THIERS AU DIABLE

versus

TRANSFORMATION DE LA STATUE DE THIERS EN "COLONNE DES PEUPLES"  PROJETÉE PAR COURBET

ÉLÉMENTS DU PROJET

(Accès par le musée des caricatures, vitrine de Thiers)

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HISTOIRE DE LA STATUE DE THIERS

 

La statue de Thiers a été principalement financée par un émigré lorrain qui fuyait en 1870 la Lorraine envahie par les Allemands.

Elle est d'abord installée en 1880 en Algérie, à Bône (aujourd'hui Annaba, surnommée « Medinet Zaoui » ou encore « La Coquette ») et y reste jusqu'à l'indépendance en 1962.

Lors de son installation à Bône, la statue de Thiers ne fait pas l'objet d'un grand intérêt de la part des habitants qui ne connaissent guère cet homme d’État français lointain. En revanche, le piédestal sur lequel elle est placée suscite leur admiration : haut de 4,80 m et d'un seul bloc, il est en pur granit vert d'Herbillon, carrière située à une soixantaine de kilomètres à l'est de Bône et réputée pour la beauté des pierres qui en sont extraites. Il a été transporté et installé à sa destination finale par voie maritime, au prix de grandes difficultés.

La statue devient indésirable lors de l'indépendance de l'Algérie en 1962. Installée sur le cours National à Bône, devenu cour Bertagna en 1907, la statue est expédiée en France en 1962 lors de l'indépendance de l'Algérie. Elle trouve refuge dans un premier temps à Marseille, ville natale de Thiers, avant d'être transférée en 1964 au dépôt des œuvres d'art de l’État à Paris. C'est là qu'elle est remarquée, en 1967, par un conseiller général du canton de Saint-Savin, Fernand Chaussebourg. Sur sa demande, et malgré l'avis défavorable du conseil municipal qui ne veut pas accueillir l’œuvre sur son territoire, la statue est attribuée à la commune de Saint-Savin le 6 avril 1967. Celle-ci l'installe sur une place secondaire, celle de la Gassotte, sur un support rudimentaire en pierres maçonnées. Quant au piédestal en granit vert et le relief qui l'ornait, ils sont restés à Bône.

PROJET n° 1

Convoyage à l'ile du Diable, de la dernière statue de Thiers exposée sur une place publique en France, dans la ville de Saint Savin (Vienne), par la barge de la Commune, préalablement équipée en conséquence.  Son sort fera l'objet d'une concertation avec les visiteurs.

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PROJET n°2

Convoyage vers une forge néo-calédonnienne, de la dite statue de Thiers, pour être fondue et transformée en colonne des peuples et de la paix, projetée par Courbet le 29 octobre 1870. Cette colonne "constituerait un monument commun qui scellerait une paix définitive et remplacerait la colonne Vendôme" (in Lettres à l’armée allemande et aux artistes allemands).

Tenez : laissez-nous vos canons Krupp, nous les fondrons avec les notres ensemble ; le dernier canon, gueule en l’air, coiffé du bonnet phrygien, planté sur un piédestal acculé sur trois boulets, et ce monument colossal, que nous érigerons ensemble sur la place Vendôme, sera notre colonne, à vous et à nous, la colonne des peuples, la colonne de l’Allemagne et de la France à jamais fédérées .

Courbet, in " Art révolution et luxe ", page 177, actes du colloque CNT