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  • JOURNAL OFFICIEL - PARTIE NON OFFICIELLE - 6

    Mercredi 5 avril 1871 JOURNAL OFFICIEL - PARTIE NON OFFICIELLE - 6 Next Next Mercredi 5 avril 1871 PROCLAMATION AU PEUPLE DE PARIS (extrait, voir JO p416) Commune de Paris Les monarchistes qui siègent à Versailles, ne vous font pas une guerre d’hommes civilisés ; ils vous font une guerre sauvage. Les Vendéens de Charette, les agents de Piétri fusillent les prisonniers, égorgent les blessés, tirent sur les ambulances. Vingt fois les misérables qui déshonorent l’uniforme de la ligne ont levé la crosse en l’air, puis, traîtreusement, ont fait feu sur nos braves et confiants concitoyens. Ces trahisons et ces atrocités ne donneront pas la victoire aux éternels ennemis de nos droits. Nous en avons pour garants l’énergie, le courage et le dévouement à la République de la garde nationale. Son héroïsme et sa constance sont admirables. Ses artilleurs ont pointé leurs pièces avec une justesse et une précision merveilleuses. Leur tir a plusieurs fois éteint le feu de l’ennemi, qui a dû laisser une mitrailleuse entre nos mains. Citoyens, La Commune de Paris ne doute pas de la victoire. […] La Commission Exécutive : Bergeret, Delescluze, Duval, Eudes, Félix Pyat, G. Tridon, E. Vaillant. RÉORGANISATION DES COMPAGNIES DE MARCHE (p418) Les compagnies de marche seront immédiatement réorganisées. Les officiers, sous-officiers et gardent entreront en solde à partir du 7 avril. Les gardes toucheront 1 fr. 50 et les vivres. Les sous-officiers, 2 fr. Les officiers, 2 fr. 50. Quand les compagnies agiront en dehors du service, les officiers toucheront la solde de leur grade dans l’armée. Les quatre compagnies de chaque bataillon éliront un chef de bataillon spécial. Les élections auront lieu le 6 avril. La revue sera passée au Champ-de-Mars par les membres de la commune, le 7 avril, à deux heures de l’après-midi. Bureau d’organisation et de renseignements au ministère de la guerre et à la place. Font partie des bataillons de guerre tous les citoyens de 17 à 35 ans non mariés, les gardes mobiles licenciés, les volontaires de l’armée ou civils. Les effets de campement seront complétés dans le plus bref délai. Paris, le 4 avril 1871. Par ordre de la Commune, le délégué au ministère de la guerre, Cluseret. GESTION DES BAUX (P 421) Avis très important Les locataires qui ont retenu un nouveau logement pour le terme d’avril sont instamment priés de s’informer à l’avance su ce logement sera libre pour le terme, ou si le locataire qui l’occupe actuellement n’entend pas profiter du décret de la Commune, qui l’autorise à prolonger sa location de trois mois. La municipalité ne saurait parer aux inconvénients résultant de cette situation, si les locataires ne se préoccupent pas de se mettre immédiatement en quête d’un autre logement. A dater du 5 avril, une commission municipale siégera tous les jours de deux à cinq heures à la mairie. Elle sera chargée de concilier tous les différends qui pourraient surgir entre les propriétaires et les locataires. L’administrateur délégué fait appel à la bonne foi et au patriotisme de tous, pour que le décret de la commune rencontre dans son application le moins de difficultés possible. L’administrateur délégué à la mairie du IXe, Bayeux-Dumesnil JULES ALLIX ET LE GYMNASIARQUE (p 421) Mairie du VIIIe Arrondissement Corps des gymnastes Il est établi, sous la direction et le commandement du citoyen Hippolyte Triat, gymnasiarque, un corps spécial de gymnastes, destiné à former des professeurs de gymnastique civile et militaire pour les écoles et pour les armées citoyennes. Les élèves devront être âgés de seize à vingt ans. Ils sont admis et inscrits dès à présent au gymnase Triat, avenue Montaigne, 55, et seront immédiatement exercés à différents cours de gymnastique proportionnels à leur âge. Aux effets de l’organisation régulière et de l’administration du corps des gymnastes dont s’agit, il sera fondé un gymnase-école, pour lequel la caserne de la Pépinière est dès à présent et provisoirement attribuée. Les élèves du gymnase-école choisis parmi tous les élèves de 16 à 20 ans, dont les dispositions et les aptitudes au professorat auront été reconnues. Se faire inscrire dès à présent au gymnase Triat, avenue Montaigne, 55 Champs-Elysées, où les élèves trouveront l’indication des cours, qui vont être immédiatement commencés. Ces cours étant faits sous le patronage de la municipalité du 8e arrondissement, seront entièrement gratuits. Le maire du 8e arrondissement, Jules Allix RAPPORT DU CITOYEN X..., ENVOYÉ EN MISSION PAR LE DIRECTEUR DES LIGNES TÉLÉPHONIQUES (extrait voir JO p423) M. le comte de Choiseul a été nommé par M. Thiers ambassadeur pour l’Italie. Les plus grandes calomnies sont répandues sur la Commune de Paris : pillage des caisses publiques, des assurances et des chemins de fer, etc. On a affiché une dépêche de Thiers annonçant que toutes les grandes villes étaient tranquilles, engageant tous les amis de l’ordre à se rallier autour du gouvernement de Versailles, et, finalement, faisant un appel aux armes. Grand mouvement militaire d’Allemands dans Melun. Des officiers supérieurs expriment hautement leur rage de ce que, sur l’invitation et le désir de Versailles, on les faisait revenir sur Paris. Les soldats sont très fatigués. Les soldats qui rentrent dans leurs foyers sont arrêtés, casernés et forcés de servir Versailles (par tous les moyens). ON ÉCRIT DE KIEW (p425) « Il a été défendu à tous les journaux russes, sous des peines sévères, de parler des faits et manifestations qui ont eu lieu dernièrement à Pétersbourg. Il ne sera donc pas sans intérêt pour tous d’apprendre qu’à l’occasion d’un banquet offert par les étudiants de Pétersbourg à ceux de Moscou, des toasts chaleureux furent portés avec enthousiasme à la République française et aux principes démocratiques. On termina par un toast à Gambetta, et on décida qu’on lui adresserait des vœux sympathiques à Bordeaux. Seulement, on eut la légèreté juvénile d’expédier tout simplement la dépêche par le bureau du télégraphe, lequel au lieu de l’envoyer à Bordeaux, la remit au ministre de la police. « Le czar, qui a eu de violentes et fréquentes attaques de nerfs récemment, de- vint furieux en apprenant la nouvelle, et depuis on fait des arrestations nombreuses à Pétersbourg et dans les autres grandes villes de Russie. A Kiew également, on a arrêté une vingtaine de jeunes gans. La police prétend être sur les traces d’une conspiration démocratique ayant des ramifications dans tout l’empire, et dont le but serait le renversement de l’ordre actuel et l’établissement de la république en Russie. On croit que l’explosion démocratique à Pétersbourg n’a été que l’expression d’idées et d’opinions longuement préparées. « C’est pour cela qu’on traite avec une cruauté extrême les prisonniers qui n’avouent pas. Ils sont enfermés pendant de longues journées dans des trous sans feu, par une température de 25° de froid, sans nourriture et sans eau. Quelques- uns d’entre eux préfèrent avouer des