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  • 11 - UN BESTIAIRE

    L’héritage documentaire de la Commune est peuplé de rêves et de cauchemars. Une très forte polarisation est à l’œuvre dans le champ artistique et littéraire. D’un côté, la Fédération des artistes réunit les intérêts d’un grand nombre d’artistes et d’artisans d’art en une structure qui tend à les rendre solidaires et indépendants des contraintes du pouvoir, et on connait les positions communardes de Gustave Courbet, Jules Valles, Eugène Pottier, Arthur Rimbaud et Paul Verlaine. De l’autre côté, l’immense majorité des écrivains de l’époque manifeste un rejet absolu de la Commune, dévoilant les aspects haineux, mensongers voire totalement irrationnels de leurs critiques par l’usage de terminologies criminelles, animalières ou pathologiques peu propices à l’objectivité, ce qu'on lira dans "Les écrivains contre la Commune" de Paul Lidsky, éd. La découverte, 2010. L’historienne Hélène Lewandowski évoque des « discours qui cherchent à décrédibiliser les insurgés, à dénier toute portée politique à la commune 2 » (2. La face cachée de la Commune, Ed. du Cerf, Paris 2018, p. 108). À coup de plume se dessine un portrait type du communard, criminel, fainéant, illettré, abruti par l’alcool, dont chaque trait de caractère prouve la culpabilité3 (Ibidem p.109). L’origine sociale et politique de la Commune, le contexte militaire (les origines de la guerre, la capitulation, l’occupation prussienne et ses conséquences sociales) sont ignorées, camouflées, et ainsi se trouve dressé un portrait-charge du communard dont la virulence désamorce la crédibilité. Ainsi des écrits de la « chère dame de Nohant », GEORGE SAND, pour laquelle les insurgés sont des : ânes grossièrement bêtes ou de coquins de bas étage. La foule qui les suit est en partie dupe et folle, en partie ignoble et malfaisante 4 (George Sand, Agendas IV, Paris, Jean Touzot, 1993, p. 361). C’est une émeute de fous et d’imbéciles mêlés de bandits 5 (Ibidem page 376.). C'est à croire que Paris tout entier est ivre mort...On ne comprend pas que l'armée n'en finisse pas avec cette orgie6 (Agenda de George Sand, 19 mai 1871). ​ MAXIME DU CAMP: La Commune est un accès d'épilepsie morale ; une sanglante bacchanale ; une débauche de pétrole et d'eau de vie ; une inondation de violences, d'ivrognerie qui faisait de la capitale de la France un marais des plus abjects 7 (Les Convulsions de Paris, éd. Hachette, 1879). Il ajoute, à propos des enfants : Tous ces êtres chétifs, malsains, moitié loups et moitié furets, que la libre vie en commun a prématurément dépravés, que des poètes mal inspirés ont essayé de glorifier (Ô Hugo!), qui tirent l'étymologie de leur nom banal de la voie publique où ils vaquent comme des chiens errants 8 (ibidem). THÉOPHILE GAUTIER : Il y a sous toutes les grandes villes des fosses aux lions, des cavernes fermées d’épais barreaux où l’on parque les bêtes puantes, les bêtes venimeuses, toutes perversités réfractaires que la civilisation n’a pu apprivoiser, ceux qui aiment le sang, ceux que l’incendie amuse comme un feu d’artifice, ceux que le vol délecte, ceux pour qui l’attentat à la pudeur représente l’amour, tous les monstres du cœur, tous les difformes de l’âme ; population immonde, inconnue au jour, et qui grouille sinistrement dans les profondeurs des ténèbres souterraines. Un jour, il advient ceci que le belluaire distrait oublie ses clefs aux portes de la ménagerie, et les animaux féroces se répandent par la ville épouvantée avec des hurlements sauvages. Des cages ouvertes s’élancent les hyènes de 93 et les gorilles de la Commune 9 (Tableaux du siège, Paris 1870-1871, cité par Lidsky, 1982, p. 46). LECONTE DE L'ISLE : Que l’humanité est une sale et dégoûtante engeance ! Que le peuple est stupide ! C’est une éternelle race d’esclaves qui ne peut vivre sans bât et sans joug. Aussi ne sera-ce pas pour lui que nous combattrons encore, mais pour notre idéal sacré. Qu’il crève donc de faim et de froid, ce peuple facile à tromper qui va bientôt se mettre à massacrer ses vrais amis ! Leconte de Lisle accusait les intellectuels insurgés d'appartenir à la ligue de tous les déclassés, de tous les incapables, de tous les envieux, de tous les assassins, de tous les voleurs, mauvais poètes, mauvais peintres, journalistes manqués, romanciers de bas étage" . ERNEST HOUSSAYE, à propos des femmes de la Commune : Pas une de ces femmes n’avait une figure humaine : c’était l’image du crime ou du vice. C’était des corps sans âme qui avaient mérité mille fois la mort, même avant de toucher au pétrole. Il n’y a qu’un mot pour les peines : la hideur. La semaine sanglante n’aura pas suffit à éteindre la haine, le mépris et les injures des auteurs : EMILE ZOLA : Le bain de sang que [le peuple de Paris] vient de prendre était peut-être d'une horrible nécessité pour calmer certaines de ses fièvres. Vous le verrez maintenant grandir en sagesse et en splendeur 10 (Le Cri du Peuple, 3 mai 1871). Les bandits vont empester la grande cité de leurs cadavres — jusque dans leur pourriture ces misérables nous feront du mal 11 (Lettres sur la semaine sanglante, Le sémaphore de Marseille, du 22 mai au 3 juin 1871). ALPHONSE DAUDET : Sauvé, sauvé ! Paris était au pouvoir des nègres !" GUSTAVE FLAUBERT: Je trouve qu'on aurait dû condamner aux galères toute la Commune et forcer ces sanglants imbéciles à déblayer les ruines de Paris, la chaîne au cou, en simples forçats. Mais cela aurait blessé l'humanité. On est tendre pour les chiens enragés, et point pour ceux qu'ils ont mordus 12 (Les citations suivantes viennent toutes du texte Ecrire contre la canaille du Collectif Les mots sont importants, 2019, https://lmsi.net/Ecrire-contre-la-canaille). Le peuple est un éternel mineur. Je hais la démocratie. […] Le premier remède serait d'en finir avec le suffrage universel, la honte de l'esprit humain. […] L'instruction obligatoire et gratuite n'y fera rien qu'augmenter le nombre des imbéciles. Le plus pressé est d'instruire les riches qui, en somme, sont les plus forts 13 (Lettre à George Sand). ANATOLE FRANCE : Enfin, le gouvernement du crime et de la démence pourrit à l’heure qu’il est dans les champs d’exécution ! Ainsi sont tordus, par ceux qui ont la parole et la conservent, les récits des vies des Communards qui ont tenté de mettre l’avenir au présent. La réhabilitation des victimes de la Commune n’a eu lieu que 146 ans plus tard, le 29 novembre 2016 14, c’est dire si le contexte politique restait encore chatouilleux... Ces propos sont fondés sur des présupposés politiques clairement liés à des intérêts - et à des peurs - de classe. Ces fictions idéologiques négatives (ces diffamations) par leur violence, par les passions négatives qui les sous-tendent, ont produit des distorsions de la réalité qui, se stimulant réciproquement, ont finit par produire un bienveillant contexte littéraire, voire une justification politique opportune à la semaine sanglante. Il eut été étonnant que Mr Thiers ne profite pas d’un élan littéraire aussi propice à ses visées politiques. Ces textes sont, comme on dit aujourd’hui, des agents historiques : leur impact, quoiqu’impossible à évaluer précisément, est indiscutable. C’est en tout cas dans ce naufrage démocratique que fut la semaine sanglante qu’ont sombré la dignité et la légitimité de la IIIème république. En 1970, un ouvrage de Paul Lidzky intitulé « Les écrivains contre la Commune » 15 (éd. Maspero, réédition 1982) a retracé ce noir chapitre, soigneusement replié dans l’ombre de l’histoire, des élans haineux de nos gloires littéraires. On peut y observer cette articulation désormais clairement posée, comme annoncée plus haut, entre art de raconter et art de gouverner. (14 . L‘assemblée nationale : 1-Estime qu’il est temps de prendre en compte les travaux historiques ayant établi les faits dans la répression de la Commune de Paris de 1871. 2-Juge nécessaire que soient mieux connues et diffusées les valeurs républicaines portées par les acteurs de la Commune de Paris de 1871. 3-Souhaite que la République rende honneur et dignité à ces femmes et ces hommes qui ont combattu pour la liberté au prix d’exécutions sommaires et de condamnations iniques. 4-Proclame la réhabilitation des victimes de la répression de la Commune de Paris de 1871. https://www.assemblee-nationale.fr/14/ta/ta0844.asp) Mais, de l’autre côté de ces récits-là de la Commune se tiennent d’autres récits, toujours plus nombreux, qui restituent les faits et leurs origines, par le vécu (Prosper-Olivier Lissagaray), par l’attachement aux faits (Jacques Rougerie), par une analyse de son imaginaire politique (Kristin Ross), et qui à la fois restituent le réel de la Commune et enrichissent son imaginaire. On rencontre des survivances contemporaines tenaces de cette polarisation terminologico-sociale lors d’événements à dimensions contestataires, même si les termes utilisés désormais se sont quelque peu nuancés 16 (Quoique certaines formules comme « Cette bande de racaille, on va vous en débarrasser ! » ou le célèbre « Casse-toi, pauv’ con ! » suggèrent l’inverse...). L’épisode des Gilets jaunes 17 (Dont on appréciera ici un très sympathique hommage au 150naire de la Commune : https://lundi.am/150eme-anniversaire-de-la-Commune) peut, par exemple, être utilement relié, de ce point de vue, à cette verve littéraire spécifique, par la dimension souvent méprisante de certains commentaires politiques ou médiatiques. 11 - UN BESTIAIRE Texte précédent Texte suivant L’héritage documentaire de la Commune est peuplé de rêves et de cauchemars. Une très forte polarisation est à l’œuvre dans le champ artistique et littéraire. D’un côté, la Fédération des artistes réunit les intérêts d’un grand nombre d’artistes et d’artisans d’art en une structure qui tend à les rendre solidaires et indépendants des contraintes du pouvoir, et on connait les positions communardes de Gustave Courbet, Jules Valles, Eugène Pottier, Arthur Rimbaud et Paul Verlaine. De l’autre côté, l’immense majorité des écrivains de l’époque manifeste un rejet absolu de la Commune, dévoilant les aspects haineux, mensongers voire totalement irrationnels de leurs critiques par l’usage de terminologies criminelles, animalières ou pathologiques peu propices à l’objectivité, ce qu'on lira dans "Les écrivains contre la Commune" de Paul Lidsky, éd. La découverte, 2010. L’historienne Hélène Lewandowski évoque des « discours qui cherchent à décrédibiliser les insurgés, à dénier toute portée politique à la commune 2 » (2. La face cachée de la Commune, Ed. du Cerf, Paris 2018, p. 108). À coup de plume se dessine un portrait type du communard, criminel, fainéant, illettré, abruti par l’alcool, dont chaque trait de caractère prouve la culpabilité3 (Ibidem p.109). L’origine sociale et politique de la Commune, le contexte militaire (les origines de la guerre, la capitulation, l’occupation prussienne et ses conséquences sociales) sont ignorées, camouflées, et ainsi se trouve dressé un portrait-charge du communard dont la virulence désamorce la crédibilité. Ainsi des écrits de la « chère dame de Nohant », GEORGE SAND, pour laquelle les insurgés sont des : ânes grossièrement bêtes ou de coquins de bas étage. La foule qui les suit est en partie dupe et folle, en partie ignoble et malfaisante 4 (George Sand, Agendas IV, Paris, Jean Touzot, 1993, p. 361). C’est une émeute de fous et d’imbéciles mêlés de bandits 5 (Ibidem page 376.). C'est à croire que Paris tout entier est ivre mort...On ne comprend pas que l'armée n'en finisse pas avec cette orgie6 (Agenda de George Sand, 19 mai 1871). MAXIME DU CAMP: La Commune est un accès d'épilepsie morale ; une sanglante bacchanale ; une débauche de pétrole et d'eau de vie ; une inondation de violences, d'ivrognerie qui faisait de la capitale de la France un marais des plus abjects 7 (Les Convulsions de Paris, éd. Hachette, 1879). Il ajoute, à propos des enfants : Tous ces êtres chétifs, malsains, moitié loups et moitié furets, que la libre vie en commun a prématurément dépravés, que des poètes mal inspirés ont essayé de glorifier (Ô Hugo!), qui tirent l'étymologie de leur nom banal de la voie publique où ils vaquent comme des chiens errants 8 (ibidem). THÉOPHILE GAUTIER : Il y a sous toutes les grandes villes des fosses aux lions, des cavernes fermées d’épais barreaux où l’on parque les bêtes puantes, les bêtes venimeuses, toutes perversités réfractaires que la civilisation n’a pu apprivoiser, ceux qui aiment le sang, ceux que l’incendie amuse comme un feu d’artifice, ceux que le vol délecte, ceux pour qui l’attentat à la pudeur représente l’amour, tous les monstres du cœur, tous les difformes de l’âme ; population immonde, inconnue au jour, et qui grouille sinistrement dans les profondeurs des ténèbres souterraines. Un jour, il advient ceci que le belluaire distrait oublie ses clefs aux portes de la ménagerie, et les animaux féroces se répandent par la ville épouvantée avec des hurlements sauvages. Des cages ouvertes s’élancent les hyènes de 93 et les gorilles de la Commune 9 (Tableaux du siège, Paris 1870-1871, cité par Lidsky, 1982, p. 46). LECONTE DE L'ISLE : Que l’humanité est une sale et dégoûtante engeance ! Que le peuple est stupide ! C’est une éternelle race d’esclaves qui ne peut vivre sans bât et sans joug. Aussi ne sera-ce pas pour lui que nous combattrons encore, mais pour notre idéal sacré. Qu’il crève donc de faim et de froid, ce peuple facile à tromper qui va bientôt se mettre à massacrer ses vrais amis ! Leconte de Lisle accusait les intellectuels insurgés d'appartenir à la ligue de tous les déclassés, de tous les incapables, de tous les envieux, de tous les assassins, de tous les voleurs, mauvais poètes, mauvais peintres, journalistes manqués, romanciers de bas étage" . ERNEST HOUSSAYE, à propos des femmes de la Commune : Pas une de ces femmes n’avait une figure humaine : c’était l’image du crime ou du vice. C’était des corps sans âme qui avaient mérité mille fois la mort, même avant de toucher au pétrole. Il n’y a qu’un mot pour les peines : la hideur. La semaine sanglante n’aura pas suffit à éteindre la haine, le mépris et les injures des auteurs : EMILE ZOLA : Le bain de sang que [le peuple de Paris] vient de prendre était peut-être d'une horrible nécessité pour calmer certaines de ses fièvres. Vous le verrez maintenant grandir en sagesse et en splendeur 10 (Le Cri du Peuple, 3 mai 1871). Les bandits vont empester la grande cité de leurs cadavres — jusque dans leur pourriture ces misérables nous feront du mal 11 (Lettres sur la semaine sanglante, Le sémaphore de Marseille, du 22 mai au 3 juin 1871). ALPHONSE DAUDET : Sauvé, sauvé ! Paris était au pouvoir des nègres !" GUSTAVE FLAUBERT: Je trouve qu'on aurait dû condamner aux galères toute la Commune et forcer ces sanglants imbéciles à déblayer les ruines de Paris, la chaîne au cou, en simples forçats. Mais cela aurait blessé l'humanité. On est tendre pour les chiens enragés, et point pour ceux qu'ils ont mordus 12 (Les citations suivantes viennent toutes du texte Ecrire contre la canaille du Collectif Les mots sont importants, 2019, https://lmsi.net/Ecrire-contre-la-canaille). Le peuple est un éternel mineur. Je hais la démocratie. […] Le premier remède serait d'en finir avec le suffrage universel, la honte de l'esprit humain. […] L'instruction obligatoire et gratuite n'y fera rien qu'augmenter le nombre des imbéciles. Le plus pressé est d'instruire les riches qui, en somme, sont les plus forts 13 (Lettre à George Sand). ANATOLE FRANCE : Enfin, le gouvernement du crime et de la démence pourrit à l’heure qu’il est dans les champs d’exécution ! Ainsi sont tordus, par ceux qui ont la parole et la conservent, les récits des vies des Communards qui ont tenté de mettre l’avenir au présent. La réhabilitation des victimes de la Commune n’a eu lieu que 146 ans plus tard, le 29 novembre 2016 14, c’est dire si le contexte politique restait encore chatouilleux... Ces propos sont fondés sur des présupposés politiques clairement liés à des intérêts - et à des peurs - de classe. Ces fictions idéologiques négatives (ces diffamations) par leur violence, par les passions négatives qui les sous-tendent, ont produit des distorsions de la réalité qui, se stimulant réciproquement, ont finit par produire un bienveillant contexte littéraire, voire une justification politique opportune à la semaine sanglante. Il eut été étonnant que Mr Thiers ne profite pas d’un élan littéraire aussi propice à ses visées politiques. Ces textes sont, comme on dit aujourd’hui, des agents historiques : leur impact, quoiqu’impossible à évaluer précisément, est indiscutable. C’est en tout cas dans ce naufrage démocratique que fut la semaine sanglante qu’ont sombré la dignité et la légitimité de la IIIème république. En 1970, un ouvrage de Paul Lidzky intitulé « Les écrivains contre la Commune » 15 (éd. Maspero, réédition 1982) a retracé ce noir chapitre, soigneusement replié dans l’ombre de l’histoire, des élans haineux de nos gloires littéraires. On peut y observer cette articulation désormais clairement posée, comme annoncée plus haut, entre art de raconter et art de gouverner. (14 . L‘assemblée nationale : 1-Estime qu’il est temps de prendre en compte les travaux historiques ayant établi les faits dans la répression de la Commune de Paris de 1871. 2-Juge nécessaire que soient mieux connues et diffusées les valeurs républicaines portées par les acteurs de la Commune de Paris de 1871. 3-Souhaite que la République rende honneur et dignité à ces femmes et ces hommes qui ont combattu pour la liberté au prix d’exécutions sommaires et de condamnations iniques. 4-Proclame la réhabilitation des victimes de la répression de la Commune de Paris de 1871. https://www.assemblee-nationale.fr/14/ta/ta0844.asp) Mais, de l’autre côté de ces récits-là de la Commune se tiennent d’autres récits, toujours plus nombreux, qui restituent les faits et leurs origines, par le vécu (Prosper-Olivier Lissagaray), par l’attachement aux faits (Jacques Rougerie), par une analyse de son imaginaire politique (Kristin Ross), et qui à la fois restituent le réel de la Commune et enrichissent son imaginaire. On rencontre des survivances contemporaines tenaces de cette polarisation terminologico-sociale lors d’événements à dimensions contestataires, même si les termes utilisés désormais se sont quelque peu nuancés 16 (Quoique certaines formules comme « Cette bande de racaille, on va vous en débarrasser ! » ou le célèbre « Casse-toi, pauv’ con ! » suggèrent l’inverse...). L’épisode des Gilets jaunes 17 (Dont on appréciera ici un très sympathique hommage au 150naire de la Commune : https://lundi.am/150eme-anniversaire-de-la-Commune) peut, par exemple, être utilement relié, de ce point de vue, à cette verve littéraire spécifique, par la dimension souvent méprisante de certains commentaires politiques ou médiatiques. Texte précédent Texte suivant

