! MC : Les dignes membres de l’Institut de France n’apprécient pas toujours ton humour et tu te retrouves souvent au poste de police, Maxime, reconnais-le ! ML : Certes, mais accompagné en fanfare par des monômes d’étudiants qui, EUX apprécient ! Et puis mon costume de général bolivien me va comme un gant, non ? MC : Presque… Mais pas aussi bien que ton uniforme de colonel de la Commune ! ML : Ah Marcel, tu me connais mieux que moi-même je crois me connaître ! MC : Le communard est toujours vivant chez toi… Comme le saltimbanque… Octobre 1893 : une date à retenir ! ML : Je prends la direction d’un établissement rue des Martyrs. MC : Tu sais qu’il a été fondé par un anti-communard ? ML : Une bonne raison de nettoyer le lieu ! MC : Et ce lieu, c’est le Divan japonais ! Toulouse-Lautrec en fait l’affiche publicitaire juste avant ton arrivée !!! Une affiche très célèbre ! ML : Mais avec moi, le Divan japonais devient le Concert Lisbonne ! Et ça va déménager ! MC : Le 3 mars 1894, et il faut retenir cette date, tu crées Le coucher d’Yvette. C’est peut-être un hommage à la chanteuse Yvette Guilbert, qu’on devine sur l’affiche. C’est une sorte de pantomime lyrique en un acte et en musique, bien sûr…Mais c’est aussi, tout autre chose ! ML : Dis-le ! MC : C’est, réellement, le premier essai d’effeuillage dans un théâtre ouvert à tous. ML : Et J’ai mis le paquet sur la publicité ! MC : En vérité, on ne voit pas grand chose… Juste une jolie femme qui se déshabille - et, encore, pas complètement ! - pour se mettre au lit… Mais quel succès ! ML : Un triomphe tu veux dire ! Cent représentations ! MC : C’est un fait, la foule se précipite pour voir, quoi ? : la chemise d’une actrice et, partout dans Paris, on va assister à des spectacles du même acabit… C’est sûr, Maxime, tu as créé un genre nouveau : le strip-tease !!! ML : Mais ça va un temps… et j’ai envie d’autre chose… Tu l’as senti ? MC : Evidement que je l’ai senti ! Et évidemment que tu ouvres une nouvelle boîte ! ML : Je reviens au théâtre ! Saltimbanque je suis… MC : ...sauf que tu organises un gala... « au profit des huissiers » !!! Tu es sûr qu’ils ne comprennent pas que tu te paies leur tête ? ML : Il y en a un qui est venu chez moi… Evidemment, je croule sous les dettes… Je n’ai jamais su gérer… Quand j’ai de l’argent… MC : ...tu le dépenses… Et quand le pauvre huissier se présente chez toi, donc ?… ML : ...donc… tu sais que j’ai un ami directeur de cirque? MC : Je sais…. donc ?… ML : Donc, je reçois le fameux huissier ! MC : Bien sûr que tu le reçois… sauf que tu n’es pas seul…. ML : Je suis rarement seul, Marcel, j’aime la compagnie… MC : Mais là, tu fais encore plus fort que d’habitude ! ML : Tu trouves ? MC : Et pour recevoir ce pauvre type… tu t’entoures… de six lions ! ML : Des vrais ! MC : Hélas, oui, des vrais, archi-vrais, prêtés par ton ami circassien ! ML : Il les avais bien nourris, avant… Une précaution élémentaire ! MC : Ils sont débonnaires, certes, la panse bien tendue, pleine à craquer… Mais tout de même, tu as vu la frayeur du malheureux bonhomme ?! ML : C’est un huissier, aucun sens de l’humour ! MC : Si tu veux… j’admets que tout le monde n’a pas ton panache, Maxime, et quand tu organises un bal à l’Elysée Montmartre, c’est grandiose ! ML : Ça te plaît, vraiment ? MC : Oui… Surtout quand, sur la fin de la soirée, tu invites tous les chiffonniers du quartier !!!! ML : C’est ça, le sens de la fête à Montmartre ! Ça donne envie de continuer à ouvrir des cabarets ! MC : Et tu ne t’en prives pas ! Mon préféré, c’est le Ministère des contributions directes et indirectes, en mars 1898, rue de la Rochefoucauld. Ma mère a habité dans cette rue, pas loin… Mais tu n’étais plus là…. ML : Tu as vu les invitations ? MC : Ah oui, sous forme de « sommations sans frais ». Tes malheurs financiers t’inspirent à mort ! Et tu es encore en forme; j’observe que tu prends part à la campagne électorale de mai 1898. ML : J’essaie d’en rire et d’en faire rire… de cette campagne… Mais bon, c’est fini pour moi. Je ne suis plus rien. MC : Mais on te reconnaît rue Pigalle où tu habites… ML : C’est surtout le boîteux qu’on reconnaît. MC : Tu exagères. Ecoute un peu ce qu’écrit sur toi ton ami Le Pelletier : « Lisbonne avait bravé bien souvent la mort. Il avait été relevé sanglant sur le champ de bataille et on lui avait coupé la jambe en le considérant sans doute comme un peu perdu. Il avait subi les souffrances morales de la transportation, aggravant les fatigues et les privations du bagne. Il était revenu pourtant, alerte encore, joyeux toujours, claudicant avec sa jambe articulée mais plein d’entrain et de bonne humeur, secouant ses longs cheveux sur ses épaules larges, allant poitrine en avant, défiant la misère, dédaignant les déboires, les soucis de l’existence, comme il avait nargué la fusillade, la prison, l’exil… » ML : On était des romantiques… avec Louise. MC : Les derniers utopistes… ML : Tu es venu à la Ferté-Alais, Marcel, tu as compris ma fin de vie… Montmartre est loin !!!! MC : Et Edouard Chenel, que j’ai connu bien plus tard, dans les années 1950, alors qu’il était le président, très âgé, de l’association des Amis de la Commune, Edouard Chenel te rencontre en 1901 chez ta belle-soeur, Mme Mourot, qui t’héberge. Tu n’as plus un sou vaillant… ML : Je n’ai jamais su compter ! Merci à elle et à Mme Chevallier qui tient la buvette. MC : Un brin bigote mais brave femme… Tu ne manques pas de la bousculer un peu avec tes plaisanteries…. et elles la font rire ! ML : Elle m’a réservé une petite pièce du café. J’y rencontre des amis… et tu sais de quoi on parle ? MC : de la Commune, bien sûr… et particulièrement de Louise. Tu l’admires plus que jamais, Louise ! ML : Tu sais bien que je l’ai toujours admirée, depuis le début, depuis le 18 mars. Elle me manque. Nous étions au bagne ensemble, souviens-toi. Bon, mais la fin approche. Je te laisse raconter, Marcel . MC : Lisbonne se lance dans une dernière tournée, dans les Ardennes... Une tournée de saltimbanque…. Mais il prend froid : congestion pulmonaire. Madame Lisbonne le soigne à la Ferté-Alais... Mais laisse-moi te parler : ton visage, désormais émacié et blafard, est toujours encadré de cheveux longs, tu portes toujours un grand foulard rouge autour du cou… Tu es toujours toi, Maxime… mais le 10 janvier 1905, on annonce la mort de Louise… Tu délires… ML : « Je veux mourir sur la première barricade élevée pour défendre la République. Je veux mourir en combattant « pour elle » ! MC : Qui « elle » ? : la Commune, la République, Louise ??? Les trois sans doute ! Maxime Lisbonne meurt le 25 mai, la même année que Louise Michel, l’« artiste en révolution » devenue anarchiste et franc-maçonne… Louise a tous les droits, Maxime les lui reconnaît… tous… et il n’a pas changé : saltimbanque il était, saltimbanque, il est resté… Tous les vieux communards, drapeaux rouges déployés, viennent lui rendre hommage le jour de son enterrement, le 27 mai 1905, à la Ferté-Alais. Mais c’est à Edouard Lepelletier, communard et historien de la Commune, de rappeler le rôle de Maxime Lisbonne… et son témoignage bouleverse bien des idées toutes faites, je le retranscris ici : « Si la Commune avait eu beaucoup de défenseurs comme Maxime Lisbonne, malgré les conditions d’infériorité de la lutte, le résultat final n’eût peut-être pas été le même. Si, surtout, au lieu de prendre pour chef le traître Lullier, c’eût été à ce brave qu’on eût confié la défense de Paris, la marche sur Versailles eût été commencée dès le 19 mars. Alors, le Mont-Valérien eût appuyé la colonne d’attaque du 4 avril et la bataille changeait de face. Le vaillant Lisbonne ne fut pas suffisamment apprécié et honoré de son vivant, surtout par les jeunes générations ignorantes. Ne l’ayant pas vu au combat, les révolutionnaires juvéniles voulurent rabaisser ou railler en lui le cabotin montmartrois qu’ils affectaient de connaître seulement[…] » Voix de Maxime Lisbonne, lointaine : Saltimbanque je suis, saltimbanque je reste. MC : C’est tout à ton honneur, Maxime, toi le fougueux d’Artagnan de la Commune !!! Vive le saltimbanque ! Claudine Cerf, Septembre 2022
- Musée Copies | Auluxecommunal
LE MUSÉE DES COPIES Le 19 février 1873, le journal satyrique lyonnais LA MASCARADE >> , en son numéro 207, rapporte l'imminente ouverture du Musée des copies : Grâce à l'intelligente initiative de Mgr Jules (1), — en politique, ministre de l'Instruction publique, — on sait qu'un musée, dit Musée des copies, doit s'ouvrir au public très prochainement. Le but du gouvernement et de Mgr Jules, - en religion, Frère Suisse, - est de réunir et de mettre sous les yeux, dans un même local, les copies des tableaux des grands maîtres disséminés, soit dans les départements, soit à l'étranger, soit dans des galeries particulières. Beaucoup de ces toiles sont déjà installées, et prêtes à recevoir la visite des amateurs. Un de nos correspondants parisiens veut bien nous donner la nomenclature de quelques unes de ces copies, dont les originaux sont pour la plupart à Versailles. (1) De son nom complet Jules-François-Simon Suisse, Jules Simon fut ministre de l'Instuction publique dans le Gouvernement Dufaure 1, de février 1871 à mai 1873. Le musée des copies >> Nomenclature rapportée dans cette page. Le "correspondant parisien" de La Mascarade ne fait nullement mention des artistes du musée des copies - Titien, de Vinci, Raphaël, Tintoret ou Rembrandt - dans sa "nomenclature", mais plutôt de sujets satiriques, de personnages issus du gouvernement qu'on retrouvera à Versailles... Adolphe Thiers, alors ministre de l’intérieur de Louis Philippe, et dont la collection d’oeuvres est constituée de nombreuses copies, évoque en 1832 (ou 1834) son intérêt pour la création d’un musée des copies. Charles Blanc, directeur des Beaux Arts de 1848 à 1852, puis de 1870 à 1873, partage avec lui cette idée. En avril 1873 a lieu l’inauguration du Musée au Palais de l'Industrie et des Beaux-arts (2) sur les Champs-Elysées, dont les neuf salles abritèrent 157 peintures à l’huile, copies grandeur nature des chefs-d’oeuvres des plus grands musée étrangers, ainsi que certaines fresques de Raphaël au Vatican. (2) Détruit en 1896 en prévision de l’exposition universelle de 1900, où il laissera place au Petit et au Grand Palais. Le Musée des copies de Charles Blanc a 4 objectifs principaux : > rationaliser le système d’envois des œuvres des prix de Rome (les artistes doivent, sur une idée de Colbert, réaliser une copie d’après une grande œuvre du passé) et venir en aide aux artistes qui pâtissent de la situation économique de la France après la guerre contre la Prusse ; > promouvoir la formation artistique des artistes eux-mêmes et du grand public ; > conserver l’image des grands chefs-d’œuvre de l’histoire de la peinture et assurer leur perennité; > promouvoir la peinture d’histoire. Mais le Musée des copies est un échec retentissant : Charles Blanc, conscient de la fragilité de sa position politique dépendant d’Adolphe Thiers à la présidence de la République, mène le projet avec une précipitation qui nuit à la qualité de son exécution. Le critique Delaborde évoque l’inégalité de la qualité des copies, les critiques de « médiocrité ou la pauvreté des résultats obtenus », et l’incomplétude du musée à son ouverture, à l’état de « commencement » : les envois des Prix de Rome ne suffisent pas à occuper toutes les salles du Musée, et il faut recruter des artistes moins renommés que ceux qui devaient légitimer le musée. Les monarchistes, inquiets des orientations républicaines de Thiers, le mettent en minorité à l’Assemblée nationale, et celui-ci donne sa démission le 24 mai 1873. Le musée ferme ses portes à peine 9 mois après son ouverture, fin 1873. Le nouveau directeur des Beaux Arts, Charles-Philippe, marquis de Chennevières-Pointel, propose dès le 31 décembre 1873 au nouveau ministre de l’Instruction publique, des cultes et des Beaux-Arts, Marie De Fourtou, la dispersion des œuvres entre l’école des Beaux Arts, des musées d’État et de province. BATAILLE DE MONTMIRAIL Toile d'un mérite transcendant. Au fond, à droite, de la fumée, beaucoup de fumée. Au fond, à gauche, de la fumée, beaucoup de fumée. Au premier plan, un canon et ses servants ordinaires. Derrière le canon, Thiers 1er penché pointe, la dextre étendue dans la direction de l'ennemi, tandis que le bras gauche est arrondi derrière le dos. A ses côtés, M. Guyot Montpeyroux porte une gargousse, M. Cochery, des lunettes de rechange et M. B. Saint Hilaire écrit sur un tambour. Image produite par IA, d'après la description THIERS SUR LE MONT SINAÏ Thiers apparaît dans un nuage, ceint de ses lunettes et porteur de tous ses ordres, au milieu des éclairs représentés par ses ministres. Il dicte le décalogue à la commission des Trente. Image produite par IA, d'après la description Bouton Bouton Bouton Bouton Bouton Bouton Bouton Bouton Le "correspondant parisien" de La Mascarade conclut son article : Les autres tableaux actuellement installés au Musée des copies offrent un intérêt moindre au visiteur et nous attendrons l'ouverture officielle pour en rendre compte à nos lecteurs.