crimes qu’ils n’ont pas commis, pour mettre un terme à leurs souffrances. « Il y a aussi des femmes parmi les personnes arrêtées. La peine du fouet, abolie par un oukase impérial, vient d’être rétablie à leur égard. La police veut à tout prix des aveux pour donner cause à la fureur de czar. » L'ARMÉE DE M. THIERS (extrait voir JO p429) Quand se discutait le traité de paix qui devait livrer à l’Allemagne deux provinces et nous coûter cinq milliards ; quand les députés demandaient, non pas qu’on continuât une guerre qui nous avait été si désastreuse, mais qu’on examinât, dans le cas où le traité serait inacceptable, les ressources de la France pour forcer, par son attitude, la Prusse à faire des conditions meilleures, M. Thiers interrompait par ce cri de désespoir incroyable : « Le moyen ? le moyen ? » M. Thiers ignorait le moyen de créer à la France une puissance militaire et de lui trouver des ressources capables, non pas de la rendre victorienne de l’armée prussienne, mais de contraindre l’Allemagne à nous imposer une charge moins lourde, une humiliation moins grande. Il prenait des airs dédaigneux à l’égard des hommes dont la foi patriotique inquiétait son scepticisme réactionnaire et sa diplomatie monarchique. […] Mais aujourd’hui, il s’agit de combattre des Français, de réduire Paris, la cité républicaine, objet de la haine aveugle, brutale, féroce, implacable des ruraux. Le « moyen » que M. Thiers ignorait le 9 mars ; il le connaît le 2 avril. Il a eu dans le mois une révélation. Ce qu’il déclarait être impossible quand il fallait épargner à la France un peu de honte, de douleurs et de dettes, il le déclare possible aujourd’hui qu’il songe à faire couler le sang français, à remplir Paris de ruines et de deuil, à y rentrer comme les Prussiens sont entrés à Francfort, les Turcs à Vienne. Quand il y avait à défendre l’honneur et le territoire français, M. Thiers ne croyait pas qu’on pût organiser une armée. Mais il y a à souiller notre histoire d’un malheur criminel, il y a à rougir de sang une de ses pages, à provoquer la guerre civile, c’est alors une autre affaire : M. Thiers nous apprend, par une dépêche adressée aux fonctionnaires chargés de gouverner la France en son nom, que, à Versailles « s’achève de s’organiser une des plus belles armées que la France ait possédées. » Si M. Thiers était capable d’organiser une des plus belles armées que la Fran- ce ait possédées, pourquoi ne l’a-t-il pas organisée quand il y avait à tenir tête à la Prusse ? La France ne posséda-t-elle donc une des plus belles armées qu’elle ait jamais eues que pour payer cinq milliards à l’Allemagne et ruiner Paris ? L’homme qui ose écrire, en de semblables circonstances, de pareilles choses, sans se souvenir de ce qu’il osait dire à peine un mois avant, rend contre lui-même un verdict de haute trahison et de crime de lèse-nation. Il n’y a plus qu’à expliquer sa propre sentence. TIMBRES-POSTE EMPORTÉS À VERSAILLES (p435) Tous les timbres-poste ont été emportés à Versailles. Leur valeur se montait à deux millions. Or, les bureaux de Paris n’en possédant pas un, les employés renvoient chez les marchands de tabac qui en tiennent en réserve, ou, comme au vieux temps, affranchissent nos correspondances avec un signe tracé à la plume. LIGUE DE LA DÉLIVRANCE (extrait, voir JO p435) Les alsaciens et lorrains présents à Paris se sont réunis il y a quelques jours à l’Alcazar, et ont décidé à l’unanimité de former une association ayant pour but : 1° De perpétuer le souvenir de la France dans les pays qui lui sont arrachés par la force ; 2° d’engager énergiquement leurs compatriotes à ne point quitter leur pays natal et de venir en aide à ceux d’entre eux qui se verraient dans la nécessité d’émigrer ; 3° d’étudier les voies et moyens qui pourraient amener la revendication des deux provinces si françaises de cœur. Cette association prend le titre de Ligue de la Délivrance. […] Le Comité central PESTE BOVINE (p436) La peste bovine sévit avec une telle vigueur, qu’on a dû suspendre toutes les foires en Normandie, où se font à cette époque de l’année les ventes de bestiaux. Les bœufs qui alimentent Paris viennent tous maintenant du Portugal. LE DON DE NOBLES & HOARES (p 437) M. Lefèvre, rue Saint-Lazare, 126, prévient les peintres en bâtiment qui se sont fait inscrire chez lui peuvent se présenter (munis de leurs numéros d’inscription) du lundi 3 avril au jeudi 6 inclus, de neuf heures du matin à une heure, pour recevoir leur part des 900 kilogrammes de viande conservée, envoyés par la maison Nobles et Hoares, de Londres, toutes les recherches pour retrouver les biscuits qui ne lui sont pas parvenus étant restées infructueuses. Un envoi à titre de don avait été adressé par MM. Nobles et Hoares, fabricants de vernis à Londres, à M. Pilon, carrossier, avenue des Champs-Elysées, 23, pour être distribué aux familles nécessiteuses des ouvriers peintres en voitures de Paris. Ce don consistant en 5 tonneaux de viande conservée et 50 barils de biscuits, les 5 tonneaux de viande sont seuls arrivés à destination au commencement de février ; quant aux 50 barils de biscuits, malgré toutes les démarches faites par M. Pilon auprès de l’administration du chemin de fer du Nord, il lui a été impossible de savoir quelle destination ils ont prise, enfin il a été impossible de les retrouver. M. X, PRÉFET PSEUDONYME (p438) Le gouvernement du 4 septembre, dans son empressement à distribuer des préfectures et des sous-préfectures à ses amis, a nommé préfet d’un département très important, un « pseudonyme. » Un journaliste, dont la vie a été ornée d’aventures assez bizarres, écrivait sous un nom de fantaisie dans un journal qui comptait des amis parmi les membres du nouveau pouvoir. Il fut nommé préfet immédiatement, mais nommé sous son nom supposé. Il est parti pour son département et l’a administré, toujours sous le déguisement de son pseudonyme ; de telle façon que certains de ses administrés, croyant avoir pour préfet M. X..., un inconnu, ne se doutaient guère qu’ils avaient en réalité M. Z..., dont la nomination les aurait passablement étonnés, car ils le connaissaient à merveille. Cette aventure trop plaisante dure-t-elle encore ? On affirme du moins qu’elle est authentique. (Nouvelliste de Rouen.) SITUATION DE PARIS, LA FRANCE (p438) La France, dans son numéro du 3 avril, émet les réflexions suivantes sur la situation de Paris : Il faut reconnaître, cependant, que les attentats contre les personnes se chiffrent par zéro. On ne cite aucune violence contre les individus. Il y a des arrestations, mais elles ne sont, généralement, que momentanées. Quand aux prétendues condamnations à mort prononcées par le Comité contre des journalistes ou autres, nous ne serions pas étonnés d’apprendre qu’elles n’ont existé, en réalité, que dans l’imagination de ceux qui les ont fuies. La Commune franchira-t-elle quelquefois la ligne modérée qu’elle a observée jusqu’à présent ? Nous l’ignorons ; mais nous croyons fermement encore à l’adoucissement de nos mœurs privées et publiques. 21 mars 22 mars 23 mars 24 mars

