top of page
Carpeaux 3.jpg

La colonne Vendôme renversée pendant la commune de Paris, Eugène Disdéri, 1871​

LES DEMOISELLES CARPEAUX QUITTENT L'OPÉRA GARNIER POUR ALLER CÉLÉBRER LA CHUTE DE LA COLONNE VENDÔME.

Une proposition de Sylvain Neveu d'après une idée de Louis Veuillot, L'Univers du 20 mai 1871.
Opera_de_parís-Small.jpg

JEAN-BAPTISTE CARPEAUX

Jean-Baptiste Carpeaux (1827-1875) réalise La danse pour la façade de l'Opéra Garnier en 1869. 

​

La sculpture fait scandale, elle est considérée pornographique et l'opinion publique, par des journaux et des pétitions, en demande le retrait. Garnier propose de l'installer au foyer de la danse, mais le corps de ballet s'y oppose et signe à son tour une pétition. 

​

Napoléon III fait finalement commander une nouvelle sculpture à Charles Gumery, mais la survenue de la guerre de 1870 suspend le processus et sauve l'œuvre in extremis.

"La danse", Jean-Baptiste Carpeaux,
façade de l'Opéra-Garnier, Paris
Louis_Veuillot_2_edited_edited_edited.jp

LOUIS VEUILLOT

​​Journaliste et homme de lettres catholique ultramontain*, défenseur farouche de l'enseignement privé, partisan du rétablissement d'une monarchie chrétienne, du très conservateur Pie IX et de son "infaillibilité pontificale", rédacteur en chef puis directeur du journal L'Univers. 

​​​​​​​​​​​​

* qui admet la primauté spirituelle et juridictionnelle du pape sur le pouvoir politique, et subordination de l'autorité civile à l'autorité ecclésiastique.​​

Louis Veuillot, 1875

Il écrit dans L'Univers du 20 mai 1871 :

​

Il ont jeté à bas la colonne. Le dessein était si brutal, et, de leur part, si sot, qu'ils y tenaient absolument. C'est fait. Le grand trophée et la grande idole, la corde au cou, gisent sur un lit de fumier dans la fière rue de la Paix, maintenant indigente. Le nouvel opéra, inachevé, foetus monstre, conçu aux nuits d'orgie, avorté aux jours de sang, a vu cette chute.

 

Là les demoiselles Carpeaux, plus que nues par permission des ci-devant Autorités, mènent publiquement leur danse. Au son des castagnettes de Montmartre et de Montretout, dansez filles Carpeaux, et que vos chants animent vos pas, suivant les usages du lieu ! Chantez la chanson de bienvenue de l'abîme éternel : Quomodo cecidisti Lucifer ? 

​

Quomodo cecidisti de cœlo, Lucifer, qui mane oriebaris ?

Comment es-tu tombé du ciel, astre de lumière, qui te levais au matin ?

SUR COURBET ET LA COLONE VENDÔME

 

On voit que les séditieux n'ont pas seulement haï la société, mais qu'ils l'ont méprisée. Ils ont fait des actes de barbares et des insolences de laquais".

​

J'ai vu par terre les restes de la colonne, sur un reste de fumier. Il tombait de la pluie et il y avait de la boue. Je n'ai jamais admiré la colonne ni le sentiment qui l'a dressée. Mais quand je pense que c'est Courbet qui a fait cette destruction, et que ce grossier charlatan,- affamé de popularité malsaine, a pu ainsi souffleter de sa main brutale l'orgueil de toute une nation, je me demande ce que l'on ne pourra plus désormais entre-prendre contre les hommes. Et je me dis aussi que Dieu insulté par l'orgueil humain n'a toujours besoin que de peu de chose pour abattre cet arrogant ennemi. Un grain de sable contre la mer, une piqûre de moucheron contre une armée, une petite pierre qu'il dé

tache on ne sait d'où contre la statue et l'empire de Nabuchodonosor !

​

Louis Veuillot, L'Univers, 6 juin 1871,            " A Madame ****"

SUR LES PÉTROLEUSES ET LES DEMOISELLES CARPEAUX

​

Sur la place de l'Opéra, comme partout, les soupiraux des caves et des sous-sols sont bouchés de plâtre frais; - opus tumultuarium, ouvrage fait à la hâte par crainte des pétroleuses. Ces pétroleuses ont frappé les imaginations. En peu de jours, elles se sont fait un nom durable. On ne s'attendait pas à ces femmes-là. On avait tort. Elles ne sont pas tombées de la lune. J'en ai vu des bandes à Versailles; la plupart sont d'anciennes demoiselles Carpeaux. Elles ont dansé à Asnières et à l'Opéra.

​

Louis Veuillot, L'Univers, 7 juin 1871

bottom of page