  • JOURNAL OFFICIEL - PARTIE NON OFFICIELLE - 3

    Jeudi 30 mars 1871 JOURNAL OFFICIEL - PARTIE NON OFFICIELLE - 3 Next Next Jeudi 30 mars 1871 LA COMMUNE DE PARIS EST CONSTITUÉE (p236) CITOYENS, Votre commune est constituée. Le vote du 26 mars a sanctionné la Révolution victorieuse. Un pouvoir lâchement agresseur vous avait pris à la gorge : vous avez, dans votre légitime défense, repoussé de vos murs ce gouvernement qui voulait vous déshonorer en vous imposant un roi. Aujourd’hui, les criminels, que vous n’avez même pas voulu poursuivre, abusent de votre magnanimité pour organiser aux portes même de la cité un foyer de conspiration monarchique. Ils invoquent la guerre civile ; ils mettent en œuvre toutes les corruptions ; ils acceptent toutes les complicités ; ils ont osé mendier jusqu’à l’appui de l’étranger. Nous en appelons, de ces menées exécrables, au jugement de la France et du monde. __________________________________________________ AFFICHAGES (p241) Il n’appartient qu’à l’autorité communale et aux municipalités d’apposer des affiches sur papier blanc. Les municipalités ne peuvent afficher en dehors de leur arrondissement respectif. L’affichage des actes émanant du gouvernement de Versailles est formellement interdit. Tout afficheur ou tout entrepreneur d’affichage contrevenant au présent avis sera rigoureusement poursuivi. Hôtel-de-Ville, 29 mars 1871. Pour le Comité et par délégation, L. Boursier. __________________________________________________ COMMUNE DU CREUZOT (p244) Une dépêche officielle annonce que la commune vient d’être proclamée au Creuzot. Le drapeau rouge, arboré à l’Hôtel-de-Ville, puis enlevé par surprise, a été finalement rétabli par les amis de la Commune, — cela sans effusion de sang. __________________________________________________ SEMENCES ANGLAISES (p 245) M. Norcott, membre de la société anglaise des Amis pour la distribution des semences aux habitants des villages, autour de Paris invite les maires des communes qui n’ont pas encore pris livraison des semences qui leur ont été données par le lord maire de Londres, de venir de suite aux magasins de la ville, boulevard Morland, 9, où M. Norcott sera tous les jours de 10 heures du matin à 4 heures du soir, pour faire la distribution des semences et des laissez-passer, car le temps d’ensemencement est des plus urgents. Paris, le 29 mars 1871, W. B. Norcott __________________________________________________ SPECTACLE GRANDIOSE (p 247) Citoyens, aujourd’hui, il nous a été donné d’assister au spectacle populaire le plus grandiose qui ait jamais ému nos âmes : Paris saluait, acclamait sa Révolution ; Paris ouvrait à une page blanche le livre de l’histoire et y inscrivait son nom puissant. Deux cent mille homme libres sont venus affirmer leur liberté et proclamer au bruit du canon l’institution nouvelle. Que les espions de Versailles, qui rôdent autour de nos murs, aillent dire à leurs maîtres quelles sont les vibrations qui sortent de la poitrine d’une population tout entière, comme elles emplissent la cité et franchissent les murailles ; que ces espions, glissés dans nos rangs, leur rapportent l’image de ce spectacle grandiose d’un peuple reprenant sa souveraineté, et, sublime ambitieux, le faisant en criant ces mots : Mourir pour la Patrie ! __________________________________________________ COMMUNE DE TOULOUSE (p249) Le Comité central a remis la proclamation suivante aux délégués que Toulouse lui avait envoyés : Citoyens de Toulouse, Paris savait que vous entreriez les premiers dans le mouvement républicain, et il n’attendait que l’affirmation de votre indépendance pour vous tendre la main et saluer votre liberté. La révolution est faite, il faut maintenant reconstituer ; et il est nécessaire que la France entière suive une route commune et invariable. Le pacte national ne peut avoir que peu d’articles, mais encore faut-il qu’il soit l’expression unanime. Le voici tel que Paris vient de le poser : « Affirmation, au-dessus de toute discussion, de la République démocratique et sociale ; suppression de l’armée régulière et son remplacement par la garde nationale, seule force armée dans la cité et dans l’Etat, répondant de la police intérieure et du salut militaire de la patrie. « Election de tous les chefs sans exception, suppression des privilèges, protection au mérite et guerre au favoritisme. » Paris a jeté ces bases d’avenir en résistant aux provocations d’un gouverne- ment qui n’avait plus d’espoir que dans la guerre civile. Il a voulu prouver que la véritable force était dans la révolution pacifique, et que le peuple était assez puissant pour anéantir ceux qui l’attaquent à main armée par la seule majesté de son attitude. Que du Capitole comme de l’Hôtel-de-Ville vibre la grande voix du peuple aux paroles de force et de paix, et que la liberté féconde se dresse, vaillante et radieuse, sur le monde régénéré ! Vive la République ! __________________________________________________ LE KIOSQUE À MUSIQUE (p 250) Faits divers. Tous les dimanches, nous dit un correspondant, la population de Metz, qui n’a pas cessé de protester contre l’annexion, se donne rendez-vous de bonne heure sur la promenade de l’Esplanade, et, au moment où la musique prussienne s’installe dans le kiosque de la place pour commencer son concert de l’après-midi, tous les promeneurs se retirent et s’en vont par la porte Serpenoise, laissant les mélodies du Tannhauser s’exécuter dans le désert. 21 mars Vendredi 31 mars 1871 CUMUL DES MANDATS, ADMISSION DES ÉTRANGERS À LA COMMUNE (extrait, voir JO p254) Rapport de la commission des élections Existe-t-il une incompatibilité entre le mandat de député à l’Assemblée de Versailles et celui de membre de la Commune ? Considérant que l’Assemblée de Versailles, en refusant de reconnaître la Commune élue par le peuple de Paris, mérite par cela même de ne pas être reconnue par cette Commune. Que le cumul doit être interdit ; Qu’il y a du reste impossibilité matérielle à suivre les travaux des deux Assemblées. La commission pense que les fonctions sont incompatibles. Les étrangers peuvent-ils être admis à la Commune ? Considérant que le drapeau de la Commune est celui de la république universelle ; Considérant que toute cité a le droit de donner le titre de citoyens aux étrangers qui la servent ; Que cet usage existe depuis longtemps chez les nations voisines ; Considérant que le titre de membre de la Commune étant une marque de confiance plus grande encore que le titre de citoyen, comporte implicitement cette dernière qualité. La commission est d’avis que les étrangers peuvent être admis, et vous propose l’admission du citoyen Frankel. __________________________________________________ HISTOIRE DU DRAPEAU ROUGE (voir JO p285) __________________________________________________ FERMENTATION BELGE (p289) A la suite des événements de Paris, un mouvement s’est déclaré parmi les membres de l’Internationale dans plusieurs centres industriels de la Belgique. Il règne une grande fermentation principalement à Verviers, à Liège, et dans les environs de Charleroi. 22 mars Samedi 1er avril 1871 SOLDE DE LA GARDE NATIONALE (p294) Délégation aux finances : la solde de 1 fr. 50 allouée aux gardes nationaux est essentiellement personnelle. Il est expressément interdit aux offices payeurs ou sergents-majors de distribuer entre les gardes présents la solde destinée aux citoyens gardes qui ne répondent pas à l’appel, ou qui ont cessé d’avoir droit à cette solde. Les payeurs qui enfreindraient cet ordre seraient rendus responsables envers le trésor. Paris le 31 mars 1871 Les délégués aux finances, membres de la commune : Fr. Jourde, E. Varlin __________________________________________________ LE COMITÉ RADICAL DE MÂCON (extrait, voir JO p302) Nous publions le programme du comité républicain radical de Mâcon : Les membres du comité inscrivent en tête de leur programme la grande devise politique et sociale : Liberté, Egalité, Fraternité. La République est au-dessus du suffrage universel. Une génération est au-dessus du suffrage universel. Une génération ne peut pas engager les générations à venir. Les coups d’Etat et les plébiscites sont les causes directes de tous les malheurs qui nous accablent. « Les rois, disait le conventionnel Grégoire, sont dans l’ordre moral ce que les monstres sont dans l’ordre physique... L’histoire des rois est le martyrologue des nations... » En conséquence, tous les prétendants doivent être à jamais bannis de France et mis hors la loi. Ils serviraient, par leur présence, de prétextes perpétuels à des discordes civiles. Les deux bases fondamentales de la tyrannie sont l’ignorance et la superstition. Il y a deux moyens de les faire crouler : L’instruction gratuite, obligatoire et radicalement laïque. L’instruction de l’Eglise et de l’Etat, comprenant la suppression du budget des cultes. Les écoles doivent être communes, afin de faire disparaître chez les enfants tous les préjugés de caste, qui sont des obstacles à l’égalité, à la fraternité. L’enseignement de principes religieux doit y être interdit ; c’est aux parents seuls que la liberté de conscience réserve ce droit. __________________________________________________ LA GAZETTE DE TURIN (extrait, voir JO p305) On lit dans la Gazette de Turin : « Nous ne cesserons pas de répéter qu’à nos yeux l’unique moyen de ramener la tranquillité, la paix et la prospérité, non seulement à Paris, mais dans toute la France, serait s’assurer d’une manière sérieuse et efficace l’existence de la république. Cela peut-il se faire ? Question à l’adresse de l’Assemblée et des gouvernants actuels ». __________________________________________________ AUTONOMIE DE L'ALSACE-LORRAINE (p310) L’organisation future de l’Alsace-Lorraine fera l’objet d’un projet de loi qui est déjà préparé et dont le Parlement allemand doit être saisi prochainement. Ainsi qu’on nous l’avait fait pressentir, les territoires cédés seront réunis en une seule province, qui ne relèvera que de l’empire, dont elle sera une des parties constituantes. Le nouveau « pays de l’empire » n’aura d’autre souverain que l’empire lui-même, et c’est au chef de l’empire, à l’empereur, que sera confiée l’administration, qu’il exercera avec le concours du conseil fédéral. Toutefois, l’Alsace-Lorraine sera placée provisoirement sous un régime transitoire jusqu’au 1er janvier 1873, époque à laquelle elle entrera en pleine jouissance de son autonomie, et sera dotée de toutes les institutions qui la constitueront en Etat indépendant, mais relié à l’empire par la Constitution et les lois fédérales. Le projet de loi, nous dit-on, ne fait aucune mention de la cession d’une partie de l’Alsace à la Bavière. Il est donc à croire qu’on a renoncé à l’idée malheureusement d’un démembrement si tant est qu’elle ait jamais été débattue sérieusement. __________________________________________________ CHOLERA FOUDROYANT (p310) Une épidémie terrible, le choléra foudroyant, sévit à Saint-Petersbourg, où il a déjà fait un grand nombre de victimes. Le prince d’Oldenbourg, troisième fils du prince Pierre, cousin de l’empereur, la princesse Tcherkasky, et plusieurs autres personnes, sont mortes après quelques heures de souffrances horribles. __________________________________________________ LES AMÉRICAINS (p311) Les Américains, ces hardis promoteurs du go ahead, ne savent pas rester en arrière quand il s’agit d’une œuvre libérale, philanthropique, capable de témoigner leur sympathie pour la France. Le port du Havre, particulièrement, vient de recevoir une nouvelle preuve de l’esprit généreux et confraternel d’un habitant de New-York. Le navire américain Hunler, capitaine Robert Mac York, consigné à MM. J.