  • DÉCRET, ARRÊTÉS, ORDRES, PROCLAMATIONS - 12

    Jeudi 11 mai 1871 DÉCRET, ARRÊTÉS, ORDRES, PROCLAMATIONS - 12 Next Next Jeudi 11 mai 1871 ARRÊTÉ - COMITÉ DE SALUT PUBLIC (p 1651) Thiers déclarant que son armée ne bombarde pas Paris ; des femmes et des enfants étant victimes des projectiles fratricides de Versailles ; qu'il appelle à la trahison pour pénétrer dans la place : saisie des biens de Thiers par l’administration des domaines. et destruction de sa maison. Paris, le 10 mai 1871. Le Comité de salut public, Vu l’affiche du sieur Thiers, se disant chef du pouvoir de la République française ; Considérant que cette affiche, imprimée à Versailles, a été apposée sur les murs de Paris par les ordres de M. Thiers ; Que, dans ce document, il déclare que son armée ne bombarde pas Paris, tandis que chaque jour des femmes et des enfants sont victimes des projectiles fratricides de Versailles ; Qu’il y est fait appel à la trahison pour pénétrer dans la place, sentant l’impossibilité absolue de vaincre par les armes l’héroïque population de Paris, ARRETE : Art. 1er. Les biens meubles des propriétés de Thiers seront saisis par les soins de l’administration des domaines. Art. 2. La maison de Thiers, située place Georges, sera rasée. Art. 3. Les citoyens Fontaine, délégué aux domaines, et J. Andrieu, délégué aux services publics, sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution IMMÉDIATE du présent arrêté. Les membres du Comité de salut public. Ant. Arnaud, Eudes, F. Gambon, G. Ranvier. ______________________________________________________ PROCLAMATION - COMMUNE DE PARIS (p 1651) Renvoi de Rossel devant la cour martiale - Nomination de Delescluze aux fonctions de Délégué à la guerre. Dans la séance de ce jour, la Commune a décidé : 1° Le renvoi devant la cour martiale du citoyen Rossel, ex-délégué à la guerre ; 2° La nomination du citoyen Delescluze aux fonctions de délégué à la guerre. ______________________________________________________ ARRÊTÉ - MAIRIE DU XIe ARRONDISSEMENT (p 1659) 1- Arrestation des femmes de mœurs suspectes et des ivrognes Mairie du XIe arrondissement. Les membres de la Commune délégués au XIe arrondissement considérant : Que les principes de la Commune sont établis sur la moralité et le respect de chacun ; Que les femmes de mauvaise vie et les ivrognes sont chaque jour un spectacle scandaleux pour les mœurs publiques ; Qu’il y a urgence à ce que de pareils désordres soient promptement réprimés, ARRÊTENT : Article unique. Les commissaires de police et les gardes nationaux du XIe arrondissement devront arrêter et mettre en détention toutes les femmes de mœurs suspectes exerçant leur honteux métier sur la voie publique, ainsi que les ivrognes qui, dans leur passion funeste, oublient et le respect d’eux-mêmes, et leur devoir de citoyens. Vu l’arrêté du délégué au ministère de la guerre, en date du 26 avril dernier, instituant dans chaque arrondissement un bureau militaire composé de sept membres et chargé de la réquisition des armes, de la recherches des réfractaires et de leur enrôlement dans les compagnies de marches ou sédentaires. 2- Nominations de membres du bureau militaire de la XIe légion de la Garde nationale Les membres de la Commune élus du XIe arrondissement, ARRÊTENT : Les citoyens Capellare, H. Collin, Favre, E. Picard, J. Baux, Feld Meyer et Dudoit sont nommés membres du bureau militaire de la XIe légion de la garde nationale. Les membres de la Commune, Eudes, Mortier, Verdure, Avrial, Delescluze Paris, 10 mai 1871 Vendredi 12 mai 1871 ARRÊTÉ - MAIRIE DU XIe ARRONDISSEMENT (p 1674) Nomination d'un juge de paix Le Comité de salut public, ARRÊTE : Le citoyen Bachelet (Pierre-Auguste-Etienne), ancien avoué de la République, proscrit de décembre 1851, est nommé juge de paix du IVe arrondissement de la Commune de Paris. Fait à Paris, le 11 mai 1871. Le Comité de salut public Pour ampliation : Le membre de la commune délégué à la justice, Eugène Protot. ______________________________________________________ ARRÊTÉ - MAIRIE DU XIe ARRONDISSEMENT (p 1675) Nomination d'un juge de paix Le Comité de salut public ARRÊTE : Le citoyen Vernet (François) est nommé juge de paix du XVIIe ar- rondissement de la Commune de Paris. Fait à Paris, le 11 mai 1871. Le Comité de salut public Pour ampliation : Le membre de la commune délégué à la justice, Eugène Protot. ______________________________________________________ ARRÊTÉ - MAIRIE DU XIe ARRONDISSEMENT (p 1675) Nomination de commissaires-priseurs Le Comité de salut public, ARRÊTE Sont nommés commissaires-priseurs de la Commune de Paris les citoyens dont les noms suivent : 1° Gibot (Firmin-Léonard.) 2° Aubert (Paul.) Fait à Paris, le 11 mai 1871. Le Comité de salut public, Pour ampliation : Le membre de la commune délégué à la justice, Eugène Protot. ______________________________________________________ ARRÊTÉ du 11 MAI (extrait, voir p 1675) Nomination de 6 chirurgiens-major, 8 médecins-major, 12 aides-major Par arrêtés en date du 11 mai 1871, ont été nommés : Le docteur Alliez, chirurgien-major du 227e bataillon. Le docteur Laurent (Nicolas), chirurgien-major du 93e bataillon. Le docteur Leblond, chirurgien-major du 107e bataillon. […] ______________________________________________________ ARRÊTÉ - DÉLÉGUÉ À LA SÛRETÉ GÉNÉRALE (p 1677) Suppression de journaux Le membre de la Commune délégué à la sûreté générale. ARRÊTE : Art. 1er. Le Moniteur universel, l’Observateur, l’Univers, le Spectateur, l’Etoile et l’Anonyme sont supprimés. Art. 2. Notification du présent arrêté sera faite à chacun des susdits journaux et à leurs imprimeurs, responsables de toutes publications ultérieures, par les soins du citoyen Le Moussu, commissaire aux délégations, chargé de l’exécution du présent arrêté. Paris, le 11 mai 1871. Le membre de la Commune délégué à la sûreté générale. F. Cournet. ______________________________________________________ ARRÊTÉ - MAIRIE DU IIIe ARRONDISSEMENT (p 1683) Création d'un bureau de l’assistance communale en remplacement du bureau de bienfaisance : fourneaux, pharmacie, secours en nature ou en argent, service médical. Assistance communale. Les membres de la Commune du IIIe arrondissement. ARRÊTENT : Art. 1er. Le bureau de bienfaisance sis à la mairie prend, à partir de ce jour, le nom de bureau de l’assistance communale. Art. 2. Les maisons de secours tenues par les sœurs de charité rue du Vertbois et rue de Béarn sont supprimés ; leurs services sont remplacés : 1° Par les dix fourneaux municipaux ; 2° Par la pharmacie communale établie rue du Vertbois, n° 40, Art. 3. Les personnes qui recevaient des secours en nature ou en argent continueront à les recevoir, après qu’une nouvelle enquête aura été faite par des délégués nommés à cet effet. Art. 4. Un employé se tiendra, comme par le passé, à la disposition du public pour le service médical. Art. 5. Les personnes qui étaient inscrites au bureau de bienfaisance se présenteront à la mairie, au même local, ainsi qu’il suit : Celles dont le nom commence par la lettre de A à K, le vendredi 12 mai, de neuf heures à quatre heures ; Celles dont le nom commence par la lettre de L à Z, le samedi 13, de neuf heures à quatre heures. Paris, le 11 mai 1871. Les membres de la