- 1e-Debeurdinoir | Auluxecommunal
LE DÉBEURDINOIR Un beurdin (ou bredin), en Berry, est un simple d'esprit. Un débeurdinoir (ou débreudinoir) est un sarcophage qui permet, lorsqu'on introduit la tête à l'endroit prévu à cet effet, de débeurdiner un beurdin. Ce débeurdinoir spécifique est conçu pour les héritiers des versaillais qui persévèrent dans leurs entreprises de diffamation de la Commune, malgré l'histoire qui est passée par là. Il reste à intégrer les effets spéciaux de l'opération de débeurdinage qui devront, pour remplir leur mission, être spectaculaires. Descente vers le débeurdinoir sous l'estrade du café Débeurdinoir de St Menoux >>
- 2- Principales mesures | Auluxecommunal
DISTINCTIONS LOIS, DÉCRETS, ARRÊTÉS, CIRCULAIRES >> Le Journal Officiel, publié pendant la Commune de Paris, du 20 mars au 24 mai 1871 comporte 2187 pages, distribuées en deux parties complémentaires, organisées par journée : la partie officielle dans laquelle sont publiés décrets, arrêtés, ordres et proclamations des membres de la Commune, et une partie non officielle qui restitue des manifestes, des actualités de portées locale, nationale et internationale, des informations géographiques, politiques, géopolitiques, des rapports militaires, des billets d'humeur, les compte-rendus des débats contradictoires de la Commune, des informations versaillaises, mais aussi faits divers souvent surprenants. Cette partie ambitionne de restituer les différentes dimensions de la vie courante sous la Commune et s'applique à rendre compte chronologiquement, jour après jour, de sa vie politique et sociale : ses modes d'organisations, ses ambitions politiques et les contraintes militaires de la guerre civile qui la mènent parfois à les rabattre (liberté de la presse par exemple). La succession des décrets et des arrêtés donne une idée assez précise de la manière dont la Commune tentait de gérer parallèlement le quotidien aux niveaux administratif (famine, manque de travail, désorganisation des services publics par désertions de leurs officiers) et militaires (attaque des versaillais, début de la guerre civile, réponses aux exécutions versaillaises des prisonniers), sans jamais perdre de vue pour autant ses ambitions sociales et démocratiques. Les mesures ici décrites ont, pour certaines, été reprises au cours de la IIIème République, par ces mêmes Républicains qui ont commis le massacre fratricide de la semaine sanglante. On reconnaitra certaines des valeurs et principes sur lesquels fonctionne notre Vème République, on pleurera des mesures qui furent enterrées. On appréciera la part conquise par les femmes, mais dont le droit de vote n'était pas encore d'actualité en cette période agitée. On prendra en (haute) considération les innovations sociales, politiques et culturelles qui furent celles de la Commune, et sur la base desquelles nous avons lentement construit nos structures sociétales, dont on tente récurremment, avec une belle obstination, de nous défaire. PRINCIPALES MESURES PRISES PAR LA COMMUNE Liste des principales mesures prise par la Commune au cours des 72 jours de son activité, qui permettront d'en appréhender la richesse et l'innovation. Séparation de l’église et de l’état [1] Autonomie municipale Démocratie directe, avec mandat impératif aux élus, révocables à tout moment : « Les élus n’ont pas le droit de remplacer les électeurs ». Interdiction du cumul des mandats Égalité des salaires pour les institutrices et les instituteurs Interdiction de la pratique des retenues et amendes sur salaire Interdiction du travail de nuit dans les boulangeries Établissement d’un salaire minimum pour les ouvrier.e.s dans les cahiers des charges des commandes publiques [2] Suppression des placeurs, remplacés par des bureaux municipaux où se confrontent offres et demandes d’emploi. Plus de fonctionnaires professionnels, des citoyens rétribués à des salaires ouvriers Fixation d'un plafond pour les traitements des fonctionnaires, fixé à 6000 frs/an Le salaire des élus et de l’administration publique ne dépasse pas le salaire moyen d’un ouvrier. Gratuité des actes des officiers publics, notaires, commissaires-priseurs et huissiers, qui reçoivent un traitement de l’état Création d’un conseil consultatif des employés dans la perspective d’une participation des travailleurs à l’entreprise. Remise aux travailleurs des entreprises abandonnées par leurs propriétaires, gestion collective des ateliers Election et égal accès aux fonctions de justice, de police, de défense Abolition du serment politique et du serment professionnel Amnistie des condamnés politiques Interdiction et contrôle des arrestations arbitraires Egalité politique des femmes (mais pas le droit de vote) Tous les étrangers qui se mettent au service de la France démocratique sont considérés comme citoyens français Interdiction des jeux de hasard et de la prostitution Fermeture des maisons de tolérance Election des magistrats, gratuité et liberté de la défense Suppression du budget des cultes, appropriation par la Commune des biens des congrégations Moratoire des dettes et des loyers Pensions aux Gardes nationaux blessés Pensions aux familles des Gardes nationaux décédés Adoption par la Commune des familles de citoyens morts dans la lutte Légalisation des unions libres et du divorce Légitimation des enfants naturels Pension alimentaire à la femme plaidant en séparation Enseignement gratuit, laïque et obligatoire, pour garçons et filles pour le primaire et le secondaire [3] Enseignement intégral associant un enseignement intellectuel et un enseignement manuel [4]. Gratuité des fournitures scolaires Programmes d'enseignement pour les adultes Traitements des instituteurs et institutrices doublés. Ouverture d’une école professionnelle d’art industriel pour jeunes filles Reconnaissance du droit à la culture comme un droit de l’homme Rétablissement de la liberté de la presse (compromis pendant la guerre civile) Directeurs de théâtres remplacés par une direction associative Création de la Fédération des artistes Affirmation du Luxe Communal Abolition de la conscription Instauration du service militaire municipal obligatoire, armée remplacée par le peuple en arme, la Garde Nationale. Suppression du titre et des fonctions de général 1 - impliquant une liberté de croyance pour tou.te.s, telle aussi que les non-croyants ne paient pas d’impôts servant à rétribuer les ministres du culte ou à financer de nouveaux édifices 2 - afin que les patrons ne baissent les salaires des ouvriers pour emporter la commande. 3 - Ferry ne la rendra obligatoire que pour le primaire. 4 - Voir Fourier De l’éducation unitaire ou intégrale composée dans La théorie de l’unité universelle , 1823, et Education harmonienne dans le nouveau monde industriel et sociétaire, 1830. Voir aussi le Projet d’enseignement intégral de Bakounine de 1869
- Mercis | Auluxecommunal
Merci à Yannick Parra-Cabrolié pour la version professionnelle du projet graphique, à Nicolas Lainé-Soulier pour le pilotage financier et stratégique du projet, à Olivier Montoro pour le Teaser, à Natalia Buryka pour ses contributions à la conception du projet et ses dessins, à Alexandre Elazazi pour ses animations des personnages de la Commune qui habitent désormais le site, et pour leurs soutiens sans faille qui ont fait bondir le projet en avant. Ma reconnaissance communale à Jean Annequin, Claudine Cerf, Jean-Marie Favière, Aurélien Guitard, JiYoon Jang, Caroline Maigne, Sylvain Neveu, Michel Pinglaut pour leurs contributions, textuelles, visuelles et musicales. Merci à Jean-Pierre Theurier et Sylvie Pépino, et aux Amies et Amis de la Commune de Paris-1871 pour leurs relectures historiques, leurs soutiens critiques et leur bienveillance. Merci à Philippe Bonnin et Avel Guénin-Carlut, de l'attention qu'ils portent à toutes les étapes de l'évolution du projet, pour leurs conseils et soutiens critiques. Merci à Lucas Séguy, mon professeur de 3D, qui m'a guidée avec une patience infinie dans les méandres de Blender, et à Denis Coursol qui m'a prêté le café Théodore de Tredrez Loquemeau, Cotes d'Armor. Merci aux membres de l'association des Editions Masquées, qui contribuent vaillamment à porter le projet.
