top of page

SALLE DES PÉTROLEUSES

10h-Pétroleuses 09_edited.jpg
EnCours_edited_edited.png
10h-Pétroleuses 05_edited_edited_edited.
Ah si son homme l’a voyait »Wix.jpg
Pétroleuse Wix.jpg
La nelle Lune 2 jan 87-Wix.jpg
Pétroleuse 2 Wix.jpg

Le mot « pétroleuse* » a été inventé dans les jours qui ont suivi la Semaine sanglante 22-28 mai 1871, au cours de laquelle les troupes gouvernementales de Versailles ont repris Paris, tuant et fusillant environ 20 000 insurgés, y compris de nombreuses femmes. La presse versaillaise a accusé les communardes d'avoir allumé des incendies dans les rues où l'on ne se battait plus. Édith Thomas, auteur d'un ouvrage sur les femmes de la Commune, Les Pétroleuses Gallimard, 1963, distingue les combattantes qui, comme les hommes, ont pu mettre le feu dans les rues où elles se repliaient, de ces prétendues furies qui, sillonnant Paris des seaux à la main, ont allumé des incendies dans le reste de la ville — on pourra aussi se référer à l'article de Michèle Riot-Sarcey, « De la "tricoteuse" à la "pétroleuse" », La Revue du musée d'Orsay n°10, 2000. Mais le mot était lancé, il fera fortune, à l'usage des misogynes, pas mécontents de compléter leur bagage d'injures.

https://www.lhistoire.fr/gare-aux-p%C3%A9troleuses)

Cette figure totalement fantasmatique est inventée pendant la semaine sanglante, sans doute par deux journalistes du Figaro et de Paris-Journal, Villemessant et de Pène. 

Eric Fournier, Les pétroleuses, in La Commune de Paris - 1871 - Les acteurs, l'événement, les lieux, Ed. de l'Atelier, 2021, p.960.

10h-Pétroleuses 06_edited.jpg

Maxime Du Camp, l'ami de Flaubert, l'un des adversaires les plus acharnés de la Commune, démentait lui-même cette légende dans Les Convulsions de Paris :

Dès la matinée du 24 [mai], Paris fut pris de folie. On racontait que des femmes se glissaient dans les quartiers déjà délivrés par nos troupes, qu'elles jetaient des mèches soufrées par les soupiraux, versaient du pétrole sur le contrevent des boutiques et allumaient partout des incendies. Cette légende excusée, sinon justifiée, par l'horrible spectacle que l'on avait sous les yeux, était absolument fausse ; nulle maison ne brûla dans le périmètre occupé par l'armée française.

QUANT AUX PÉTROLEUSES, C'ÉTAIT DES ÊTRES CHIMÉRIQUES ANALOGUES AUX SALAMANDRES ET AUX ELFES. LES CONSEILS DE GUERRE NE PARVINRENT PAS À EN EXHIBER UNE.

Maxime du Camp

10h-Pétroleuses 04_edited.jpg
Vers la salle des ruines
bottom of page