Commune, Ant. Arnaud, Demay, Clovis Dupont, Pindy Samedi 13 mai 1871 ARRÊTÉ - COMMUNE DE PARIS (p 1699) Révision des marchés conclus par la Commission du travail et de l’échange – Marchés directement adjugés aux corporations – Prix minimum du travail accordé aux ouvrier.e.s La Commune de Paris Paris, le 12 mai. DÉCRÈTE : Art. 1er. La Commission du travail et de l’échange est autorisée à réviser les marchés conclus jusqu’à ce jour par la Commune. Art. 2. La commission du travail et d’échange demande que les marchés soient directement adjugés aux corporations, et que la préférence leur sont toujours accordée. Art. 3. Les conditions des cahiers de charges et les prix de soumission seront fixés par l’intendance, la chambre syndicale de la corporation et une délégation de la commission du travail et d’échange, le délégué et la commission des finances entendus. Art. 4. Les cahiers de charges, pour toutes les fournitures à faire à l’administration communale, porteront dans les soumissions desdites fournitures les prix minimum du travail à la journée ou à la façon, à accorder aux ouvriers ou ouvrières chargés de ce travail. ______________________________________________________ ARRÊTÉ - COMMUNE DE PARIS (p 1699) Organisation d’une chambre du tribunal civil de la Commune de Paris statuant sur les affaires urgentes - Abolition de la procédure ordinaire, affaires instruites en matière sommaire - Les parties pourront se défendre elles-mêmes. La Commune de Paris, DÉCRÈTE : Art. 1. Il sera procédé par les soins du délégué à la justice à l’organisation d’une chambre du tribunal civil de la Commune de Paris. Cette chambre statuera sur les affaires urgentes. Art. 2. La procédure dite ordinaire est abolie. Toutes les affaires seront instruites comme en matière sommaire. A défaut d’avoués, les huissiers occuperont pour les parties Art. 3. Les parties pourront se défendre elles-mêmes. ______________________________________________________ ARRÊTÉ - COMMUNE DE PARIS (p 1700) Attribution d'une pension alimentaire pour les femmes plaidant séparation. La Commune de Paris, DÉCRÈTE : Article unique. En matière de séparation de corps, le président pourra allouer à la femme demandant la séparation une pension alimentaire, qui lui sera servie jusqu’à ce qu’il en ait été autrement décidé par le tribunal. ______________________________________________________ ARRÊTÉ - COMITÉ DE SALUT PUBLIC (p 1700) Nomination de Vésinier Rédacteur en chef au Journal officiel. Le Comité de salut public ARRÊTE Le citoyen Vésinier est nommé délégué au Journal officiel pour les fonctions de rédacteur en chef. Le Comité de salut public Pour ampliation : Le membre de la Commune délégué à la justice. Eugene Protot. Paris, le 12 mai 1871. ______________________________________________________ ARRÊTÉ - COMITÉ DE SALUT PUBLIC (p 1701) Nomination de juges à la cour martiale Le comité de salut public ARRÊTE : Sont nommés juges à la cour martiale les citoyens : Colonel E. Gois, président ; Colonel J. Collet, juge ; Colonel Ledrux, juge ; Lieutenant-colonel Razoua, juge ; Commandant Ed. Levraud, juge ; Commandant Lefèvre-Roncier, juge suppléant ; Commandant Michevont, juge suppléant ; Lieutenant H. Arnold, juge suppléant ; Commandant A. Goullé, juge rapporteur. Le Comité de salut public, Ant. Arnaud, E. Eudes, F. Gambon, G. Ranvier. A l’hôtel de ville, le 12 mai 1871. ______________________________________________________ ARRÊTÉ - DÉLÉGUÉ CIVIL À LA GUERRE (p 1702) Revue d'effectif des artilleurs : nombre de soldes perçues considérable, nombre d'artilleurs actifs extrêmement restreint – Artilleurs absent de la revue privés de la solde et des vivres - Artilleurs actuellement au feu exempts de cette revue. Le délégué civil à la guerre, Considérant que le nombre des artilleurs qui perçoivent la solde est considérable ; Que le nombre de ceux qui servent les pièces contre l’ennemi est extrêmement restreint ; Qu’il importe que la délégation de la guerre ait à sa disposition immédiate toutes les batteries constituées. ARRÊTE : Art. 1er. Une revue d’effectif sera passée le samedi 13 mai 1871, à quatre heures précises, dans la grande cour de l’Ecole militaire, où les batteries recevront les ordres du directeur général de l’artillerie. Tous les artilleurs manquants à cette revue seront privés de la solde et des vivres. Art. 2. Sont exempts de cette revue les artilleurs actuellement au feu. Art. 3. Les états de solde ne seront plus payés au trésor que pourvus de la signature du colonel Henry, chef du mouvement, et appuyé par le citoyen Martin, chef du personnel. Le délégué civil à la guerre, Delescluze ______________________________________________________ ARRÊTÉ - COMITÉ DE SALUT PUBLIC (p 1703) Dissolution d'escadrons de la cavalerie de la Garde nationale et réorganisation. Le délégué civil à la guerre, Considérant qu’il importe que l’organisation de la cavalerie de la garde nationale soit exécutée avec ensemble et unité, ARRÊTE : Art. 1er. Les 2e, 5e et 6e escadrons sont dissous. Art. 2 Le lieutenant-colonel Malroux est chargé de la réorganisation. Le délégué civil à la guerre, Delescluze. ______________________________________________________ PROCLAMATION - DÉLÉGUÉ AUX RELATIONS EXTÉRIEURES (p 1704) Protestation de la Société internationale des secours aux blessés auprès du gouvernement de Versailles contre les atroces violations de la convention de Genève. Commune déclare qu’elle adhère à la convention de Genève, dont elle s’honore de n’avoir, en aucune circonstance, violé un seul article. La Société internationale des secours aux blessés ayant protesté auprès du gouvernement de Versailles contre les atroces violations de la convention de Genève, dont les troupes monarchiques se rendent journellement coupable, Thiers a fait cette réponse affreuse : « La Commune n’ayant pas adhéré à la convention de Genève, le gouvernement de Versailles n’a pas à l’observer. » La Commune a fait mieux jusqu’ici que d’adhérer à la convention de Genève. Elle a scrupuleusement respecté toutes les lois de l’humanité, en présence des actes les plus sauvages, des plus sanglants défis à la civilisation et au droit moderne, de nos blessés achevés sur le champ de bataille, de nos hôpitaux bombardés, de nos ambulances criblées de balles, de nos médecins et de nos infirmières même égorgées dans l’exercice de leur ministère. Mais pour qu’il ne reste pas même l’ombre d’un prétexte aux assassins de Versailles, la commune déclare officiellement qu’elle adhère à la convention de Genève, dont elle s’honore de n’avoir, en aucune circonstance, violé un seul article. Le délégué aux relations extérieures, Paschal Grousset. ______________________________________________________ PROCLAMATION - DÉLÉGUÉ À L’ENSEIGNEMENT (p 1710) Ouverture d'une école professionnelle d’art industriel pour jeunes filles - Dessin, modelage, sculpture sur bois, sur ivoire, applications de l’art du dessin à l’industrie , instruction scientifique et littéraire. L’école de dessin de la rue Dupuytren sera immédiatement réouverte comme école professionnelle d’art industriel pour jeunes filles. On y enseignera le dessin, le modelage, la sculpture sur bois, sur ivoire, et en général, les applications de l’art du dessin à l’industrie. Des cours