- A. Laude et Cie, apporte de New-York un chargement de 3 812 barils de farine qui sont envoyés par une des plus puissantes et honorables maisons de New-York, MM. A.-T. Stewart et Cie, pour être répartis gratuitement, à titre de secours, aux ouvriers nécessiteux de nos divers districts manufacturiers, en attendant la reprise des travaux. MM. Stewart possèdent, à New-York, l’un des plus beaux et des plus vastes magasins de nouveautés, scieries, etc., qui soient dans l’univers entier, et capable d’être comparé avec avantage à ce que Paris possède de plus grandiose. __________________________________________________ LA CHASSE AUX GRENOUILLES (p312) Les prisonniers français internés dans le camp d’Erfurt se sont révoltés samedi dernier. La Gazette de Weimar donne sur cette affaire les détails suivants : […] Sept prisonniers français, mettant à profit quelques heures de congé, s’étaient amusés hier à aller faire la chasse aux grenouilles et étaient rentrés trop tard dans leurs campements. Pour les punir, on les lia et on les attacha pendant une heure aux cloisons de leurs baraques. Cette punition n’étant pas d’usage en France, les autres Français n’y voulurent pas consentir et délivrèrent leurs camarades. Les gardes de Brunswick s’y étant opposés et les ayant en partie rattachés, les prisonniers, — il s’en trouve encore 8000 au camp, — sortirent en tumulte et s’attroupèrent devant le corps de garde. Des pierres furent lancées, et les internés brandissaient des bâtons et des couteaux dont ils menaçaient les gardes brunswickois. Ceux-ci, au nombre de 40, étaient prêts à faire feu, mais le vice-caporal Hartmann, dans un louable esprit de modération, n’en donna pas l’ordre, parce qu’il était sûr d’avance que tous les gardes auraient été massacrés. Il commanda seulement un signal de trois coups de canon, sur quoi on battit la générale dans toute la ville. À mon retour sur la place Guillaume-Frédéric, je vis des soldats prussiens conduisant trois Français qui avaient été gravement maltraités au lazaret ; des personnes dignes de foi m’assuraient que quelques internés avaient même été tués, mais je ne rapporte ce dire que sous toutes réserves. Aujourd’hui, on annonce que quatre Français ont été tués, mais ce bruit est également sujet à caution. Le calme est complet. __________________________________________________ LES CHIFFRES DE LA MORTALITÉ (extrait, voir JO p 314) La mortalité continue à diminuer. Le chiffre de décès du 11 au 17 mars n’est que de 2 576 au lieu de 2 993, comme l’autre semaine. La variole a un peu augmenté (98 au lieu de 85) ; la cholérine aussi (5 au lieu de 1) ; la rougeole est restée au même chiffre (20). Toutes les autres maladies sont en décroissance. La maladie la plus meurtrière est toujours la bronchite (301 décès) ; Puis viennent la fièvre typhoïde (329), la pneumonie (188), la diarrhée (104), la variole (98), la dyssenterie (47), la rougeole (20), le croup (14), etc. La bronchite a surtout frappé les enfants et les vieillards. De 15 à 50 ans, elle n’a fait que trente-sept victimes, un peu plus d’un dixième du chiffre total. La fièvre typhoïde frappe toujours principalement l’armée, qui a fourni plus de la moitié du chiffre des décès (122 sur 229). La pneumonie a atteint à peu près également tous les âges. La diarrhée, comme la bronchite, a surtout enlevé les enfants et les vieillards. Les adultes, de 15 à 50 ans, entrent à peine pour un dixième dans le chiffre total (10 sur 104). […] __________________________________________________ RECRUTEMENT VERSAILLAIS (p316) Le préfet de Lille a fait annoncer qu’un train spécial serait mis à la disposition des volontaires appelés par l’Assemblée nationale à Versailles. À l’heure indiquée pour le départ du train, il s’est présenté vingt volontaires ! C’étaient vingt ouvriers belges sans travail. __________________________________________________ L'ANNIVERSAIRE DU ROI GUILLAUME (p317) On écrit de Lons-le-Saulnier, 25 mars : « C’était hier l’anniversaire de la naissance de l’excellent roi Guillaume. A cette occasion, les Prussiens se sont livrés à de grandes réjouissances dont nous, pauvres habitants inoffensifs, avons été les victimes. Après la journée, consacrée à des revues, parades, allocutions, salves d’artillerie, etc., a eu lieu à cinq heures, à la préfecture un grand repas offert par le général à ses officiers ; pareil festin pour les sous-officiers et soldats, qui avaient reçu double ration. A huit heures du soir, toute cette soldatesque était complètement ivre, voire les officiers. Elle s’est alors répandue dans la ville comme un torrent, envahissant les cafés, insultant la population ; quelques personnes ayant voulu résister à ces injures, il s’est passé une scène de carnage, digne d’une ville prise d’assaut : les soldats se sont rués sur les habitants, le sabre au poing, frappant à droite et à gauche sur tout ce qui se trouvait devant eux : femmes, enfants vieillards, rien ne fut respecté ; deux ou trois établissements ont été livré au pillage. Des patrouilles prussiennes sont alors intervenues, mais les soldats qui les composaient étaient aussi ivres que les autres, ils se sont mis de la partie : malheur aux retardataires qui ne rentraient pas assez vite chez eux ! Ces scènes de brutalité ont duré jusqu’à minuit ; le résultat a été deux ou trois prussiens blessés ou du moins contusionnés, et un mort ; du côté de la population, trois morts et environ quinze personnes blessées plus ou moins grièvement, dont deux jeunes filles qui ont eux les poignets coupés. Suivant le dire de quelques soldats prussiens qui n’ont pas participé à cette orgie, il paraît que chaque année la fête du roi Guillaume se célèbre de la même manière : quand ces messieurs n’ont pas d’ennemis sous la main, ils se battent entre eux. Pour couronner l’œuvre, le général commandant, prétendant que ses soldats sont de véritables saints qui ont été provoqués, va nous donner à loger quelques centaines d’hommes de plus afin de maintenir le bon ordre. Inutile d’ajouter que cette occupation nous ruine complètement. Un ordre du commandant prussien de Lons-le-Saulnier défend aux journaux de la ville de rendre compte de ce qui s’est passé. L’enterrement des victimes a eu lieu au milieu d’un grand concours de population protestant silencieusement contre cet horrible abus de la force ». __________________________________________________ FAIT DIVERS - MEURTRE À BORDEAUX (extrait, voir JO p319) Les événements tragiques se succèdent à Bordeaux. La population est à peine remise d’une émotion de la veille, que le lendemain elle a à enregistrer quelque nouveau fait non moins tragique. Ce matin, il n’était bruit à Bordeaux que d’un meurtre commis pendant la nuit dans le 3e arrondissement, quartier de Saint-Ferdinand Un militaire avait été frappé à la tête de deux coups de hache ; son corps en- sanglanté était, par les soins du commissaire de police, transporté à l’hôpital Saint-André ; une femme était en fuite, et le mari de cette dernière, auteur du meurtre, allait lui-même se constituer prisonnier. Voilà les faits qui, dans le quartier Saint-Ferdinand, étaient ce matin le sujet de toutes les conversations. Un meurtre a en effet été commis, et voici dans quelles circonstances....[…] __________________________________________________ FAIT DIVERS - LA BLESSURE MYSTÉRIEUSE (extrait, voir JO p320) L’un des omnibus qui suivaient le quai Saint-Bernard s’était arrêté hier pour laisser monter plusieurs personnes, dont trois à l’intérieur. L’un de ces derniers voyageurs, le sieur J..., âgé de soixante-quatre ans, venait à peine de s’asseoir, qu’il se leva brusquement, pâlit, et, chancelant, se disposa à sortir de la voiture en s’écriant : — A mon secours, je suis blessé ! On vit, en effet, le sang ruisseler de son pantalon, en même temps que sa pâleur augmentait. On l’entoura, on le soutint et on le fit entrer dans une maison voisine dont l’un des locataires était précisément un médecin qui le visita, remarqua qu’il portait en haut de la cuisse une large et profonde blessure, et s’empressa de lui donner des soins. Dans le premier moment, on avait cru qu’il s’agissait d’une tentative de meurtre ; mais les renseignements recueillis ne tardèrent pas à donner aux faits leur véritable caractère.... […] __________________________________________________ PESTE BOVINE (p321) On lit dans la Chronique de Fougères l’indication des moyens suivants qui, dans beaucoup de cas, suffisent pour prévenir la peste bovine : 1° Saler la nourriture; 2° Changer souvent la litière, tous les jours s’il est possible; 3° Mettre un peu de chaux vive dans la litière 4° Mettre dans les étables un feu de goudron de gaz qu’on renouvelle aussitôt qu’il a cessé de répandre de l’odeur. Ces moyens sont bien simples, très peu coûteux, et leur action désinfectante ne peut être mise en doute. Si leur efficacité n’est pas absolue, ils sont du moins incontestablement utiles. 23 mars 24 mars