- Luxe Communal | Auluxecommunal
LE LUXE COMMUNAL (Qu'est-ce que) LE LUXE COMMUNAL (?) Archéologie et héritages Christiane Carlut, avril 2025. Le 13 avril 1871, environ un mois après le début de la Commune de Paris, sur l'invitation de Gustave Courbet, a lieu, à l'école de médecine de Paris, une réunion pour la création de la Fédération des artistes. Eugène Pottier ( 1 ) fait lecture d'un rapport à la suite d'une commission préparatoire qui s'est tenue la semaine précédente, dont la conclusion est la suivante : Enfin, par la parole, la plume, le crayon, par la reproduction populaire des chefs-d’œuvre, par l’image intelligente et moralisatrice qu’on peut répandre à profusion et afficher aux mairies des plus humbles communes de France, le comité concourra à notre régénération, à l’inauguration du luxe communal et aux splendeurs de l’avenir et à la République universelle. Commune de Paris, élection de la commission fédérale des artistes (1871-04-14). Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Fédération_des_artistes_de_Paris#/media/Fichier: Commune_de_Paris,_élection_de_la_commission_fédérale_des_artistes_(1871-04-14).jpg Comment le terme « luxe communal » est-il entendu, en 1871, par les participants à cette réunion ? La Fédération des artistes ne l'a pas inventé, deux mentions apparaissent dans la presse en 1863 et 1865, mais la Fédération n'en a pas précisé la définition. La notion de luxe est a priori radicalement opposée aux valeurs de la Commune de Paris : c'est un marqueur intemporel d’appartenance à une classe sociale « supérieure », de réussite, de richesse, de dépassement des contingences communes. Ici se heurtent des valeurs parfaitement contradictoires : le superflu vs le nécessaire, la rareté vs l’abondance, la cherté vs la gratuité, l’élitisme vs l’égalité. Aussi, le luxe communal a-t-il, dans le contexte de la Commune, un léger parfum d'oxymore... Pour saisir ses enjeux, dégager la réalité de son héritage sémantique en 1871 et éviter toute interprétation abusive, nous parcourrons ses antécédents historiques, à commencer par le jugement sur le luxe, dont la querelle fit rage au XVIIIème siècle, et qui marqua le passage de l'argument moral au raisonnement économique. Le XIXème siècle engendra lui un glissement sémantique, un élargissement du terme « luxe » : Saint-Simon, Fourier, Cabet et Godin vont revendiquer, chacun à leur manière, le luxe pour tous. Nous explorerons ensuite la notion de « luxe municipal » qui apparaît vers 1840, et celle de « somptuosité municipale », qui ont cohabité sémantiquement avec le « luxe communal » pour pratiquement se confondre. Enfin, nous explorerons les appropriations du luxe communal par ses héritiers - du XIXème siècle à aujourd'hui, de William Morris à VibriFeno - appropriations libérées des cadres du XIXème, intégrant et réinventant les promesses de la Fédération des artistes, et s'ouvrant aux élargissements artistiques, politiques et sociaux de leurs époques respectives. LE DÉBAT DU LUXE AU XVIIIème. La condamnation du luxe est récurrente dans l’histoire des idées politiques et morales ( 2 ) . Platon (Vème av. E.C.), Tertullien (IIème), Fénelon (XVIIème- XVIIIème), condamnaient le luxe qui corrompt les mœurs. L'économie politique, qui voit le jour au XVIIIème siècle, va remplacer, dans le jugement sur le luxe, le point de vue moral par le point de vue économique, dans une société dominée par le commerce et l'argent. Le luxe se déplace sur le terrain de son exploitation commerciale et s'impose progressivement, pour ses partisans, comme facteur de prospérité sociale : il participe à la circulation des richesses et à l'essor du commerce, et l'accroissement des richesses, comme la consommation des biens de luxe, sont revendiquées comme remèdes à la pauvreté, en procurant du travail aux pauvres ( 3 ) ... Les arts, dans ce contexte, constituent la part émérite du luxe. On va retrouver, avec des implications spécifiques, ces points de vue chez Montesquieu, Bernard Mandeville, Jean-François Melon et Voltaire : Montesquieu ( 4 ) pose que si l’on se contentait de fabriquer des produits nécessaires, l’État s’affaiblirait, les rapports humains se réduiraient à rien et tout le monde vivrait misérablement. Pour lui, ce sont les arts qui créent la valeur, notamment ceux qui renvoient au luxe et au superflu. Et « pour qu’un homme vive délicieusement, il faut que cent autres travaillent sans relâche »... Mandeville ( 5 ) : « Les vices des particuliers contribuaient à la félicité publique […] Le luxe fastueux occupait des millions de pauvres… L’envie et l’amour-propre, ministres de l’industrie, faisaient fleurir les arts et le commerce. Les extravagances dans le manger et dans la diversité des mets, la somptuosité dans les équipages et dans les ameublements, malgré leur ridicule, faisaient la meilleure partie du négoce. » Melon ( 6 ) : « Dans un pays où les hommes sont occupés à travailler la terre, à faire la guerre ou à produire des biens dans des manufactures, l’État aura tout intérêt à employer les inactifs à des ouvrages de luxe. Une telle occupation est plus saine et plus profitable que l’oisiveté. Elle permet de retenir les hommes sur le lieu de domination. » Voltaire ( 7 ) affirme que le luxe est un facteur de prospérité : « le luxe général est la marque infaillible d'un empire puissant et respectable ». Seul le luxe d'un homme opulent « fait vivre les pauvres ». A l'inverse de ces arguments qui posent implicitement l'inégalité au fondement de la société, Rousseau et Quesnay s'engagent dans la condamnation du luxe, par des arguments à la fois moraux et économiques : Rousseau ( 8 ) met en cause l'indifférence générale au sort des producteurs : « on évalue les hommes comme des troupeaux de bétail »; la futilité des empires qui entraîne la dissolution des moeurs et la corruption du goût : « Ceux qui nous guident sont les artistes, les grands, les riches ; et ce qui les guide eux-mêmes est leur intérêt ou leur vanité ». En outre, « Le luxe et le mauvais goût sont inséparables. Partout où le goût est dispendieux, il est faux. » Pour Quesnay ( 9 ) ( 10 ) , la France produit trop de biens de luxe, au détriment des produits agricoles qui constituent la véritable richesse d'un pays. « Depuis longtemps, les manufactures de luxe ont séduit la nation ; […] nous nous sommes livrés à une industrie qui nous était étrangère ; et on y a employé une multitude d’hommes dans le temps que le royaume se dépeuplait et que les campagnes devenaient désertes ». Les lois de l'économie politique exigent au contraire de produire des biens de première nécessité, puis d'« échanger les surplus contre des biens de luxe en provenance de l'étranger ». Les produits de luxe ont plongé les nations dans un désordre généralisé et de croissance limitée, car la consommation entretenue par le luxe « ne peut se soutenir que par l’opulence ; les hommes peu favorisés de la fortune ne peuvent s’y livrer qu’à leur préjudice et au désavantage de l’État ». Les polémiques sur le luxe vont accueillir, au cours du XIXème, une perspective alternative qui va élargir la notion et introduire le concept de « luxe pour tous. » Cependant, des auteurs comme Blanqui, Proudhon, Marx, Bakounine et Kropotkine ne s'engageront pas sur cette voie « élargie » du luxe, et fonderont les concepts de la critique sociale sur ses acceptions fondamentalement inégalitaires. ÉLARGISSEMENT DE LA NOTION DE LUXE AU XIXème. Saint-Simon ( 11 ) décrit en 1820 une nouvelle organisation sociale fondée sur la construction d'un système industriel et scientifique qui a