destinés à compléter l’instruction scientifique et littéraire des élèves seront tenus concurremment avec ces cours pratiques. Les élèves désireuses de suivre les cours de cette école devront s’y faire inscrire le plus tôt possible. La citoyenne Parpalet, professeur de modelage, est nommée directrice de cette école. Le membre de la Commune délégué à l’enseignement, Édouard Vaillant. ______________________________________________________ PROCLAMATION - INSPECTEUR DES BIBLIOTHÈQUES COMMUNALES (p 1710) Suppression du prêt des livres dans les bibliothèques publiques après pillage des livres par les privilégiés pour leurs bibliothèques personnelles. Sous l’empire, les bibliothèques publiques avaient été mises au pillage, comme tout le reste? Les privilégiés se taillaient leur bibliothèque dans les bibliothèques nationales, en empruntant des livres qu’ils rendaient rarement, et en privant ainsi les travailleurs des ouvrages les plus nécessaires et les plus précieux. En conséquence, le prêt des livres est absolument supprimé pour toutes les bibliothèques. Tous ceux qui ont emprunté et gardé des livres chez eux sont tenus de les rendre, sous huit jours, aux diverses bibliothèques. L’inspecteur des bibliothèques communales, Benjamin Gastineau. ______________________________________________________ PROCLAMATION - QUESTEUR DE LA COMMUNE (p 1730) Démolition de la maison de Thiers place Georges. « Aux citoyens membres de la Commune. « Le citoyen Fontaine, directeur des domaines, prévient la Commune que conformément au décret du Comité de salut public, il fait procéder aujourd’hui à la démolition de la maison du sieur Thiers, située place Georges. « Il demande à la Commune d’envoyer une délégation pour assister à cette opération, qui aura lieu à quatre heures de l’après-midi. « Salut et fraternité. Le questeur de la Commune, Léo Meillet Dimanche 14 mai 1871 ARRÊTÉ - COMITÉ DE SALUT PUBLIC (p 1745) Nominations de Ferré, Délégué à la Sûreté générale, de Martin et Clément membres du comité de sûreté générale. Le Comité de salut public ARRÊTE : Le citoyen Ferré est délégué à la sûreté générale en remplacement du citoyen Cournet. Les citoyens Martin et Emile Clément sont nommés membres du comité de sûreté générale, en remplacement des citoyens Th. Ferré et Vermorel. ______________________________________________________ ARRÊTÉ - COMITÉ DE SALUT PUBLIC (p 1745) Nomination d'un greffier de la justice de paix Le Comité de salut public. ARRÊTE : Le citoyen Darras (Charles-François-Octavie) est nommé greffier de la justice de paix du IVe arrondissement de la Commune de Paris. Paris, le 13 mai 1871. Le Comité de salut public. Pour ampliation : Le membre de la Commune délégué à la justice. Eugène Protot. ______________________________________________________ ARRÊTÉ - COMITÉ DE SALUT PUBLIC (p 1746) Nomination d'un greffier de la justice de paix Le comité de salut public ARRÊTE Le citoyen Grimoux (Isidore-Constant) est nommé greffier de la justice de paix du IIe arrondissement en remplacement du citoyen Loubry (César-René) appelé à d’autres fonctions. Fait à Paris, le 10 mai 1871. Le Comité de salut public. Pour ampliation : Le membre de la Commune délégué à la justice. Eugène Protot. ______________________________________________________ ARRÊTÉ - DÉLÉGUÉ CIVIL À LA GUERRE (p 1746) Nomination d'un greffier de la justice de paix Le délégué civil à la guerre, Après avis préalable de la municipalité du VIIe arrondissement, ARRÊTE : Sont nommés à l’état-major de la 8e légion : 1° Chef d’état-major, Auguste Petit : 2° Major de place, Lacour ; 3° Capitaine d’armement et de recrutement, Schmidt ; 4° Capitaine de place, Camidad ; 5° Adjudant de place, Delaunay ; 6° Adjudant de place, Josson ; 7° Adjudant de place, Magny ; 8° Adjudant de place, Guelton. Le délégué civil à la guerre, Delescluze. ______________________________________________________ ARRÊTÉ - DÉLÉGUÉ DE LA COMMUNE À L’ENSEIGNEMENT (p 1747) Nomination d'un greffier de la justice de paix Sur proposition de la Fédération des artistes, le délégué de la Commune à l’enseignement ; ARRÊTE : Le musée du Luxembourg sera ouvert au public à partir du 15 mai 1871. La commission de la fédération des artistes est chargée de l’exécution du présent arrêté. Le délégué de la Commune à l’enseignement, Edouard Vaillant ______________________________________________________ PROCLAMATION - COMITÉ DE SALUT PUBLIC (p 1747) Création de commissariats centraux de police dans chaque mairie – Requête de suggestions par les mairies pour les fonctions de commissaires. Il est créé dans chaque mairie un commissariat central de police. Les municipalités sont invitées à proposer immédiatement au délégué à la sûreté générale les citoyens de leur arrondissement qui, à leur connaissance, seraient aptes à remplir les fonctions de commissaire de police central. Un des délégués municipaux sera chargé de faire une instruction sommaire sur les affaires purement civiles, et de maintenir en état d’arrestation ou de relaxer les prévenus. Le commissariat central devra, chaque jour, faire un rapport au délégué à la sûreté générale. Le membre du Comité de salut public. A. Billioray. ______________________________________________________ PROCLAMATION - MAIRIE DU Ve ARRONDISSEMENT (p 1756) Création de magasins de denrées à prix à des prix accessibles aux travailleurs dans chaque quartier - Délégation de la guerre en mesure de fournir considérablement de travail de femmes. Mairie du Ve arrondissement Les membres de la Commune délégués à la mairie. Dans le but de venir en aide aux familles qui souffrent de la situation actuelle, et pour faciliter l’achat des subsistances en maintenant les denrées à des prix accessibles aux travailleurs, ont pris les dispositions suivantes : 1° L’administration crée, dans chaque quartier, un magasin de denrées à prix réduit. L’un de ces magasins fonctionne déjà avec succès, rue des Fossés-Saint-Marcel, 7. Les autres seront prochainement ouverts. 2° Des ventes de pommes de terre ont lieu depuis le 10 courant au prix de 35 centimes le boisseau (double décalitre), rue du Pot-de-Fer, 24. 3° La municipalité, en outre, a mission d’informer la population du Ve arrondissement que la délégation de la guerre est en mesure de fournir immédiatement considérablement de travail de femmes. On peut se présenter, dès ce jour, au Corps législatif. Rien de ce qui peut intéresser la brave et patriotique population du Ve arrondissement ne restera indifférent aux administrateurs qu’elle s’est donnés. Les membres de la municipalité, Aconin, Murat, Allemagne. Les Membres De La Commune, D. Th. Régère, Ch. Ledroit. ______________________________________________________ PROCLAMATION - MAIRIE DU IXe ARRONDISSEMENT (p 1758) Inscriptions dans les bataillons de guerre de la Garde nationale des citoyens âgés de 19 à 40 ans - En l'absence, poursuites comme réfractaires. MAIRIE DU IXe ARRONDISSEMENT. Les citoyens âgés de 19 à 40 ans, qui ne font pas encore partie des bataillons de guerre de la garde nationale, sont invités à passer immédiatement à la mairie, pour se faire inscrire. Ceux qui ne se seront pas présentés dans les vingt-quatre heures, seront arrêtés et poursuivis comme réfractaires, conformément aux lois militaires.