  • 4a-Astres et Désastres | Auluxecommunal

    NAISSANCE DES CONSTELLATIONS DE LA COMMUNE — LA BATAILLE CÉLESTE DES ASTRES ET DES DÉSASTRES — La dernière touche de la télécommande de la Hune mène à l'ultime étape du projet : la bataille finale des ASTRES et des DÉSASTRES, qui engendrera les constellations de la Commune, clôturant le premier cycle du Luxe Communal. En ordre de bataille, face à face, Astres et Désastres vont entrer en collision, et s'affronter en une bataille céleste violente et lumineuse, à l'issue de laquelle seront générées les constellations de la Commune, par la fusion des combattants. La bataille sera visible de la Hune, tout en haut du site, mais aussi de la barge et des souterrains de Blanqui, qui partagent le même ciel. Test film réalisé par IA LES ASTRES Les Astres représentent les valeurs, les projets, les réalisations de la Commune, à l'origine de nos plus grandes conquêtes politiques, sociales, culturelles. Ils seront figurés par des étoiles, en lien avec les réflexions célestes de Blanqui. LES DESASTRES Les Désastres (étymologiquement "mauvais astres") représentent le chaos engendré par la répression sanglante de la IIIème République. Ils seront figurés par le bestiaire versaillais des E crivains contre la Commune >> , les monstres issus de ses caricatures littéraires. Ici, les aspirations et constructions sociales, politiques et culturelles de la Commune s'opposent aux forces puissamment répressives et destructrices de la IIIème République à l'égard de la Commune. Le bestiaire des "écrivains contre la Commune " donne son incarnation au chaos . GEORGE SAND Les communard.es sont des "ânes grossièrement bêtes ou des coquins de bas étage. La foule qui les suit est en partie dupe et folle, en partie ignoble et malfaisante. C’est une émeute de fous et d’imbéciles mêlés de bandits. GUSTAVE FLAUBERT Je trouve qu'on aurait dû condamner aux galères toute la Commune et forcer ces sanglants imbéciles à déblayer les ruines de Paris, la chaîne au cou, en simples forçats. Mais cela aurait blessé l'humanité. On est tendre pour les chiens enragés, et point pour ceux qu'ils ont mordus. MAXIME DU CAMP (sur les enfants de la Commune) Tous ces êtres chétifs, malsains, moitié loups et moitié furets, que la libre vie en commun a prématurément dépravés, que des poètes mal inspirés ont essayé de glorifier (Ô Hugo!), qui tirent l'étymologie de leur nom banal de la voie publique où ils vaquent comme des chiens errants. THÉOPHILE GAUTIER Il y a sous toutes les grandes villes des fosses aux lions, des cavernes fermées d’épais barreaux où l’on parque les bêtes puantes, les bêtes venimeuses, toutes perversités réfractaires que la civilisation n’a pu apprivoiser, ceux qui aiment le sang, ceux que l’incendie amuse comme un feu d’artifice, ceux que le vol délecte, ceux pour qui l’attentat à la pudeur représente l’amour, tous les monstres du cœur, tous les difformes de l’âme ; population immonde, inconnue au jour, et qui grouille sinistrement dans les profondeurs des ténèbres souterraines. Un jour, il advient ceci que le belluaire distrait oublie ses clefs aux portes de la ménagerie, et les animaux féroces se répandent par la ville épouvantée avec des hurlements sauvages. Des cages ouvertes s’élancent les hyènes de 93 et les gorilles de la Commune.