pour but d'améliorer le sort de « la classe la plus nombreuse et la plus pauvre », en transformant les rapports sociaux au profit des droits de chacun : « Les circonstances actuelles sont favorables pour rendre le luxe national. Le luxe deviendra utile et moral quand ce sera la nation entière qui en jouira. » En 1829, Charles Fourier ( 12 ) pose le modèle d'une société de luxe et d’abondance fondée sur le développement libre de 12 passions qui régissent l’activité et le comportement des hommes, et annoncent l’avènement de l’harmonie universelle des humains entre eux et avec la nature. Le luxe (ou luxisme) y constitue une richesse collective, issue d'un travail collectif, source d'un accroissement général des richesses. Le luxe « interne » implique la vigueur corporelle et le raffinement des sens, et le luxe « externe » une richesse de vie, càd d'activités. L'éducation intégrale ( 13 ) , qui contribue au développement intellectuel et physique de l’enfant, et qu'on retrouvera aux fondements de la Commune, y tient une place majeure. Etienne Cabet ( 14 ) , en 1842, dépeint une République dans laquelle « nous nous sommes sagement imposé trois règles fondamentales : la première, que toutes nos jouissances soient autorisées par la loi ou le Peuple; la seconde, que l'agréable ne soit recherché que quand on a le nécessaire et l'utile; la troisième, qu'on n'admette d'autres plaisirs que ceux dont chaque Icarien peut jouir également. » Jean-Baptiste Godin , acquis depuis 1842 aux thèses fouriéristes, investit dans une implantation phalanstérienne au Texas, mais y perd une partie de sa fortune. En 1858, il créé son « Palais social », le familistère de Guise ( 15 ) , destiné aux ouvriers de son usine. Le « luxisme » de Fourier est remplacé par les « équivalents de richesse » : conditions confortables de logement, écoles avec pédagogie « attrayante » et « intégrale », cours du soir pour adultes, théâtre, bibliothèque, conférences sur la coopération et l’économie sociale, économat à prix peu élevés avec redistribution des bénéfices, création d'un système de protection sociale avec caisses de secours. Le familistère accueillera jusqu'à 1300 personnes. A partir de là, le « luxe pour tous » va essaimer, se répandre, et on le retrouvera à l'oeuvre avec le luxe communal et certains principes de la Fédération des artistes. Il est cependant nécessaire de prendre en compte les usages sémantiques de l'époque pour savoir ce que recouvre, en 1871, le luxe communal. Son apparition dans la presse va permettre de cadrer son sens. LUXE MUNICIPAL - LUXE COMMUNAL - SOMPTUOSITÉ MUNICIPALE Le luxe municipal – Avant l'apparition du « luxe communal » se tient le « luxe municipal » ( 16 ) , qu'on trouve dans la presse à partir de 1840 ( 17 ). Le luxe municipal renvoie à la politique culturelle et architecturale d'une municipalité : bâtiments, monuments, événements – expositions, théâtre, concerts etc. Les articles publiés se teintent souvent, à son égard, de nuances critiques : tentation, pour les édiles, « de se prendre pour des Auguste » ( 18 ) , d'utiliser l'argent public pour se tailler, aux frais de la municipalité, une renommée, et de « sacrifier à cette satisfaction puérile des intérêts infiniment plus respectables et des besoins plus pressants » ( 19 ) : détournement des ressources municipales, réceptions somptueuses des édiles aux frais des contribuables. Le luxe communal – Deux mentions, toujours dans la presse, du luxe communal ( 20 ) en 1863 et 1865. La première, de Jean-Édouard Horn ( 21 ) , identifie strictement le luxe communal au luxe municipal : « Les dépenses de luxe communal (théâtre, monuments, etc.), tendent partout à absorber une part de plus en plus large du budget : il est naturel et équitable que le luxe individuel en fasse les frais autant que possible ». La seconde mention est du journaliste et homme politique Emile de Girardin ( 22 ) : « Où serait le mal lorsque, sans aucune loi somptuaire et par l’unique influence de l’impôt ramené à l’unité et à l’équité, il y aurait à la fois moins de riches et moins de pauvres, moins de disproportion entre le château et la bauge ? […] Où serait le mal lorsque le luxe individuel tendrait à se restreindre et le luxe communal à s’étendre ? ». La somptuosité municipale - En 1866, le critique Philippe Burty, qui fut présent à la réunion de la Fédération des artistes le 13 avril 1871, utilise une terminologie alternative, la « somptuosité municipale » ( 23 ) : « Il est cependant regrettable que l'Édilité ait eu des arrière-pensées d'économie, là où la somptuosité municipale devait seule triompher. » Le dictionnaire La Chatre (1870) donne pour équivalents luxe et somptuosité. Ici, la « somptuosité municipale » renvoie à la signification du « luxe municipal ». LE LUXE COMMUNAL ET LA COMMUNE DE PARIS Le luxe communal a connu, ces dernières années, une certaine veine critique, et s'est retrouvé, dans un élan tout à fait vertueux, investi de valeurs dont il n'était pas vraiment porteur en 1871. Le « luxe communal », comme le « luxe municipal », ou la « somptuosité municipale » s'obstinent, dans les usages de 1871, à renvoyer aux dépenses (excessives ou non) des municipalités en termes d'architecture, de monuments et d'événements dans l'espace public. Sa mention dans le rapport de Pottier, le contexte de sa déclaration (la création de la Fédération des artistes) a certainement incité à le colorer des projets et des enjeux de la Fédération des artistes, qu'on pourra rassembler ainsi : art pour tous; émancipation par l’art; déhiérarchisation entre créateurs et producteurs, artistes et artisans, arts majeurs et arts mineurs; autonomie à l'égard de l'Etat; gestion par les artistes de leurs propres intérêts; coopération entre producteurs pour produire des objets beaux et de bonne qualité; importance de la notion de plaisir dans le travail; pédagogie attrayante et intégrale… Mais ce qui émane du rapport de Pottier est la généralisation du luxe communal – rappelons-le, la politique culturelle et architecturale d'une municipalité : bâtiments, monuments, événements (expositions, théâtre, concerts, etc.) -–, càd des politiques municipales favorisant et développant l'accès pour tou.te.s à l'art et à la culture dans l'espace public, dans toutes les communes, mêmes les plus petites. Je propose donc de laisser flotter le luxe communal dans son bassin historique de 1871, et de s'intéresser à son héritage qui, aujourd'hui, peut librement et légitimement s'enrichir des projets communards. LES HÉRITIERS On retrouvera, après la Commune et jusqu'à aujourd'hui, chez des artistes, des artisans, des mouvements artistiques ou architecturaux, des philosophes, économistes et sociologues, des références explicites ou non, à ce luxe communal, augmenté ou non, de grands principes de la Fédération des artistes de la Commune de Paris. C'est ici, dans ce moment d'héritage, que peut se jouer le renouveau du luxe communal. Sa concomitance à la création de la Fédération des artistes a eu tendance à l'enrichir de principes qui ne lui sont pas spécifiques dans le contexte historique de 1871. Mais ses héritiers ont désormais toute légimité de se l'approprier, de l'augmenter, de le réinventer, de s'en fabriquer un outil d'exploration de la pratique de l'art dans son articulation au social. Si l'on fait défiler la succession des artistes et mouvements artistiques qui renvoient aux principe majeur du luxe communal (l'art pour tous) et à ceux de la Fédération des artistes (déhiérarchisation artiste/artisan, arts majeurs/arts mineurs, arts intellectuels/arts