WILLIAM MORRIS, éditeur britannique, designer, écrivain, imprimeur, inspirateur des mouvements Arts & Crafts et Art Nouveau et activiste socialiste puis libertaire, publie en 1890 les « Nouvelles de nulle part - Une ère de repos1 ». Le narrateur se réveille à Londres en 2102, et constate qu’une société telle que rêvée par la Commune est advenue : une société égalitaire, où s'exerce la démocratie directe, où l’argent et le mariage ont disparu, où l’état ne dispose plus que d’un faible rôle. Le travail n’est plus contraint mais d’un caractère épanouissant pour les individus, et les activités sociales, marquées par l’artisanat plus que par l’industrie, sont engagées dans un lien harmonieux avec la nature. La première traduction complète du roman paraît en 1902 chez l'éditeur G. Bellais. L’uchronie de Morris est résolument du côté littéraire, et constitue une réponse critique au roman de science-fiction socialiste d’Edward Bellamy, « Cent ans après ou l’an 2000 », paru en 1888 à Boston. Morris imagine, à la suite de l'idée de « déboulonnage » de la colonne Vendôme par Gustave Courbet, Trafalgar Square débarrassé de sa statue de l'amiral Nelson, et recouvert d'abricotiers qui lui confèrent un aspect champêtre...

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1 - Qu’on trouvera là : https://fr.wikisource.org/wiki/Livre:William_Morris_-_Nouvelles_de_Nulle_Part.djvu