  • DÉCRET, ARRÊTÉS, ORDRES, PROCLAMATIONS - 13

    Lundi 15 mai 1871 DÉCRET, ARRÊTÉS, ORDRES, PROCLAMATIONS - 13 Next Next Lundi 15 mai 1871 DÉCRET - DÉLÉGUÉ À LA COMMISSION DU TRAVAIL ET D’ÉCHANGE (p 1781) Révision, par la Commission du travail et de l'échange, des marchés conclus par la Commune - Préférence faite aux corporations. Paris, le 14 mai. La Commune de Paris DÉCRÈTE : Art. 1er. La commission du travail et d’échange est autorisée à réviser les marchés conclus jusqu’à ce jour par la Commune. Art. 2. La commission du travail et d’échange demande que les marchés soient directement adjugés aux corporations et que la préférence leur soit toujours accordée. Art. 3. Les conditions des cahiers de charges et les prix de soumission seront fixés par l’intendance, la chambre syndicale de la corporation et une délégation de la commission du travail et d’échange, le délégué et la commission des finances entendus. Paris, le 13 mai 1871. Pour le délégué à la commission du travail et d’échange : Le secrétaire général, Bertin. ______________________________________________________ ARRÊTÉ - DÉLÉGUÉ CIVIL À LA GUERRE (p 1781) Réglementation de l'unité d’action entre les forces communales extérieures et intérieures – Commandants des 3 corps d'armée responsables des arrondissements confinant à leur zone de commandement, et de l’exécution des mesures intérieures relatives à la défense. Le délégué civil à la guerre, considérant qu’il importe d’établir l’unité d’action entre les forces communales destinées à agir à l’extérieur et celles se trouvant à l’intérieur. ARRÊTENT : 1° Chaque commandant des trois corps d’armée dits de l’aile droite, du centre et de l’aile gauche, aura, à partir de ce jour, le commandement militaire supérieur des arrondissements qui confinent à leur zone de commandement, et en conséquence il sera responsable de l’exécution des mesures intérieures relatives à la défense. 2° Chacun des commandants supérieurs des trois corps d’armée devra parvenir chaque matin, au ministère de la guerre, un rapport concernant les opérations de la veille et de la nuit. 3° Expédition du présent arrêté sera délivrée aux généraux Dombrowski, La Cécila et Wrodleski, pour leur servir ce que de raison. Le délégué à la guerre, Delescluze. ______________________________________________________ ARRÊTÉ - COMITÉ DE SALUT PUBLIC (p 1782) Attributions de cartes d'identité pour lutter contre les espions de Versailles - Non porteurs de cartes seront arrêtés - Carte pourra être requise par tout garde national. Le Comité de salut public, Considérant que, ne pouvant vaincre par la force la population de Paris, assiégée depuis plus de quarante jours pour avoir revendiqué ses franchises communales, le Gouvernement de Versailles cherche à introduire parmi elle des agents secrets dont la mission est de faire appel à la trahison. ARRÊTE : Art. 1er. Tout citoyen devra être muni d’une carte d’identité contenant ses noms, prénoms, profession, âge et domicile, ses numéros de légion, bataillon et de compagnie, ainsi que son signalement. Art. 2. Tout citoyen trouvé non porteur de sa carte sera arrêté, et son arrestation maintenue jusqu’à ce qu’il ait établi régulièrement son identité. Art. 3. Cette carte sera délivrée par les soins des commissaires de police sur pièces justificatives, en présence de deux témoins qui attesteront par leur signature bien connaître le demandeur. Elle sera ensuite visée par la municipalité compétente. Art. 4. Toute fraude reconnue sera rigoureusement réprimée. Art. 5. L’exhibition de la carte d’identité pourra être requise par tout garde national. Art. 6. Le délégué à la sûreté générale ainsi que les municipalités sont chargés de l’exécution du présent arrêté dans le plus bref délai. Le Comité de salut public, Ant. Arnaud, Billioray, E. Eudes, F. Gambon, G. Ranvier. Hôtel-de-Ville, le 24 floréal an 79. ______________________________________________________ ARRÊTÉ - DÉLÉGUÉ À LA SÛRETÉ GÉNÉRALE (p 1783) Soumission des halles et marchés au Délégué aux finances - Inspecteurs des halles et marchés nommés par le délégué aux finances auront droit de requérir la force publique. Le délégué à la sûreté générale, Sur proposition du délégué aux finances. ARRÊTE : Art. 1er. Tous les services des halles et marchés qui ressortissent au 1er bureau de la 2e division de l’ex-préfecture de police sont, à dater d’aujourd’hui, 14 mai 1871, du ressort de la délégation des finances. Art. 2. Les inspecteurs des halles et marchés nommés par le délégué aux finances auront le droit de requérir la force publique. Art. 3. Les commissaires de police et les commandants de la garde nationale sont tenus, chacun en ce qui les concerne de prêter main-forte à ces inspecteurs. Le délégué à la sûreté générale, Th. Ferré. ______________________________________________________ PROCLAMATION - CHEF DE LA DÉLÉGATION SCIENTIFIQUE (p 1795) Obligation de déclaration de détention de soufre et de phosphore. Tous les détenteurs de soufre, phosphore et produits de cette nature sont tenus d’en faire la déclaration, sous trois jours, à la délégation scientifique, 78, rue de Varennes. Le membre de la Commune, chef de la délégation scientifique, Parisel. ______________________________________________________ PROCLAMATION - CHEF DE LA DÉLÉGATION SCIENTIFIQUE (p 1795) Recensement en faveur de l’égale répartition des droits et des devoirs civiques et militaires de chacun – Création de tableaux de recensement - Pénalités requises contre les entraves, déclarations mensongères ou incomplètes des locataires, propriétaires, concierges ou régisseurs des immeubles. Mairie du IXe arrondissement Considérant qu’on ne peut négliger davantage, sans occasionner à toute la population des inconvénients multiples et graves, d’ordonner et de faire rigoureusement exécuter le recensement exact de l’arrondissement entier et la situation réelle de chaque maison au point de vue de l’état civil et militaire des citoyens qui l’habitent ; Considérant qu’afin d’arriver à l’égale répartition des droits et des devoirs civiques et militaires de chacun, il importe d’établir ce travail sur les bases d’une véritable justice, c’est-à-dire en dehors de toutes complaisances intéressées ; Attendu surtout qu’il faut obtenir des concierges ou régisseurs de chaque immeuble des déclarations qui ne soient point mensongères ni incomplètes, Les délégués de la Commune, ARRÊTENT : Art. 1er. Des tableaux de recensement, contenant toutes les indications nécessaires seront remis par la municipalité à la disposition de la commission de recensement et des agents recenseurs civils et militaires nommés par elle. Art. 2. Les agents recenseurs, aidés du concours de la garde nationale commandée à cet effet par le colonel de la 9e légion ; commenceront immédiatement, et poursuivront jusqu’à l’accomplissement de leur tâche, le recensement pré-désigné de huit heures du matin à six heures du soir. Art. 3. Pénalité sera requise contre tout citoyen ou citoyenne (locataire, propriétaire, concierge ou régisseur) qui apportera un entrave quelconque aux opérations ordonnées ou donnera à nos agents commissionnés des renseignements incomplets ou trompeurs. Paris, le 11 mai 1871. Les délégués de la commune, P. Guerain Pontalier Mardi 16 mai 1871 ARRÊTÉ - COMITÉ DE SALUT PUBLIC (p 1826) Composition de 7 membres au lieu de 5 de la commission militaire. Paris, le 15 mai. Le Comité de salut public ARRÊTE : Art. 1er. La commission militaire sera composée de sept membres au lieu de cinq. Art. 2. Les citoyens Bergeret, Cournet ; Géresme, Ledroit, Lonclas, Sicard et urbain sont nommés membres de la commission militaire, en remplacement des citoyens Arnold, Avrial, Johannard, Tridon et Varlin. Hôtel de ville, le 25 floréal an 79. F. Cambon, G. Ranvier, Ant. Arnaud, Billioray, E. Eudes. ______________________________________________________ ARRÊTÉ - COMITÉ DE SALUT PUBLIC (p 1826) Administration des domaines de la ville de Paris réunie à la Direction générale des domaines. Vu la demande justifiée du citoyen Fontaine, directeur des domaines ; Vu l’avis approbatif du délégué aux finances, Le Comité de salut public ARRÊTE : A partir de ce jour, 25 floréal, l’administration des domaines de la ville de Paris est réunie à la direction générale des domaines et relèvera uniquement de cette direction. Le Comité de salut public. ______________________________________________________ ARRÊTÉ - COMITÉ DE SALUT PUBLIC (p 1827) Centralisation de la Direction du mouvement des troupes qui sera dirigé par le chef d’état-major du ministère de la guerre - Transfert du Service de la place de Paris au Ministère de la guerre. Le Comité de salut public Considérant que, dans les circonstances actuelles, il importe de centraliser, autant que possible, la direction du mouvement des troupes. ARRÊTE : Le service de la place de Paris est transféré dans les bureaux du ministère de la guerre, rue Saint-Dominique-Saint-Germain. Le mouvement des troupes et tout ce qui concerne le service des armées de l’aile droite, du centre et de l’aile gauche, sera dirigé par le chef d’état-major du ministère de la guerre. Le citoyen colonel Henri, actuellement commandant la place de Paris à l’Ecole militaire, est mis à la disposition du ministère de la guerre. Hôtel de ville, le 25 floréal, an 79. Le Comité de salut public. ______________________________________________________ ARRÊTÉ - COMITÉ DE SALUT PUBLIC (p 1827) Nominations de 2 substituts du procureur de la Commune. Le Comité de salut public ARRÊTE : Art. 1er. 1° Le citoyen Breuillé (Alfred) est nommé substitut du procureur de la Commune, en remplacement du citoyen Ferré, délégué à la sûreté générale ; 2° Le citoyen Sachs est nommé substitut du procureur de la Commune, en remplacement du citoyen Martainville, considéré comme démissionnaire. Art. 2. Le procureur de la Commune est chargé d’assurer l’exécution du présent arrêté. Paris, le 25 floréal, an 79. A. Arnaud, Gambon, Ranvier. Pour ampliation : Le procureur de la Commune de Paris, Raoul Rigault. ______________________________________________________ ARRÊTÉ - COMITÉ DE SALUT PUBLIC (p 1828) Nominations de 4 juges d'instruction. Le Comité de salut public ARRÊTE : Art. 1er. Les citoyens Gausseron (Henri), Coupey, Gentou, Barral, sont nommés juges d’instruction attachés au parquet du procureur de la Commune. Art. 2. Le procureur de la Commune est chargé d’assurer l’exécution du présent arrêté. Paris, le 25 floréal 79. Pour ampliation : Le procureur de la Commune, Raoul Rigault. ______________________________________________________ ARRÊTÉ - COMITÉ DE SALUT PUBLIC (p 1828) Nominations d'un juge de paix et d'un greffier de la justice de paix. Le Comité de salut public ARRÊTE : Le citoyen Pinon (Martin) est nommé juge de paix du XVe arrondissement de la Commune de Paris ; Le citoyen Jacquemin (Joseph), est nommé greffier de la justice de paix du XVe arrondissement. Le Comité de salut public Pour ampliation : Le membre de la Commune délégué à la justice, Eugène Protot. ______________________________________________________ PROCLAMATION - DÉLÉGUÉ CIVIL À LA GUERRE (p 1830) Démission de Gaillard père, chargé de la construction des barricades et commandant des barricadiers - Dissolution du bataillon des barricadiers et mise à disposition du Directeur du génie militaire. La démission du citoyen Gaillard père, chargé de la construction des barricades et commandant des barricadiers, est acceptée à ce double titre : Le bataillon des barricadiers, placé sous ses ordres, est dissous ; les hommes qui le composent sont mis à la disposition du directeur du génie militaire, qui avisera à la continuation des travaux commencés, dans la mesure qu’il jugera convenable. Paris, le 15 mai 1871. Le délégué civil à la guerre, Delescluze. ______________________________________________________ ARRÊTÉ - DÉLÉGUÉ CIVIL À LA GUERRE (p 1830) Nomination de Henry, Chef d’état-major au ministère de la guerre - Attributions de Commandant de la place de Paris. Vu l’arrêté du comité de salut public, en date de ce jour, transférant au ministère de la guerre le service de la place de Paris, lequel arrêté confie au chef de l’état-major du ministre de la guerre les fonctions attribuées au commandant de la place de Paris pour le mouvement des bataillons de la garde nationale et des corps années, ainsi que du matériel : Le délégué civil à la guerre ARRÊTE : Le colonel d’état-major, Henri, est nommé chef d’état-major au ministère de la guerre, et, en cette qualité, il exercera toutes les attributions conférées au commandant de la place de Paris. Le délégué civil à la guerre, Ch. Delescluze. ______________________________________________________ ARRÊTÉ - DÉLÉGUÉ CIVIL À LA GUERRE (p 1831) Paiement trimestriel des droits de timbre contre l’incendie et la grêle par les compagnies d’assurances. Le délégué aux finances, Vu les lois des 5 juin 1850 et 2 juillet 1862, fixant les droits de timbre à payer par les compagnies d’assurances contre l’incendie et la grêle pour les polices d’assurance ; Vu le rapport du directeur de l’enregistrement ; Considérant que le payement par semestre de droits aussi considérables que ceux dus par les compagnies d’assurances cause un véritable préjudice au Trésor, ARRÊTE : Art. 1er. Le payement des droits de timbre, par abonnement des polices d’assurances contre l’incendie et la grêle s’effectueront à l’avenir tous les trois mois. Art. 2. En conséquence, le trimestre échu sera versé, dans les quarante-huit heures de l’insertion au Journal officiel, à la caisse de l’administration de l’enregistrement et du timbre, en prenant pour base de l’assiette de l’impôt l’exercice précédent. Art. 3. Cette perception sera régularisée par des êtas fournis par les compagnies d’assurances des valeurs par elles assurées pendant l’année 1870, et après un contrôle sérieux. Les compensations en plus ou en moins seront admises sur les mois suivants. Art. 4. Le directeur de l’enregistrement et du timbre est chargé de l’exécution du présent arrêté. Le membre de la Commune délégué aux finances, Jourde. ______________________________________________________ PROCLAMATION (p 1833) Suppression, pour inutilité, du poste d'architecte du Luxembourg. Sur proposition de la commission fédérale des artistes, Considérant que la place d’architecte du Luxembourg est inutile, puisqu’il n’y a point de travaux à faire exécuter : Le citoyen Lemaire, architecte actuel, est relevé de ses fonctions. ______________________________________________________ ARRÊTÉ - DIRECTEUR GÉNÉRAL DES DOMAINES (p 1834) Attribution du linge de la maison de Thiers aux ambulances – Objets d'art envoyés aux bibliothèques et musées nationaux – Mobilier et matériaux de démolition vendus aux enchères - Produit de la vente affecté aux pensions et indemnités des veuves et orphelins - Construction d'un square public sur le terrain. Sur la délibération approuvée du Comité de salut public, le citoyen Jules Fontaine, directeur général des domaines, En réponse aux larmes et aux menaces de Thiers, le bombardeur, et aux lois édictées par l’Assemblée rurale, sa complice, ARRÊTE : Art. 1er. Tout le linge provenant de la maison Thiers sera mis à la disposition des ambulances. Art. 2. Les objets d’art et livres précieux seront envoyés aux bibliothèques et musées nationaux. Art. 3. Le mobilier sera vendu aux enchères, après exposition publique au garde-meuble. Art. 4. Le produit de cette vente restera uniquement affecté aux pensions et indemnités qui devront être fournies aux veuves et orphelins des victimes de la guerre infâme que nous fait l’ex propriétaire de l’hôtel Georges. Art. 5. Même destination sera donnée à l’argent que rapporteront les matériaux de démolition. Art. 6. Sur le terrain de l’hôtel du parricide sera établi un square public. Le directeur général des domaines, J. Fontaine. Paris, le 25 floréal an 79. ______________________________________________________ ARRÊTÉ - SERVICE MÉDICAL ET DES AMBULANCES CIVILES ET MILITAIRES (p 1835) Dispenses du service de la Garde nationale pour les ambulanciers et