techniques ; émancipation par l'art; liberté et indépendance de l'artiste; accès pour tous à des productions, œuvres et objets, artistiques de qualité; importance du plaisir dans le travail, etc...), nous verrons que les préceptes de la Fédération des artistes se sont insinués vigoureusement dans les racines du luxe communal d'aujourd'hui, en particulier dans les réflexions et pratiques d'un collectif d'artistes rennais, VibriFeno. - Le designer et écrivain britannique William Morris ( 24 ) , fondateur du mouvement Arts & Crafts, recuse la distinction entre arts majeurs et arts mineurs. II veut réhabiliter le travail manuel, rétablir l’union de la main et du cerveau qui, selon lui, caractérisait le Moyen Âge. Sa revendication d'un art pour tous conduit Morris à un engagement politique en faveur d'une société égalitaire qui pourrait le mettre en oeuvre. En 1877, il adhère à la cause socialiste, convaincu que « l'art ne peut avoir de vraie vie, de vraie croissance, dans les conditions actuelles de mercantilisme et de priorité au profit » ( 25 ) . Sa critique du capitalisme stigmatise « la réalisation de profits indépendants de la satisfaction des besoins humains ou de l'amélioration des conditions de vie, l'interchangeabilité de l'ouvrier dans la grande industrie, les compétences fragmentées et l'investissement personnel nié. L'industrialisme produit des biens de piètre qualité et sans autre utilité que de permettre l'accumulation des richesses pour les propriétaires des usines » ( 26 ). Au gaspillage, révélateur de la logique aberrante du capitalisme, doit succéder une forme de décroissance impliquant le rencentrage de la production autour des besoins fondamentaux. La société dont rêve Morris ( 27 ) ignorerait « la signification des mots riche et pauvre, le droit de propriété, les notions de loi, de légalité ou de nationalité : c’est une société libérée du poids d’un gouvernement ». Elle serait « fondée sur le partage plutôt que sur la concurrence, l'égalité plutôt que sur la domination, sur la beauté plutôt que sur l'artifice, sur la qualité plutôt que sur la profusion » ( 28 ) . Dans la lignée de l'écrivain et critique John Ruskin, il définit la beauté dans l'art comme le résultat du plaisir que l'homme éprouve dans son travail. - Le Bauhaus (la maison du bâtir) est une école d'architecture, d'art et de design créée en 1919 à Weimar par l'architecte et urbaniste Walter Gropius. Inspirée par William Morris et le mouvements Arts & Crafts, mais aussi par le modernisme et le constructivisme, elle veut : abolir les divisions entre les disciplines artistiques, artisanales, architecturales et industrielles; la construction d'une société démocratique par l'utilisation intelligente des ressources : contrôler les coûts, réduire les déchets et l'espace inutilisé; révolutionner l'habitat et injecter de l'art dans les objets du quotidien; marier l'art et la technique pour développer l'art pour tous; l'usage de la technologie pour produire des prototypes pour la consommation de masse ( 29 ) et permettre une production en série de faible coût, accessible au plus grand nombre; mettre en œuvre une esthétique simple et pure, à partir de formes géométriques d'un minimalisme prononcé; l'usage des matériaux bruts à l'état naturel (béton brut, acier, verre), qui n'ont pas à être dissimulés. Gropius entendait « créer une nouvelle guilde d'artisans, sans les distinctions de classe qui élèvent une barrière arrogante entre artisan et artiste ». A l'ouverture de l'école, Gropius veut accueillir un maximum d'élèves sans sélection préalable de sexe, d'âge ou de diplôme. Dans son manifeste, Gropius ( 30 ) annonce la vocation de l'école : « Architectes, sculpteurs, peintres ; nous devons tous revenir au travail artisanal, parce qu’il n'y a pas d'art professionnel. Il n’existe aucune différence essentielle entre l’artiste et l’artisan. […] Voulons, concevons et créons ensemble la nouvelle construction de l’avenir, qui embrassera tout en une seule forme : architecture, art plastique et peinture. » ( 31 ) Les projets artistiques et éducatifs de la Commune, de la Fédération des artistes, sont bien présents... Des mouvements comme Dada, la prolifique Agit-prop des années 20, Fluxus, seront développés ultérieurement. - VibriFeno , collectif rennais, est né en 2017, pendant la loi travail et le mouvement de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. Son manifeste « Par tous les moyens, même artistiques - Le luxe communal est notre programme » ( 32 ) revendique des savoirs-faire multiples mis au service de perspectives communales plutôt que du luxe propriétaire, la création collective dans l'espace public, la déhiérarchisation des pratiques, la transmission des savoir-faire, les invitations à l’essai, à la confiance mutuelle, à la critique collective, à l’excellence socialisée. Il refuse d'envisager un corps d'artistes séparé du monde social, et évoque la nécessité de repenser le luxe communal pour l'adapter au présent. VibriFeno écrit : « Ce qui distingue le luxe communal du luxe propriétaire c’est 1. son ouverture à celles et ceux « qui ne savent pas », 2. la transmission, en vertu de cette ouverture, des capacités techniques et pratiques de l’exigence commune et 3. l’accueil de possibles transformations des exigences portées par la grâce de ces nouvelles rencontres ». Pour un co-rédacteur du manifeste, « la question de savoir si le luxe communal a à voir avec l’art est une fausse question : ce qui importe c’est ce qu’on fait, c’est à l’époque de déterminer si c’est de l’art ou pas, mais ça ne change pas la texture de ce qu’on fait. Les deux choses sont distinguées, non parce qu’elles n’ont rien à voir, mais parce que ça permet d’abord de penser l’amélioration/l’enrichissement de l’existence du plus grand nombre, sans avoir à rentrer dans des débats d’artistes. Je pense par ailleurs, que certaines expériences de fastes religieux ou politiques peuvent — dans certains cas très circonscrits où ce faste n’est pas l’expression du pouvoir mais est approprié par la foule — donner de la matière à penser le luxe communal à partir d’autres expériences esthétiques que celle de l’art fait par des artistes » ( 33 ) . Le collectif VibriFeno a pour qualité majeure de penser l'action dans le même temps qu'il agit la pensée. Une interview est en projet, on trouvera son manifeste ici : https://lundi.am/Par-tous-les-moyens-meme-artistiques. Dans l'intervalle entre ces approches résolument ancrées sur le terrain artistique - celui des producteurs, de l'association du penser et du faire - et les suivantes, résolument théoriques (sociologiques et économiques), se tient, avec son « Eloge du carburateur », le philosophe américain Matthew Crawford ( 34 ) , qui revendique l'articulation entre une pratique purement théorique et une pratique purement manuelle, la réparation de motos. - La pensée techniciste a séparé le faire et le penser dans le travail, et l'a rendu totalement abstrait : les travailleurs ont perdu de vue l'utilité des produits ainsi que tout objectif de qualité, ils ne savent plus pour qui ni pourquoi ils travaillent. La production contemporaine, divisée en « conception » et en « exécution», dévalorise le travail et désincarne le travailleur. Aux antipodes de la logique capitaliste, Crawford fait l'éloge d'activités permettant la transformation du travail en actions autonomes, ayant en elles-mêmes leurs propres fins - la praxis ( 35 ) - et produisant de ce fait « de la satisfaction, de la qualité et un lien indéfectible avec une communauté, celle qui est précisément