  • JOURNAL OFFICIEL - PARTIE NON OFFICIELLE - 9

    Dimanche 9 avril 1871 JOURNAL OFFICIEL - PARTIE NON OFFICIELLE - 9 Next Next Dimanche 9 avril 1871 CRÉATION D'UNE COMMISSION DES BARRICADES (p537) Une commission des barricades, présidée par le commandant de place et composée des capitaines du génie, de deux membres de la Commune et d’un membre élu par chaque arrondissement, est instituée à partir du 9 avril, à une heure. Paris, le 8 avril 1871, le délégué à la guerre, E. Cluseret. DÉSORGANISATION VOLONTAIRE DE LA GARDE NATIONALE (p538) Depuis quelques jours, il règne une grande confusion dans certains arrondissements ; on dirait que des gens payés par Versailles prennent à tâche : 1° de fatiguer la garde nationale ; 2° de la désorganiser. On fait battre la générale pendant la nuit. On bat le rappel à tort et à travers. En sorte que personne ne sachant plus auquel entendre, on ne se dérange même plus, et cette puissante institution, cette armée, espoir et salut du peuple, est à la veille de sombrer sous son triomphe. Un tel état de choses ne saurait subsister plus longtemps. En conséquence, j’invite tous les bons citoyens à se pénétrer des instructions suivantes : La générale ne sera battue que sur mon ordre ou celui de la commission exécutive, et dans le cas seul de prise d’armes générale. Le rappel ne sera battu, dans les arrondissements que par ordre de la place, et pour la réunion d’un certain nombre de bataillons commandés pour un service spécial. Ce n’est pas tout : malgré mes ordres formels, une canonnade incessante diminue nos provisions, fatigue la population, irrite les esprits et amène d’un côté la fatigue, de l’autre la colère et la passion. En sorte que cette Révolution si grande, si belle et si pacifique, pourrait devenir violente, c’est-à-dire faible. Nous sommes forts ; restons calmes ! Cet état de choses est dû en parties à des chefs militaires trop jeunes et surtout faibles pour résister à la pression populaire. L’homme du devoir ne connaît que sa conscience et méprise la popularité. Je réitère l’ordre d’avoir à se tenir sur la plus stricte défensive, et à ne pas jouer le jeu de nos adversaires, en gaspillant et nos munitions et nos forces, et surtout la vie de ces grands citoyens, enfants du peuple, qui ont fait la Révolution actuelle. Quand le bruit aura cessé, que le calme de la rue aura passé dans les esprits, nous serons beaucoup plus aptes à perfectionner notre organisation, d’où dépend notre avenir. Paris, le 8 avril 1871, le délégué à la guerre, E. Cluseret HOMMAGE À MARGUERITE GAINDER (p541) Aux citoyens membres de la Commune de Paris. Citoyens, Les citoyens soussignés, appartenant au 66e bataillon de la garde nationale de Paris déclarent que Marguerite Gainder, épouse Lachaise, cantinière audit bataillon, demeurant rue Sedaine, 65, a, dans le combat du 3 courant, en avant de Meudon, tenu une conduite au-dessus de tout éloge et de la plus grande virilité en restant toute la journée sur le champ de bataille, malgré la moisson que faisait autour d’elle la mitraille, occupée à soigner et panser les nombreux blessés, en l’absence de tout service chirurgical. En foi de quoi, citoyens membres de la Commune, nous venons appeler votre attention sur ces actes, afin qu’il soit rendu justice au courage et au désintéressement de cette citoyenne, républicaine des plus accomplies. Salut et fraternité. AUTORITÉ MILITAIRE (p543) Mairie du Ve arrondissement Plusieurs bataillons éloignés de Paris peuvent ignorer encore le décret de la Commune qui concentre dans une seule main l’autorité militaire. Quelques délégués des bataillons ont pu intervenir dans les opérations de guerre en voie d’exécution. Il importe de leur répéter que leurs attributions ne leur donnent pas ce droit, dont l’exercice aurait, au point de vue de la discipline, les plus fâcheux résultats. C’est aux seuls ordres du ministère de la guerre ou de la place Vendôme, qui est son émanation, que les bataillons doivent désormais obéir. D. M. Régère. EXÉCUTION DES OFFICIERS AYANT REFUSÉ DE TIRER SUR LE PEUPLE (p545) L’affiche suivante a été posée hier sur les murs de Paris : L’infanterie de ligne à la population de Paris. Citoyens, Un conseil de guerre siégeant à Versailles vient de condamner à la peine de mort les officiers et sous-officiers de l’armée qui ont refusé de faire feu sur le peuple. Aux habitants de Paris de nous juger, et si nous sommes coupables, nos poitrines sont là pour répondre. Nous ne tomberons pas en lâches. Le capitaine d’infanterie délégué A. Pierre. Bonaventure, caporal, Philipot, Sergent. NOUVELLES ÉTRANGÈRES - SOUTIEN ANGLAIS À L'EXPOSITION UNIVERSELLE (p547) La commission royale de l’exposition universelle de 1871 s’est réunie hier à Marlborough House, sous la présidence du prince de galles, à l’effet d’aviser aux démarches qu’il y aurait à faire pour arriver à obtenir le concours de la France dans la prochaine exposition internationale, si toutefois la chose était possible dans les conjonctures actuelles. Le prince de Galles annonce que l’objet de la réunion est d’inviter les possesseurs d’œuvres d’art à présenter pour aider la commission française à compléter la section qui lui a été réservée à cette exposition par un prêt temporaire d’ouvrages de peinture et de sculpture, de meubles de salon et autres pièces importantes de travaux d’art appliqués à l’industrie. Le prince fait observer que dans les tristes circonstances où la récente guerre avait placé la France, cette demande pour obtenir le concours individuel devenait nécessaire. Les prêts que l’on arriverait à obtenir ainsi ne seraient que pour peu de temps, et seraient utilisées en attendant que les commissaires de France, aient le temps d’en faire venir d’autres directement de leur pays. Mais au cas où les difficultés actuelles continueraient d’exister pour la durée tout entière de l’exposition. M. du Sommerard, commissaire général, au nom de la France, auprès de l’exposition internationale de 1871, fait observer que bien que les principaux artistes et manufacturiers de Paris fussent prêts et bien disposés à contribuer à l’exposition, il était toutefois peu probable qu’en raison des obstacles qui s’opposaient, quant à présent, à la transmission des colis de Paris, il pût en arriver un assez grand nombre pour être placés assez à temps et figurer à l’ouverture de l’exposition. Il croit donc que dans de semblables conjonctures, il valait mieux faire appel aux prêts individuels. Tous les français qui se trouvaient présents à la réunion ont fait offre de service, en proposant les tableaux et autres objet d’art qu’ils ont en leur possession, en se chargeant en même temps d’inviter leurs amis à en faire autant et à concourir, par tous les moyens en leur pouvoir, à la réalisation du plan formé par la commission de Londres. NOUVELLES ÉTRANGÈRES - CESSION DU LUXEMBOURG À LA PRUSSE (p548) Grand-Duché de Luxembourg La nouvelle de la cession du Luxembourg à la Prusse prend chaque jour plus de consistance. Nouvelle preuve du peu de respect des grandes puissances militaires du continent pour les engagements solennelles et pour le droit des gens, et que l’on méprise profondément les droits et l’opinion de l’Angleterre. L’affaire a été conduite secrètement entre deux ou au moins trois gouvernements, sans tenir compte des vues du reste. Il paraît probable que l’on s’était assuré d’avance de l’acquiescement de la Russie. Il paraîtrait que l’arrangement aurait été communiqué aux gouvernements de l’Angleterre et de l’Autriche qui auraient aussi donné leur assentiment sans se préoccuper des vœux de leurs populations. NOUVELLES ÉTRANGÈRES – SOUTIEN DE L'AMIRAUTÉ ANGLAISE AU PAPE (p549) Le vice-amiral Yelverton a rendu visite au pape, qui a été d’une extrême affabilité ; il a été enchanté de la visite du vice-amiral, et surtout de son assurance que l’escadre anglaise de la Méditerranée sera toujours à la disposition de Sa Sainteté en cas d’éventualités. Il est assez curieux de voir un gouvernement protestant mettre ses escadres au service d’un pape catholique. PROTESTATION DE M. DUPONT DE BUSSAC M. Dupont de Bussac a adressé à la Patrie la lettre suivante : À M. le rédacteur en chef de la Patrie Monsieur, Vous avez publié, d’après le journal la Vérité, le projet d’une singulière combinaison ministérielle, où M. Thiers et les députés bien pensants de Paris auraient mêlé mon nom à ceux d’hommes politiques avec lesquels j’ai toujours été et suis plus que jamais en hostilité. Je proteste contre un rapprochement que je regarde comme une mauvaise plaisanterie et presque comme un outrage à tout mon passé. Agréez mes civilités. DUPONT (de Bussac), ancien représentant du peuple en 1848-51, proscrit de décembre. 21 mars 22 mars 23 mars 24 mars