infirmiers. Le directeur du service médical et des ambulances civiles et militaires, ARRÊTE : Tous les citoyens qui justifieront qu’ils sont employés dans les ambulances ou dans les hôpitaux comme infirmiers, et qui, par conséquent, accomplissent un service militaire, sont dispensés du service de la garde nationale. Le directeur général du service médical et des ambulances civiles et militaires, Dr Semerie Vu et approuvé : Pour la commission de la guerre, Jules Bergeret. ______________________________________________________ ARRÊTÉ - MINISTÈRE DE LA GUERRE (extrait voir p 1837) Nominations d'un inspecteur de l’hôpital militaire du fort de Vincennes, 2 chirurgiens-major, 2 médecins-major, 10 aides-major. Par arrêtés en date du 15 mai 1871, ont été nommés : Le docteur Martin, inspecteur de l’hôpital militaire du fort de Vin- cennes. Le docteur Maugier, chirurgien-major du 116e bataillon, passe chirurgien-major du 181e bataillon. Le docteur Guéneau, chirurgien-major du 132e bataillon. Le docteur Genret (Albéric), médecin-major du 112e bataillon. […] (Ministère de la guerre.) ______________________________________________________ PROCLAMATION - DÉLÉGUÉ AUX RELATIONS EXTÉRIEURES (p 1841) Respect de la Convention de Genève, qui garantit la neutralité des édifices et du personnel des ambulances militaires, mais ne réglemente pas l'usage des nouveaux engins de guerre dont dispose la Révolution. Quelques journaux ont paru croire que l’adhésion de la Commune à la convention de Genève avait pour résultat de proscrire l’usage des nouveaux engins de guerre dont dispose la Révolution. Si les rédacteurs de ces journaux avaient pris la peine d’étudier la question qu’ils traitent, et tout au moins de lire les dix articles de la convention de Genève, ils se seraient épargné une protestation injuste et inutile. La convention de Genève n’a pour but et pour effet que de garantir la neutralité des édifices et du personnel des ambulances militaires. A la reconnaissance de cette neutralité se borne l’adhésion de la Commune. Quant aux forces terribles que la science met au service de la Révolution, la convention de Genève n’en réglemente pas l’usage. C’est un soin dont se sont acquittés jusqu’à ce jour les despotes couronnés, qui vivent de la guerre, et qui savent trop bien que la guerre deviendrait à jamais impossible par l’emploi des moyens modernes, pour ne pas s’interdire religieusement l’usage de ces moyens. Paris, le 16 mai 1871. Le délégué aux relations extérieures, Paschal Grousset. ______________________________________________________ PROCLAMATION - MAIRIE DU Xe ARRONDISSEMENT (p 1845) Obligation de paiement des loyers par les locataires en hôtel meublé - Bons de logement distribués contre preuve de l’impossibilité de payer, après enquête. Mairie du Xe arrondissement Les locataires demeurant en hôtel meublé sont avertis qu’ils doivent acquitter le prix de leur location, et que les bons de logements ne seront donnés, à titre de secours, qu’à ceux qui prouveront qu’ils sont dans l’impossibilité de payer. Une enquête sérieuse sera faite par les soins de la mairie. Le bon de logement n’impose pas aux maîtres d’hôtel l’obligation de conserver les locataires qu’ils ne jugeront pas à propos de garder. Tous différends entre les propriétaires et locataires seront tranchés à la mairie. Paris, le 14 mai 1871. Pour la municipalité, Leroudier. Pour la commission communale, Champy . ______________________________________________________ PROCLAMATION - MAIRIE DU XXe ARRONDISSEMENT (p 1845) Après réclamations, travail de nuit à la satisfaction immédiate de tous les intérêts et des mesures à prendre. Mairie du XXe arrondissement. Citoyens, De nombreuses réclamations nous sont parvenues. Pour répondre et satisfaire immédiatement à tous les intérêts, les membres de la Commune du XXe arrondissement donnent avis que cette nuit ils se sont occupés des mesures nécessaires à prendre. Citoyens, Nous vous rappelons que plus jamais nous avons tous besoin de nous rallier au drapeau rouge pour conserver l’établissement de la République. Vive la Commune ! Vive la République ! Paris, le 14 mai 1871. Les membres de la Commune du XXe arrondissement. Ranvier, Viard, Bergeret, Trinquet Mercredi 17 mai 1871 ARRÊTÉ - COMITÉ DE SALUT PUBLIC (p 1873) Nominations de commissaires civils délégués auprès des généraux de la Commune pour préserver le pays de la dictature militaire. Paris, le 16 mai. Le Comité de salut public, Considérant que, pour sauvegarder les intérêts de la Révolution, il est indispensable d’associer l’élément civil à l’élément militaire ; Que nos pères avaient parfaitement compris que cette mesure pouvait seule préserver le pays de la dictature militaire, laquelle tôt ou tard aboutit invariablement à l’établissement d’une dynastie ; Vu son arrêté instituant un délégué civil au département de la guerre. ARRÊTE : Art. 1er. Des commissaires civils, représentants de la Commune, sont délégués auprès des généraux des trois armées de la Commune. Art. 2. Sont nommés commissaires civils : 1° Auprès du général Dombrowski, le citoyen Dereure ; 2° Auprès du général La Cécilia, le citoyen Johannard ; 3° Auprès du général Wrobleski, le citoyen Léo Melliet. Hôtel de ville, le 26 floréal an 79. Le comité de salut public : Ant. Arnaud, Billioray, E. Eudes, F. Gambon, G. Ranvier. ______________________________________________________ ARRÊTÉ - COMITÉ DE SALUT PUBLIC (p 1873) Arrêts et vérifications des trains pour Paris hors de l'enceinte - Travaux nécessaires exécutés à la hauteur de l’enceinte, pour détruire tout train qui essayerait de forcer la consigne. Le Comité de salut public ARRÊTE : Art. 1er. Tous les trains, soit de voyageurs, soit de marchandises, de jour et de nuit, se dirigeant sur Paris, par une ligne quelconque, devront s’arrêter hors de l’enceinte, au point où est établi le dernier poste avancé de la garde nationale. A cet effet, un signal spécial sera placé au point d’arrêt par les soins des administrations compétentes. Art. 2. Aucun train ne pourra dépasser la limite précitée sans avoir été préalablement visité par l’un des commissaires de police délégués à cet effet. Art. 3. Les travaux nécessaires seront immédiatement exécutés à la hauteur de l’enceinte, pour être en mesure de détruire instantanément tout train qui essayerait de forcer la consigne. Art. 4. Un délégué civil faisant fonctions de commissaire de police spécial aura le commandement du poste chargé de visiter les trains au point d’arrêt. Art. 5. Le membre de la Commune délégué aux relations extérieures, d’accord avec le délégué civil à la guerre, est chargé de l’exécution du présent arrêté. Le délégué de la Commune près les chemins de fer prendra ses ordres à cet égard. Fait à Paris, le 16 mai 1871. Le Comité de salut public Pour copie conforme : Le secrétaire général, Henri Brissac. ______________________________________________________ ARRÊTÉ - DÉLÉGUÉ À LA JUSTICE (p 1875) Gratuité des actes des notaires et huissiers. Le membre de la Commune délégué à la justice. ARRÊTE : Les notaires, huissiers, et généralement tous les officiers publics de la Commune de Paris devront, sur l’ordre du délégué à la justice, dresser gratuitement tous les actes de leur compétence. Le membre de la Commune délégué à la justice, Eugène Protot. Paris, le 16 mai 1871. En conséquence de l’arrêté ci-dessus, les citoyens gardes nationaux peuvent, dès aujourd’hui, demander au délégué à la justice l’autorisation de faire dresser par les juges de paix, notaires, huissiers, greffiers des tribunaux de la Commune de Paris, les actes d’une certaine urgence tels que : donation entre vifs, testaments, reconnaissances des enfants naturels, contrats de mariage, actes respectueux, actes de consentement des ascendants, procurations, adoptions, actes de notoriété, etc., etc. ______________________________________________________ ARRÊTÉ - DÉLÉGUÉ À LA JUSTICE (p 1875) Nomination de Moreau, Directeur de l'intendance. Sur proposition de la commission de la guerre. Le délégué civil à la guerre. ARRÊTE : Le citoyen Ed. Moreau, membre du Comité central, est chargé de la direction de l’intendance. Le Délégué civil à la guerre, Ch. Delescluze. Approuvé : La commission de la guerre, Bergeret, Cournet, Géresme, Ledroit, Lonclas, Sicard, Urbain. Paris le 16 mai 1871. ______________________________________________________ ARRÊTÉ - DÉLÉGUÉ À LA JUSTICE (p 1875) Obligation de déclaration des dépositaires de pétrole et huiles minérales dans les bureaux de l’éclairage. Le membre de la Commune délégué aux services publics. ARRÊTE : Tous les dépositaires de pétrole ou autres huiles minérales devront, dans les quarante-huit heures, en faire la déclaration dans les bureaux de l’éclairage, situés place de l’Hôtel-de-Ville, 9. Vu et présenté par l’ingénieur chef des services publics, Ed. Caron. Vu et dressé par l’ingénieur chef du service de l’éclairage et des concessions, B. Peyrouton. Le membre de la Commune délégué aux services publics, Jules Andrieu. Paris, le 18 mai 1871. ______________________________________________________ PROCLAMATION - DÉLÉGUÉ À L'ENSEIGNEMENT (p 1882) Nomination de Oudinot, administrateur provisoire des musées du Louvre – Appel à candidatures de professeurs de dessin et de modelage. Sur la proposition de la commission fédérale des artistes, Le citoyen Oudinot (Achille), architecte et peintre, est délégué comme administrateur provisoire des musées du Louvre. Et les citoyens Héreau (jules), peintre, et Dalou, statuaire, lui sont adjoints pour l’assister dans ses fonctions provisoires. Les citoyens désirant concourir à la réorganisation de l’enseignement et obtenir des places de professeur de dessin et de modelage, sont invités à se rendre le 19, 20 et 21 mai courant, de midi à deux heures, au siège de la commission fédérale des artistes (ex-ministère des beaux-arts, rue de Rivoli), à l’effet de déposer leurs titres et pièces à l’appui et y joindre au besoin une note signée contenant une brève exposition de leurs méthodes d’enseignement. Pour la commission de la Fédération des artistes, approuvé : Le membre de la Commune délégué à l’enseignement, Edouard Vaillant. Paris, le 16 mai 1871. Jeudi 18 mai 1871 ARRÊTÉ - COMITÉ DE SALUT PUBLIC (p 1914) Dispositions de limites des exemptions des employés du chemin de fer au service de la Garde nationale, sous la responsabilité du contrôleur général des chemins de fer. Le Comité de salut public, Vu son arrêté en date du 16 floréal courant ; Considérant qu’il importe aux intérêts de la défense de ne pas tenir éloignés plus longtemps du service de la garde nationale les employés de chemin de fer dont la présence n’est pas indispensable aux besoins actuels de l’administration et de l’exploitation des différentes compagnies ; Que la double signature du contrôleur général des chemins de fer et du délégué spécial du Comité central de la garde nationale entraine des lenteurs qu’il est indispensable d’abréger ; Considérant en outre que le contrôleur général est compétent pour apprécier dans quelles limites les exemptions peuvent être accordées ; Vu l’urgence ; ARRÊTE : Art. 1er. Les certificats d’exemption du service de la garde nationale seront délivrés et signés par le contrôleur général des chemins de fer, sous sa responsabilité. Art. 2. Le contrôleur général remettra dans les trois jours, à chaque légion, un état nominatif des employés mis à la disposition de la garde nationale. Art. 3. Il adressera dans la huitaine, au Comité de salut public, un rapport détaillé faisant connaître le nombre de certificats d’exemption délivrés avec motifs à l’appui, et le nombre des employés de chemins de fer mis à la disposition de chaque légion. Art. 4. L’arrêté du 16 floréal est maintenu en tout ce qui n’est pas contraire aux dispositions du présent arrêté. Le Comité de salut public : Ant. Arnaud, Billioray, E. Eudes, F. Gambon, G. Ranvier. Hôtel de Ville, le 27 floréal an 79. ______________________________________________________ ARRÊTÉ - COMITÉ DE SALUT PUBLIC (p 1915) Nominations de 2 juges d'instruction. Le Comité de salut public, Sur la proposition du procureur de la Commune, ARRÊTE : Art. 1er. Les citoyens Würth et Moreau (Armand) sont nommés juges d’instruction attachés au parquet du procureur de la Commune. Art. 2. le procureur de la Commune est chargé d’assurer l’exécution du présent arrêté. Le Comité de salut public, Pour ampliation : Le procureur de la Commune, Raoul Rigault. Hôtel de Ville, le 27 floréal an 79. ______________________________________________________ ARRÊTÉ - DÉLÉGUÉ AUX FINANCES (p 1916) Création d'une direction spéciale chargée du contrôle des finances pour la solde de la Garde nationale - Nomination de Armand, directeur général du service des contrôleurs des finances pour la solde de la garde nationale. Le membre de la Commune délégué aux finances, DÉCRÈTE : Il est institué à l’administration centrale une direction spéciale, chargée du contrôle des finances pour la solde de la garde nationale. Paris, le 16 mai 1871. Le membre de la Commune délégué aux finances, Jourde. Le citoyen Armand (Hubert) est nommé directeur général du service des contrôleurs des finances pour la solde de la garde nationale. Paris, le 16 mai 1871. ______________________________________________________ PROCLAMATION - DÉLÉGUÉ AUX FINANCES (p 1917) Tirage de quatre séries d'articles à délivrer gratuitement par le Mont-de-piété. En exécution du décret communal du 6 mai courant, un nouveau tirage de quatre séries des articles à délivrer gratuitement par le Mont-de-piété, aura lieu samedi prochain, 20 mai courant, à deux heures précises, dans la salle Saint-Jean, à l’Hôtel de Ville, en séance publique, présidée par le citoyen Lefrançais, membre de la Commune. Paris, le 17 mai 1871. Le membre de la Commune délégué aux finances, JOURDE. NOTA. — Les autres tirages seront annoncés par de nouvelles affiches. ______________________________________________________ ARRÊTÉ - DÉLÉGUÉ AUX FINANCES (p 1917) Soumission des marchés à la Délégation des finances après refus formel, par les compagnies concessionnaires des marchés, de solder les sommes dues selon les classes et conditions du cahier des charges. Le délégué aux finances, Considérant que les compagnies concessionnaires des marchés n’ont fait aucun versement des sommes dues depuis la guerre jusqu’à ce jour ; qu’en outre lesdites compagnies ont perçu dans les marchés le prix entier des places jusqu’au 1er janvier 1871, et demi-places jusqu’à ce jour ; Vu le refus formel desdites compagnies de solder les somme dues au 1er avril 1871, selon les classes et conditions du cahier des charges, ARRÊTE : Article unique. Tous les marchés concédés par la ville de Paris à la compagnie Férère ou autre compagnie rentrent provisoirement, à partir d’aujourd’hui, dans le ressort de la délégation des finances. Le membre de la Commune délégué aux finances, Jourde. ______________________________________________________ ARRÊTÉ - COMMUNE DU 3e ARRONDISSEMENT (p 1921) Nominations des membres de l'administration de l’orphelinat communal. Les membres de la Commune du 3e arrondissement, ARRÊTENT : Le citoyen Bibal, président de la commission des écoles du 3e arrondissement : Le citoyen Dubard ; Le citoyen Dediot père ; Le citoyen Léon Jacob, secrétaire général, sont nommés membres de l’administration de l’orphelinat communal, sous la présidence des membres de la Commune du 3e arrondissement. Ant. Arnaud, Demay, Clovis Dupont, Pindy. ______________________________________________________ ARRÊTÉ - ASSEMBLÉE NATIONALE (p 1956) Assemblée nationale se déclare constituante – Limite son mandat à 2 ans - République désormais gouvernement de la France. L’Assemblée nationale, s’inspirant de son droit, de sa force et surtout de son amour de la patrie, En vertu de son pouvoir souverain, DÉCRÈTE : Art. 1er. L’Assemblée nationale se déclare Assemblée constituante. Art. 2. Elle limite son mandat au terme de deux ans, pendant lesquels elle fera les lois organiques Art. 3. La République sera désormais le gouvernement de la France.