capable de juger de cette excellence ». « L'homme pense parce qu'il a des mains » dit Anaxagore ( 36 ) . Voici, enfin, trois auteurs qui relancent le débat sur le luxe, en renvoyant, par leurs intitulés, au luxe communal. Dans les deux premières approches (Lordon et Keucheyan), le communisme, élargi de la notion de luxe, s'attache à développer des objets de qualité, en modifiant leurs conditions de production. La troisième approche est plus.... surprenante. - Le philosophe et économiste Frédéric Lordon ( 37 ) , dans « Pour un communisme luxueux », explore la « garantie économique générale » (le salaire à vie) de Bernard Friot, qui permettrait d’affranchir les activités humaines des contraintes du capitalisme. L'effort constant de celui-ci de rémunérer le travail a minima génère des conditions de productivité qui vouent les marchandises à être mal faites, par des salariés maltraités et peu payés. Il s'agit de faire baisser le nombre des objets qui nous entourent et leur taux de renouvellement, et de donner la liberté aux producteurs de « faire les choses bien » et « de les faire belles ». Le « salaire à vie », qui distingue l’activité de sa rémunération, donne latitude aux gens de faire des choses qui seront autant de contributions à la vie sociale. C’est le désir des producteurs libres qui fait le communisme luxueux. - Le sociologue Razmig Keucheyan ( 38 ) revendique la mise en place d’un « Communisme du luxe », qui permettra de « rendre le luxe accessible à tous, non pas en démocratisant les produits les plus coûteux, mais en banalisant l’accès à des biens à la fois singuliers et beaux, et surtout irréductibles à une fonction d’utilité ». Il est question de « distinguer les besoins nécessaires de ceux qui sont superflus, et ce en vue de sortir de la prolifération des besoins artificiels créés par le capitalisme consumériste ». Il faut donc produire des biens « émancipés », caractérisés par leur robustesse, leur démontabilité, leur interopérabilité et leur capacité d'évolution. L'exemple qui suit est un ovni, qui vaut ici plus pour son intitulé, dans la suite de Lordon et Keucheyan, que pour quelque lien que ce soit au luxe communal. Il se doit cependant, pour information et réflexion, d'être mentionné. - Le journaliste et auteur britannique Aaron Bastani revendique le « Communisme de luxe entièrement automatisé » ( 39 ) . Il combine la pensée marxiste (la notion de commun où les services, alimentation, logement, santé, transport, seraient gratuits et extraits de la sphère du marché et du profit), et la notion de luxe (ce qui est hors de la sphère de la nécessité) articulés au développement d'une société de robots et de cerveaux artificiels permettant de remplacer la main d'œuvre humaine par des machines. L'épuisement des ressources terrestres serait réglé par l'exploitation des ressources minérales des astéroïdes du système solaire, l'alimentation par des manipulations génétiques, et la maladie par la séquençage du génome humain. Nous laisserons aux lecteurs et aux lectrices le soin de se positionner par rapport à cette proposition... CONCLUSI ON – ÉCUEILS ET OUVERTURES - REDÉFINITION DES VALEURS. Le Luxe communal, libéré de ses acceptions sémantiques de 1871, se faufile dans de nouveaux enjeux artistiques, sociaux, économiques et politiques et peut désormais librement s'augmenter des grands principes de la Fédération des artistes. L'exigence d'accès à des produits, objets, oeuvres de qualité pour tous semble, pour ses héritiers, en constituer a minima la dimension commune. D ans une société où l'art fait désormais l'objet de spéculation, devient un investissement, un « actif financier », le luxe communal élargi se pose en impératif. Morris et Gropius avaient ouvert des voies propitiatoires, développé des ambitions fortes quant à l'accès démocratisé aux productions, mais ont butté contre la réalité des conditions de ces productions. Morris postulait le fait que « l'art, comme l'éducation et la liberté, ne doit pas être réservé à quelques élus » mais il fit, avant sa mort, « une réflexion amère sur le fait qu'il avait passé sa vie à ''œuvrer pour le luxe écœurant des riches''. Les pauvres ne pouvaient se permettre le genre de beauté qu'il proposait ( 40 ) ». De la même manière, les préceptes artistiques et démocratiques de Gropius pour le Bauhaus durent affronter la montée du nazisme, les changements d'orientation de l'école par les directeurs successifs (après Gropius vinrent Hannes Meyer et Ludwig Mies van der Rohe, diversement orientés politiquement), et la production en série d'objets aussi pratiques qu’artistiques pour toutes les classes sociales ne pourra jamais être réalisée, càd vendus à un prix abordable. L’art contemporain globalisé, marchandisé, fonctionne désormais sur la loi de l'échange, c'est-à-dire, dit Annie Lebrun ( 41 ) , de « l'équivalence généralisée entre tous les biens et toutes les existences : de Pékin à New York, de Reykjavik à Johannesburg, un même langage est parlé, unifié par le marché. Les années 1990 ont marqué la collusion qui s’est produite entre le marché de l’art, la finance et les industries du luxe [et] a montré que si, d’un pays à l’autre, les multinationales installaient les mêmes franchises avec les mêmes produits, il en allait pareillement de l’investissement culturel ». On observe, selon Lebrun, dans le monde entier, les mêmes expositions des mêmes artistes, et ce modèle s’impose avec brutalité, un système prêt à anéantir tout ce qui peut entraver son développement. C’est ce qu’elle appelle le Réalisme globaliste : « J’ai été prise de vertige en découvrant que Charles Saatchi, l’artisan [en tant que publicitaire] de la victoire de Margaret Thatcher, à qui nous devons la fameuse formule There’s no alternative, était devenu l’un des plus grands promoteurs de l’art dit contemporain, qui cherche précisément à nous persuader qu’il n’y a pas d’alternative ( 42 ) ... » Dans cette voie d'interchangeabilité généralisée du réalisme globaliste, qui génère désormais, par glissements sémantiques successifs, des confusions conceptuelles majeures, le luxe communal fait des émules dans de nouvelles sphères, celles de l'argent et de l'extrême droite catholique. Il devient donc impératif de déterminer des définitions robustes, et de dire clairement de quoi on parle. Le centre commercial de Royalmont, au Québec, en est un exemple, avec l'invention opportuniste du « luxe inclusif » : A Mont-Royal, au Québec, l'entreprise Carbonleo a inauguré en 2024 Royalmount, « un milieu de vie multifonctionnel audacieux et avant-gardiste : un aquarium, un cinéma, un hôtel et des logements […]. Il s’agit surtout d’une destination commerciale axée sur le luxe. Les trois piliers de ce mégaprojet de 10 milliards sont la "connectivité", la "durabilité" et le "luxe inclusif". » Le journaliste du Devoir ( 43 ) qui rend compte de ce projet écrit : « Plusieurs ont sourcillé en entendant cette expression qui sonne d’emblée comme un oxymore. En quoi des Rolex, des manteaux griffés à 20 000 $ ou d’autres biens de luxe destinés à la consommation ostentatoire d’une élite peuvent-ils être "inclusifs" » ? Le choix du terme est évidemment volontairement séducteur, une équivoque et séducteur stratégie publicitaire. La notion de « bien commun » est elle-même à contextualiser et à définir fermement. Chacun la connaît comme fondement, par exemple, du sommet de la Terre de Rio en juin 1992, où la biodiversité et le climat avaient réuni, pour la première fois dans l'histoire de l'Humanité, tous les Etats au chevet de la planète. La perspective