  • 9 - FICTION POLITIQUE

    « Chaque époque rêve la suivante », écrit Patrick Boucheron1. Il propose une définition de la fiction politique avec Michel Foucault : « une épreuve de pensée qui, depuis le passé, produit des effets de vérité sur l’aujourd’hui et éclaire la politique à venir ». Les effets produits sur nous par les rêves et les actions de la Commune engendrent nos rêves et nos actions pour demain. « Tout pouvoir est pouvoir de mise en récit »2 écrit-il encore. La fiction politique se définit aussi comme « capacité du pouvoir à se raconter, mais aussi à tordre les récits de nos propres vies, par l’articulation entre art de raconter et art de gouverner ». Cette définition engage un double niveau de réflexion : sur les manières dont la Commune nous a été contée3 et sur les manières dont nous entendons, à notre tour, la raconter et dans quelles perspectives. Jacques Rancière, dans « Le spectateur émancipé », évoque ces niveaux de réalités et de fictions « qui inquiètent le pouvoir » : Le réel est toujours l’objet d’une fiction, c’est à dire d’une construction de l’espace où se nouent le visible, le dicible et le faisable. C’est la fiction dominante, la fiction consensuelle, qui dénie son caractère de fiction en se faisant passer pour le réel lui-même [...] et en traçant une ligne de partage simple entre le domaine de ce réel et celui des représentations et des apparences, des opinions et des utopies4. Roman national. Mythe. Histoires. Propagande. Satire. Caricature. Mensonge. Fabulation. Calomnie. Camouflage. Déréalisation. Substitution. Falsification. La fiction intervient à plusieurs niveaux et prend des formes bien différentes dans la construction de l’histoire, et dans celle de la Commune. La dimension passionnelle qui lui est attachée polarise et radicalise, en positif ou en négatif, ses récits. Nous verrons comment ces différents niveaux de fictions s’interconnectent avec les faits, organisant un tressage narratif parfois impossible à démêler, où les récits s’affrontent sabre au clair, ou s’escamotent les uns les autres, ou s’entre-sabordent. ​ 9 - FICTION POLITIQUE Texte précédent Texte suivant « Chaque époque rêve la suivante », écrit Patrick Boucheron1. Il propose une définition de la fiction politique avec Michel Foucault : « une épreuve de pensée qui, depuis le passé, produit des effets de vérité sur l’aujourd’hui et éclaire la politique à venir ». Les effets produits sur nous par les rêves et les actions de la Commune engendrent nos rêves et nos actions pour demain. « Tout pouvoir est pouvoir de mise en récit »2 écrit-il encore. La fiction politique se définit aussi comme « capacité du pouvoir à se raconter, mais aussi à tordre les récits de nos propres vies, par l’articulation entre art de raconter et art de gouverner ». Cette définition engage un double niveau de réflexion : sur les manières dont la Commune nous a été contée3 et sur les manières dont nous entendons, à notre tour, la raconter et dans quelles perspectives. Jacques Rancière, dans « Le spectateur émancipé », évoque ces niveaux de réalités et de fictions « qui inquiètent le pouvoir » : Le réel est toujours l’objet d’une fiction, c’est à dire d’une construction de l’espace où se nouent le visible, le dicible et le faisable. C’est la fiction dominante, la fiction consensuelle, qui dénie son caractère de fiction en se faisant passer pour le réel lui-même [...] et en traçant une ligne de partage simple entre le domaine de ce réel et celui des représentations et des apparences, des opinions et des utopies4. Roman national. Mythe. Histoires. Propagande. Satire. Caricature. Mensonge. Fabulation. Calomnie. Camouflage. Déréalisation. Substitution. Falsification. La fiction intervient à plusieurs niveaux et prend des formes bien différentes dans la construction de l’histoire, et dans celle de la Commune. La dimension passionnelle qui lui est attachée polarise et radicalise, en positif ou en négatif, ses récits. Nous verrons comment ces différents niveaux de fictions s’interconnectent avec les faits, organisant un tressage narratif parfois impossible à démêler, où les récits s’affrontent sabre au clair, ou s’escamotent les uns les autres, ou s’entre-sabordent. Texte précédent Texte suivant

  • 1c-Barricades | Auluxecommunal

    LES BARRICADES SALLE DE BLANQUI ET DE LA COMMISSION DES BARRICADES SALLE DES PHOTOGRAPHIES Thiers avait commandé la construction des fortifications qui entouraient Paris alors qu'il était ministre de Louis Philippe. Il avait conçu cette enceinte pour défendre la ville contre des ennemis mais il avait aussi déjà calculé à l'époque que, pour mettre un terme aux insurrections populaires, il suffisait d'enfermer les insurgés dans la ville, puis de les réprimer. Carte des barricades de la Commune SALLE D'HAUSSMANN Préfet de la Seine de 1853 à 1870, Raoul Haussmann a dirigé les transformations de Paris sous le Second Empire. Il écrivit à Napoléon III : « Il faut accepter [...] la cherté des loyers et des vivres comme un auxiliaire utile pour défendre Paris contre l'invasion des ouvriers de la province ». Walter Benjamin, dans "Paris, capitale du XXème siècle", écrivit : "Le véritable but des travaux de Haussmann, c'était de s'assurer contre l'éventualité d'une guerre civile. Il voulait rendre impossible à tout jamais la construction de barricades dans les rues de Paris". La prochaine salle concrétise cette volonté sous-jacente. SALLE DE THIERS LES FORTIFICATIONS En amont, Thiers avait déjà commandé la construction des fortifications qui entouraient Paris alors qu’il était ministre de Louis-Philippe. Il avait conçu cette enceinte pour défendre la ville contre des ennemis, mais avait aussi déjà calculé que, pour mettre un terme aux insurrections populaires, il suffisait d’enfermer les insurgés dans la ville, puis de les réprimer. >> L'enceinte de Thiers, d'une longueur de 34 km, avait été construite de 1841 à 1844. Le mur d'enceinte haut de 10 mètres surplombait un large fossé. Il comportait 94 bastions, 62 portes ou poterne, ainsi que des passages de chemin de fer et de rivières ou canaux. >> COMMENT MATER UNE RÉVOLUTION Je cherche ce qu’il faut faire quand une révolution éclate, et qu’il s’agit de la maîtriser pour la ruiner. L’expérience prouve qu’il faut d’abord y applaudir, louer surtout la générosité, le désintéressement, la magnanimité du peuple. Il faut lui faire sentir que les armes qu’il garde à la main sont un signe de désordre, qu’il donnera un exemple éclatant de sagesse en les remettant à quelques personnes désignées, ou à certains corps constitués, qui les porteront à sa place. Sitôt que le peuple sera désarmé, il faudra encore acclamer la débonnaireté du lion ; mais dès le lendemain on pourra déjà insinuer que cette révolution que l’on croyait pure, n’a pas été sans mélange de crimes, que des forcenés étaient mêlés aux héros, mais qu’heureusement les pervers formaient le petit nombre. Cette révolution n’était après tout qu’une oeuvre de crime. Assez de ruines, de vols, de crimes, d’infamie et d’incendies de toutes sortes, témoignaient de ce que la révolution aurait fait, si on ne l’eût écrasée au berceau ! Et ce jusqu’à ce que le peuple, aveuglé par tant d’accusations subites, finisse par croire qu’il a échappé lui-même à un gouffre de scélératesse. C’est le moment de profiter de la peur qui amène la stupeur, pour s’élancer hardiment en arrière, et mettre le frein aux victorieux. >> FAITES VOTRE BARRICADE VOUS-MÊME La salle devient une rue de Paris sous la Commune. Des éléments épars permettent de construire une barricade dans la rue qui fait face. Une fois la barricade terminée, un système de vérins, piloté depuis la salle des commandes, derrière la salle du trône, élargit la rue (comme l'a fait Haussmann), et la barricade s'effondre. Le visiteur devra agir sur la manette de la salle des commandes (et donc la trouver) pour reconstruire sa barricade de manière pérenne. SALLE DES PEINTURES ET DES GRAVURES SALLE DE NAPOLÉON GAILLARD Chateau Gaillard, Concorde - rue Saint Florentin Napoléon Gaillard, chef des barricades de la Commune, pose devant "Chateau Gaillard"

  • Mercis | Auluxecommunal

    Merci à Yannick Parra-Cabrolié pour la version professionnelle du projet graphique, à Nicolas Lainé-Soulier pour le pilotage financier et stratégique du projet, à Olivier Montoro pour le Teaser, à Natalia Buryka pour ses contributions à la conception du projet et ses dessins, à Alexandre Elazazi pour ses animations des personnages de la Commune qui habitent désormais le site, et pour leurs soutiens sans faille qui ont fait bondir le projet en avant. Ma reconnaissance communale à Jean Annequin, Claudine Cerf, Jean-Marie Favière, Aurélien Guitard, JiYoon Jang, Caroline Maigne, Sylvain Neveu, Michel Pinglaut pour leurs contributions, textuelles, visuelles et musicales. Merci à Jean-Pierre Theurier et Sylvie Pépino, et aux Amies et Amis de la Commune de Paris-1871 pour leurs relectures historiques, leurs soutiens critiques et leur bienveillance. Merci à Philippe Bonnin et Avel Guénin-Carlut, de l'attention qu'ils portent à toutes les étapes de l'évolution du projet, pour leurs conseils et soutiens critiques. Merci à Lucas Séguy, mon professeur de 3D, qui m'a guidée avec une patience infinie dans les méandres de Blender, et à Denis Coursol qui m'a prêté le café Théodore de Tredrez Loquemeau, Cotes d'Armor. Merci aux membres de l'association des Editions Masquées, qui contribuent vaillamment à porter le projet.