  • Charles Frondat | Auluxecommunal

    CHARLES DE FRONDAT (dit Frondas)

  • DÉCRET, ARRÊTÉS, ORDRES, PROCLAMATIONS - 15

    Mercredi 24 mai 1871 DÉCRET, ARRÊTÉS, ORDRES, PROCLAMATIONS - 15 Next Next Mercredi 24 mai 1871 PROCLAMATION - COMITÉ DE SALUT PUBLIC (p 2161) Le Peuple de Paris aux soldats de Versailles. Paris, le 23 mai. Le peuple de Paris aux soldats de Versailles Frères, L’heure du grand combat des peuples contre leurs oppresseurs est arrivée ! N’abandonnez pas la cause des travailleurs ! Faites comme vos frères du 18 mars ! Unissez-vous au Peuple, dont vous faites partie ! Laissez les aristocrates les privilégiés, les bourreaux de l’humanité se défendre eux-mêmes, et le règne de la justice sera facile à établir. Quittez vos rangs ! Entrez dans nos demeures. Venez à nos, au milieu de nos familles. Vous serez accueillis fraternellement et avec joie. Le peuple de Paris a confiance en cotre patriotisme. VIVE LA RÉPUBLIQUE ! VIVE LA COMMUNE ! 3 prairial an 79. La Commune de Paris. ______________________________________________________ PROCLAMATION - COMITÉ DE SALUT PUBLIC (p 2161) Le Peuple de Paris aux soldats de Versailles Le Peuple de Paris aux soldats de Versailles Que tous les bons citoyens se lèvent ! Aux barricades ! L’ennemi est dans nos murs ! Pas d’hésitations ! En avant pour la République, pour la Commune et pour la Liberté ! AUX ARMES ! Paris, le 3 prairial an 79. Le Comité de Salut public : Ant. Arnaud, Billioray, Eudes, F. Gambon, G. Ranvier. ______________________________________________________ PROCLAMATION - COMITÉ DE SALUT PUBLIC (p 2162) Autorisation aux chefs de barricades à requérir l’ouverture des portes des maisons et à réquisitionner vivres et objets utiles à la défense. Le Comité de Salut public autorise les chefs de barricades à requérir l’ouverture des portes des maisons, là où ils le jugeront nécessaire ; A réquisitionner pour leurs hommes tous les vivres et objets utiles à la défense, dont ils feront récépissé et dont la Commune fera état à qui de droit. Le membre du Comité de salut public. G. Ranvier. Hôtel de Ville, le 3 prairial an 79. ______________________________________________________ PROCLAMATION - COMITÉ DE SALUT PUBLIC (p 2162) Le Peuple de Paris aux soldats de Versailles Soldats de l’armée de Versailles, Le peuple de Paris ne croira jamais que vous puissiez diriger contre lui cos armes quand sa poitrine touchera les vôtres ; vos mains reculeraient devant un acte qui serait un véritable fratricide. Comme nous, vous êtes prolétaires ; comme nous, vous avez intérêt à ne plus laisser aux monarchistes conjurés le droit de boire votre sang comme ils boivent nos sueurs. Ce que vous avez fait le 18 mars, vous le ferez encore, et le peuple n’aura pas la douleur de combattre des hommes qu’il regarde comme des frères et qu’il voudrait voir s’asseoir avec lui au banquet civique de la Liberté et de l’Egalité. Venez à nous, frères, venez à nous ! nos bras vous sont ouverts ! 3 prairial an 79. Le Comité de Salut public, Ant. Arnaud, Billioray, E. Eudes, F. Gambon G ; Ranvier. ______________________________________________________ PROCLAMATION - COMITÉ CENTRAL (p 2163) Le Peuple de Paris aux soldats de Versailles Soldats de l’armée de Versailles, Nous sommes des pères de famille. Nous combattons pour empêcher nos enfants d’être un jour courbés, comme vous, sous le despotisme militaire. Vous serez un jour pères de famille. Si vous tirez sur le peuple aujourd’hui, vos fils vous maudiront, comme nous maudissons les soldats qui ont déchiré les entrailles du Peuple en Juin 1848 et décembre 1851. Il y a deux mois, au 18 mars, vos frères de l’armée de Paris, le cœur ulcéré contre les lâches qui ont vendu la France, ont fraternisé avec le Peuple : imitez-les. Soldats, nos enfants et nos frères, écoutez bien ceci, et que votre conscience décide : Lorsque la consigne est infâme, la désobéissance est un devoir. 4 prairial an 79. Le Comité Central

  • Hector Horeau | Auluxecommunal

    HECTOR HOREAU Plan pour la reconstruction de l’hôtel de Ville de Paris intégrant un hall central en fer sous un lanterneau de verre. Horeau : architecte, communard, chef de l'édilité hygiénique >>

  • Communications | Auluxecommunal

    COMMUNICATIONS SUR LE PROJET 2021 – MicroFolie, Vierzon - 24 septembre – Ecole des arts décoratifs de Nancy, séminaire Manières de faire, gestes partagés de P. Devautour et L. Doerfinger - 7 octobre 2023 – Comité du Berry des ami.e.s de la Commune de Paris, St Georges sur Arnon - 23 septembre – Café associatif L'Antidote, Bourges - 10 novembre 2024 – Café associatif Théodore, Tredrez Loquemeau, Cotes d'Armor - 25 février – Galerie Santu, Shanghai + Sichuan Institute of Fine Arts, Chongqing - 6 & 10 avril >> – Interview (Re)Bonds, avril >> – Association des Amies et Amis de la Commune de Paris - Paris - 29 juin >> 2025 – Conférence - Archéologie et héritages , colloque Arts, anarchie et émancipation , Groupe Commune de Paris 1871 de la Fédération anarchiste, 14 juin >> – Actes du colloque Arts, anarchie et émancipation >> – Interview Radio Libertaire, 10 septembre – Librairie Publico, Paris - 8 novembre 2026 – Médiathèque de Saint Florent-sur-Cher - 30 septembre – Tiers Lieu L'Epicentre, Bourges - 1er octobre Papier peint de William Morris

  • Biblio | Auluxecommunal

    BIBLIOGRAPHIE (sélection) ANBENSOUR Miguel et PELOSSE Valentin, "Libérer l'enfermé" - Auguste Blanqui", Sens&Tonka, 2014 BALDICK Robert, « Le siège de Paris », Presses de la Cité, 1965 BOUCHERON Patrick, « Conjurer la peur, essai sur la force politique des images », éd. du Seuil, Points, 2013 BRESILLON Jean-Pierre, « Le père Leleu, troglodyte, de La Commune aux grottes d’Arcy », éditions de Civry, collection l’œil écorché, 1981 BRUHAT Jean, DAUTRY Jean, TERSEN Emile, « La commune de 1871 », éditions sociales, 1960 CERF Marcel, Zwirn Jacques, « L’architecte et la Commune - Les dessins d’Hector Horeau », éditions de l’espace européen, 1991 CORDILLOT Michel, "La Commune de Paris 1871 - Les acteurs, l'événement, les lieux, Les éditions de l'atelier, 2021 CRAWFORD Matthew, « Eloge du carburateur – essai sur le sens et la valeur du travail », éd. 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Gallimard, Folio, 2012 - « 12, rue Meckert », éd. Gallimard, Folio, 2001 LE CORRE Hervé - L'Homme aux lèvres de saphir, Rivages/Noir , 2004 - Dans l'ombre du brasier, Rivages/Noir, 2019 MEYSSAN Raphaël, « Les damnés de la Commune », éditions Delcourt, 2017 SITES GALLICA : https://gallica.bnf.fr AUDIN Michèle : https://macommunedeparis.com/ LE MAITRON : dictionnaire biographique, mouvement ouvrier, mouvemement social. https://maitron.fr/ LES AMI.E.S DE LA COMMUNE DE PARIS : https://www.commune1871.org/

  • 14 - LES FALSIFICATIONS DU GÉNÉRAL APPERT

    Une des tentatives de discréditer la Commune passe, dans le récit versaillais, par l’affirmation de l’importante proportion de « repris de justice » dans les rangs communards, qui fut soutenue vaillamment par l’entreprise de falsification des données du plus haut responsable de la justice militaire, chargé de juger les communards après la semaine sanglante : le général Appert1. En 1967, Jean Maitron rend compte2 de l’ouverture aux historiens d’une nouvelle étape de l’histoire de La Commune, grâce aux « dizaines de milliers de dossiers de grâce et de conseils de guerre, archives de la déportation et de la proscription ». Parmi ces dossiers, les statistiques du général Appert, dont les dossiers doivent être examinés avec le plus grand soin, car « elles sont faussées au départ » : Maitron, à la suite d’analyses de dépouillements de ces données, fait apparaitre : que les conclusions Appert concernant le nombre de condamnés ayant encouru antérieurement à la commune, des peines de droit commun, est grossi d’environ trois fois. [...] En vérité, l’armée des repris de justice n’était pas l’armée de la Commune, mais celle de Versailles dont une étude montrera qu’elle était constituée de primitifs fanatisés, conduits par des officiers indignes [...] celle qui, durant huit jours, eut carte blanche pour massacrer quelques vingt mille fédérés dans de telles conditions d’illégalité que, cent ans plus tard, l’historien ne peut apporter la moindre certitude sur le décompte exact des morts... 3 14 - LES FALSIFICATIONS DU GÉNÉRAL APPERT Texte précédent Texte suivant Une des tentatives de discréditer la Commune passe, dans le récit versaillais, par l’affirmation de l’importante proportion de « repris de justice » dans les rangs communards, qui fut soutenue vaillamment par l’entreprise de falsification des données du plus haut responsable de la justice militaire, chargé de juger les communards après la semaine sanglante : le général Appert1. En 1967, Jean Maitron rend compte2 de l’ouverture aux historiens d’une nouvelle étape de l’histoire de La Commune, grâce aux « dizaines de milliers de dossiers de grâce et de conseils de guerre, archives de la déportation et de la proscription ». Parmi ces dossiers, les statistiques du général Appert, dont les dossiers doivent être examinés avec le plus grand soin, car « elles sont faussées au départ » : Maitron, à la suite d’analyses de dépouillements de ces données, fait apparaitre : que les conclusions Appert concernant le nombre de condamnés ayant encouru antérieurement à la commune, des peines de droit commun, est grossi d’environ trois fois. [...] En vérité, l’armée des repris de justice n’était pas l’armée de la Commune, mais celle de Versailles dont une étude montrera qu’elle était constituée de primitifs fanatisés, conduits par des officiers indignes [...] celle qui, durant huit jours, eut carte blanche pour massacrer quelques vingt mille fédérés dans de telles conditions d’illégalité que, cent ans plus tard, l’historien ne peut apporter la moindre certitude sur le décompte exact des morts... 3 Texte précédent Texte suivant