était de favoriser une gestion soutenable et durable des ressources, de répondre aux besoins du présent sans incapaciter les générations futures. Mais cette notion, si l'on remonte à nouveau le cours de l'histoire, s'avère être une planche très glissante, génératrice de confusions majeures... On la retrouve au Grand Théâtre de Tours, en juin 2023, lors de la "Nuit du bien commun" dont l'objet annoncé était de rassembler des fonds auprès de philanthropes afin de soutenir financièrement des associations dont l'objet est d'aider les gens dans le besoin. Le contexte de cette opération pavée de bonnes intentions ( 44 ) , après enquête, s'est finalement éclairé : réseaux catholiques traditionnalistes, bourgeoisie conservatrice, soutien médiatique du magazine d'extrême droite Causeur et du groupe Bolloré, avec le soutien bienveillant de Reconquête et du Rassemblement national. Les Nuits ont été fondées en 2017 par le fortuné Pierre-Edouard Sterin, proche de Marion Maréchal, d'Eric Zemmour et de la frange catholique la plus réactionnaire de la classe politique, ainsi que de Stanislas Billot de Lochner, auto-défini « serial-entrepreneur chrétien », proche de l’Opus Dei et de Civitas, défendant les racines chrétiennes de la France ( 45 ) . Les associations finalement récompensées en 2023 se sont avérées ressortir des catégories suivantes : conservation du patrimoine, « protection de la vie », stages de survie dans la nature, défense de la famille, promotion des valeurs religieuses, lutte contre l’avortement et promotion de la « liberté » ( 46 ) . On aurait tendance à crier au dévoiement de la notion : mais non ! Si on remonte à ses origines historiques, d'abord philosophiques et théologiques ( 47 ) , avant que de s'attacher au droit, on trouve Platon (500 av E.C.), Aristote (400 av. E.C.), Justinien 1er (6ème siècle) et le droit romain, Albert le Grand et Thomas d'Aquin (XIIIème), puis des variantes successives posées par l'église catholique. Thomas d'Aquin, dont le nom reviendra dans les media et au cours de la Nuit, définissait ainsi le bien commun : tous les êtres dépendent du bien commun qui est Dieu, le bien suprême. Le bien commun est spirituel, et est à distinguer des intérêts particuliers mais aussi de l'intérêt général (politique déterminée par l'exercice de la raison humaine). L'idée de « participation » introduira celle de « charité » : c'est en prenant part au bien commun que l'individu fait preuve de bonté, ce qui contribuera d'ailleurs à son salut éternel. Dans le langage courant, le bien commun est proche de l'intérêt général défini par Rousseau : « c'est le bien de tous de façon indivisible, qui peut impliquer de passer outre l'intérêt particulier d'un individu et d'un groupe, pour servir le plus grand nombre » ( 48 ) . On voit que le bien commun, largement plurivoque, se décline selon des contextes tout à fait opposés. On a vu aussi que le luxe inclusif, pure stratégie commerciale, perturbe également les définitions et leurs valeurs. Comme d'ailleurs le communisme de luxe entièrement automatisé, qui réfère plus aux enjeux interstellaires d'Elon Musk qu'aux principes de la Fédération des artistes. Il est nécessaire de ne pas ignorer ces écueils, de les mesurer en revisitant les contextes historiques, de les contrecarrer en donnant des définitions robustes et claires des notions utilisées, afin de ne pas emprunter des « jardins aux sentiers qui fiburquent » à plusieurs couches d'interprétations, visibles ou invisibles. Le luxe communal : Murray Bookchin disait qu'une idée insuffisamment définie est aussi dangereuse qu'un dogme bien fermé. Il est nécessaire de redéfinir le luxe communal pour l'arrimer solidement à ses valeurs originelles, ce à quoi s'emploie activement VibriFeno qui, à partir de son manifeste, remet sur le métier et précise ses engagements. Il faut, « jusque dans les plus petits villages », renouveler, actualiser, ce que le luxe communal élargi peut procurer de libertés, de motivations, d'émancipations, de déhiérarchisations, de coopérations, d'apprentissages et d'implications sociales. Engager "La vie de château " pour tout le monde. Création Fédération des artistes >> Les noms soulignés et les flèches (>>) sont des liens 2. Voir Arnaud Diemer, Quand le luxe devient une question économique : retour sur la querelle du luxe du XVIIIème siècle - >> 3. idem 4. Lettres persanes , 1721. 6. Essai politique sur le commerc e, 1734, 1736, 1742, 1761. 7. Observations sur le commerce, le luxe, les monnaies et les impôts, 1738. 9. Grains , 1757, article rédigé pour l'Encyclopédie. 10. Diemer, op.cit . 11. L'Organisateur, 6ème lettre. 12. >> 13. que Marx et Engels trouvaient « tout-à-fait géniale », et que la Commune reprendra à son compte. 15. Le Familistère de Guise >> 17. Les Français peints par eux-mêmes : encyclopédie morale du dix-neuvième siècle, T. 2 , éd. L. Curmer (Paris), 1840-1842. 19. idem 22. Pouvoir et impuissance. Questions de l’année 1865 . 1. Dessinateur sur étoffes, chansonnier, auteur de l'Internationale . 5- La fable des abeilles (Vices privés , Bénéfices publics ), premier tome 1714, deuxième tome 1729 >> . 8. Discours sur les arts et les sciences , 1750, et Emile , 1762. 14. Voyage en Icarie, roman philosophique et social >> 16. Grand merci à Sylvain Neveu pour cette référence et pour d'autres, et pour son soutien critique, ainsi qu'à Jean-Marie Favière. 18. La Liberté, journal démocratique de l'Hérault , 1869-05-19. 20. Thomas Golsenne, Histoire et postérité du luxe communal, Actes du colloque La commune en actes - Nouvelles approches historiques de la Commune de Paris, éd. Presses universitaires de Perpignan, 2025. 21. Bulletin financier de l’étranger, Journal des économistes , vol. XXXVII, 2e série, n° 37, mars 1863, p. 518. Horn était défenseur de l’idéal du « laissez-faire laissez-passer » stigmatisé par Eugène Pottier dans son texte éponyme, que le Luxe Communal Duo mettra en musique avec « La rumba du Pottier ». 23. Chefs d'oeuvre des arts industriels. 24. Anselm Jappe, William Morris et la critique du travail >> 25. Florent Bussy, William Morris, la vie belle et créatrice , éd. Précurseur.ses de la décroissance – Le passager clandestin, 2018. 26. idem 27. Voir son roman uchronique : Nouvelles de nulle part , qu'on peut lire ici : >> 28. idem . 29. tout en critiquant la révolution industrielle accusée de favoriser le profit au détriment du beau. 30. >> 31. C'est ce qu'on appelera le Gesammtkunstwerk , « l'œuvre d'art totale » >> 32. >> 33. Entretien avec VibriFeno en cours. 34. Eloge du carburateur. Essai sur le sens et la valeur du travail , éd. La Découverte, 2016 >> 35. Concept philosophique théorisé par Aristote, la praxis est définie comme action pratique, c-à-d comme activités pas seulement contemplatives ou théoriques, mais qui transcendent le sujet. C'est aussi une activité immanente, qui ne produit aucune œuvre distincte de l'agent. Elle se distingue de la poïésis , l’action transitive, distincte de l’acte qui la produit, et qui se réalise dans une œuvre extérieure à l’artiste ou à l’artisan. 36. Philosophe pré-socratique grec (500-428 av. l'ère commune). 37. >> 39. Ed. Diateino, 2021 >> 40. W.R. Lethaby, Philip Webb and his work , Oxford University Press, 1935. 41. Ce qui n’a pas de prix , Editions Stock, mai 2018. 42. idem . 43. >> 44. comme l'enfer... 45. >> 46. Lire aussi : Fond, Nuit ou Maison du Bien Commun : une galaxie au service de l'extrême-droite >> 47. Le Bien Commun >> 48. idem . 38. Les besoins artificiels. Comment sortir du consumérisme , éd. La découverte, 2023 >>