  • Shanghaï | Auluxecommunal

    GALERIE SANTU SONG - SHANGHAÏ A l'invitation de Wenjing Zhou, artiste et curatrice chinoise, Le Luxe communal, projet de plateforme interactive en 3D, a été présenté à Shanghaï et Chongqing au mois d'avril 2024. A partir des projets de la Commune de Paris 1871 – réalisés, non réalisés, extrapolés – qui ont produit, en 72 jours, les bases d'un projet de société populaire et d'une réelle démocratie sociale, Le Luxe Communal interroge cet héritage historique à travers un projet de plateforme interactive en 3D. La dimension passionnelle attachée à la Commune de Paris a polarisé et radicalisé ses récits : utopie, dystopie, uchronie permettront d'appréhender les imaginaires de la Commune, d'hier et d'aujourd'hui. Les différents niveaux de fictions s’interconnectent avec les faits, les événements, via les archives iconographiques et textuelles, organisant un tressage narratif où les récits s’affrontent, sabre au clair. Les affiches présentées dans l'exposition constituent le StoryBoard du projet en cours, le projet des projets de la Commune de Paris. Papier peint de William Morris Wenjing Zhou organise, à la Santu Galery de Shanghaï, en avril et mai 2024, une exposition, « Inventing Downtown ». Elle propose un dialogue interdisciplinaire et interidentitaire entre 9 femmes artistes - et un artiste-homme : sculpture, installation, video, photo, musique, peinture, dessin, entretiens textuels, plateforme interactive en 3D, et universitaires (anthropologie, histoire) français.e.s et chinoises. Les terrains d'exploration et les pratiques qui sont présentés dans l'exposition rendent compte de la diversité et de la complémentarité des points de vue que les femmes-artistes posent sur le monde autour d'elles, d'Est en Ouest : Le corps – la mort – la mémoire culturelle – les relations sociales – le pouvoir – l'image et la politique – l'espace – l'histoire et la fiction – Les dimensions culturelles, anthropologiques, politiques qui sont convoquées dans cet événement, rendent compte à la fois de l'antagonisme des approches mais aussi de la volonté de mettre en oeuvre des questionnements communs sur les particularités au féminin des explorations artistiques du monde. C'est le jeu de Inventing Downtown, qui dépose au centre de la ville leurs diversités, leurs antinomies, dans l'acceptation des oppositions, la volonté de dialogue et de compréhension. La discussion qui s'est tenue avant le vernissage entre les artistes et le public l'a largement manifesté. Le StoryBoard du Luxe Communal est présenté côté rue Les artistes et universitaires : Zhen Cao & Mingyue Yue, Christiane Carlut, Li Kloxii, Capucine Lageat & Antoine Perroteau, Yuqiu Mao, Min Song, Santu Song, Wenjing Zhou. Chongqing FINE ARTS INSTITUTE DU SICHUAN - CHONGQING Shuobo Guo, enseignante en théorie des arts au Fine Arts Institute, a également invité Le Luxe Communal à Chongqing. Wenjing Zhou a assumé la traduction de la conférence et du débat. Les questions ont porté sur l'actualité de la Commune de Paris et son influence aujourd'hui, en France et dans le monde, le rapport entre l'histoire et la fiction, en particulier l'usage de la notion d'uchronie en histoire. Shuobo Guo a proposé à Christiane Carlut de revenir dans un an, au printemps, pour un workshop au Fine Arts Institute, et Yulan Zeng, directrice du Shanghaï Doland Museum of Modern Art, pour une conférence.

  • 14 - LES FALSIFICATIONS DU GÉNÉRAL APPERT

    Une des tentatives de discréditer la Commune passe, dans le récit versaillais, par l’affirmation de l’importante proportion de « repris de justice » dans les rangs communards, qui fut soutenue vaillamment par l’entreprise de falsification des données du plus haut responsable de la justice militaire, chargé de juger les communards après la semaine sanglante : le général Appert1. En 1967, Jean Maitron rend compte2 de l’ouverture aux historiens d’une nouvelle étape de l’histoire de La Commune, grâce aux « dizaines de milliers de dossiers de grâce et de conseils de guerre, archives de la déportation et de la proscription ». Parmi ces dossiers, les statistiques du général Appert, dont les dossiers doivent être examinés avec le plus grand soin, car « elles sont faussées au départ » : Maitron, à la suite d’analyses de dépouillements de ces données, fait apparaitre : que les conclusions Appert concernant le nombre de condamnés ayant encouru antérieurement à la commune, des peines de droit commun, est grossi d’environ trois fois. [...] En vérité, l’armée des repris de justice n’était pas l’armée de la Commune, mais celle de Versailles dont une étude montrera qu’elle était constituée de primitifs fanatisés, conduits par des officiers indignes [...] celle qui, durant huit jours, eut carte blanche pour massacrer quelques vingt mille fédérés dans de telles conditions d’illégalité que, cent ans plus tard, l’historien ne peut apporter la moindre certitude sur le décompte exact des morts... 3 14 - LES FALSIFICATIONS DU GÉNÉRAL APPERT Texte précédent Texte suivant Une des tentatives de discréditer la Commune passe, dans le récit versaillais, par l’affirmation de l’importante proportion de « repris de justice » dans les rangs communards, qui fut soutenue vaillamment par l’entreprise de falsification des données du plus haut responsable de la justice militaire, chargé de juger les communards après la semaine sanglante : le général Appert1. En 1967, Jean Maitron rend compte2 de l’ouverture aux historiens d’une nouvelle étape de l’histoire de La Commune, grâce aux « dizaines de milliers de dossiers de grâce et de conseils de guerre, archives de la déportation et de la proscription ». Parmi ces dossiers, les statistiques du général Appert, dont les dossiers doivent être examinés avec le plus grand soin, car « elles sont faussées au départ » : Maitron, à la suite d’analyses de dépouillements de ces données, fait apparaitre : que les conclusions Appert concernant le nombre de condamnés ayant encouru antérieurement à la commune, des peines de droit commun, est grossi d’environ trois fois. [...] En vérité, l’armée des repris de justice n’était pas l’armée de la Commune, mais celle de Versailles dont une étude montrera qu’elle était constituée de primitifs fanatisés, conduits par des officiers indignes [...] celle qui, durant huit jours, eut carte blanche pour massacrer quelques vingt mille fédérés dans de telles conditions d’illégalité que, cent ans plus tard, l’historien ne peut apporter la moindre certitude sur le décompte exact des morts... 3 Texte précédent Texte suivant

  • Communications | Auluxecommunal

    COMMUNICATIONS SUR LE PROJET 2021 – MicroFolie, Vierzon - 24 septembre – Ecole des arts décoratifs de Nancy, séminaire Manières de faire, gestes partagés de P. Devautour et L. Doerfinger - 7 octobre 2023 – Comité du Berry des ami.e.s de la Commune de Paris, St Georges sur Arnon - 23 septembre – Café associatif L'Antidote, Bourges - 10 novembre 2024 – Café associatif Théodore, Tredrez Loquemeau, Cotes d'Armor - 25 février – Galerie Santu, Shanghai / Sichuan Institute of Fine Arts, Chongqing - 6 & 10 avril >> – Interview (Re)Bonds, avril >> – Association des Amies et Amis de la Commune de Paris - Paris - 29 juin >> 2025 – Conférence Le luxe communal - Archéologie et héritages , colloque Arts, anarchie et émancipation , Groupe Commune de Paris 1871 de la Fédération anarchiste, 14 juin >> – Actes du colloque Arts, anarchie et émancipation >> – Interview Radio Libertaire, 10 septembre (à 32 mn) >> – Librairie Publico, Paris - 8 novembre Papier peint de William Morris

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