  • JOURNAL OFFICIEL - PARTIE NON OFFICIELLE - 9

    Dimanche 9 avril 1871 JOURNAL OFFICIEL - PARTIE NON OFFICIELLE - 9 Next Next Dimanche 9 avril 1871 CRÉATION D'UNE COMMISSION DES BARRICADES (p537) Une commission des barricades, présidée par le commandant de place et composée des capitaines du génie, de deux membres de la Commune et d’un membre élu par chaque arrondissement, est instituée à partir du 9 avril, à une heure. Paris, le 8 avril 1871, le délégué à la guerre, E. Cluseret. DÉSORGANISATION VOLONTAIRE DE LA GARDE NATIONALE (p538) Depuis quelques jours, il règne une grande confusion dans certains arrondissements ; on dirait que des gens payés par Versailles prennent à tâche : 1° de fatiguer la garde nationale ; 2° de la désorganiser. On fait battre la générale pendant la nuit. On bat le rappel à tort et à travers. En sorte que personne ne sachant plus auquel entendre, on ne se dérange même plus, et cette puissante institution, cette armée, espoir et salut du peuple, est à la veille de sombrer sous son triomphe. Un tel état de choses ne saurait subsister plus longtemps. En conséquence, j’invite tous les bons citoyens à se pénétrer des instructions suivantes : La générale ne sera battue que sur mon ordre ou celui de la commission exécutive, et dans le cas seul de prise d’armes générale. Le rappel ne sera battu, dans les arrondissements que par ordre de la place, et pour la réunion d’un certain nombre de bataillons commandés pour un service spécial. Ce n’est pas tout : malgré mes ordres formels, une canonnade incessante diminue nos provisions, fatigue la population, irrite les esprits et amène d’un côté la fatigue, de l’autre la colère et la passion. En sorte que cette Révolution si grande, si belle et si pacifique, pourrait devenir violente, c’est-à-dire faible. Nous sommes forts ; restons calmes ! Cet état de choses est dû en parties à des chefs militaires trop jeunes et surtout faibles pour résister à la pression populaire. L’homme du devoir ne connaît que sa conscience et méprise la popularité. Je réitère l’ordre d’avoir à se tenir sur la plus stricte défensive, et à ne pas jouer le jeu de nos adversaires, en gaspillant et nos munitions et nos forces, et surtout la vie de ces grands citoyens, enfants du peuple, qui ont fait la Révolution actuelle. Quand le bruit aura cessé, que le calme de la rue aura passé dans les esprits, nous serons beaucoup plus aptes à perfectionner notre organisation, d’où dépend notre avenir. Paris, le 8 avril 1871, le délégué à la guerre, E. Cluseret HOMMAGE À MARGUERITE GAINDER (p541) Aux citoyens membres de la Commune de Paris. Citoyens, Les citoyens soussignés, appartenant au 66e bataillon de la garde nationale de Paris déclarent que Marguerite Gainder, épouse Lachaise, cantinière audit bataillon, demeurant rue Sedaine, 65, a, dans le combat du 3 courant, en avant de Meudon, tenu une conduite au-dessus de tout éloge et de la plus grande virilité en restant toute la journée sur le champ de bataille, malgré la moisson que faisait autour d’elle la mitraille, occupée à soigner et panser les nombreux blessés, en l’absence de tout service chirurgical. En foi de quoi, citoyens membres de la Commune, nous venons appeler votre attention sur ces actes, afin qu’il soit rendu justice au courage et au désintéressement de cette citoyenne, républicaine des plus accomplies. Salut et fraternité. AUTORITÉ MILITAIRE (p543) Mairie du Ve arrondissement Plusieurs bataillons éloignés de Paris peuvent ignorer encore le décret de la Commune qui concentre dans une seule main l’autorité militaire. Quelques délégués des bataillons ont pu intervenir dans les opérations de guerre en voie d’exécution. Il importe de leur répéter que leurs attributions ne leur donnent pas ce droit, dont l’exercice aurait, au point de vue de la discipline, les plus fâcheux résultats. C’est aux seuls ordres du ministère de la guerre ou de la place Vendôme, qui est son émanation, que les bataillons doivent désormais obéir. D. M. Régère. EXÉCUTION DES OFFICIERS AYANT REFUSÉ DE TIRER SUR LE PEUPLE (p545) L’affiche suivante a été posée hier sur les murs de Paris : L’infanterie de ligne à la population de Paris. Citoyens, Un conseil de guerre siégeant à Versailles vient de condamner à la peine de mort les officiers et sous-officiers de l’armée qui ont refusé de faire feu sur le peuple. Aux habitants de Paris de nous juger, et si nous sommes coupables, nos poitrines sont là pour répondre. Nous ne tomberons pas en lâches. Le capitaine d’infanterie délégué A. Pierre. Bonaventure, caporal, Philipot, Sergent. NOUVELLES ÉTRANGÈRES - SOUTIEN ANGLAIS À L'EXPOSITION UNIVERSELLE (p547) La commission royale de l’exposition universelle de 1871 s’est réunie hier à Marlborough House, sous la présidence du prince de galles, à l’effet d’aviser aux démarches qu’il y aurait à faire pour arriver à obtenir le concours de la France dans la prochaine exposition internationale, si toutefois la chose était possible dans les conjonctures actuelles. Le prince de Galles annonce que l’objet de la réunion est d’inviter les possesseurs d’œuvres d’art à présenter pour aider la commission française à compléter la section qui lui a été réservée à cette exposition par un prêt temporaire d’ouvrages de peinture et de sculpture, de meubles de salon et autres pièces importantes de travaux d’art appliqués à l’industrie. Le prince fait observer que dans les tristes circonstances où la récente guerre avait placé la France, cette demande pour obtenir le concours individuel devenait nécessaire. Les prêts que l’on arriverait à obtenir ainsi ne seraient que pour peu de temps, et seraient utilisées en attendant que les commissaires de France, aient le temps d’en faire venir d’autres directement de leur pays. Mais au cas où les difficultés actuelles continueraient d’exister pour la durée tout entière de l’exposition. M. du Sommerard, commissaire général, au nom de la France, auprès de l’exposition internationale de 1871, fait observer que bien que les principaux artistes et manufacturiers de Paris fussent prêts et bien disposés à contribuer à l’exposition, il était toutefois peu probable qu’en raison des obstacles qui s’opposaient, quant à présent, à la transmission des colis de Paris, il pût en arriver un assez grand nombre pour être placés assez à temps et figurer à l’ouverture de l’exposition. Il croit donc que dans de semblables conjonctures, il valait mieux faire appel aux prêts individuels. Tous les français qui se trouvaient présents à la réunion ont fait offre de service, en proposant les tableaux et autres objet d’art qu’ils ont en leur possession, en se chargeant en même temps d’inviter leurs amis à en faire autant et à concourir, par tous les moyens en leur pouvoir, à la réalisation du plan formé par la commission de Londres. NOUVELLES ÉTRANGÈRES - CESSION DU LUXEMBOURG À LA PRUSSE (p548) Grand-Duché de Luxembourg La nouvelle de la cession du Luxembourg à la Prusse prend chaque jour plus de consistance. Nouvelle preuve du peu de respect des grandes puissances militaires du continent pour les engagements solennelles et pour le droit des gens, et que l’on méprise profondément les droits et l’opinion de l’Angleterre. L’affaire a été conduite secrètement entre deux ou au moins trois gouvernements, sans tenir compte des vues du reste. Il paraît probable que l’on s’était assuré d’avance de l’acquiescement de la Russie. Il paraîtrait que l’arrangement aurait été communiqué aux gouvernements de l’Angleterre et de l’Autriche qui auraient aussi donné leur assentiment sans se préoccuper des vœux de leurs populations. NOUVELLES ÉTRANGÈRES – SOUTIEN DE L'AMIRAUTÉ ANGLAISE AU PAPE (p549) Le vice-amiral Yelverton a rendu visite au pape, qui a été d’une extrême affabilité ; il a été enchanté de la visite du vice-amiral, et surtout de son assurance que l’escadre anglaise de la Méditerranée sera toujours à la disposition de Sa Sainteté en cas d’éventualités. Il est assez curieux de voir un gouvernement protestant mettre ses escadres au service d’un pape catholique. PROTESTATION DE M. DUPONT DE BUSSAC M. Dupont de Bussac a adressé à la Patrie la lettre suivante : À M. le rédacteur en chef de la Patrie Monsieur, Vous avez publié, d’après le journal la Vérité, le projet d’une singulière combinaison ministérielle, où M. Thiers et les députés bien pensants de Paris auraient mêlé mon nom à ceux d’hommes politiques avec lesquels j’ai toujours été et suis plus que jamais en hostilité. Je proteste contre un rapprochement que je regarde comme une mauvaise plaisanterie et presque comme un outrage à tout mon passé. Agréez mes civilités. DUPONT (de Bussac), ancien représentant du peuple en 1848-51, proscrit de décembre. 21 mars 22 mars 23 mars 24 mars

  • 1h-Souterrains 1 | Auluxecommunal

    LES 7 GEÔLES D'AUGUSTE BLANQUI De la trappe du Kinetoscope descend une échelle qui mène vers les geôles de Blanqui. Obstruction : un fort vent ascendant fait remonter le visiteur vers la trappe, l'empêchant d'accé-der aux étages inférieurs. Un indice lui permettra de faire tomber le vent. Les geôles sont modélisées d'après le château du Taureau, en baie de Morlaix, utilisé comme prison depuis 1721. Auguste Blanqui, le dernier prisonnier, y fut enfermé pendant la Commune. Arrêté le 17 mars 1871, la veille des événements, Marx disait qu'il était la tête qui avait manqué à la Commune. Blanqui écrivit "L'éternité par les astres" pendant son incarcération au château du Taureau. Il tente d'y démontrer la répétition incessante de l'univers qui, pourvu d'un nombre limité de corps simples sur notre planète, est condamné à les répéter à l'infini pour peupler son infini et son éternité. Walter Benjamin écrivit sur le texte de Blanqui, et le mit en relation avec un poème de Baudelaire : "Les sept vieillards" . Sept geôles pour sept Blanquis, qui vont chacun lire un extrait de "L'éternité par les astres" Blanqui boutons "L'ÉTERNITÉ PAR LES ASTRES" >> LE CHÂTEAU DU TAUREAU >> BLANQUI ET "L'ÉTERNITÉ PAR LES ASTRES" >> LES 7 VIEILLARDS >> Oui, Messieurs, c’est la guerre entre les riches et les pauvres : les riches l’ont voulu ainsi ; ils sont en effet les agresseurs. Seulement ils considèrent comme une action néfaste le fait que les pauvres opposent une résistance. Ils diraient volontiers, en parlant du peuple : cet animal est si féroce qu’il se défend quand il est attaqué. Frapper d'impôts le nécessaire, c'est voler ; frapper d'impôts le superflu, c'est restituer. Extrait de la défense d’Auguste Blanqui en Cour d’Assises, 1832 Ancre Baudelaire La dernière plateforme permettra au visiteur, suivi de Blanqui, de sauter sur un radeau, et de s'évader. Installé au gouvernail, le visiteur, sera guidé par les astres des hypothèses blanquistes, qui s'allumeront les uns après les autres. Ils seront conduits jusqu'à l'île du 18 mars, où Blanqui pourra participer à la Commune.

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